Heureux l’homme qui n’a point marché dans le conseil des impies, qui ne s’est pas arrêté dans la voie des pécheurs, et qui ne s’est point assis dans la chaire de pestilence ; [1.1 Ce premier psaume n’a de titre, ni dans l’hébreu, ni dans les Septante ; mais les Pères grecs et latins, de même que les rabbins, l’attribuent communément à David. Il paraît cependant que le nom de David se lisait dans quelques anciens exemplaires des Septante, puisqu’il se trouve dans l’édition d’Alcala et dans celle des Alde. ― Le psaume 1 sert d’introduction générale à toute la collection des chants inspirés.] [1.1-3 Bonheur du juste, qui évite le mal et observe la loi, c’est-à-dire pratique le bien.] [1.1 ; 1.5 ; 1.6 Dans le style des Hébreux les impies sont ce que nous appelons les méchants en général ; de là vient que chez eux les justes et les impies sont ceux que nous nommons les bons et les méchants .]
Le Seigneur m’a dit : Tu es (Vous êtes) mon Fils ; je t’ai (c’est moi qui vous ai) engendré aujourd’hui. [2.7 Voir Hébreux, 5, 5. ― Je vous ai engendré. Cela peut s’entendre ou de la génération éternelle du Verbe (voir Hébreux, 1, 5), ou de sa naissance temporelle ; mais particulièrement de sa Résurrection, par laquelle il est devenu le premier-né d’entre les morts (voir Actes des Apôtres, 13, 32-33 ; Colossiens, 1, 18 ; Apocalypse, 1, 5).] [2.7-9 Discours du Messie ; il déclare que Dieu l’a engendré de toute éternité et qu’il lui a donné en héritage toutes les nations de la terre.]
Beaucoup disent à mon âme : Il n’y a pas de salut pour elle dans son Dieu. [3.3 A mon âme. Ce qui suit exigerait : De mon âme , au lieu de : A mon âme . Il est certain que la particule hébraïque que les Septante ont rendue par le datif, son sens ordinaire, signifie quelquefois de, au sujet de , quand elle est jointe aux verbes dire, ordonner , etc.]
Ils se sont multipliés par (Ils ont eu en) l’abondance (le fruit) de leur froment, de leur vin et de leur huile.
Soyez attentif à la voix de ma prière, mon roi et mon Dieu.
Seigneur, notre Maître (Seigneur), que votre nom est admirable dans toute la terre ! Car (Puisque) votre magnificence est élevée au-dessus des cieux. [8.2a Refrain du psaume : Que Dieu est grand dans la création.] [8.2b-3 Grandeur de Dieu attestée même par les enfants et même par ses ennemis.]
Quand je considère (Je considérerai) vos cieux, qui sont l’ouvrage de vos doigts, la lune et les étoiles que vous avez créées (affermies), [8.4-5 Grandeur de Dieu dans la création du ciel, des étoiles et de l’homme.]
Que le Seigneur (Dieu) détruise toutes les lèvres trompeuses, et la langue qui se vante avec jactance (profère des discours superbes). [11.4-5 Que Dieu détruise les trompeurs qui se vantent de pouvoir tout par leur langue.]
Pour la fin, psaume de David. L’insensé a dit dans son cœur : Il n’y a point de Dieu. Ils se sont corrompus, et sont devenus abominables dans leurs tendances. Il n’y en a point qui fasse le bien, il n’y en a pas (même) un seul. [13.1 L’impie nie Dieu et ses actes sont abominables.]
Psaume de David. Seigneur, qui habitera dans votre tabernacle ? ou qui (se) reposera sur votre montagne sainte ?
Inscription du titre, de David (lui-même). Conservez-moi, Seigneur, car j’ai espéré en vous. [15.1 Par ; c’est le vrai sens de l’hébreu et des Septante. ― Hébreu : « Mikthâm. » Voir l’explication de ce mot à la note 20 à la fin du volume. ― Il faut se confier en Dieu, notre plus sûr asile dans tous nos périls. Cette prière a été composée par David pendant son séjour à Sicéleg, voir 1 Rois, chapitre 30, ou au moins pendant qu’il était chez les Philistins. ― Parmi les commentateurs catholiques, les uns regardent ce psaume comme messianique dans le sens littéral, les autres dans le sens figuré. Plusieurs traits de ce psaume sont certainement messianiques. Saint Pierre, voir Actes des Apôtres, 2, vv. 25, 31, dans son discours de la Pentecôte, se sert des versets 8 et 10 comme d’une prophétie de David, annonçant la résurrection de Jésus-Christ. Saint Paul, voir Actes des Apôtres, 13, 35-37, dans son discours à Antioche de Pisidie, dit aussi que le verset 10b a été accompli par la résurrection de Notre-Seigneur.] [15.1-3 David demande à Dieu de le garder lui-même, parce que, en dehors du Seigneur, il n’y a aucun bien pour lui ni pour les saints.]
Après m’avoir repoussé, maintenant ils m’assaillent ; ils fixent leurs yeux sur moi pour me renverser à terre (ils ont résolu d’incliner leurs yeux vers la terre). [16.11 D’incliner leurs yeux vers la terre ; pour observer les traces de mes pas et me dresser des pièges. C’est l’explication qui nous a paru la plus conforme au contexte.]
Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament publie les œuvres de ses mains. [18.2 Les cieux. Fondés sur le témoignage de saint Paul (voir Romains, 10, 18), les Pères de l’Eglise entendent ici sous le nom de cieux, les Apôtres et les ministres de l’Evangile. Depuis le lever du soleil, les cieux publient la gloire de celui dont le firmament avait annoncé les œuvres avant que le soleil parût. Depuis que Jésus-Christ est venu, les Apôtres et les ministres de l’Evangile publient la gloire de celui dont les patriarches et les prophètes avaient annoncé les œuvres avant que Jésus-Christ parût.] [18.2-3 Les cieux racontent la gloire de Dieu.]
Pour la fin, psaume de David.
Que le Seigneur exauce toutes vos demandes. J’ai reconnu maintenant que le Seigneur a sauvé son oint (Christ). Il l’exaucera du ciel, sa sainte demeure ; sa droite toute-puissante produira le salut (de sa droite est puissant). [19.7 Son sanctuaire. Comparer au verset 2. ― Est puissant ; littéralement dans les puissances . En hébreu, comme en arabe, les adjectifs sont souvent remplacés par un substantif précédé d’une préposition. Voir milieu des Observations préliminaires , 1°.]
Psaume de David. C’est le Seigneur qui me conduit, et rien ne pourra me manquer. [22.1 Voir Isaïe, 40, 11 ; Jérémie, 23, 4 ; Ezéchiel, 34, vv. 11, 23 ; 1 Pierre, 2, 25 ; 5, 4. ― « C’est une ode qui, pour la beauté du sentiment, n’a d’égale dans aucune littérature. Depuis trois mille ans ou plus, ce psaume a profondément remué des milliers de cœurs, il a réjoui des demeures abandonnées et malheureuses, il a fait entendre des paroles d’espérances et de joie, au milieu des larmes, à l’âme solitaire et sans secours dont l’unique refuge est dans le ciel. Ces douze vers ont inspiré au-delà de tout calcul la résignation dans la souffrance, la force dans la faiblesse ; ils ont empêché de s’éteindre la flamme vacillante du sentiment religieux dans des cœurs près de se laisser aller au désespoir. » (J. TAYLOR.)]
Pour le premier (jour) de la semaine, psaume de David. Au Seigneur est la terre et tout ce qu’elle renferme, le (globe du) monde et tous ceux qui l’habitent. [23.1 Voir Psaumes, 49, 12 ; 1 Corinthiens, 10, 26. ― Du monde ; littéralement des terres .] [23.1a-2 Le chœur proclame que tout ce qui existe appartient au Dieu créateur.] [23.1-10 Les Septante et la Vulgate ajoutent pour le premier jour de la semaine , comme si ce Psaume était destiné à célébrer la création et le jour où elle a commencé. Composé pour la translation de l’arche sur le mont Sion, voir 2 Rois, 6, 17, ou bien après une campagne victorieuse où l’arche avait été portée, quand elle fut reconduite sur le mont Sion, ce psaume devint comme le chant de l’entrée du Messie dans le temple, voir Malachie, 3, 1. Les Pères l’ont appliqué à l’Ascension ; l’Eglise à l’entrée de Notre-Seigneur à Jérusalem, le dimanche des Rameaux. ― On peut supposer avec vraisemblance qu’il était chanté partie par le chœur et parti par des soli. ― I re partie. Pendant la montée, en se rendant au mont Sion, au bas de la montagne, versets 1 à 6 ; ― II e partie. Devant la porte de la citadelle de Sion, versets 7 à 10. « Tout le monde fait partie de la procession. Les lévites et les chantres, partagés en divers groupes, sont placés à la tête. Après l’introduction au Psaume, dans les deux premiers versets, quand la procession commence à monter sur la montagne sainte, [une voix] pose la question : Qui montera sur la montagne du Seigneur ? etc. La réponse est faite par [une autre voix] avec la plus grande dignité : Celui qui a les mains pures et un cœur pur , etc. Quand la procession approche des portes [de Sion], le chœur, avec tous ses instruments, s’unit pour pousser ce cri : Levez vos têtes, ô portes , etc. Un [solo] intervient et demande comme à demi-voix : Qui est le roi de gloire ? [Après une seconde demande], au moment où l’arche est introduite dans le Tabernacle, la réponse est faite par le chœur tout entier : Le Seigneur, fort , etc. ― Je saisis l’occasion de cet exemple d’autant plus volontiers qu’il sert à faire voir combien la grâce et la magnificence des poèmes sacrés, comme d’ailleurs de tous les poèmes, dépend en partie de la connaissance des circonstances particulières dans lesquelles ils furent composés. » (BLAIR.)]
Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur, qui n’a pas livré son âme à la vanité (n’a pas reçu en vain son âme, note), ni fait à son prochain un serment trompeur. [23.4 Qui n’a pas reçu en vain son âme ; saint Jérôme, saint Augustin, Théodoret, Cassiodore, etc., expliquant ce passage, disent que celui-là a reçu son âme en vain qui la souille par le péché, qui ne fait pas de bonnes œuvres, et qui met son affection en des choses vaines, périssables, méprisables. ― Une autre voix répond que le juste est digne de monter sur la montagne sainte.]
Pour la fin, psaume de David. Vers vous, Seigneur, j’ai élevé mon âme ; [24.1 Prière pour la rémission des péchés et le secours dans l’affliction. C’est le second des Psaumes alphabétiques. Il renferme à peu près autant de distiques qu’il y a de lettres dans l’alphabet hébreu. Chacun de ces distiques est assez facile à comprendre, mais, comme en général dans les poèmes de ce genre, il n’y a pas une suite rigoureuse dans les idées.]
Ne vous souvenez pas des fautes de ma jeunesse, ni de mes ignorances. Souvenez-vous de moi selon votre miséricorde, à cause de votre bonté, Seigneur. [24.7 Des fautes de ma jeunesse , que la légèreté de l’âge semble rendre plus excusables, mais qui sont néanmoins coupables. ― Mes ignorances désigne probablement les péchés d’un âge plus avancé. Le mot hébreu signifie prévarications.]
Je ne me suis point assis dans l’assemblée de la vanité, et je n’entrerai pas avec les artisans d’iniquité.
(Psaume de David lui-même. note) Je crierai vers vous, Seigneur ; mon Dieu, ne gardez pas le silence à mon égard, de peur que, si vous ne me répondez pas, je ne sois semblable à ceux qui descendent dans la fosse. [27 Par. Voir le titre du Psaume 15 (Hébreu : 16). ― Prière à Dieu pour invoquer son secours, probablement pendant la persécution d’Absalom.] [27.1 La fosse ; c’est le sens littéral de l’hébreu ; c’est aussi celui du grec et de la Vulgate. Or la fosse signifie ici le tombeau .]
Rendez-leur selon leurs œuvres, et selon la malignité de leurs desseins (la méchanceté de leurs inventions). Traitez-les selon les œuvres de leurs mains ; donnez-leur le salaire qu’ils méritent. [27.4 Leurs inventions ; c’est-à-dire selon l’hébreu, leurs œuvres .]
Vous me tirerez de ce piège qu’ils ont caché contre moi, car vous êtes mon protecteur.
Psaume de David : Justes, réjouissez-vous dans le Seigneur ; c’est aux hommes droits que sied la (sa) louange. [32 Hymne au Seigneur, créateur de l’univers et protecteur de son peuple. Sans titre dans l’hébreu. ― Ce psaume a été composé à l’occasion de la délivrance d’Israël d’un joug étranger, opérée sans combat, par la Providence divine.]
Approchez-vous de lui, et vous serez éclairés ; et vos visages ne seront pas couverts de confusion. [33.6 Et vous serez éclairés ; littéralement Et soyez éclairés ; pur hébraïsme, dont la traduction littérale formerait un faux sens.]
Qu’un piège dont il ne se doute pas tombe sur lui ; que le rets qu’il a caché le saisisse, et qu’il tombe dans son propre filet. [34.8 Lui ; hébraïsme, pour à chacun d’eux .]
Je vous célébrerai dans une grande assemblée ; je vous louerai au milieu d’un peuple nombreux.
Sois soumis au Seigneur, et prie-le. Ne porte pas envie à (rivalise pas avec) celui qui réussit dans sa voie, à (avec) l’homme qui commet des injustices.
Il n’est rien resté de sain dans ma chair à la vue de votre colère ; il n’y a plus de paix dans mes os à la vue de mes péchés. [37.4 Il n’y a rien, etc. ; je suis même pour mon corps dans le plus triste état. ― En présence ; littéralement à la face ; hébraïsme pour à cause .]
Hâtez-vous de (Songez à) me secourir, Seigneur, Dieu de mon salut.
Et il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, un hymne à (en l’honneur de) notre Dieu. Beaucoup le verront, et craindront, et espéreront dans le Seigneur.
Psaume de David. Jugez-moi, ô Dieu, et séparez ma cause de celle d’une nation qui n’est pas sainte ; délivrez-moi de (d’un) l’homme méchant et trompeur. [42.1-4 Prière pour que Dieu délivre le Psalmiste de ses ennemis et lui fasse voir la demeure du Seigneur.] [42.1-5 Le psaume 42 est récité tous les jours au pied de l’autel par le prêtre qui va offrir le saint sacrifice. Par les hésitations qu’il exprime, avec ses alternatives de trouble et de confiance, il est admirablement propre à exterminer les sentiments qui remplissent le cœur du ministre de Dieu à ce moment solennel.]
Pour la fin, des (pour les) fils de Coré, psaume. [46.1 Plusieurs critiques voient dans ce psaume un chant de triomphe, entonné après une victoire, au moment où l’on ramène l’arche sur le mont Sion ; la tradition chrétienne l’applique généralement à l’Ascension de Notre-Seigneur.]
Psaume, (du) cantique des fils de Coré, pour le second jour de la semaine. [47.1 Chant de victoire à l’occasion de la délivrance de Jérusalem. Composé probablement à l’occasion de la délivrance de Jérusalem, assiégée par Phacée, roi d’Israël, et Rasin, roi de Syrie, voir Isaïe, 7, 1 ; 4 Rois, 16, 4.]
Pour la fin, instruction de (intelligence à) David, [51.1 Intelligence à David ; ou, selon d’autres, de David ; c’est-à-dire psaume didactique composé par David.]
Mais moi, je suis comme un olivier fertile dans la maison de Dieu. J’espère en la miséricorde de Dieu éternellement et à jamais.
Il a envoyé du ciel (son secours,) et il m’a délivré ; il a couvert d’opprobre ceux qui me foulaient aux pieds. Dieu a envoyé sa miséricorde et sa vérité, [56.4 Il a envoyé du ciel ; sa main ou son secours. Comparer à Psaumes, 17, 17. ― Sa vérité ; c’est-à-dire la fidélité dans ses promesses.]
Pour la fin. N’exterminez pas (Ne perdez pas entièrement) ; de David, inscription du (de) titre. [57.1 En hébreu : « Au chef de chœur. [Sur l’air de] ‘al thasckheth (ne perd pas). De David. Mikthâm. » ― Composé probablement pendant la révolte d’Absalom. ― Le langage est vif, les images fortes et relativement plus multipliées que dans aucun autre psaume, quelquefois à peine indiquées, d’où une certaine obscurité.]
Psaume de David, lorsqu’il était dans le désert d’Idumée (voir 1 Rois, 22, 5) . [62.1 Prière de David dans le désert de Juda, pendant la persécution de Saül. Les éditions ordinaires des Septante et la Vulgate portent Idumée au lieu de Juda, mais c’est cette dernière leçon, qu’on lit dans plusieurs manuscrits et dans Euthymius, qui est la vraie. ― Ce psaume est une prière que David adresse à Dieu le matin, et c’est pour ce motif que l’Eglise le fait réciter à Laudes, qu’on chante le matin. Il a déjà été employé par la primitive Eglise comme prière du matin. ― Obligé de se réfugier dans un désert aride pour échapper à la colère de son ennemi, le Psalmiste réclame pour lui la protection de Dieu, et pour ceux qui le persécutent le châtiment qui leur est dû.]
Pour la fin, psaume de David. [63.1 Composé probablement du temps de la persécution de Saül, contre les courtisans qui entouraient ce prince et nuisaient à David par leurs calomnies et leurs rapports venimeux.]
Que (toute) la terre vous adore et chante en votre honneur, qu’elle dise un hymne à (psaume à la gloire de) votre nom.
Pour la fin, psaume des (aux) fils de Coré (psaume). [84.1 Ce psaume paraît avoir été composé après le retour de la captivité. Voir Aggée, 1, 9-11 ; 2, 16-20. ― Le Psalmiste demande à Dieu de se montrer comme autrefois miséricordieux envers son peuple et de le rétablir dans son état de prospérité.]
Oui, son salut est près de ceux qui le craignent, et (afin que) la gloire habite(ra) dans notre terre. [84.10 Assurément ; c’est le sens qu’exige le contexte, et c’est aussi celui du mot hébreu rendu dans les Septante et la Vulgate par mais cependant .]
Seigneur, parmi les dieux nul ne vous est semblable, et rien n’est comparable à vos œuvres. [85.8 Il n’est rien, etc. ; littéralement il n’est pas selon vos œuvres ; ce qui signifie évidemment, il n’est pas d’œuvre semblable ou comparable à vos œuvres.]
Prière de Moïse, (l’)homme de Dieu. [89.1 Prière , etc. Voir pour ce titre les interprètes.] [89.1-17 Ce psaume, le plus ancien de la collection, a dû être chanté par le peuple d’Israël depuis l’Exode et ainsi conservé de mémoire. Plusieurs des traits qu’il contient rappellent la manière de Moïse. Voir Deutéronome, chapitres 32 et 33. C’est à cause de son antiquité qu’il est placé en tête du 4 e livre. ― Il fut composé sans doute à la suite de la condamnation porté contre les Israélites par le Seigneur qui, pour les punir de leurs continuelles révoltes, leur annonça que tous ceux qui avaient atteint l’âge de 20 ans, au moment de la sortie d’Egypte, périraient dans le désert.] [89.1-6 Contraste entre la brièveté de la vie de l’homme et l’éternité de Dieu.] Seigneur, vous avez été (êtes devenu) pour nous un refuge, de génération en génération.
Cantique de louange (Louange de cantique) de David. [90.1-16 Il y a dans ce psaume un changement de personnes, plus fréquent que dans aucun autre. Or ce changement s’expliquerait sans peine, si, avec J.-D. Michaelis, on supposait deux chœurs chantant alternativement : l’un les versets 1 et 2, puis le premier hémistiche du verset 9, et les vers suivants, jusqu’au verset 14, où Dieu lui-même intervient et parle jusqu’à la fin. ― A David ; selon d’autre, de David, par David . ― 1 re voix, verset 1 ; 2 e voix, verset 2 ; 1 re voix, versets 3 à 8 ; 2 e voix, verset 9a ; 1 re voix, versets 9b à 13 ; discours de Dieu, versets 14 à 16. Composé probablement au temps de la peste, par laquelle Dieu punit le dénombrement d’Israël fait par David, voir 2 Rois, 24, 15-17 ; Psaumes, 90, vv. 3, 6-7. ― Ce beau psaume se distingue par l’élévation de la pensée, la vivacité des sentiments, l’ardeur de la foi, la simplicité de la confiance, la vivacité des couleurs et la limpidité du langage.] Celui qui habite sous l’assistance du Très-Haut demeurera sous la protection du Dieu du ciel.
Ils te porteront dans leurs mains, de peur que tu heurtes le pied contre la pierre.
Psaume de cantique. Pour le (Au) jour du sabbat. [91.1 Ce psaume est encore chanté aujourd’hui par les Juifs au jour du sabbat. ― C’est une sorte de théodicée abrégée dans laquelle le Psalmiste résume nos devoirs de louange et de reconnaissance envers Dieu et sa Providence. ― Le nom de Jéhovah (le Seigneur) est répété sept fois dans cet hymne, en l’honneur sans doute des sept jours de la création. ― Voici la suite des pensées : 1 re strophe, versets 2 à 4 : Il faut louer Dieu ; ― 2 e strophe, versets 5 à 7 : à cause de la grandeur de ses œuvres et de la profondeur de ses desseins ; ― 3 e strophe, versets 8 à 10 ; parce qu’il triomphe de tous ses ennemis ; ― 4 e et 5 e strophes, versets 11 à 16 : et qu’il comble le juste de ses bénédictions.]
sur l’instrument (le psaltérion) à dix cordes, joint au chant, et (aces un cantique) sur la harpe. [91.4 Votre vérité ; c’est-à-dire votre fidélité à tenir vos promesses .]
Louange de cantique à David lui-même, au jour avant le sabbat, quand la terre fut fondée. Le Seigneur a régné (établi son règne), et a été revêtu de gloire (force) ; le Seigneur a été revêtu et (il) s’est ceint (de force). Car il a affermi le globe de la terre, qui ne sera point ébranlé. [92 A David lui-même. Voir le titre du Psaume 51 (Hébreu : 52).] [92.1 Il s’est ceint ; c’est-à-dire il s’est préparé pour une grande œuvre. ― « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Quel homme, ayant à parler de si grandes choses, eût commencé comme Moïse ? demande Rollin. Quelle majesté et en même temps quelle simplicité !… La sagesse éternelle, qui s’est jouée en faisant le monde, en fait le récit sans s’émouvoir. Les prophètes, dont le but est de nous faire admirer les merveilles de la création, en parlent d’un ton bien différent : Le Seigneur prend possession de son empire ; il s’est revêtu de gloire. Le Seigneur s’est revêtu de sa force, il s’est armé de son pouvoir. Le saint roi, transporté en esprit à la première origine du monde, dépeint en termes magnifiques comment Dieu, qui jusque-là était demeuré inconnu, invisible et caché dans le secret impénétrable de son être, s’est tout d’un coup manifesté par une foule de merveilles incompréhensibles. Le Seigneur, dit-il, sort enfin de sa solitude. Il ne veut plus être seul heureux, seul juste, seul saint. Il veut régner par sa bonté et par ses largesses. Mais de quelle gloire ce Roi immortel est-il revêtu ? Quelles richesses vient-il étaler à nos yeux ? De quelles sources partent tant de lumières et tant de beautés ? Où étaient cachés ces trésors et cette riche pompe qui sortent du sein des ténèbres ? Quelle est la majesté même du Créateur, si celle qui l’environne imprime un tel respect ? Que doit-il être, puisque ses ouvrages sont si magnifiques ? »] [92.1-5 Sans titre en hébreu. La Vulgate porte : « Cantique de louange de David, pour la veille du sabbat, quand la terre fut fondée, » c’est-à-dire destiné à être chanté le vendredi au sacrifice du matin, au jour de la création de l’homme. ― Ce psaume, composé probablement par David après une victoire, fut appliqué plus tard au service liturgique. Il est court, mais plein de force, de majesté et d’élan lyrique.]
Psaume à David lui-même, au quatrième du sabbat. Le Seigneur est le Dieu des vengeances ; le Dieu des vengeances a agi avec (une entière) liberté. [93 A David ; ou de David, par David . ― Au quatrième du sabbat ; c’est-à-dire au quatrième jour de la semaine. ― Sans titre en hébreu. Vulgate : « Psaume de David pour le quatrième jour après le sabbat », c’est-à-dire le mercredi, où la synagogue le récite encore aujourd’hui. Composé peut-être pendant la révolte d’Absalom.] [93.1 Le Seigneur est le Dieu des vengeances. Comparer à Deutéronome, 32, 35 ; Romains, 12, 19.] [93.1-3 Invocation contre les méchants.]
La louange et la splendeur (beauté) sont devant lui ; la sainteté et la magnificence dans son sanctuaire (lieu de sa sanctification, note). [95.6 Sont en sa présence ; c’est-à-dire lui appartiennent. ― Sa sanctification (sanctificatione) ; c’est-à-dire son sanctuaire, son temple ; proprement le lieu qu’il s’est consacré. Comparer à Psaumes, 77, 54.]
De (A) David, quand sa terre lui fut rendue. [96 A David , etc., ou de David, par David , lorsqu’il fut rétabli dans son pays. ― Ces mots indiquent sans doute l’époque où David fut reconnu roi par toutes les tribus.] [96.1 Iles. Le mot hébreu, traduit dans les Septante et la Vulgate par île , signifie proprement région lointaine, contrée très éloignée ; sens qui convient parfaitement à ce passage.] [96.1-6 Tableau de la puissance de Dieu dans la nature.] Le Seigneur est roi (a établi son règne) : que la terre tressaille de joie, que toutes les îles se réjouissent.
Psaume de (à) David (lui-même). Le Seigneur règne (a établi son règne) : que les peuples s’irritent (frémissent de colère). Il est assis sur les chérubins : que la terre soit ébranlée. [98 Composé probablement pour la cérémonie de la translation de l’arche à Jérusalem. C’est le 3 e des psaumes qui commencent par Dominus regnavit . Le 1 er , le 92, chante la gloire de Dieu ; le 2 e , le 96, les bénédictions qu’il répand sur la terre, et le 3 e , le 98, les faveurs qu’il accorde à ceux qui le prient.] [98.1 Que des peuples frémissent de colère , hébreu : qu’ils tremblent devant la puissance de Dieu. ― Il est assis sur des chérubins , les chérubins de l’arche d’alliance, qui est comme le trône de Dieu.] [98.1-5 La royauté de Dieu fait trembler les Gentils et la terre elle-même ; il faut le louer, parce qu’il est grand et saint (versets 1 à 3), et (versets 4 et 5) parce qu’il gouverne Israël avec équité.]
Psaume à David (ou de David lui-même). Je chanterai, Seigneur, devant vous votre miséricorde et votre justice. Je les chanterai au son des instruments (sur le psaltérion), [100.1 La justice ; littéralement le jugement. Voir Psaumes, 98, 4.] [100.1-8 Devoirs d’un roi exprimés sous forme de promesses. ― Psaume composé probablement au moment où le saint roi conçut le projet de transporter l’arche de la maison d’Obédédom à Jérusalem, voir 2 Rois, 6, verset 11 et suivants. ― Ce psaume est simplement composé de distiques.]
De David (lui-même). Mon âme, bénis le Seigneur. Seigneur mon Dieu, vous avez fait paraître magnifiquement votre grandeur. Vous vous êtes revêtu de majesté et de splendeur (avez revêtu la louange et l’honneur), [103 Ce psaume contient, des œuvres du Créateur, une magnifique description qui rappelle le premier chapitre de la Genèse, et une exhortation à louer l’auteur de ces merveilles. ― « Qu’il nous soit permis d’indiquer dans les hymnes que [renferme] le livre des Psaumes, une de celles que nous regardons comme les modèles parfaits de ces sortes de composition : c’est le Psaume 103, que l’on pourrait appeler l’hymne de la création. Qu’on le lise : qu’on lise ensuite tout ce qui a été écrit de plus estimé sur cette matière si souvent traitée, en prose et en vers, depuis Hésiode jusqu’à Ovide, depuis Cicéron et Pline jusqu’à Buffon, et nous ne craignons pas qu’on puisse ensuite en citer qui soit du ton et de la hauteur de ce psaume. » (GATIEN ARNOULT.) ― « Les tableaux répandus dans la Bible, dit Châteaubriand, peuvent servir à prouver doublement que la poésie descriptive est née, parmi nous, du Christianisme. Job, les Prophètes, l’Ecclésiaste, et surtout les Psaumes, sont remplis de descriptions magnifiques. Le psaume Benedic. anima mea , est un chef-d’œuvre dans ce genre… Horace et Pindare sont restés bien loin de cette poésie. » ― « On peut dire, écrit Alexandre de Humboldt, que le 103 e psaume est à lui seul une esquisse du monde. » Le Seigneur, revêtu de lumière, a étendu le ciel comme un tapis. Il a fondé la terre sur sa propre solidité, en sorte qu’elle ne vacillât pas dans toute la durée des siècles. Les eaux coulent du haut des montagnes dans les vallons, aux lieux qui leur ont été assignées, afin que jamais elles ne passent les bornes prescrites, mais qu’elles abreuvent tous les animaux des champs. Les oiseaux du ciel chantent sous le feuillage. Les arbres de l’Eternel, les cèdres que Dieu lui-même a plantés, se dressent pleins de sève. Les oiseaux y font leur nid, et l’autour bâtit son habitation sur les sapins. » Dans le même psaume est décrite la mer « où s’agite la vie d’êtres sans nombre. Là passent les vaisseaux et se meuvent les monstres que tu as créés, ô Dieu, pour qu’ils s’y jouent librement. » L’ensemencement des champs, la culture de la vigne qui réjouit le cœur de l’homme, celle de l’olivier, y ont aussi trouvé place. Les corps célestes complètent ce tableau de la nature. « Le Seigneur a créé la lune pour mesurer le temps, et le soleil connaît le terme de sa course. Il fait nuit : les animaux se répandent sur la terre, les lionceaux rugissent après leur proie et demandent leur nourriture à Dieu. Le soleil paraît : ils se rassemblent et se réfugient dans leurs cavernes, tandis que l’homme se rend à son travail et fait sa journée jusqu’au soir. » On est surpris, dans un poème lyrique aussi court, de voir le monde entier, la terre et le ciel, peints en si grands traits : à la vie confuse des éléments est opposée l’existence calme et laborieuse de l’homme, depuis le lever du soleil jusqu’au moment où le soir met fin à ses travaux. Ce contraste, ces vues générales sur l’action réciproque des phénomènes, ce retour à la puissance invisible et présente qui peut rajeunir la terre ou la réduire en poudre, tout est empreint d’un caractère sublime. »] [103.1 Louange ; c’est ici le vrai sens du mot confessionem de la Vulgate, ainsi que du texte correspondant des Septante : l’hébreu porte majesté .] [103.1-4 Eloge de l’œuvre du premier et du second jours de la création.]
Vous faites jaillir les (des) sources (fontaines) dans les vallées ; les eaux s’écoule(ro)nt entre les montagnes. [103.10-14a Production des sources, des animaux et des plantes.]
Vous faites croître l’herbe (du foin) pour les bêtes, et les plantes (de l’herbe) pour l’usage de l’homme. Vous faites sortir le pain de la terre, [103.14b-18 Les trois principales productions nourricières (céréales, vin et huile) ; les pluies qui fécondent la terre et les animaux qui habitent les montagnes.] [103.14 De l’herbe (herbam) , l’hébreu signifie légume , plante nourrissante.]
Et Dieu (y) multiplia extraordinairement son peuple, et le rendit plus puissant que ses ennemis. [104.24 Voir Exode, 1, 7 ; Actes des Apôtres, 7, 17.]
Alleluia. Célébrez (Louez) le Seigneur, parce qu’il est bon et parce que sa miséricorde est éternelle. [106.1-43 Le Psalmiste, après une exhortation à louer Dieu, versets 1 à 3, a peint en six tableaux, d’une grande beauté, la manière dont Dieu punit le pécheur et le ramène à lui. 1° Dieu nourrit ceux qui ont faim, versets 4 à 9 ; 2° il délivre les captifs, versets 10 à 16 ; 3° il guérit les malades, versets 17 à 22 ; 4° il sauve les naufragés, versets 23 à 32 ; 5° il nourrit tous les hommes, versets 33 à 38 ; 6° il protège les faibles, versets 39 à 42. Le verset 43 forme la conclusion. Double refrain, dont l’un est inspiré dans le corps même de la strophe, versets 6, 13, 19, 28, et versets 8, 15, 21 et 31. ― Ce psaume est un cantique d’actions de grâces, probablement composé pour la célébration de la fête des Tabernacles, après le retour de la captivité, voir 1 Esdras, 3, 4-5. ― Pour jamais , etc. Voir Psaumes, 105, 1.]
Cantique (de) psaume, de David (lui-même). [107.1 A quelques différences près, les six premiers versets de ce psaume se trouvent dans le 56 e , et les autres dans le 59 e . ― Il se compose de deux parties. La première moitié, versets 2 à 6, est la reproduction de Psaumes, 56, 8-12, et la seconde, versets 7 à 14, la reproduction de Psaumes, 59, 7-14. Voir ces deux psaumes.]
Alleluia. Seigneur, je vous célébrerai (louerai) de tout mon cœur dans la réunion et dans l’assemblée des justes. [110 Ce psaume et les deux suivants dans l’hébreu, les huit suivants dans la Vulgate, commencent par Alleluia. Le Psaume 110 et le Psaume 111 se font pendant pour le fond et pour la forme. L’un et l’autre sont alphabétiques, et composés de 22 vers, commençant chacun par une lettre de l’alphabet hébreu dans l’original. Le premier loue Dieu des bienfaits qu’il a accordés à Israël, à diverses époques de son histoire ; le second proclame le bonheur de celui qui craint Dieu, c’est-à-dire, est fidèle à pratiquer ses commandements ; tous deux affirment la justice divine, qui a toujours le dernier mot. La poésie des psaumes 110 et 111 ressemble à celle de plusieurs parties des Proverbes.] [110.1 En conseil des justes ; c’est-à-dire leur société particulière. ― En assemblée ; dans des réunions publiques.]
Alleluia. J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé ; mais j’ai été dans une profonde humiliation (humilié jusqu’à l’excès). [115 Ce psaume, dans les Bibles hébraïques, est la continuation du précédent ; voilà pourquoi, même dans les éditions latines, les versets commencent par le 10 e .] [115.10 J’ai cru , etc. Saint Paul (voir 2 Corinthiens, 4, 13) cite ce passage pour montrer que ceux qui ont le don de la foi la publient hardiment et sans aucune crainte de la part des hommes.]
Alleluia. Célébrez (Louez) le Seigneur, parce qu’il est bon, parce que sa miséricorde est éternelle. [117 Ce psaume dont la forme même, ― la quadruple invitation des versets 1 à 4, le refrain répété après chaque verset : du 1 au 4, etc., ― indique qu’il avait été composé pour une cérémonie publique, fut probablement chanté à la Dédicace du second temple, voir 1 Esdras, 6, 15-16. On n’y distingue pas de strophes régulières, mais il se divise en divers groupes, destinés à être chantés à des moments différents. Au commencement de la cérémonie, quand la procession se met en marche, elle loue la bonté de Dieu, versets 1 à 4 ; pendant la marche, elle rappelle comment Dieu a délivré Israël de la captivité, et elle l’en remercie, versets 5 à 18 ; à l’entrée du temple, elle demande que les portes du temple lui soient ouvertes, pour y glorifier Dieu, verset 19. ― Ceux qui reçoivent la procession répondent que c’est la porte de Dieu, et que les justes seuls y entrent, verset 20 ; ils remercient Dieu de l’érection du nouveau temple, et de la joie qu’il leur donne en cette fête, versets 21 à 23 ; ils accueillent enfin ceux qui arrivent et ceux qui attendaient, répètent les deux premiers vers qui résument tout le psaume.] [117.1 ; 117.29 Pour jamais , etc. Voir Psaumes, 105, 1.]
(Alors) Je ne serai point confondu, lorsque j’aurai sous les yeux tous vos préceptes (commandements).
Eloignez (Otez) de moi l’opprobre et le mépris, car j’ai recherché vos commandements (témoignages).
Cantique des degrés. Je me suis réjoui de ce qui m’a été dit : Nous irons dans la maison du Seigneur. [121.1 L’hébreu, le chaldéen, le syriaque et plusieurs autres interprètes ont lu le nom de David en tête de ce psaume, il n’en est pas de même des Septante, de la Vulgate et des Pères. ― Composé peut-être pendant la révolte d’Absalom. ― Ce psaume suppose très clairement l’existence des pèlerinages à Jérusalem, versets 4 à 6, comme règle.] [121.1-3 Joie au départ pour Jérusalem ; arrivée à la ville bien bâtie.]
Que la paix soit dans tes forteresses (ta force), et l’abondance dans tes tours. [121.7 Force. Le terme hébreu rendu ici dans les Septante et la Vulgate par force, puissance (virtute) , est traduit ailleurs dans les mêmes versions par forteresse ou rempart, fortification avancée, avant-mur, armée, troupes , sens qu’il a aussi en divers endroits, et que le contexte lui-même autorise certainement dans ce verset.]
Cantique des degrés. J’ai (é)levé mes yeux vers vous, ô Dieu, qui habitez dans les cieux. [122.1 Le pieux Israélite lève ses yeux avec confiance vers Dieu 1° pour connaître sa volonté, versets 1 et 2 ; 2° pour recevoir sa grâce au moment de l’affliction versets 3 et 4.]
(Bien)Heureux l’homme qui en (par eux) a rempli son désir. Il ne sera point confondu lorsqu’il parlera à ses ennemis à la porte de la ville. [126.5 Qui par eux ; par leur nombre ; c’est-à-dire qui aura eu autant de fils qu’il en désirait. ― Lorsqu’il parlera ; s’il lui survient une dispute, un procès, une querelle contre quelqu’un de ses concitoyens. ― A la porte de la ville ; c’était là que, chez les Hébreux, se trouvaient des tribunaux et que se rendait la justice.]
Cantique des degrés(,) de David. Seigneur, mon cœur ne s’est pas enorgueilli (exalté), et mes yeux ne se sont point élevés. Je n’ai pas non plus recherché de grandes choses (marché dans les grandeurs), ni ce qui est placé (dans les choses merveilleuses) au-dessus de moi. [130.1 Ce psaume rend bien les sentiments de David, toujours parfaitement soumis à la volonté de Dieu dans toutes les circonstance de sa vie. ― Trois strophes : Verset 1 : Le Psalmiste n’aspire pas à ce qui est au-dessus de lui. ― Verset 2 : Il a fait taire son âme, comme un enfant sevré. ― Versets 2 et 3 : Qu’Israël espère en Dieu.]
Cantique des degrés. Maintenant (donc) bénissez le Seigneur, vous tous, (les) serviteurs du Seigneur, qui demeurez dans la maison du Seigneur, dans les parvis de la maison de notre Dieu. [133 Ce psaume est le dernier des psaumes graduels. Il se compose de deux courtes strophes : Versets 1 à 2 ; 3. ― La 1 re est une invitation, faite pendant la nuit, à louer le Seigneur. ― La seconde est la réponse à cette invitation.] [133.1 Qui demeurez. Dans le texte original : qui vous tenez pour servir dans la maison de Dieu, qui remplissez les fonctions des prêtres ou des lévites.]
Psaume de David, par (à) Jérémie. Au bord des fleuves de Babylone nous nous sommes assis, et nous avons pleuré, en nous souvenant de Sion. [136 A Jérémie ; ou de Jérémie, pour Jérémie . Cette inscription n’est pas dans l’hébreu, ni dans le chaldéen. ― Ce titre est difficile à expliquer ; il est formellement rejeté par Théodoret.] [136.1 Sur les fleuves de Babylone. Babylone était arrosée par l’Euphrate et par de nombreux et grands canaux qui portaient le nom de nahar , en babylonien comme en hébreu, et c’est ce mot qui est traduit par fleuves .] [136.1-9 Ce psaume, l’un des plus beaux et des plus touchants, nous représente les Juifs captifs à Babylone, ne pouvant goûter aucune joie loin de leur patrie. Le patriotisme et la religion ne peuvent pas s’élever plus haut. « La poésie touchante de ce psaume, son sentiment si profond, si vrai, si mélancolique et si naturel, est passé dans l’âme des masses et l’a rendu populaire. Il répond à toutes les notes plaintives du cœur humain, à toutes les amertumes et à tous les regrets, à toutes les aspirations et à tous les mécomptes, à toutes les douleurs, à tous les gémissements… des espérances déçues pour les individus comme pour les nations. » (F. CLAUDE.) ― Voici la suite des pensées : Versets 1 et 2 : Les Juifs captifs à Babylone ont suspendu leurs lyres aux saules pleureurs des bords de l’Euphrate, et ils versent des larmes au souvenir de Sion. ― Verset 3 : Chantez-nous un cantique de Sion, leur disent leurs maîtres. ― Versets 4 à 6 : Comment chanter les louanges du Seigneur sur la terre étrangère ? Plutôt m’oublier moi-même qu’oublier Jérusalem ! ― Verset 7 : Prière à Dieu contre l’Idumée, qui, à l’époque de la ruine de Jérusalem, s’était rangée parmi les ennemis de la Judée. ― Versets 8 et 9 : Souhaits contre Babylone, qui a opprimé Juda.]
De (A) David (ou de David lui-même). Je vous célébrerai (glorifierai), Seigneur, de tout mon cœur, parce que vous avez écouté les paroles de ma bouche. Je vous chanterai des hymnes en présence des anges ; [137.1 David remercie Dieu de la promesse qu’il lui a faite de faire sortir le Messie de sa race, et de rendre son trône éternel, voir 2 Rois, chapitre 7 ; 1 Paralipomènes, chapitre 17. ― Versets 1 à 3 : Le Psalmiste remercie Dieu de la promesse qu’il lui a faite. ― Versets 4 à 6 : Tous les rois glorifieront Dieu, quand ils la verront se réaliser. ― Versets 7 à 8 : Pour lui sa confiance envers le Seigneur est sans bornes.]
Pour la fin, psaume de David. [139.1 Psaume composé pendant la persécution d’Absalom, et analogue aux Psaumes 57 et 63 ; la conclusion de tous les trois est semblable. ― Versets 2 à 6 : Que Dieu garde le Psalmiste du méchant ; ― Versets 7 à 9 : parce qu’il met sa confiance en Dieu (prière qu’il lui adresse). ― Versets 10 et 11 : Que l’iniquité des impies retombe sur eux. ― Versets 12 à 14 : Oui, le pécheur périra, le juste triomphera et bénira le Seigneur.]
Mais les justes célébreront (glorifieront) votre nom, et les hommes droits habiteront devant votre visage (vivront devant vous). [139.14 Avec vous ; littéralement avec votre visage. Voir Psaumes, 41, 6.]
Je répands ma prière en sa présence, et j’expose devant lui ma tribulation.
Alleluia, d’Aggée et de Zacharie. [145.1 Ce psaume et les suivants, jusqu’à la fin du psautier, commencent par alleluia . Ils sont tous consacrés à louer Dieu. La Vulgate donne pour titre à celui-ci : « D’Aggée et de Zacharie, » soit que ces prophètes en soient les auteurs, soit qu’ils aient introduit l’usage de le chanter dans le second temple. ― Trois strophes : Versets 1 à 4 : il faut louer Dieu et ne pas compter sur les hommes. ― Versets 5 à 7a : Heureux qui observe la loi du Seigneur ! ― Versets 7b à 10 : Dieu, le protecteur des justes, le protègera.]
Le Seigneur protège les étrangers ; il soutient l’orphelin et la veuve, et il détruira (entièrement) les voies des pécheurs.
Alleluia. Louez le Seigneur du haut des cieux ; louez-le dans les hauteurs (lieux les plus élevés). [148.1 Le Psalmiste, heureux à la vue de la nationalité juive rétablie, s’adresse à toutes les créatures pour qu’elles en remercient Dieu avec lui. C’est la même pensée qui se manifeste dans le cantique des trois enfants dans la fournaise, et dans l’hymne au soleil de saint François d’Assise. Il y a dans cette manière d’envisager la nature non seulement beaucoup de poésie, mais aussi quelque chose d’élevé et de touchant qui transfigure l’univers, en nous montrant le créateur, d’une façon en quelque sorte sensible, dans toutes ses œuvres. Ce ne sont pas les créatures inanimées qui parlent, mais c’est l’homme qui leur prête sa voix, et de cette manière rend grâces au Seigneur pour les œuvres dont il lui a donné l’usage ou la jouissance. Tous les êtres louent d’ailleurs à leur manière celui qui les a faits, en observant les lois qu’il leur a imposées et en concourant ainsi à l’accomplissement de ses desseins. ― Le psaume descend graduellement du ciel à la terre pour s’arrêter à l’homme et se terminer par une exhortation générale, versets 13 et 14.]
Que tout ce qui respire (esprit) loue le Seigneur. Alleluia. [150.6 Le psautier tout entier se termine par ce trait admirable qui le résume si bien : « Que tout être qui respire loue le Seigneur ! Alleluia ! » ― Esprit ; ce qui a vie, ce qui respire.]
Car le Seigneur connaît la voie des justes, et le chemin des impies périra. [1.6 David ne dit pas qu’il n’y a point de résurrection pour les méchants, comme l’ont prétendu quelques incrédules ; il dit simplement qu’ils ne ressusciteront pas pour être admis dans l’assemblée des justes ; il faut faire violence au texte pour lui donner un autre sens. ― Au jugement dernier. C’est ainsi que l’ont entendu la plupart des docteurs juifs après le paraphraste chaldéen. D’ailleurs, comme l’a justement remarqué le savant Aben-Ezra, la présence de l’article déterminatif enlève toute espèce de doute à cet égard.]
et il jugera lui-même l’univers (le globe de la terre) avec équité ; il jugera les peuples avec justice.
Et votre miséricorde me suivra tous les jours de ma vie, pour que j’habite dans la maison du Seigneur durant de longs jours. [22.6 De la figure d’un pasteur qui conduisait et protégeait son troupeau, David passe à celle d’un hôte ou d’un ami, qui accorde sa protection à son ami contre ses persécuteurs, et qui lui dresse une table, lui prépare un festin pour le refaire de ses fatigues et le nourrir dans sa défaillance. Cette table, ce festin figuraient, selon les Pères, le sacrement du Corps et du Sang de Jésus-Christ, que nous recevons dans l’Eglise, à la table sainte, et les divines Ecritures, qui sont le soutien et la nourriture de nos âmes. ― Vous avez oint ma tête d’huile , c’est-à-dire de parfums, parce que souvent on se parfumait la tête, quand on prenait part à un festin.]
Célébrez le Seigneur avec moi, et exaltons tous ensemble (pareillement) son nom.
Si l’un d’eux entrait pour me voir, il me tenait de vains discours ; son cœur amassait (de) l’iniquité en lui-même. Il sortait dehors, et parlait.
Ecoute, mon peuple, et je parlerai ; Israël, et je te rendrai témoignage (prendrai à témoin). C’est moi qui suis Dieu, ton Dieu. [49.7-15 Discours de Dieu aux Juifs fidèles : ce qu’il désire d’eux, ce ne sont point des boucs et des taureaux, mais un sacrifice de louange, c’est-à-dire l’adoration du cœur.]
O vous qui procurez le salut aux (des) rois, qui avez sauvé (racheté) David, votre serviteur, du (d’un) glaive meurtrier.
Il guérit ceux dont le cœur est brisé, et il bande leurs plaies ;
mais qui a ses affections dans la loi du Seigneur, et qui médite cette loi jour et nuit. [1.2 Voir Josué, 1, 8.]
Le Seigneur a entendu, et il a eu pitié de moi ; le Seigneur s’est fait mon protecteur. [29.11-13 Cette prière a été exaucée.]
Leur terre produisit des grenouilles (qui pénétrèrent) jusque dans les chambres des rois eux-mêmes. [104.30 Voir Exode, 8, 6.]
Car vos préceptes (témoignages) sont (le sujet de) ma méditation, et vos ordonnances (justifications) me servent de conseil.
Si je monte au ciel, vous y êtes ; si je descends dans l’enfer, vous y êtes présent. [138.8 Voir Amos, 9, 2.]
Ce n’est pas dans la force du cheval qu’il se complaît(ra), et il ne met(tra) pas son plaisir dans les jambes de l’homme. [146.10 Ce n’est pas , etc. ce n’est ni la force du cheval, ni la vitesse des jambes d’un homme qui attirent la miséricorde du Seigneur et qui sauvent du danger. Comparer à Psaumes, 32, 16-17.]
Louez-le pour ses actes éclatants ; louez-le selon l’immensité (la multitude) de sa (ses) grandeur(s).