Psaumes - Chapitre 113

Psaumes 113.10 Alleluia. Lorsque Israël sortit d’Egypte, et la maison de Jacob du milieu d’un peuple barbare, [113.1 Voir Exode, 13, 3.] [113.1-18 Psaume historique. Il résume en quelques traits, avec des images fortes et hardies, les miracles opérés par le Seigneur pour délivrer son peuple de l’armée du Pharaon, qui le poursuivait à la sortie d’Egypte. Les Egyptiens y sont appelés un peuple barbare, dans le sens primitif du mot, ancien indien barbaras , analogue à balbus , celui qui bégaie, c’est-à-dire, ici, celui qui parle une langue étrangère, qu’on ne comprend pas. ― La Harpe dit, au sujet de ce psaume : « Si ce n’est pas là de la poésie lyrique et du premier ordre, il n’y en eut jamais ; et si je voulais donner un modèle de la manière dont l’ode doit procéder dans les grands sujets, je n’en choisirais pas un autre : il n’y en a pas de plus accompli. Le début est un exposé simple, rapide et imposant. Le poète raconte des merveilles inouïes comme il raconterait des faits ordinaires : pas un accent de surprise ni d’admiration, comme n’y aurait pas manqué tout autre poète. Le Psalmiste ne veut pas parler lui-même de l’idée qu’il faut y avoir des merveilles qu’il trace. Il veut que ce soit toute la nature qui rende témoignage au Maître auquel elle obéit. Il l’interroge donc tout de suite, et de quel ton ! Mer, pourquoi as-tu fui ? Jourdain , etc. Je cherche quelque chose de comparable à cette brusque et frappante apostrophe, et je ne trouve rien qui s’en approche. Il interpelle la mer, le fleuve, les montagnes, les collines, et avec quelle sublime brièveté ! Et dans l’instant vous entendez la mer, le fleuve, les montagnes, les collines qui répondent ensemble : Eh ! ne voyez-vous pas que la terre s’est émue à la face du Seigneur ? Et comment ne serait-elle pas émue à la face de Celui qui change la pierre en fontaine et la roche en source d’eau vive ? Car ce sont là les liaisons supprimées dans cette poésie rapide. Le poète aurait pu aussi mettre en récit ce miracle, comme il a fait des autres ; mais il préfère de le mettre dans la bouche des êtres inanimés ; est-ce là un art vulgaire ? »] Psaumes 113.11 Dieu consacra Juda à son service (La Judée devint sa sanctification), et établit son empire dans Israël (son empire). [113.2 Sa sanctification ; sa consécration ; c’est-à-dire que Juda est devenu le peuple consacré au Seigneur, la nation sainte , comme il est dit expressément dans Exode, 19, 6. ― Son empire ; le peuple de sa domination, dont il voulait bien être le roi.] Psaumes 113.12 La mer le vit et s’enfuit ; le Jourdain retourna en arrière. Psaumes 113.13 Les montagnes bondirent comme des béliers, et les collines comme des agneaux (de brebis). Psaumes 113.14 Qu’as-tu, ô mer, pour t’enfuir ? Et toi, Jourdain, pour retourner en arrière ? Psaumes 113.15 Pourquoi, montagnes, avez-vous bondi comme des béliers ? et vous, collines, comme des agneaux (de brebis) ? Psaumes 113.16 La terre a été ébranlée devant la face du Seigneur, devant la face du Dieu de Jacob Psaumes 113.17 qui a changé la pierre en des torrents d’eaux, et la roche en fontaines abondantes (d’eaux). Psaumes 113.18 Que ce ne soit pas à nous, Seigneur, que ce ne soit pas à nous ; que ce soit à votre nom que vous donniez la gloire, [113.1 Ce psaume, qui est le 115 e selon l’hébreu, quoiqu’il ait une numérotation particulière, pour les versets, dans notre Vulgate, ne compte que pour un avec le précédent, non seulement dans les Septante, nos éditions latines et la liturgie, mais aussi dans les versions syriaque, éthiopienne et arabe. Le beau sentiment qu’exprime le : Non pas à nous, Seigneur , etc. à la suite des merveilles de la sortie d’Egypte, semble en effet, relier ce psaume au précédent : le chantre sacré, comme ébloui et accablé à la vue de tant de miracles, et tout pénétré du sentiment de l’infirmité de l’homme, pouvait s’écrier naturellement : Non pas à nous. Mais la différence de sujet et de rythme paraît donner raison au partage du psaume In exitu , dans la Bible hébraïque. ― C’est une prière d’Israël adressée à Dieu pour obtenir son secours dans une guerre contre les ennemis idolâtres. On le chantait peut-être solennellement au moment de marcher contre l’ennemi.] [113.1-3 Que Dieu glorifie son nom en accordant la victoire aux siens contre les idolâtres.] Psaumes 113.19 pour faire éclater (à cause de) votre miséricorde et votre vérité ; de peur que les nations ne disent : Où est leur Dieu ? Psaumes 113.20 Notre Dieu est dans le ciel ; tout ce qu’il a voulu, il l’a fait. Psaumes 113.21 Les idoles (simulacres) des nations sont de l’argent et de l’or, et l’ouvrage de(s) mains des hommes. [113.4 Voir Psaumes, 134, 15.] [113.4-8 Les dieux des païens ne sont rien.] Psaumes 113.22 Elles (Ils) ont une bouche, et ne parle(ro)nt point ; elles (ils) ont des yeux, et ne voient point (verront pas). [113.5 Voir Sagesse 15, 15.] Psaumes 113.23 Elles (Ils) ont des oreilles, et n’entende(ro)nt pas ; elles (ils) ont des narines, et ne sentent (sentiront) pas. Psaumes 113.24 Elles (Ils) ont des mains, et ne touche(ro)nt pas ; elles (ils) ont des pieds, et ne marche(ro)nt pas ; avec leur gorge (gosier), elles (ils) ne peuvent crier (crieront pas). [113.7 Avec leur gosier ; c’est-à-dire quoiqu’ils aient un gosier.] Psaumes 113.25 Que ceux qui les font leur deviennent semblables, avec tous ceux qui mettent en elles leur confiance. Psaumes 113.26 La maison d’Israël a espéré au Seigneur ; il est leur secours (aide) et leur protecteur. [113.9-11 Que les guerriers d’Israël soient donc pleins de confiance, car c’est le vrai Dieu qui est leur soutien. Comme cette dernière idée est celle que le Psalmiste veut inculquer le plus profondément dans le cœur des soldats, elle est répétée trois fois dans cette strophe, à la 3 e personne. Les versets 14 et 15, sont à la 2 e personne ; ce changement provient, sans doute, de ce que le refrain était chanté par le chœur de ceux qui ne partaient point pour la guerre, tandis que les guerriers chantaient eux-mêmes le reste du psaume, d’où l’emploi de la 1 re personne : versets 1, 3, 12, 18.] Psaumes 113.27 La maison d’Aaron a espéré au Seigneur ; il est leur secours (aide) et leur protecteur. Psaumes 113.28 Ceux qui craignent le Seigneur ont mis en lui leur espérance ; il est leur secours (aide) et leur protecteur. Psaumes 113.29 Le Seigneur s’est souvenu de nous, et il nous a bénis. Il a béni la maison d’Israël ; il a béni la maison d’Aaron. [113.12-18 Promesse que Dieu bénira son peuple, versets 12 à 14.] Psaumes 113.30 Il a béni tous ceux qui craignent le Seigneur, les (plus) petits et (avec) les (plus) grands. Psaumes 113.31 Que le Seigneur vous comble (accorde) de nouveaux biens, (à) vous et (à) vos enfants. Psaumes 113.32 Soyez bénis du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. [113.15-18 Même pensée exprimée en d’autres termes : Dieu conservera à Israël la terre qu’il lui a donnée, et les Israélites le loueront, avant de descendre dans la tombe.] Psaumes 113.33 Le ciel des cieux (du ciel) est au Seigneur, mais il a donné la terre aux enfants (fils) des hommes. [113.16 Le ciel du ciel ; hébraïsme, pour le ciel le plus élevé . Voir milieu des Observations préliminaires , 1°.] Psaumes 113.34 Les morts ne vous loueront point, Seigneur, ni tous ceux qui descendent dans l’enfer. [113.17 Voir Baruch, 2, 17. ― Ni aucun ; littéralement ni tous. En hébreu les mots tout, tous, toutes, toutes , joint à une négation, signifient aucun, nul, aucune, nulle . ― Ce ne sont point les morts qui vous loueront. Les damnés ne louent point Dieu. Les justes mêmes, dans les limbes, avant la venue du Messie, ne pouvaient glorifier Dieu comme les saints qui jouissent de la béatitude céleste dans le ciel.] Psaumes 113.35 Mais nous qui vivons, nous bénissons le Seigneur, dès maintenant et dans tous les siècles.

Psaumes : Chapitre 113

La Louange et la Compassion de Dieu dans le Psaume 113

Le Psaume 113 marque le début des « Psaumes Hallel », hymnes de louange qui célèbrent la grandeur de Dieu. Ce texte nous invite à réfléchir sur la manière dont la magnificence divine se manifeste à travers son souci pour les humbles et les marginalisés. En exaltant la majesté de Dieu, le Psaume oppose sa transcendance à sa compassion envers ceux qui sont dans le besoin.

Ce psaume nous appelle à un culte universel, tout en mettant en lumière le caractère unique de Dieu, qui élève les humbles. À travers cette réflexion, nous vous proposons d'explorer cinq passages bibliques qui résonnent avec les thèmes de louange et de compassion divine exprimés dans ce psaume joyeux.

Luc 1:52-53

« Il renversa les dirigeants de leurs trônes, mais exalta les humbles. Il combla de bonnes choses les affamés, mais renvoya les riches les mains vides. » Ce chant de Marie illustre parfaitement les thèmes du Psaume 113 en soulignant l’action de Dieu qui élève les humbles.

1 Samuel 2:8

« Relevez les nécessiteux de la poussière et les pauvres du fumier, pour qu'ils s'assoient avec les princes et qu'ils héritent d'une place d'honneur. Car les piliers de la terre appartiennent au Seigneur ; sur eux il a placé le monde. » Cette déclaration d'Hannah résonne avec le Psaume 113:7-8, affirmant que Dieu ressuscite les pauvres et leur accorde une dignité nouvelle.

Ésaïe 57:15

« Car ainsi parle le Haut et le Très-Haut, qui vit éternellement et dont le nom est saint : « J'habite dans un lieu élevé et saint, mais j'habite aussi avec ceux qui ont l'esprit contrit et humble, pour donner un nouvel encouragement à l'esprit du souffle humble et nouveau au cœur des contrits. » Ce verset illustre la grandeur de Dieu et son engagement envers les humbles, en lien avec le Psaume 113:5-6.

Malachie 1:11

« Du lever du soleil à l'ouest, mon nom est grand parmi les nations. Partout on apporte de l'encens et des offrandes pures à mon nom, car mon nom est grand parmi les nations, dit l'Éternel des armées. » Cette prophétie fait écho au Psaume 113:3, affirmant que le nom du Seigneur est loué dans le monde entier.

Philippiens 2:9-11

« C'est pourquoi Dieu l'a élevé à la plus haute position et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. » Cet hymne christologique résonne avec le Psaume 113:4, célébrant la gloire du Seigneur au-dessus de toutes les nations.

En méditant sur ces passages, nous sommes invités à reconnaître et à célébrer la bonté infinie de Dieu, qui prend soin des humbles et élève ceux qui sont dans le besoin. Que notre louange soit un écho de cette vérité divine.