La trentième année, le cinquième jour du quatrième mois, comme j’étais au milieu des captifs près du fleuve (de) Chobar, les cieux s’ouvrirent, et je vis des visions divines. [1.1 Voir Ezéchiel, 3, 23 ; 10, 20 ; 43, 3. ― Trentième année d’Ezéchiel, selon les uns, de la découverte du livre de la loi sous Josias, suivant les autres, ou selon d’autres, parmi lesquels l’auteur de la Paraphrase chaldaïque, du commencement du règne de Nabopolassar, père de Nabuchodonosor ; manière de calculer les années qui étaient en usage chez les Babyloniens. ― Quatrième mois de l’année sacrée, et le dixième de l’année civile. Il commençait à la nouvelle lune de juin, selon les rabbins, mais c’était plus probablement à celle de juillet. ― Chobar ; en hébreu Chêbar ; fleuve qui prend sa source dans la Mésopotamie et se jette dans l’Euphrate. ― Il est assez difficile de savoir au juste quel est ce fleuve Chobar, Kebâr . Ce n’est pas le Chaboras, Khâbor , de Gozan, qui se jette dans le Tigre, voir 4 Rois, 17, 6, puisque ce nom est écrit différemment ; c’est, d’après la plupart des anciens interprètes, le Khabour actuel, qui arrose la haute Mésopotamie et se jette dans l’Euphrate ; il est cependant plus vraisemblable que ce nom désigne ici un des canaux de l’Euphrate, dans les environs de Babylone, parce que le texte ajoute, verset 3, dans la terre des Chaldéens , désignation qu’on ne peut appliquer au Khabour, qui coule au nord de Babylone, tandis que la Chaldée était située au sud de cette ville.]
Et, sur le firmament qui dominait leurs têtes, on voyait comme un trône semblable au saphir (l’aspect d’un saphir ressemblant à un trône), et sur cette ressemblance de trône apparaissait comme un homme assis (dessus).
et qui me disait : Fils de (d’un) l’homme, je t’envoie vers les enfants d’Israel, vers ces peuples apostats qui se sont retirés de moi. Eux et leurs pères, ils ont violé mon alliance jusqu’à ce jour. [2.3 Les fils d’Israel ; c’est-à-dire les fils de Juda, qui, à raison de leur origine, pouvaient être appelés fils d’Israel, d’autant plus que ce nom ne pouvait offrir aucune équivoque, à cette époque où le royaume d’Israel ne subsistait plus. Voilà d’où vient que l’écrivain sacré emploie dans son livre la première dénomination au lieu de la seconde. Or les Juifs sont traités comme les gentils de nation rebelle, apostate, parce qu’ils avaient abandonné le Seigneur ; et, comme le Prophète était envoyé de Dieu, tant à ceux qui étaient alors en captivité qu’à ceux qui étaient encore Judée, il devait parler de vive voix aux premiers, et écrire aux seconds.]
Tu leur diras donc mes paroles ; peut-être écouteront-ils et cesseront-ils de pécher (ils y manqueront), car ce sont des rebelles (parce qu’ils m’irritent sans cesse).
Fils de (d’un) l’homme, je t’ai donné pour sentinelle à la maison d’Israel ; tu écouteras la parole de ma bouche, et tu la leur annonceras de ma part. [3.17 Voir Ezéchiel, 33, 7.]
Je ferai adhérer ta langue à ton palais, et tu seras muet, et pas comme un homme qui reprend les autres, car c’est une maison qui m’irrite (exaspère). [3.26 Je ferai , etc. Je l’obligerai à garder un silence absolu ; la maison d’Israel m’a tellement exaspéré par ses crimes, qu’elle ne mérite pas que je lui parle davantage.]
C’est pourquoi, par ma vie (je vis, moi), dit le Seigneur Dieu, comme tu as violé mon sanctuaire par tous tes crimes et toutes tes abominations, moi aussi (si, note) je (ne) te briserai (brise pas), et mon œil sera sans pitié, et je n’aurai pas de compassion. [5.11 Je vis, moi ; formule de serment. Voir Jérémie, 46, 18. ― Si je ne te brise pas ; pour je te briserai. Voir, sur les formules de serment, Psaumes, note 94.11. Ainsi le sens est : Je jure par ma vie éternelle que je briserai.]
J’étendrai ma main sur eux, et je rendrai la terre désolée et abandonnée, depuis le désert de Déblatha, dans tous les lieux où ils habitent, et ils sauront que je suis le Seigneur. [6.14 Depuis le désert de Déblatha ; selon l’hébreu, depuis le désert jusqu’à Diblâ . Or Diblâ est, selon les uns, la même chose que Diblâtaïm (voir Nombres, 33, 46) et Bêth Diblâtaïm (voir Jérémie, 48, 22), ville des Moabites ; et, suivant les autres, ce mot est une faute de copiste, mis pour Rébla , ville située au nord de la Palestine (voir Nombres, 34, 11) ; mais nous devons dire que tous les manuscrits et toutes les anciennes versions lisent unanimement Diblâ .]
Et il arriva dans la sixième année, le cinquième jour du sixième mois, comme j’étais assis dans ma maison et que les anciens de Juda étaient assis devant moi, que la main du Seigneur Dieu tomba sur moi. [8.11-18 4° Vision de la ruine de Jérusalem, du chapitre 8 au chapitre 11. ― Deux ans et deux mois après sa vocation au ministère prophétique, Ezéchiel vit de nouveau la gloire du Seigneur et les chérubins. Il fut transporté en esprit à Jérusalem, dans la cour du temple, chapitre 8, versets 1 à 4, et là il vit les quatre espèces d’actes idolâtriques auxquels se livraient les hommes et les femmes d’Israel, versets 5 à 18 ; les premiers adoraient probablement Baal ou Moloch, le soleil et les animaux sacrés de l’Egypte ; les femmes pleuraient la mort d’Adonis, comme on le faisait en Phénicie. ― Alors sept anges apparaissent pour châtier les habitants de Jérusalem, chapitre 9 ; la ville est brûlée et le temple abandonné de Dieu, chapitre 10 ; Ezéchiel est chargé d’annoncer ces malheurs et la mort de Pheltias, chapitre 11, versets 1 à 13, et de prédire aux captifs leur délivrance future, versets 14 à 21 ; il est enfin transporté de nouveau en esprit en Chaldée, et raconte à ses frères ce qu’il vient de voir, versets 22 à 25.] [8.1 La sixième année de la captivité d’Ezéchiel qui fut emmené à Babylone avec le roi Jéchonias. ― Le sixième mois de l’année sacrée, et le douzième de l’année civile. Il commençait à la nouvelle lune d’août, selon les rabbins, mais c’était plus probablement à celle de septembre. ― La main du Seigneur. Voir Ezéchiel, 1, 3.]
Et le Seigneur lui dit : Passe au milieu de la ville, au milieu de Jérusalem, et marque un thau sur le front des hommes qui gémissent et qui sont dans le deuil (souffrent) à cause de toutes les abominations qui se font au milieu d’elle. [9.4 Voir Exode, 12, 7 ; Apocalypse, 7, 3. ― Thau est la dernière lettre de l’alphabet hébreu ; il avait originairement la forme d’une croix, qui, chez les Egyptiens, était le symbole de la vie. Ainsi, au moins dans le moral et figuré, ce thau marquerait la croix du Sauveur, signe de la rédemption. Le texte hébreu porte à la lettre : Marque une marque ; et les versions grecque, chaldaïque, syriaque et arabe ont rendu unanimement le mot thau par signe, marque .]
Et les chérubins, étendant leurs ailes, s’élevèrent de terre devant moi, et lorsqu’ils partirent, les roues les suivirent aussi. Et ils s’arrêtèrent à l’entrée de la porte orientale de la maison du Seigneur, et la gloire du Dieu d’Israel était sur eux. [10.19 Ils s’arrêtèrent ; littéralement par hébraïsme, il s’arrêta ; c’est-à-dire chacun d’eux s’arrêta.]
Et je leur donnerai un même cœur, et je mettrai dans leurs entrailles un esprit nouveau ; j’ôterai de leur chair le cœur de pierre, et je leur donnerai un cœur de chair ; [11.19 Voir Jérémie, 31, 33 ; Ezéchiel, 36, 26. ― J’ôterai le cœur de pierre de leur chair. Les Egyptiens mettaient toujours dans le corps des défunts momifiés un grand scarabée de pierre à la place du cœur. Quelques commentateurs croient qu’Ezéchiel fait ici allusion à cet usage.]
Fils de (d’un) l’homme, tu habites au milieu d’une maison qui m’irrite (exaspère) ; ils ont des yeux pour voir, et ils ne voient pas ; et des oreilles pour entendre, et ils n’entendent pas, car c’est une maison qui m’irrite (exaspère). [12.2 Ils ont ; littéralement qui ont ; pour qui a ; la maison étant mise pour ses habitants.]
Ainsi parle le Seigneur Dieu : Malheur aux prophètes insensés, qui suivent leur propre esprit, et qui ne voient rien ! (.) [13.4 Tes faux prophètes… comme des renards , s’enfuient à l’approche du danger.]
Quelques-uns des anciens d’Israel vinrent auprès de moi, et s’assirent devant moi. [14.1-23 3° Le chapitre 14 contient deux oracles. Le premier, versets 1 à 11, est dirigé contre les idolâtres qui, malgré leur infidélité, vont consulter Dieu ; ils n’en recevront pas d’autre réponse que des châtiments ou les paroles trompeuses des faux prophètes. Le second, versets 12 à 23, déclare aux coupables que l’intercession des saints, Noé, Daniel, Job sauvera les bons, mais non les méchants dans Jérusalem.]
J’ai passé auprès de toi, et je t’ai vue, et voici que c’était ton temps, le temps d’être aimée ; j’ai étendu sur toi mon vêtement, et j’ai couvert ton ignominie ; je te jurai fidélité, et je fis alliance avec toi, dit le Seigneur Dieu, et tu es devenue mienne. [16.8 J’ai étendu , etc. ; je t’ai prise pour mon épouse. Comparer à Ruth, 3, 9. Même aujourd’hui dans les mariages des Juifs, l’époux tend un voile sur l’épouse, pour marquer que dès ce moment elle vivra sous sa protection. ― Ton ignominie ; ta nudité (voir verset 7).]
Ainsi parle le Seigneur Dieu : Alors je prendrai de la moelle du grand cèdre, et je la placerai ; du sommet de ses branches j’arracherai un tendre rameau, et je le planterai sur une montagne haute et élevée. [17.22 Et moi, je prendrai , etc. Quelques-uns appliquent cette prophétie à Zorobabel ou aux Machabées, mais les termes mêmes dont elle est conçue ne peuvent convenir qu’au Messie, Jésus-Christ, qui descendait de Jéchonias et de David ; son Eglise est une montagne élevée et qui est au-dessus de toutes les autres sociétés par les prérogatives divines qui la distinguent. Comparer à Isaïe, 2, 2 ; Michée, 4, 1.]
Voici, toutes les âmes sont à moi : l’âme du fils est à moi comme l’âme du père ; l’âme qui aura péché est celle qui mourra (elle-même).
L’âme qui a péché est celle qui mourra (elle-même) ; le (un) fils ne portera pas l’iniquité du (de son) père, et le (un) père ne portera pas l’iniquité du (de son) fils ; la justice du juste sera sur lui, et l’impiété de l’impie sera sur lui. [18.20 Voir 4 Rois, 14, 6 ; 2 Paralipomènes, 25, 4. ― Un fils , etc. On a prétendu trouver ici une contradiction avec ce qui est dit dans l’Exode (voir Exode, 20, 5), que Dieu punit l’iniquité des pères dans les enfants, jusqu’à la quatrième génération. Mais cette contradiction n’est qu’apparente. En effet, dans l’Exode, il ne s’agissait pas d’un simple individu qui commettait personnellement un crime, mais bien de tout Israel, qui abandonnait le culte de son Créateur pour adorer des dieux étrangers, crime qui, en passant aux descendants, les rendait coupables comme leurs pères. Ici, au contraire, il n’est question que des fautes personnelles des individus, et par conséquent de punitions également personnelles. Moïse lui-même dit, dans le Deutéronome (voir Deutéronome, 24, 16), qu’on ne fera pas mourir les pères pour les enfants, ni les enfants pour les pères, mais que chacun mourra sur pour son péché, parce que dans ce passage du Deutéronome, comme dans celui d’Ezéchiel, il ne s’agit que des fautes des individus. Ainsi les Juifs, réduits en captivité, ne furent pas punis à cause des péchés de Manassé, leur roi, mais parce qu’ils imitèrent sa conduite criminelle.]
Ce que je veux, est-ce la mort de l’impie ? dit le Seigneur Dieu, et n’est-ce pas (non) qu’il se retire de ses voies et qu’il vive ? [18.23 Voir Ezéchiel, chapitre 33 ; 2 Pierre, 3, 9.]
C’est pourquoi je jugerai chacun selon ses voies, maison d’Israel, dit le Seigneur Dieu. Convertissez-vous, et faites pénitence de toutes vos iniquités, et l’iniquité ne causera plus votre ruine. [18.30 Voir Matthieu, 3, 2 ; Luc, 3, 3.]
Car je ne veux pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur Dieu ; convertissez-vous et vivez. [18.32 Voir Ezéchiel, chapitre 33 ; 2 Pierre, 3, 9. ― Revenez et vivez ; hébraïsme, pour revenez et vous vivrez .]
et je leur ai donné mes lois et je leur ai montré mes ordonnances, que l’homme doit accomplir pour vivre par elles (dans lesquelles l’homme qui les accomplira trouvera la vie) ; [20.11 Voir Lévitique, 18, 5 ; Romains, 10, 5.]
Et vous saurez que je suis le Seigneur, lorsque je vous aurai fait du bien à cause de mon nom, au lieu de vous traiter selon vos voies mauvaises, et selon vos crimes détestables, maison d’Israel, dit le Seigneur Dieu.
J’ai cherché parmi eux un homme qui s’interposât comme une haie, qui se tînt devant moi en faveur de ce pays, afin que je ne le détruise pas, et je n’en ai pas trouvé. [22.30 Un homme qui mit une haie , etc. ; c’est-à-dire qui par ses prières et ses vertus arrêtât ma colère et en suspendît les effets, comme Abraham essaya de le faire en faveur des Sodome, Moïse, Aaron et Phinéès en faveur des Israélites (voir Genèse, 18, verset 23 et suivants ; Exode, 32, verset 11 et suivants ; Nombres, 16, 48 ; Psaumes, 105, vv. 23, 30).]
Ezéchiel sera pour vous un signe : tout ce qu’il a (j’ai) fait, vous le ferez lorsque ces choses seront arrivées, et vous saurez que je suis le Seigneur Dieu. [24.24 Ezéchiel sera , etc. Comparer à Ezéchiel, 12, 11.]
je te réduirai au néant, et tu ne seras plus, et lorsqu’on te cherchera, on ne te trouvera plus jamais, dit le Seigneur Dieu.
Fils de (d’un) l’homme, dis au prince de Tyr : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Parce que ton cœur s’est élevé, et que tu as dit : Je suis (un) Dieu, et je suis assis sur le trône de (d’un) Dieu au cœur de la mer, quoique tu sois un homme et non pas (un) Dieu, et parce que tu as élevé ton cœur comme le cœur de (d’un) Dieu
Que si la sentinelle voit venir l’épée et ne sonne pas de la trompette, et que, le peuple ne se tenant pas sur ses gardes, l’épée vienne et leur ôte la vie (une âme d’entre eux), ils seront surpris (celle-là, à la vérité, aura été prise) dans leur (son) iniquité ; mais je redemanderai leur (son) sang à la sentinelle. [33.6 Une âme d’entre eux ; c’est-à-dire un d’entre eux.]
Et toi, fils de (d’un) l’homme, je t’ai établi comme sentinelle pour la maison d’Israel. Tu écouteras donc les paroles de ma bouche, et tu les leur annonceras de ma part. [33.7 Voir Ezéchiel, 3, 17.]
Dis-leur : Par ma vie (Je vis, moi), dit le Seigneur Dieu, je ne veux pas la mort de l’impie, mais que l’impie se détourne de sa voie et qu’il vive. Détournez-vous, détournez-vous de vos voies très mauvaises ; et pourquoi mourr(i)ez-vous, maison d’Israel ? [33.11 Voir Ezéchiel, 18, vv. 23, 32. ― Je vis, moi ; formule de serment ; c’est-à-dire je jure par moi-même.]
Toi donc, fils de (d’un) l’homme, dis aux enfants de ton peuple : La justice du juste ne le délivrera pas le jour où il aura péché ; l’impiété de l’impie, le jour où il se convertira de son impiété, ne lui nuira pas, et le juste ne pourra pas vivre dans sa justice le jour où il aura péché.
Et lorsque l’impie se sera détourné de son impiété, et qu’il aura pratiqué l’équité et la justice, il en vivra.
Car ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici, je chercherai moi-même mes brebis, et je les visiterai.
Et je susciterai sur elles un Pasteur unique pour les paître, David mon serviteur ; il les fera paître lui-même, et il sera leur Pasteur. [34.23 Voir Isaïe, 40, 11 ; Jean, 1, 45 ; 10, vv. 11, 14. ― Un pasteur unique ; c’est-à-dire le Messie, Jésus-Christ, d’après l’explication unanime des Juifs et des chrétiens. Il est désigné sous le nom de David ; comme dans Jérémie (voir Jérémie, 30, 9), et dans Osée (voir Osée, 3, 5), parce que David était la figure du Messie, qui est descendu de lui selon la chair, et que son nom même qui, en hébreu, signifie aimé, convient parfaitement à Jésus-Christ, appelé par son Père céleste mon fils bien-aimé (voir Matthieu, 3, 17, etc.). Le pasteur est unique , parce que, selon la remarque de saint Augustin, tous ceux qu’il rend participants de son autorité et de sa sollicitude pour paître ses brebis, ne forment en lui qu’un seul pasteur. Dans ce verset et dans le 31 e , le texte hébreu passe successivement des brebis aux Juifs, dont elles sont la figure ; c’est pourquoi il emploie tantôt le féminin elles , et tantôt le masculin eux ; dans tous les autres, il n’emploie, comme la Vulgate, que le masculin.]
Je ferai avec elles une alliance de paix, j’exterminerai du pays les bêtes féroces (très mauvaises), et ceux qui habitent dans le désert dormiront en sécurité dans les bois.
Et je sanctifierai mon grand nom, qui a été profané parmi les nations, que vous avez profané au milieu d’elles, afin que les nations sachent que je suis le Seigneur, dit le Seigneur des armées, lorsque j’aurai été sanctifié en vous devant elles. [36.23 J’aurai été sanctifié. Voir, sur cette expression, Ezéchiel, 20, 41.]
Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai un esprit nouveau au milieu de vous ; j’ôterai de votre chair le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. [36.26 Voir Ezéchiel, 11, 19. ― Le cœur de pierre. Voir plus haut, Ezéchiel, note 11.19.]
Je mettrai mon esprit au milieu de vous, et je ferai que vous marchiez dans mes préceptes, que vous gardiez et que vous pratiquiez mes ordonnances.
La main du Seigneur fut sur moi, et elle m’emmena dans (par) l’esprit du Seigneur, et elle me laissa au milieu d’un(e) campagne (champ) qui était rempli(e) d’ossements. [37.1-28 6° Vision des ossements desséchés. Dans le chapitre 37, Ezéchiel décrit une de ses plus belles visions, celle des ossements desséchés qui revivent, versets 1 à 14. Elle est accompagnée de celle des deux morceaux de bois réunis, qui ne forment plus qu’un seul tout, versets 15 à 28. L’une et l’autre sont le symbole de la résurrection du peuple captif sous un roi unique, sous la houlette du Pasteur-Messie qui a été déjà annoncé plus haut, voir Ezéchiel, 34, 23. ― 1° Les versets 1 à 10 exposent la vision des ossements arides, les versets 11 à 14 en donnent l’explication. Théodoret a observé avec justesse que la résurrection des corps se fait par deux actes successifs, comme la création de l’homme dans la Genèse ; Dieu restitue d’abord le corps, versets 7 et 8, et puis il lui rend l’âme, versets 9 et 10. Dieu explique même à Ezéchiel le sens de ce qu’il a montré : Tous ces ossements sont la maison d’Israel, verset 11 elle se relèvera et sera rétablie dans la Terre Sainte. ― Les Pères et les docteurs ont vu dans cette vision magnifique une preuve soit directe, soit plutôt indirecte et typique, de la résurrection générale. ― 2° Versets 15 à 28. Non seulement Israel recouvrera sa patrie, mais il ne sera plus divisé : Juda et Ephraïm seront comme deux morceaux de bois inséparablement réunis.] [37.1 La main du Seigneur. Voir Ezéchiel, 1, 3. Cette résurrection des ossements desséchés se rapporte à la délivrance de la captivité des Juifs et figure en même temps la résurrection future des morts. Car, comme le remarquent Tertullien, saint Jérôme, Théodoret, et plusieurs autres après eux, la parabole ou la figure tirée de la résurrection suppose l’existence de la chose dont elle est prise ; car on ne prend pas de similitude d’une chose qui n’existe pas.]
Ainsi parle le Seigneur Dieu à ces os : Voici, je vais introduire un esprit en vous, et vous vivrez.
Je prophétisai donc comme il me l’avait ordonné, et l’esprit entra en eux, et ils devinrent vivants, et ils se tinrent sur le(ur)s pieds ; c’était une armée extrêmement nombreuse.
et que j’aurai mis mon esprit en vous, et que vous vivrez, et que je vous aurai placés en repos sur votre terre : et vous saurez que moi, le Seigneur, j’ai parlé et j’ai exécuté, dit le Seigneur Dieu.
Mon serviteur David régnera sur eux, et il y aura un seul pasteur pour eux tous ; ils marcheront dans la voie de mes ordonnances ; ils garderont mes commandements et ils les pratiqueront. [37.24 Voir Isaïe, 40, 11 ; Jérémie, 23, 5 ; Daniel, 9, 24 ; Jean, 1, 45. ― Mon serviteur David , etc. Voir Ezéchiel, 34, 23.]
Mon tabernacle sera parmi eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.
Je ne leur cacherai plus mon visage, car je répandrai (j’ai répandu) mon esprit sur toute la maison d’Israel, dit le Seigneur Dieu.
Et cet homme me dit : Fils de (d’un) l’homme, vois dans (de) tes yeux, et écoute de tes oreilles, et applique ton cœur à tout ce que je te montrerai, car c’est pour qu’elles te soient montrées que tu as été amené ici ; annonce à la maison d’Israel tout ce que tu verras (vois).
Et voici que la gloire du Dieu d’Israel entrait par le côté de l’orient ; le bruit qu’elle faisait était semblable au bruit des grandes eaux, et la terre resplendissait de sa majesté. [43.2 La gloire du Dieu d’Israel , comme la majesté du Seigneur (voir verset 4), c’est la divinité se manifestant d’une manière sensible, comme aux chapitres 1, 8 et 9.]
me dit : Fils de (d’un) l’homme, c’est ici le lieu de mon trône, le lieu où je poserai mes pieds, et où j’habiterai à jamais au milieu des enfants d’Israel ; et la maison d’Israel ne profanera plus désormais mon saint nom, ni eux, ni leurs rois, par leurs fornications, par les ruines de leurs rois et par les hauts lieux. [43.7 Leurs fornications ; c’est-à-dire, selon le langage des prophètes, leurs idolâtries. ― Les ruines ; mentionnées aussi au verset 9, sont, suivant l’hébreu, des cadavres. Il est certain par l’histoire des rois des Juifs, que leurs sépulcres étaient dans leurs jardins et dans l’étendue de la montagne de Sion, dont le mont Moria, sur lequel le temple était bâti faisait partie.]
Et le Seigneur me dit : Cette porte sera fermée ; elle ne sera pas ouverte, et personne (aucun homme) n’y passera ; car le Seigneur, le Dieu d’Israel, est entré par cette porte, et elle sera fermée [44.2 Elle sera fermée pendant les six jours de la semaine, mais on l’ouvrira les jours de sabbat, et les premiers jours du mois. Comparer à Ezéchiel, 46, verset 1 et suivants.]
Il me ramena ensuite vers la porte de la maison, et voici, des eaux sortaient sous le seuil de la maison, vers l’orient ; car la face de la maison regardait vers l’orient ; or les eaux descendaient au côté droit du temple, au (vers le) midi de l’autel. [47 Le partage de la terre d’Israel, tel qu’il est prescrit à la fin de ce chapitre et dans le chapitre suivant, n’eut pas d’accomplissement littéral au retour des Juifs dans la Judée sous les rois de Perse, et il ne put même l’avoir, puisque la plus grande partie des douze tribus ne revint pas, et que les peuples étrangers qui occupaient la Samarie ne furent pas chassés. C’est donc encore ici une description mystérieuse et symbolique ; et comme elle regarde principalement les douze tribus d’Israel, il paraît que ce partage n’aura son entier accomplissement que dans la conversion future des Juifs, à l’égard de qui tout ceci doit être entendu, non dans le sens littéral et immédiat, mais dans un sens spirituel couvert sous le voile de la lettre.] [47.1 et suivants. 3° Le nouveau partage de la Terre Sainte, chapitres 47 et 48. ― 1° Ce n’est pas seulement Jérusalem et le temple qui seront rendus à Israel, ce sera toute la Terre Sainte, redevenue féconde. Elle deviendra semblable au paradis terrestre, avait déjà prédit le prophète, voir Ezéchiel, 36, 35 ; une magnifique vision symbolise maintenant la félicité nouvelle de la vieille terre de Chanaan. Il y avait dans l’ancien temple une source qui servait aux besoins du culte ; ses eaux, après avoir été employées par les prêtres, allaient, par des canaux souterrains, se jeter dans le torrent de Cédron et là dans la mer Morte. Dieu fait de cette source, transfigurée aux yeux du prophète, voir Joel, 3, 18 ; Zacharie, 14, 8, l’emblème de la félicite messianique, cette eau vive du salut que Jésus-Christ apportera au monde, voir Jean, 4, 14 ; 7, 37-38 ; le filet d’eau du mont Moriah grossit et devient un grand fleuve, il adoucit les ondes salées du lac Asphaltite et rend verdoyantes et fertiles ses rives désolées, belle image des changements merveilleux qu’apportera au monde l’Evangile, chapitre 47, versets 1 à 12. ― 2° La terre d’Israel ainsi régénérée sera de nouveau partagée entre les douze tribus, du chapitre 47, verset 13 au chapitre 48. ― 1° Le Prophète nous fait d’abord connaître quelles seront les limites de ce nouveau royaume, destiné à être divisé entre les enfants d’Israel et les prosélytes qui se sont joints à eux, chapitre 47, versets 13 à 23. ― 2° Il énumère ensuite, dans une distribution idéale, la part de chacune des douze tribus, chapitre 48, versets 1 à 29. ― 3° Enfin la vision et le livre entier de ses prophéties se terminent par la description de la ville capitale du nouveau royaume, dont le nom sera le Seigneur est là, versets 30 à 35.] [47.1 De la maison ; c’est-à-dire du temple. ― Des eaux sortaient , etc. Tous les interprètes conviennent que ces eaux ne furent jamais réellement dans le temple, de la manière dont elles sont ici décrites. Aussi, d’après tous les Pères, doivent-elles s’entendre de la grâce de Jésus-Christ, de la doctrine de l’Evangile, de l’effusion de l’Esprit-Saint, des eaux sacrées du baptême. Jésus-Christ a comparé sa doctrine à une source d’eau. Il a dit lui-même qu’il était la fontaine de vie. Voir Isaïe, 12, 3 ; Jean, 4, 13-14 ; 7, 38.]
Et tout animal (âme) vivant(e) qui rampe vivra partout où viendra le torrent, et il y aura de nombreux poissons là où viendront ces eaux, et là où viendra le torrent tout sera sain et vivra. [47.9 Un très grand nombre (multi satis). Le mot hébreu rendu ici dans la Vulgate par assez (satis) , signifie beaucoup, extrêmement .]
Son circuit sera de dix-huit mille cannes (mesures), et à partir de ce jour le nom de la ville sera : Le Seigneur est avec elle (là même). [48.35 Le Seigneur , etc. Ce nom n’a jamais convenu à Jérusalem qu’imparfaitement et que pour un temps très borné. Il n’y a que l’Eglise chrétienne qui puisse le porter en toute vérité, puisque c’est à elle seule que Jésus-Christ a promis, en la personne de ses apôtres, d’être avec elle jusqu’à la fin du monde (voir Matthieu, 28, 20).]
comme l’arc qui paraît dans une nuée en un jour de pluie : tel était l’aspect de la lumière qui brillait tout autour.
Et il me dit : Fils de (d’un) l’homme, mange tout ce que tu trouveras ; mange ce livre, et va parler aux enfants d’Israel. [3.1 Fils d’un homme. Voir Ezéchiel, 2, 1. ― Mange ce livre. Voir Ezéchiel, 2, 8. ― Aux fils d’Israel. Voir Ezéchiel, 2, 3.]
Mais lorsque je t’aurai parlé, j’ouvrirai ta bouche, et tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Que celui qui écoute, écoute ; que celui qui se repose (y manque), se repose (y manque) ; car c’est une maison qui m’irrite (exaspère). [3.27 Que celui , etc. ; écoute qui voudra. Ce sont les dernières marques de l’indignation du Seigneur, ses dernières menaces de laisser Israel dans son endurcissement.]
Et toi, fils de (d’un) l’homme, prends une brique, place-la devant toi, et trace (sur elle) la ville de Jérusalem. [4.1-17 2° Dans le second discours, il lui commande de prophétiser le siège de Jérusalem et ses horreurs par quatre signes : ― 1° le siège lui-même, en le représentant, au moyen du dessin, sur une brique, chapitre 4, versets 1 et 2 ; ― 2° son issue fatale, en prenant une poêle de fer, image de la sentence irrévocable portée contre son peuple par le Seigneur, qui ne se laissera pas fléchir par la prière et ne sauvera pas la ville, voir Isaïe, 59, 2 ; Lamentations de Jérémie, 3, 44 ; Ezéchiel, 4, 3 ; ― 3° afin de montrer combien les péchés du peuple sont grands et nombreux, le Prophète reçoit l’ordre de se coucher 390 jours sur le côté gauche, pour figure les crimes d’Israel, et 40 jours sur le côté droit, pour figurer ceux de Juda : il obtiendra ainsi une diminution de châtiment pour ses frères, chapitre 4, versets 4 à 8 ; ― 4° pour marquer la disette qui désolera Jérusalem assiégée et la pénurie de combustible dont elle aura à souffrir, Dieu commande à Ezéchiel de se nourrir avec très peu de nourriture et de la faire cuire à l’aide d’excréments desséchés. Comme ce mode de cuisson excite la répugnance du Prophète, le Seigneur lui permet de substituer la fiente de bœufs aux excréments humains, versets 9 à 16.] [4.1 Fils d’un homme. ― Voir, sur cette expression, Ezéchiel, 2, 1. ― Une brique. Plusieurs la supposent de terre molle et non cuite, à cause des dessins que le Prophète devait tracer dessus ; au reste, sur une brique cuite il pouvait les tracer avec un burin ou avec de la craie. ― C’était un usage commun en Chaldée de tracer des plans de villes, de champs, etc., sur la brique molle. On pouvait, si l’on voulait, la faire cuire ensuite. On a retrouvé des briques contenant des dessins de ce genre. Sur l’une d’entre elle est représentée une partie de la ville de Babylone.]
La parole du Seigneur me fut adressée en ces termes : [6.1-14 2° Châtiment et ruine d’Israel coupable d’idolâtrie, chapitre 6. ― La prophétie précédente est contre la ville de Jérusalem ; celles des chapitres 6 et 7 sont contre la terre d’Israel toute entière. ― Une première prophétie annonce que les sanctuaires et les symboles idolâtriques qui couvrent la Palestine seront détruits, et ses habitants tués, chapitre 6, versets 1 à 7 ; le petit nombre qui survivra sera déporté et se convertira, versets 8 à 10. Le châtiment qui sera ainsi infligé aux coupables est juste et mérité, versets 11 à 14.] [6.1 Disant (dicens). Voir, sur ce mot, Ezéchiel, 3, 16.]
Et la parole du Seigneur me fut adressée en ces termes : [7.1-27 3° Approche du châtiment annoncé dans la prophétie précédente, chapitre 7. ― Une seconde prophétie complète la précédente et annonce que le châtiment est proche : la fin vient , chapitre 7, versets 1 à 4 ; la ruine est inévitable. Le Prophète déplore le sort d’Israel dans une élégie en quatre strophes, versets 5 à 9 ; 10 à 14 ; 15 à 22 ; 23 à 27.] [7.1 Disant (dicens). Voir, sur ce mot, Ezéchiel, 3, 16.]
Puis il cria d’une voix forte à mes oreilles, en disant : Ceux qui doivent visiter la ville approchent, et chacun tient dans sa main un instrument de mort (meurtre). [9.1 Les visitations ; hébraïsme, pour punitions châtiments. ― Un instrument de meurtre ; l’hébreu porte l’instrument de sa perte ; c’est-à-dire que chacun porte en lui-même la cause de sa propre ruine. Ceci semble prouver qu’au lieu de unusquique , il faudrait lire dans la Vulgate uniuscujusque , comme au verset 2.]
(Et un) L’esprit m’enleva, et me conduisit à la porte orientale de la maison du Seigneur, qui regarde le soleil levant ; et voici qu’il y avait vingt-cinq hommes à l’entrée de la porte, et je vis au milieu d’eux Jézonias, fils d’Azur, et Pheltias, fils de Banaïas, princes du peuple.
afin qu’ils marchent dans mes préceptes, qu’ils observent et pratiquent mes ordonnances, et qu’ils soient mon peuple, et que je sois leur Dieu.
C’est pourquoi dis-leur : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Désormais aucune de mes paroles ne sera différée ; mais tout ce que je dirai (j’aurai dit) s’accomplira, dit le Seigneur Dieu.
Et si ces trois hommes (justes), Noé, Daniel et Job, se trouvent au milieu de lui, ils délivreront leurs âmes par leur justice, dit le Seigneur des armées.
Passant auprès de toi, je te vis foulée aux pieds dans ton sang, et je te dis, lorsque tu étais couverte de ton sang : Vis ; oui, je te dis (encore) : Vis dans ton sang.
Et tous les arbres du pays sauront que c’est moi, le Seigneur, qui ai humilié le grand arbre et élevé l’arbre faible (humble), qui ai desséché (un) l’arbre vert et fait reverdir (un) l’arbre sec. Moi, le Seigneur, j’ai parlé et j’ai agi.
s’il marche dans mes préceptes et observe mes ordonnances, pour agir selon la vérité : celui-là est juste, il vivra certainement (de la vie, note), dit le Seigneur Dieu. [18.9 ; 18.17 ; 18.19 ; 18.21 ; 18.28 Il vivra , etc. ; hébraïsme, pour il vivra certainement .]
Mais si l’impie fait pénitence de tous les péchés qu’il avait commis, s’il garde tous mes préceptes et s’il agit selon l’équité et la justice (qu’il accomplisse le jugement), il vivra certainement (de la vie) et ne mourra pas.
Et lorsque l’impie se détournera de l’impiété qu’il a pratiquée, et qu’il agira selon l’équité et la justice, il fera vivre (vivifiera) son âme ;
Et toi, fais une lamentation (un chant lugubre) sur les princes d’Israel, [19.1-14 8° Chapitre 19. Elégie sur les malheurs de la maison royale de Juda. ― 1° Jérusalem, la lionne, a élevé des lionceaux ; l’un d’eux, Joachaz, verset 4 ; voir 4 Rois, 23, 31-33, a été pris en Egypte ; l’autre, Joachin, versets 5 à 7 ; voir 4 Rois, 24, 12 ; à Babylone, versets 8 et 9. ― 2° La mère elle-même, Jérusalem, est comparée dans la seconde partie de l’élégie à une vigne qui est arrachée et transplantée, c’est-à-dire que ses habitants sont conduits en captivité, versets 10 à 14.]
Si tu les juges, si tu les juges, fils de (d’un) l’homme, montre-leur les abominations de leurs pères.
La parole du Seigneur me fut adressée en ces termes : [22.1-31 3° Crimes de Jérusalem et d’Israel, chapitre 22. Après avoir annoncé la punition des péchés de Juda, Ezéchiel revient sur le tableau de ses infidélités, afin de montrer combien ce châtiment est juste. Cette prophétie contient trois oracles : 1° le sang versé par Jérusalem et son idolâtrie hâtent sa ruine, versets 1 à 16 ; 2° la maison d’Israel n’est plus que scories, Dieu va la jeter dans la fournaise, versets 17 à 22 ; 3° tous sont corrompus, prophètes, prêtres, princes et peuple ; tous seront punis, versets 23 à 31.] [22.1 Disant (dicens). Voir, sur ce mot, Ezéchiel, 3, 16.]
La parole du Seigneur me fut (encore) adressée en ces termes : [23 Voir sur l’objet de ce chapitre les observations que nous avons faites en tête du seizième.] [23.1-49 4° Oolla et Ooliba, Samarie et Jérusalem, leurs crimes et leur châtiment.] [23.1 Disant (dicens). Voir, sur ce mot, Ezéchiel, 3, 16.]
La parole du Seigneur me fut adressée, en ces termes : [25 L’authenticité de ce chapitre, comme celle des chapitres 32, 35, 36, 38 et 39, qui ont pour objet, comme celui-ci, les nations étrangères, a été attaqué dans ces derniers temps par quelques exégètes rationalistes d’Allemagne.] [25.1 et suivants. II e section : Prophéties contre les peuples étrangers, du chapitre 25 au chapitre 33. ― Ezéchiel a prophétisé contre sept peuples étrangers : 1° Ammon ; 2° Moab ; 3° l’Idumée et 4° les Philistins, chapitre 25 ; 5° Tyr et 6° Sidon, du chapitre 26 au chapitre 28 ; 7° l’Egypte, du chapitre 29 au chapitre 32. ― Ces chapitres sont partagés en treize oracles, distingués par la formule : La parole du Seigneur me fut adressée. La prophétie contre Ammon, Moab, l’Idumée et les Philistins forment un oracle ; celle contre Tyr, 4 ; contre Sidon, 1 ; contre l’Egypte, 7. Ils sont tous, à part le fragment contre l’Egypte, chapitre 29, versets 17 à 21, de l’époque du siège et de la prise de Jérusalem, du temps pendant lequel Ezéchiel devait rester muet sur Israel ; voir Ezéchiel, 24, 27, comparé avec Ezéchiel, 3, 26-27 et 33, 21-22. ― Les prophéties contre les peuples étrangers, en particulier celles contre Tyr et l’Egypte, sont remarquables par l’abondance et l’exactitude des détails. L’histoire atteste qu’elles se sont littéralement accomplies. On a fait quelques difficultés au sujet du siège de Tyr par les Chaldéens, prédit par le Prophète, mais saint Jérôme nous apprend que tout ce qu’Ezéchiel avait annoncé s’était exécuté.] [25.1 Disant (dicens). Voir, sur ce mot, Ezéchiel, 3, 16.]
et dis-lui : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Toi, le sceau de la ressemblance (de Dieu), plein de sagesse et parfait en beauté, [28.12 La plupart des Pères regardent la description de la puissance du roi de Tyr comme une figure de la gloire et de la ruine de Lucifer.]
Mais si tu avertis l’impie pour qu’il se détourne de ses voies, et s’il ne s’en détourne pas, il mourra dans son iniquité, et tu auras délivré ton âme.
La parole du Seigneur me fut adressée en ces termes : [34.1-31 2° Le Pasteur fidèle, chapitre 34. La première consolation que Dieu donne à son peuple, après la grande catastrophe, est celle de la venue du pasteur fidèle, chapitre 34. Les mauvais pasteurs qui ont perdu Israel, c’est-à-dire les prêtres et les rois infidèles, comme l’explique saint Ephrem et Théodoret, seront chassés, et le troupeau du Seigneur sera confié à un berger qui les gardera avec soin, versets 22 et 23. Ce bon pasteur, c’est le Messie, voir Isaïe, 40, 11 ; Osée, 3, 5 ; Jérémie, 23, 5-6 ; Jean, 1, 45 ; 10, vv. 11, 14, 16 ; 1 Pierre, 2, 25. Plus loin, verset 29, Jésus-Christ est appelé un germe renommé . Voir Isaïe, 11, vv. 1-2, 10 ; Jean, 15, 5.] [34.1 Disant (dicens). Voir, sur ce mot, Ezéchiel, 3, 16.]
Je les retirerai d’entre les peuples, je les rassemblerai de divers pays, et je les ferai revenir dans leur propre pays, et je les ferai paître sur les montagnes d’Israel, le long des ruisseaux et dans tous les lieux habités du pays.
Pour toi, fils de (d’un) l’homme, prophétise au sujet des montagnes d’Israel, et dis-leur : Montagnes d’Israel, écoutez la parole du Seigneur. [36.1-15 4° Restauration d’Israel, chapitre 36, versets 1 à 15. La terre d’Israel, dont les païens se sont emparés, chapitre 36, versets 1 à 7 ; sera rendue à ses enfants et de nouveau heureuse, versets 8 à 15.] [36.1 Voir Ezéchiel, 6, 3.]
Ainsi parle le Seigneur Dieu : Le jour où je vous aurai purifiés de toutes vos iniquités, et où j’aurai repeuplé les villes et rétabli les lieux ruinés
Alors il me dit : Fils de (d’un) l’homme, penses-tu que ces os puissent revivre (vivront) ? Je répondis : Seigneur Dieu, (c’est) vous (qui) le savez.
Prophétise donc, et dis-leur : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici, je vais ouvrir vos tombeaux, et je vous ferai sortir de vos sépulcres, ô mon peuple, et je vous amènerai dans la terre d’Israel.
La parole du Seigneur me fut adressée en ces termes : [38.1 et suivants. 1° Extermination de Gog et de son armée, chapitres 38 et 39. Sur cette prophétie, voir la note 24 à la fin du volume.] [38.1 Disant (dicens). Voir, sur ce mot, Ezéchiel, 3, 16.]
Mais toi, fils de (d’un) l’homme, prophétise contre Gog, et dis : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici, je viens à toi, Gog, prince et chef de Mosoch et de Thubal. [39.1 Gog, prince , etc. Voir sur ce passage, Ezéchiel, 38, 2. ― Mosoch, Thubal. Voir Ezéchiel, 27, 13.]
La vingt-cinquième année de notre captivité, au commencement de l’année, le dixième jour du mois, quatorze ans après la ruine de la ville, ce jour-là même, la main du Seigneur fut sur moi, et il me conduisit à Jérusalem (là, note). [40 Les interprètes les plus habiles reconnaissent que ce chapitre offre les plus grandes difficultés. On ne devra donc pas s’étonner si, après nos explications, il reste encore bien des choses à éclaircir, tant pour la valeur rigoureuse des mots, que pour la construction des phrases.] [40.1 et suivants. II e section : Le nouveau royaume de Dieu, du chapitre 40 au chapitre 48. ― Cette seconde section, quoique composée plusieurs années après les prophéties précédentes, se rattache étroitement à elles. Le premier temple est détruit ; mais Dieu rétablira son ancien sanctuaire, voir Ezéchiel, 37, 26-28, nous a déjà dit Ezéchiel. Un nouveau temple s’élèvera, digne du Seigneur, et il en prendra possession, comme il va maintenant nous l’apprendre, chapitre 43. Le peuple d’Israel recouvrera également sa patrie, comme le Prophète l’avait annoncé, voir Ezéchiel, 37, 25, et comme il le développe maintenant tout au long. Les neuf derniers chapitres nous décrivent le royaume de Dieu, la restauration de la religion et de la nationalité juives. Dans une vision magnifique, Ezéchiel est transporté dans la Terre Sainte, la vingt-cinquième année de la captivité, la quatorzième après la prise de Jérusalem (574), et là Dieu lui montre à l’avance ce qu’il accomplira dans l’avenir, le nouveau temple, le nouveau culte qui lui sera rendu et le nouveau partage de la Palestine. Ce triple sujet forme la matière des trois subdivisions de la dernière section : ― 1° le temple futur, du chapitre 40 au chapitre 42 ; ― 2° le culte, du chapitre 43 au chapitre 46 ; ― 3° la félicité de la terre de Chanaan et le partage qui en est entre les douze tribus, chapitres 47 et 48. ― Cette dernière partie d’Ezéchiel a été toujours regardée comme la plus difficile à comprendre et à expliquer. Les uns l’ont entendue dans un sens littéral, les autres dans un sens purement allégorique. Parmi ceux-ci, il faut compter la plupart des Pères qui s’en sont occupés : ils ont tout interprété comme une allégorie, dans l’impossibilité où ils étaient de découvrir une signification littérale aux paroles du Prophète. ― Pour saisir le véritable sens de ces oracles, il faut distinguer entre les divers chapitres. Les derniers, qui décrivent la division future de la Terre sainte, chapitres 47 et 48 (et probablement aussi ceux qui traitent du culte qu’on rendra à Dieu dans l’avenir, du chapitre 43 au chapitre 46), ne doivent certainement pas se prendre à la lettre ; ce ne sont que des symboles qui ont une signification beaucoup plus haute. La prophétie du nouveau royaume d’Israel annonce, sans doute, le retour de la captivité ; mais ce n’est pas là son objet principal : elle a surtout pour but de peindre le règne du Messie et les biens qu’il apportera au monde. Il est évident que la source du temple, chapitre 47, versets 1 à 12, n’est qu’une image ; la nouvelle terre d’Israel, la nouvelle Jérusalem, séparée du temple, que nous représente le chapitre 48, ne sont aussi que des figures. L’interprétation donnée par les Pères de ce passage est incontestable. Quant au temple lui-même, tel qu’il est décrit, du chapitre 40 au chapitre 43, plusieurs n’ont voulu y voir également qu’un temple symbolique, mais il paraît plus naturel d’entendre littéralement sur ce point le langage du Prophète. Il commence par décrire des choses réelles, et il s’élève ensuite peu à peu du réel au symbolique, de l’édifice que construiront les Juifs après la fin de la captivité au règne du Messie.] [40.1 Au commencement de l’année ; c’est-à-dire au premier mois de l’année sacrée, qui était le septième de l’année civile. Il commençait à la nouvelle lune de mars, selon les rabbins, mais c’était plus probablement à celle d’avril. ― La main du Seigneur. Voir Ezéchiel, 1, 3. ― Là ; dans la cité, à Jérusalem.]
Ensuite il me conduisit à la porte qui regardait vers l’orient. [43.1 et suivants. 2° Le nouveau culte, du chapitre 43 au chapitre 46. ― 1° Quand le nouveau temple est fini, Dieu en prend possession. « Le Seigneur apparaît, et il remplit la maison de sa propre gloire, pour montrer, dit Théodoret de Cyr, que non seulement elle sera bâtie, mais aussi qu’elle sera remplie d’une vertu divine. » Il annonce au Prophète qu’Israel ne profanera plus son nom, mais sera fidèle à son culte, chapitre 43, versets 1 à 12. ― 2° Un nouvel autel des holocaustes sera élevé ; les mesures en sont données et les sacrifices qui doivent être offerts pour son inauguration indiqués, versets 13 à 27. ― 3° Les règles du nouveau culte sont ensuite tracées ; nous apprenons qu’elle est la place et quels sont les devoirs des princes, chapitre 44, versets 1 à 4, des lévites et des prêtres qui desservent l’autel et le Saint, versets 5 à 31 ; ― 4° quelles seront les redevances dues aux ministres du sanctuaire et au prince, après la division future du pays, chapitre 45, versets 1 à 17 ; ― 5° quels sacrifices devront être offerts aux jours de sabbat, aux néoménies, aux fêtes et chaque jour, du chapitre 45, verset 18 au chapitre 46, verset 15. ― 6° Enfin Dieu règle les droits de propriété du prince, chapitre 46, versets 16 à 18, et trace le plan des cuisines destinées à faire cuire la chair des victimes offertes sur son autel, versets 19 à 24.] [43.1 Il ; c’est-à-dire l’Ange. Voir Ezéchiel, 40, 3.]
(Et) La majesté du Seigneur entra dans le temple par la porte qui regardait l’orient.
Mais toi, fils de (d’un) l’homme, montre le temple à la maison d’Israel, et qu’ils soient confondus par leurs iniquités ; qu’ils mesurent sa structure, [43.10 Qu’ils soient confondus ; en voyant sa grandeur et sa majesté. ― De leurs iniquités , qui ont été cause de sa destruction.]
Et il m’amena par le chemin de la porte du septentrion (de l’aquilon), en face du temple. Je regardai, et voici que la gloire du Seigneur avait rempli la maison du Seigneur, et je tombai sur ma face. [44.4 Maison ; signifie le temple , ici et dans tout le chapitre.]
Ainsi parle le Seigneur Dieu : La porte du parvis intérieur, qui regarde vers l’orient, sera fermée les six jours où l’on travaille ; mais on l’ouvrira le jour du sabbat, et on l’ouvrira aussi le premier jour de chaque mois (jour des calendes). [46.1-2 La porte , etc. Comparer à Ezéchiel, 44, 1-3.]
Et il me dit : Ces eaux qui sortent vers les monceaux de sable de l’orient, et qui descendent dans la (les) plaine(s) du désert, entreront dans la mer et en sortiront, et les eaux de la mer deviendront saines.
Telle est la terre que vous distribuerez au sort entre les tribus d’Israel, et tels seront leurs partages, dit le Seigneur Dieu.
Et il me dit : Fils de l’homme, reçois dans ton cœur toutes les paroles que je te dis, et écoute-les de tes oreilles ; [3.10 Ecoute-les , etc. ; hébraïsme, pour écoute-les très attentivement .]
Il me dit encore : Fils de (d’un) l’homme, voici que je briserai dans Jérusalem le bâton du pain ; ils mangeront le pain au poids et dans l’inquiétude, et ils boiront l’eau à la mesure et dans l’angoisse, [4.16 Voir Ezéchiel, 5, 16 ; 14, 13. ― Le pain est appelé bâton , parce qu’il est le soutien de la vie, comme le bâton est le soutien du corps. Comparer à Lévitique, 26, 26.]
Car c’est moi, le Seigneur, qui parlerai, et toutes les paroles que j’aurai prononcées s’accompliront sans retard ; et dans vos jours mêmes, maison qui m’irritez (exaspères), je parlerai, et j’exécuterai ma parole, dit le Seigneur Dieu.
Parce que vous avez affligé le cœur du juste par des mensonges, lorsque je ne l’avais pas attristé moi-même, et parce que vous avez fortifié les mains de l’impie pour l’empêcher de revenir de sa voie mauvaise et de vivre
J’établirai mon alliance avec toi, et tu sauras que je suis le Seigneur
Rejetez loin de vous toutes les prévarications dont vous vous êtes rendus coupables, et faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi donc mourr(i)ez-vous, maison d’Israel ?
Par ma vie (Je vis, moi), dit le Seigneur Dieu, je régnerai sur vous avec une main forte, avec un bras étendu, et dans l’effusion de ma fureur.
Vous n’avez pas fortifié ce qui était faible, guéri ce qui était malade, pansé ce qui était blessé ; vous n’avez pas ramené ce qui était égaré, ni cherché ce qui était perdu ; mais vous leur commandiez avec dureté et avec violence. [34.4 Ce qui a été brisé , etc. ; vous n’avez pas bandé les plaies des brebis blessées.]
Fils de (d’un) l’homme, la maison d’Israel a habité dans sa terre ; ils l’ont souillée par leurs œuvres et leurs affections ; leur voie a été devant moi comme la souillure d’une femme qui a ses règles (mois).
Et toi, fils de (d’un) l’homme, prends un morceau de bois, et écris dessus : Pour (C’est le bois de) Juda, et pour les enfants d’Israel qui lui sont associés. Prends encore un autre morceau de bois, et écris dessus : Pour Joseph, (pour le) bois d’Ephraïm, et de toute la maison d’Israel, et de ceux qui lui sont associés. [37.16 Prends ; littéralement et par hébraïsme prends-toi (sume tibi) . ― Un morceau de bois ou du bois (lignum) ; vrai sens de l’hébreu êts . Les mots planche, ais , de la paraphrase chaldaïque, et celui de verge qu’on lit dans les Septante ne sont que de simples interprétations et nullement des traductions proprement dites. ― De Juda et des enfants. La plupart des exemplaires de la Vulgate lisent au génitif, mais il en est qui portent le datif Judæ, et filiis Israel sociis ejus , conformément à l’édition Sixtine. Quant au texte hébreu, on peut le rendre aussi exactement par le génitif que par le datif. Au reste, ces deux leçons reviennent au même sens. ― Par les enfants d’Israel qui lui (à Juda) sont unis , il faut entendre les tribus de Benjamin et de Lévi, et plusieurs Israélites des autres tribus, lesquels, lors du schisme de ces dernières, ne voulant pas participer à l’idolâtrie des veaux d’or de Jéroboam, se retirèrent dans le royaume de Juda, et firent partie des états de Roboam. Voir 3 Rois, 11, 13 ; 12, 17 ; 2 Paralipomènes, 11, verset 13 et suivants.]
Dans des visions divines il me conduisit au pays d’Israel, et il me déposa sur une très haute montagne, sur laquelle il y avait comme les bâtiments (l’édifice) d’une ville tournée vers le midi. [40.2 La plupart des Pères et des interprètes reconnaissent que cet édifice représente, sous des symboles mystérieux, l’Eglise de Jésus-Christ.]
Et (un) l’esprit m’éleva et m’introduisit dans le parvis intérieur, et voici que la maison était remplie de la gloire du Seigneur.
Et il me dit : C’est ici la maison des cuisines, où les ministres du Seigneur feront cuire les victimes du peuple. [46.24 Les victimes du peuple ; c’est-à-dire destinées pour le peuple.]
Et sur les bords du torrent, de chaque côté, croîtront toutes sortes d’arbres fruitiers ; leurs feuilles ne tomberont pas, et leurs fruits ne manqueront jamais ; chaque mois ils en porteront de nouveaux, parce que les eaux sortiront (du torrent seront sorties) du sanctuaire ; leurs fruits serviront de nourriture, et leurs feuilles de remède. [47.12 Ces arbres mystérieux peuvent représenter les justes, que David représente sous le même symbole (voir Psaumes, 1, 1-3).]