Ézéchiel - Chapitre 17

Ézéchiel 17.1 La parole du Seigneur me fut adressée en ces termes : [17.1-24 6° Chapitre 17. ― 1° Ezéchiel propose l’énigme ou parabole des deux aigles et du plant de vigne, versets 1 à 10. ― 2° Les deux aigles sont le roi de Babylone et le roi d’Egypte ; le plant de vigne, c’est le roi de Juda, Jéchonias ; sa race, c’est son oncle Sédécias, voir Jérémie, 41, 1 ; 3 Rois, 11, 14 ; Jéchonias est conduit captif en Chaldée par Nabuchodonosor ; Sédécias fait alliance avec l’Egypte ; il tombera aussi entre les mains de Nabuchodonosor, versets 11 à 21 ; voir 4 Rois, 24, 11 ; Jérémie, 24, 1 ; 29, 2 ; ― 3° mais néanmoins de ce plant Dieu fera sortir le Messie, versets 22 à 24.] [17.1 Disant (dicens). Voir sur ce mot, Ezéchiel, 3, 16.] Ézéchiel 17.2 Fils de (d’un) l’homme, propose une énigme, et raconte une parabole à la maison d’Israel. Ézéchiel 17.3 Tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Un grand aigle (L’aigle énorme), aux grandes ailes, au corps très long, plein de plumes aux diverses couleurs, vint sur le Liban, et emporta la moelle d’un cèdre. [17.3 L’aigle, du cèdre. C’est ainsi que portent les Septante et le texte hébreu lui-même, nullement un aigle, d’un cèdre , en général ; ce qui montre que ces deux objets étaient connus des Juifs, auxquels s’adressait le Prophète. ― Variées ; de diverses couleurs. Cet aigle énorme représente Nabuchodonosor ; la grandeur de son corps et de ses ailes, son plumage de diverses couleurs, marquent sa force, sa puissance, la grandeur de son empire, le grand nombre de ses sujets et la rapidité de ses conquêtes ; le Liban figure le temple, selon les uns, la Judée, selon les autres, et Jérusalem, suivant d’autres ; le cèdre est le peuple juif, la moelle du cèdre, c’est-à-dire ce qu’il y avait de meilleur, marque le roi Jéchonias ou Joachim, avec sa mère, ses princes, ses officiers (voir 4 Rois, 24, 12 Esther, 2, 6, etc.). ― La moelle du cèdre. Hébreu : la pointe du cèdre, d’après plusieurs.] Ézéchiel 17.4 Il arracha le sommet de ses branches et le transporta au pays de Chanaan ; il le déposa dans la ville des marchands. [17.4 Les sommités de ses branches ; c’est-à-dire la famille royale avec la plus noble partie du peuple.] Ézéchiel 17.5 Il prit de la graine du pays, et il la mit en terre comme une semence, afin qu’elle prît racine et s’affermît auprès d’eaux abondantes ; il la planta sur la surface de la terre. [17.5 De la graine du pays , etc. ; c’est Sédécias, oncle du roi Jéchonias (voir verset 43) : Nabuchodonosor l’établit roi dans la Judée. ― Sur la surface , etc. Le prophète semble dire par là que le règne de Sédécias ne devait pas être solidement établi, et par conséquent de longue durée.] Ézéchiel 17.6 Lorsqu’elle eut poussé, elle crût et devint une vigne étendue, mais basse (de taille), dont les branches regardaient l’aigle, et dont les racines étaient sous lui. Elle devint donc une vigne, et elle porta des sarments, et elle produisit des rejetons. Ézéchiel 17.7 Il vint ensuite un autre grand aigle (énorme), aux grandes ailes et aux (nombreuses) plumes épaisses ; et voici que cette vigne sembla porter ses racines et étendre ses branches vers lui, afin qu’il l’arrosât comme ses parterres féconds. [17.7 Un autre aigle ; c’est-à-dire le roi d’Egypte, prince grand et puissant, mais moins que le roi de Babylone. Voir pour la signification des ailes et des plumes le verset 3. Le roi de Juda eut recours au roi d’Egypte pour en obtenir du secours contre les Chaldéens. Ce secours est représenté sous l’image de l’irrigation telle qu’elle se pratiquait en Egypte, c’est-à-dire en tirant de l’eau du Nil par des machines et en la répandant dans des rigoles faites exprès, qui la conduisaient dans les jardins et dans les champs.] Ézéchiel 17.8 Elle était plantée dans une bonne terre, près d’eux abondantes, afin de produire des branches (feuilles), et de porter du fruit, et de devenir une grande vigne. Ézéchiel 17.9 Dis : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Prospérera-t-elle ? Le premier (L’) aigle n’arrachera-t-il pas ses racines, n’abattra-t-il pas son fruit, ne desséchera-t-il pas tous ses rejetons, afin qu’elle se flétrisse, sans qu’il faille un bras puissant ni un peuple nombreux pour la déraciner entièrement ? Ézéchiel 17.10 La voilà plantée : prospérera-t-elle ? Lorsqu’un vent brûlant l’aura touchée, ne séchera-t-elle pas et ne se (durcira) flétrira-t-elle pas dans le parterre où elle aura poussé ? Ézéchiel 17.11 La parole du Seigneur me fut adressée en ces termes : Ézéchiel 17.12 Dis à cette maison qui m’irrite (exaspère) : Ne savez-vous pas ce que ces choses signifient ? Dis : Voici que le roi de Babylone vient à Jérusalem ; il en prendra le roi et les princes, et il les emmènera chez lui à Babylone. [17.12 Le roi de Jérusalem, Jéchonias. ― Vient. Ce verbe et les suivants, y compris ceux du verset 13, sont au passé dans le texte hébreu ; cette partie de la parabole était accomplie lorsqu’Ezéchiel la racontait.] Ézéchiel 17.13 Il choisira un membre (prince) de la race royale, il fera alliance avec lui et lui fera prêter le serment ; il énumérera (enlèvera) aussi les vaillants du pays Ézéchiel 17.14 afin que le royaume demeure humble, sans pouvoir s’élever, et qu’il garde son alliance et qu’il y soit fidèle. Ézéchiel 17.15 Mais ce prince, se révoltant contre lui, a envoyé des ambassadeurs en Egypte, afin qu’elle lui donnât des chevaux et de grandes troupes. Celui qui a agi ainsi prospèrera-t-il, et trouvera-t-il le salut ? Celui qui a violé l’alliance échappera-t-il ? [17.15 Envoya des ambassadeurs en Egypte. Voir Jérémie, note 21.2.] Ézéchiel 17.16 Par ma vie (Je vis, moi), dit le Seigneur Dieu, c’est dans le pays du monarque qui l’avait établi roi, dont il a violé le serment et rompu l’alliance, c’est au milieu de Babylone qu’il mourra. [17.16 ; 17.19 Je vis, moi. Voir Jérémie, 46, 18.] Ézéchiel 17.17 Et le pharaon (Pharaon) ne fera pas la guerre contre lui avec une grande armée et un peuple nombreux, quand on élèvera (ni par) des retranchements et qu’on bâtira (par) des forts, pour tuer une multitude d’hommes. [17.17 Et ce n’est pas , etc. ; c’est-à-dire Pharaon se mit en effet en marche pour secourir Jérusalem ; mais Nabuchodonosor alla au-devant de lui et l’obligea de se retirer (voir Jérémie, 37, verset 4 et suivants).] Ézéchiel 17.18 Car il a(vait) méprisé le serment et rompu l’alliance, quoiqu’il eut donné sa main (à l’Egypte) ; après avoir fait toutes ces choses, il n’échappera pas. Ézéchiel 17.19 C’est pourquoi ainsi parle le Seigneur Dieu : Par ma vie (Je vis, moi), je ferai retomber sur sa tête le serment qu’il a méprisé, et l’alliance qu’il a rompue. Ézéchiel 17.20 J’étendrai mon rets sur lui, et il sera pris dans mon filet (ma seine) ; je l’emmènerai à Babylone, et là je le jugerai, à cause de la perfidie (prévarication) avec laquelle il m’a méprisé. [17.20 Voir Ezéchiel, 12, 13 ; 32, 3.] Ézéchiel 17.21 Et tous ses fuyards, avec toutes ses troupes, tomberont par l’épée ; ceux qui échapperont seront dispersés à tous les vents, et vous saurez que c’est moi, le Seigneur, qui ai parlé. Ézéchiel 17.22 Ainsi parle le Seigneur Dieu : Alors je prendrai de la moelle du grand cèdre, et je la placerai ; du sommet de ses branches j’arracherai un tendre rameau, et je le planterai sur une montagne haute et élevée. [17.22 Et moi, je prendrai , etc. Quelques-uns appliquent cette prophétie à Zorobabel ou aux Machabées, mais les termes mêmes dont elle est conçue ne peuvent convenir qu’au Messie, Jésus-Christ, qui descendait de Jéchonias et de David ; son Eglise est une montagne élevée et qui est au-dessus de toutes les autres sociétés par les prérogatives divines qui la distinguent. Comparer à Isaïe, 2, 2 ; Michée, 4, 1.] Ézéchiel 17.23 Je le planterai sur la haute montagne d’Israel ; il poussera des (un) rejeton(s), il portera des (du) fruit(s) et deviendra un grand cèdre ; et tous les oiseaux habiteront sous lui, et tout ce qui vole fera son nid sous l’ombre de ses branches. Ézéchiel 17.24 Et tous les arbres du pays sauront que c’est moi, le Seigneur, qui ai humilié le grand arbre et élevé l’arbre faible (humble), qui ai desséché (un) l’arbre vert et fait reverdir (un) l’arbre sec. Moi, le Seigneur, j’ai parlé et j’ai agi.

Ézéchiel : Chapitre 17

La Parabole des Deux Aigles et de la Vigne : Réflexions sur Ézéchiel 17

Le chapitre 17 d'Ézéchiel nous présente la profonde parabole des deux aigles et de la vigne. À travers cette allégorie, un message politique et spirituel se déploie, révélant les alliances de Juda avec Babylone et l'Égypte, tout en condamnant la rupture du serment fait au roi babylonien. Ce texte énigmatique met en lumière la souveraineté de Dieu sur les nations et les conséquences tragiques de l'infidélité, tant sur le plan politique que spirituel.

La parabole se conclut par une promesse messianique, offrant ainsi un espoir futur aux fidèles. Elle nous invite à explorer les thèmes récurrents de la fidélité et de la règle divine. Pour approfondir notre compréhension, nous vous proposons de méditer sur cinq passages bibliques qui éclairent ces notions.

Jérémie 22:24-25

Dans ce passage, il est écrit : « Tant que je suis vivant, déclare l'Éternel, si toi, Jehojakin, fils de Jehoiakim, roi de Juda, tu étais une chevalière à mon doigt droit, je l'arracherais... » Cette prophétie de Jérémie résonne avec la parabole d'Ézéchiel 17, évoquant la déportation des rois de Juda et les conséquences de leur désobéissance.

2 Rois 24:10-12

Ce texte historique nous donne le contexte de la parabole : «... Nabuchodonosor, roi de Babylone, marchèrent contre Jérusalem et assiégèrent la ville... » Il rappelle la réalité tragique de la capture de Jojakin et de son entourage, soulignant la gravité de l'infidélité de Juda.

Matthieu 13:31-32

Dans le Nouveau Testament, Jésus propose une métaphore qui fait écho à Ézéchiel 17 : « Le royaume des cieux est comme une graine de moutarde... » Bien que petite, cette graine croît pour devenir un grand arbre, offrant un refuge aux oiseaux. Cette image de croissance et d'accueil nous rappelle l'espoir et la promesse de Dieu.

Daniel 4:20-22

La vision de Daniel présente également une métaphore d'arbre : « L'arbre que tu as vu, qui grandissait et devenait fort... » Ici, l'arbre symbolise le royaume qui, dans sa grandeur, devient une source de vie et de refuge. Cette image renforce l'idée de la puissance divine à l'œuvre dans l'histoire des nations.

Ésaïe 11:1

Enfin, Ésaïe prophétise : « Une branche sortira du tronc de Jessé... » Cette promesse messianique évoque une croissance nouvelle et pleine d'espoir, liée à la restauration et à la rédemption, tout en faisant écho à la thématique de la vie qui émerge des racines de la foi.

En méditant sur ces passages, nous sommes invités à réfléchir à notre propre fidélité envers Dieu et à notre engagement dans les alliances qu'Il nous propose. Que cette exploration nous guide sur le chemin de la véritable fidélité et de la confiance en Sa souveraineté.