Or Daniel résolut dans son cœur de ne pas se souiller par les mets du roi et par le vin qu’il buvait, et il pria le chef des eunuques de ne pas (l’obliger à) se souiller. [1.8 < Daniel résolut , etc. Les païens mangeaient indifféremment de toutes sortes de viandes, et par conséquent de celles qui étaient défendues aux Juifs (voir Lévitique, chapitre 11 ; Deutéronome, chapitre 14). De plus ils consacraient à leurs dieux tout ce qui était servi sur la table.]
Or Dieu donna à ces jeunes hommes la science et la connaissance de tout livre et de toute sagesse, et il donna à Daniel l’intelligence de toutes les visions et de tous les songes. [1.17 Livre (liber). La Vulgate a traduit (voir verset 4) par lettres , le même mot hébreu qu’elle rend ici par livre . Voir le verset 4. ― De toutes les visions , etc., envoyées de Dieu lui-même.]
et dit : Que le nom du Seigneur soit béni de siècle en siècle, parce que la sagesse et la force sont à lui !
C’est lui qui révèle les choses profondes et cachées, et qui connaît ce qui est dans les ténèbres ; et la lumière est avec lui.
Mais il y a dans le ciel un Dieu qui révèle les mystères, et qui (vous) t’a montré, ô roi, ce qui doit arriver dans les derniers temps. Voici ton (votre) songe et les visions qui (vous) t’ont traversé l’esprit sur ta (votre) couche : [2.28 Les derniers temps , dans l’Ancien Testament, et surtout dans le style des prophètes, désignent ordinairement l’avènement du Messie, et l’établissement de son règne. Comparer à Isaïe, 2, 2. ― Les visions , etc., sont la même chose que votre songe . ― L’expression vision de la tête , familière à Daniel, veut dire, vision qui ne vient pas dans l’esprit par la vue des objets extérieurs, mais qui est formée uniquement dans le cerveau.]
Au temps de ces royaumes, le Dieu du ciel suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et ce royaume ne sera pas livré à un autre peuple ; il brisera et anéantira tous ces autres royaumes, et lui-même subsistera éternellement. [2.44 Un royaume qui jamais , etc. Ce royaume éternel est celui du Messie qui prit naissance sous Auguste, le premier empereur des Romains, et qui n’a jamais passé au pouvoir d’un autre peuple.]
car notre Dieu, que nous servons, peut nous tirer de la fournaise ardente et nous délivrer, ô roi, d’entre tes mains.
S’il ne le veut pas, sache(z), ô roi, que nous ne servirons pas tes (vos) dieux, et que nous n’adorerons pas la statue d’or que tu (vous) as(vez) érigée.
Or Azarias, se tenant debout, fit cette prière, et, ouvrant la bouche au milieu du feu, il dit :
Et maintenant nous ne pouvons pas ouvrir la bouche ; nous sommes devenus la confusion et l’opprobre de vos serviteurs et de ceux qui vous servent.
Aussi je publiai un décret pour qu’on fît venir en ma présence tous les sages de Babylone, afin qu’ils me donnassent l’explication de mon songe.
L’arbre que tu (vous) as(vez) vu grand et vigoureux, et dont la hauteur atteignait le ciel et qu’on apercevait sur toute la terre
Maintenant donc, moi, Nabuchodonosor, je loue, j’exalte (je magnifie) et je glorifie le roi du ciel, parce que toutes ses œuvres sont vraies, ses voies pleines de justice, et qu’il peut humilier ceux qui marchent avec orgueil. [4.34 Pour suivre l’ordre des temps, il faut passer de ce verset aux chapitres 7 et 8. Les chapitres 5 et 6 qui ont rapport à la fin du règne de Baltassar, et au commencement du règne de Darius le Mède, ont été déplacés.]
Le roi Baltassar fit un grand festin à mille des grands de sa cour, et chacun buvait selon son âge. [5.1 Baltassar , selon l’opinion la plus probable, est le fils du dernier roi de Babylone, Nabonide ; du moins Nabonide, dans ses inscriptions, nous apprend qu’il avait un fils appelé Baltassar. Ce dernier n’était pas roi, mais il en exerçait le pouvoir, parce que son père paraît l’avoir associé au gouvernement et l’avoir chargé de la défense de Babylone, d’où il était absent, quand Cyrus s’en empara.]
Or voici l’écriture qui a été tracée : Mané, Thécel, Pharès. [5.25 Mané , etc. Les sages du roi n’ont pu lire ces mots (voir verset 8), soit parce qu’ils pouvaient être en un caractère inconnu dans le pays, tel que l’hébreu ancien, le phénicien, le samaritain, soit parce qu’étant dépourvus de voyelles, isolés et sans suite, la lecture et par là même l’interprétation en devenaient tout naturellement impossibles ; soit enfin parce qu’ils étaient simplement exprimés par leurs lettres initiales ; hypothèse qui n’a rien d’invraisemblable, et qui exprimerait parfaitement l’embarras des sages du roi.]
Daniel surpassait donc tous les princes et tous les satrapes, parce que l’esprit de Dieu était plus abondant en lui.
Le roi Darius fit donc cet édit et le promulgua.
Daniel répondit au roi : (O) Roi, vis(vez) éternellement !
Alors le roi Darius écrivit à tous les peuples, à toutes les nations et à toutes les langues qui habitaient sur toute la terre : Que la paix se multiplie pour vous ! (.) [6.26 Et aux langues. Voir Daniel, 3, 4.]
Je regardais, jusqu’à ce que des trônes furent placés, et l’Ancien des jours (un vieillard) s’assit. Son vêtement était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête comme de la laine pure ; son trône était comme des flammes ardentes, et les roues du trône comme un feu brûlant. [7.9 Un vieillard ; littéralement dans le texte original et le grec, un ancien des jours ; expression qui, dans la langue persane, a la même signification. Or ce vieillard, c’est Dieu, juge éternel des vivants et des morts.]
Je regardais donc dans cette vision nocturne, et voici, quelqu’un, semblable au (comme un) fils de (d’un) l’homme, venait avec les nuées du ciel, et il s’avança jusqu’à l’Ancien des jours (au vieillard). Ils le présentèrent devant lui, [7.13 Le fils d’un homme ; ou, comme portent le chaldéen et le grec, un fils d’homme ; expression poétique, qui, comme nous l’avons déjà remarqué, signifie un homme . Or ce que dit ici Daniel ne peut convenir à la lettre qu’à Jésus-Christ dans son second avènement. Comparer à Matthieu, 26, 64. ― Vieillard. Voir le verset 9.]
et il lui donna la puissance, l’honneur et le royaume, et tous les peuples, les tribus et les langues le servirent ; sa puissance est une puissance éternelle qui ne lui sera pas ôtée, et son royaume ne sera jamais détruit. [7.14 Voir Daniel, 3, 100 ; 4, 31 ; Michée, 4, 7 ; Luc, 1, 32. ― Il lui donna , etc. On ne saurait employer de termes plus forts et plus formels pour exprimer le règne éternel du Sauveur ; il semble qu’il faisait lui-même allusion à ce passage, quand il disait : « Toute puissance m’a été donnée dans le ciel et sur la terre. » (voir Matthieu, 28, 18). ― Et langues. Voir Daniel, 3, 4.]
Et j’entendis la voix d’un homme au milieu de (entre) l’Ulaï ; et il cria et dit : Gabriel, fais(-lui) comprendre cette vision. [8.16 Entre l’Ulaï. Voir le verset 2. ― Gabriel. C’est l’ange de ce nom sous la forme d’un homme.]
Je tournai mon visage vers le Seigneur mon Dieu, pour le prier et le conjurer dans les jeûnes, le sac et la cendre.
Je priai le Seigneur mon Dieu, je lui fis cette confession (confessai mes fautes) et je dis : Je vous supplie, Seigneur, Dieu grand et terrible, qui gardez votre alliance et votre miséricorde envers ceux qui vous aiment et qui observent vos commandements. [9.4 Voir 2 Esdras, 1, 5.]
A vous, Seigneur, est la justice, et à nous la confusion du visage, telle qu’elle est aujourd’hui pour les hommes de Juda, et pour les habitants de Jérusalem, et pour tout Israel, pour ceux qui sont près et pour ceux qui sont loin, dans tous les pays où vous les avez chassés, à cause des iniquités qu’ils ont commises contre vous.
Mais vous, Seigneur notre Dieu, la miséricorde et la propitiation ; car nous nous sommes retirés de vous
Soixante-dix semaines ont été décrétées sur (abrégées pour) ton peuple et sur (pour) ta ville sainte, pour (afin) que la prévarication soit abolie, que le péché trouve sa fin, que l’iniquité soit effacée, que la justice éternelle soit amenée, que la vision et la prophétie soient accomplies, et que le saint des saints reçoive l’onction. [9.24-27 Voici la traduction de cette importante prophétie d’après le texte original : « Soixante-dix semaines, dit-il, ont été fixées pour ton peuple et pour ta ville sainte, afin que la prévarication soit abolie, que le péché finisse et que l’iniquité soit effacée [par la mort de Jésus-Christ] ; afin que la justice éternelle [le Messie, voir Jérémie, 23, 6 ; 33, 16 ; Isaïe, 45, 8 ; 1 Corinthiens, 1, 30], vienne [sur la terre], que les visions et les prophéties soient accomplies [en Jésus-Christ qu’elles ont annoncé], et que le Saint des saints [le Verbe de Dieu fait chair] soit oint [ou rempli de la vertu du Saint-Esprit, voir Actes des Apôtres, 10, 38 ; Isaïe, 61, 1 ; Luc, 4, 18]. ― Sache-le donc et remarque-le bien : Depuis la publication de l’ordre qui sera donné pour rebâtir Jérusalem jusqu’au prince Messie [ou Christ], il y aura sept semaines, et soixante-deux semaines, et les places et les murailles de la ville seront rebâties dans des temps difficiles. Et après soixante-deux semaines, le Christ sera mis à mort, et le peuple qui doit le renier ne sera plus son peuple. Un peuple, avec son chef qui doit venir [Vespasien ou Titus, avec l’armée romaine], détruira la ville de Jérusalem et le sanctuaire ; elle finira par une ruine entière ; quand la guerre sera terminée, arrivera la désolation qui lui a été prédite. ― [Alors le Christ] fera une alliance ferme [et stable, comme l’avait prédit Jérémie, 31, 31], avec un grand nombre, [avec tous ceux qui voudront embrasser sa foi et participer ainsi à ses mérites, car il est mort pour tous], dans une semaine, [par l’effusion de son sang et la prédication de l’Evangile] ; et au milieu de la semaine, [quand le Messie sera immolé], les oblations et les sacrifices cesseront, [ils seront rendus inutiles et sans valeur par la mort de Jésus-Christ, de qui ils tiraient leur vertu]. Et l’abomination de la désolation sera dans le temple, et la désolation durera jusqu’à la consommation et à la fin. » Cette dernière partie de la prophétie est obscure dans le texte original. « L’hébreu à la lettre : Et sur l’aile, l’abomination de désolation , dit Calmet. Cette aile marque le temple, du consentement des anciens interprètes. On peut donner ce nom principalement au toit et à la hauteur du temple, voir Matthieu, 9, 5. L’abomination se vit dans le temple, lorsque les Romains l’ayant pris, y plantèrent leurs enseignes chargées des figures de leurs dieux et des images des Césars ; ou bien cette abomination marque les infamies, les meurtres et les autres sacrilèges qui furent commis dans ce lieu saint par les Juifs mêmes, pendant le dernier siège. Le Prophète ajoute que l’abomination y demeurera, usque ad consummationem et finem… , ou plutôt, suivant l’hébreu, jusqu’à la ruine déterminée , jusqu’à ce que le temple soit entièrement ruiné. C’est le sens le plus naturel ; les termes de l’orignal marquent ordinairement une perte entière et l’exécution des plus sévères jugements de Dieu. » Il faut remarquer que la profanation du temple par Antiochus est aussi prédite, voir Daniel, 11, 31, mais la profanation commise par le roi Séleucide n’est pas l’accomplissement de la prophétie que nous avons ici ; cette dernière se rapporte incontestablement aux temps messianiques. La profanation du temple par le roi syrien ne fut que partielle et temporaire, celle des Romains fut complète et définitive. Quant aux chiffres que nous donne cette prophétie, en voici la valeur : les soixante-dix semaines d’années font 490 ans. L’ange Gabriel les divise en trois parties : la première est de sept semaines ou de 49 ans, après lesquels les murs de Jérusalem seront achevés ; la seconde est de soixante-deux semaines, ou 434 ans, à la fin desquels le Christ sera oint ; la troisième comprend la soixante-dixième semaine, au milieu de laquelle le Messie sera mis à mort. La détermination de ces dates n’est pas sans offrir des difficultés. La plupart des commentateurs font partir les soixante-dix semaines de l’édit d’Artaxerxès, vers l’an 445. Depuis cette date jusqu’à la 15 e année de Tibère, qui est l’année du baptême du Notre-Seigneur, il s’est écoulé 475 ans ; nous arrivons ainsi à peu de chose près à la 70 e semaine, au milieu de laquelle le Sauveur fut crucifié.] [9.24 Voir Jean, 1, 45. ― Soixante-dix , etc. ; c’est-à-dire, le temps de la captivité a été abrégé et réduit à soixante-dix semaines en faveur de ton peuple et de ta ville sainte. Ces soixante-dix semaines qui sont des semaines d’années (Comparer à Lévitique, 25, 8), et qui font quatre cent quatre-vingt-dix ans, se comptent depuis l’ordre donné par Artaxerxès Longuemain pour le rétablissement de Jérusalem. Cette prophétie de Daniel, qui commence à ce verset et se continue aux trois suivants, ne saurait avoir d’autre objet que le Messie, Jésus de Nazareth. Aussi le très petit nombre des interprètes, qui l’appliquent à Cyrus ou à Alexandre, a contre lui non seulement toute l’antiquité, mais encore la lettre même du texte sacré. ― La Vulgate porte : ont été abrégées ; mais abréger signifie ici, de même que le mot hébreu nekhtak , dont il est la traduction, trancher, arrêter, déterminer, fixer , comme à Isaïe, 10, 22, où consummatio abbreviata signifie un malheur total et déterminé. Ce n’est pas une prophétie conditionnelle et incertaine, mais sûre, qui s’accomplira au temps marqué.]
Sache donc et remarque. Depuis l’ordre donné pour rebâtir Jérusalem, jusqu’au Christ chef, il y aura sept semaines et soixante-deux semaines ; et les places et les murs seront rebâtis en des temps d’angoisse (difficiles).
Et il me dit : Daniel, homme de désirs, comprends (entends) les paroles que je vais te dire, et tiens-toi debout ; car je suis maintenant envoyé vers toi. Lorsqu’il m’eut dit cela, je me tins debout en tremblant. [10.11 Homme de désirs. Voir Daniel, 9, 23.]
Et (contre l’alliance) les prévaricateurs (impies) de l’alliance useront de déguisement et de fraude ; mais le peuple qui connaît son Dieu s’attachera à la loi (prévaudra) et agira. [11.32 Les impies useront , etc. Voir 2 Machabées, 6, 21.]
(Mais) En ce temps-là, Michel, le grand prince, s’élèvera, lui qui protège (est pour) les enfants de ton peuple ; et il viendra un temps tel qu’il n’y en a pas eu depuis que les peuples ont commencé à exister, jusqu’à ce jour. En ce temps-là, quiconque, parmi ton peuple, sera trouvé écrit dans le livre, sera sauvé. [12.1 Mais , etc. ; continuation du chapitre précédent. ― En ce temps-là ; c’est-à-dire au temps d’Antiochus Epiphane, selon saint Chrysostome et quelques commentateurs ; mais, suivant la plupart des autres Pères et des interprètes, au temps de l’Antéchrist et de la fin du monde. Dans le style prophétique, en effet, cette expression ne se rapporte pas toujours au temps dont il vient d’être question, mais simplement au temps à venir, que l’esprit de Dieu découvre aux prophètes, et dans lesquels les divers événements qu’ils annoncent sont quelquefois séparés de plusieurs siècles. ― Qui est pour , etc. Comparer à Daniel, 10, 21. ― Viendra un temps , etc. Voir Matthieu, 24, 21. ― Le livre ; de vie. Etre écrit dans ce livre , c’est être prédestiné à la gloire.]
Et beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour l’opprobre qu’ils verront toujours. [12.2 Voir Matthieu, 25, 46. ― Beaucoup de ceux ; c’est-à-dire, toute la multitude de ceux. Dans le style biblique on met fréquemment beaucoup pour la totalité , lorsque cette totalité comprend un nombre considérable. ― Qu’ils le voient ; hébraïsme, pour qu’ils le sentent, qu’ils l’éprouvent . ― Ce verset et sa suite montre clairement qu’il s’agit de la résurrection générale à la fin du monde.]
Et ceux qui auront été savants brilleront comme la splendeur du firmament ; et ceux qui en auront instruit plusieurs dans la justice luiront comme des étoiles dans des éternités sans fin. [12.3 Brilleront , etc. Comparer à Sagesse, 3, 7 ; Matthieu, 13, 43.]
Pour (Mais) toi, Daniel, tiens ces paroles fermées, et scelle le livre jusqu’au temps marqué ; plusieurs (beaucoup) le parcourront et la science se multipliera. [12.4 Ferme les paroles , etc. Voir Daniel, 8, 26. ― Temps déterminé pour leur accomplissement. ― Le parcourront alors. ― La science , etc. ; ils en retireront beaucoup de connaissances ; selon d’autres, ils en donneront diverses explications.]
(Or) Il y avait un homme qui habitait à Babylone, et dont le nom était Joakim. [13 Dans l’ordre des temps, cette histoire devrait être placée après le chapitre 1 er ; elle est arrivée au temps de la captivité des Juifs à Babylone, lorsque Daniel était encore jeune (voir verset 45), et par conséquent dans les trois premières années de la captivité.] [13.1 Joakim était un des principaux Juifs captifs à Babylone.]
car ses parents, qui étaient justes, avaient instruit leur fille selon la loi de Moïse.
Mais il est meilleur pour moi de tomber sans motif entre vos mains, que de pécher en la présence du Seigneur.
Alors (Mais) Susanne poussa un grand cri et dit : Dieu éternel, qui pénétrez ce qui est caché, et qui connaissez toutes choses avant qu’elles arrivent
Et comme on la conduisait à la mort, le Seigneur suscita l’esprit saint d’un jeune enfant nommé Daniel, [13.45 L’esprit saint ; l’esprit de prophétie, pour découvrir le crime des vieillards et les convaincre par leur propre bouche avant l’instruction de l’affaire. ― D’un jeune homme (pueri junioris). L’épithète junior , littéralement plus jeune , ne change pas la signification de puer , qualification donnée déjà quatre fois (voir Daniel, 1, vv. 4, 13, 15, 17) à Daniel, sans cet adjectif. Au reste, quel que fût l’âge de Daniel, aidé d’une lumière surnaturelle, il n’a nullement été précipité dans son jugement, comme l’ont prétendu certains incrédules.]
Le peuple revint donc en grande hâte, et les vieillards dirent à Daniel : Viens, et prends place au milieu de nous, et instruis-nous, puisque Dieu t’a donné l’honneur de la vieillesse.
Lorsqu’ils eurent été séparés l’un de l’autre, Daniel appela l’un d’eux et lui dit : Homme vieilli dans le mal, les péchés que tu as commis autrefois viennent maintenant sur toi, [13.52 Maintenant , etc. ; c’est maintenant que tous vos crimes sont retombés sur vous, et que vous allez les expier.]
Après l’avoir renvoyé, il ordonna qu’on fît venir l’autre, et il lui dit : Race de Chanaan, et non de Juda, la beauté (vous) t’a séduit, et la passion a perverti ton (votre) cœur.
Maintenant donc, di(te)s-moi sous quel arbre tu (vous) les as(vez) surpris lorsqu’ils se parlaient. Il dit : Sous un chêne (une yeuse).
Le roi l’honorait aussi, et il allait chaque jour l’adorer. Mais Daniel adorait son Dieu. Et le roi lui dit : Pourquoi n’adores-tu pas Bel ?
Daniel dit en souriant : Ne (vous) t’y trompe(z) pas, ô roi ; ce Bel est de boue (d’argile) au dedans et d’airain au dehors, et il ne mange jamais. [14.6 Est d’argile. Beaucoup de statues à Babylone étaient en argile, parce que la Chaldée n’a pas de pierre et que le bois y est rare. On recouvrait quelquefois d’un métal précieux ces statues de terre.]
et les prêtres de Bel dirent : Voici, nous allons sortir ; et toi (vous), ô roi, fai(te)s apporter les mets et servir le vin ; puis ferme(z) la porte et scelle(z)-la de ton (votre) anneau ; [14.10 Mêlez le vin ; c’est-à-dire, préparez. Comparer à Proverbes, 9, 2.]
Il fit alors saisir les prêtres, leurs femmes et leurs enfants, et ils lui montrèrent les petites portes secrètes par où ils entraient pour manger ce qui était sur la table.
Mais toi (vous), ô roi, donne(z)-moi la permission, et je tuerai ce dragon, sans épée ni bâton. Le roi dit : Je te la donne.
Cependant le prophète Habacuc était en Judée ; il avait fait cuire des aliments, et il avait broyé du pain dans un vase, et il allait aux champs les porter aux moissonneurs. [14.32 Habacuc , etc. On a prétendu que le prophète Habacuc ne pouvait exister sous Cyrus. Mais rien ne prouve qu’il s’agisse ici d’Habacuc, un des douze petits prophètes. D’un autre côté, Habacuc ne datant pas ses prophéties, et ayant vécu, comme Daniel, avant la captivité, il a pu fort bien, quoique plus âgé que lui, vivre jusqu’au règne de Cyrus.]
Et Habacuc cria en disant : Daniel, serviteur de Dieu, prends le repas que Dieu t’a envoyé.
Et, se levant, Daniel mangea. Mais l’ange du Seigneur remit aussitôt Habacuc au lieu où il l’avait pris. [14.38 En son lieu ; dans le lieu où il l’avait pris.]
Le roi vint, le septième jour, pour pleurer Daniel ; il s’approcha de la fosse et regarda dedans, et voici que Daniel était assis au milieu des lions.
Alors le roi dit : Que tous les habitants de toute la terre tremblent devant le Dieu de Daniel, car c’est lui qui est le sauveur, qui fait des prodiges et des merveilles sur la terre, et qui a délivré Daniel de la fosse aux lions.
Alors le mystère fut révélé à Daniel dans une vision pendant la nuit ; et Daniel bénit le Dieu du ciel
Mais il y a dans le ciel un Dieu qui révèle les mystères, et qui (vous) t’a montré, ô roi, ce qui doit arriver dans les derniers temps. Voici ton (votre) songe et les visions qui (vous) t’ont traversé l’esprit sur ta (votre) couche : [2.28 Les derniers temps , dans l’Ancien Testament, et surtout dans le style des prophètes, désignent ordinairement l’avènement du Messie, et l’établissement de son règne. Comparer à Isaïe, 2, 2. ― Les visions , etc., sont la même chose que votre songe . ― L’expression vision de la tête , familière à Daniel, veut dire, vision qui ne vient pas dans l’esprit par la vue des objets extérieurs, mais qui est formée uniquement dans le cerveau.]
et (Et) un héraut criait à haute voix : Peuples, tribus et langues, voici ce qu’on vous ordonne : [3.4 Peuples, tribus et langues ; c’est-à-dire peuples, tribus de différentes langues, ou de langue quelconque , comme on lit au verset 96. Ce genre de construction se trouve dans d’autres passages de la Bible ; c’est une figure grammaticale, nommée hendiade ; c’est-à-dire une chose exprimée par deux mots.]
parce que vous êtes juste dans tout ce que vous nous avez fait, et que toutes vos œuvres sont vraies et vos voies droites, et que tous vos jugements sont véritables.
J’ai vu un songe qui m’a (fort) effrayé, et mes pensées sur ma couche et les visions de mon imagination m’épouvantèrent (m’ont troublé). [4.2-7 Les visions de ma tête. Voir Daniel, 2, 28.]
Daniel, répondant à ces paroles, dit en présence du roi : Que tes (vos) présents soient à toi (vous), et donne(z) à un autre les biens de ta (votre) maison ; je te (vous) lirai néanmoins cette écriture, ô roi, et je (vous) t’en indiquerai l’interprétation.
Mais ces hommes, comprenant l’intention du roi, lui dirent : Sache(z), ô roi, que c’est une loi des Mèdes et des Perses qu’il n’est permis de rien changer dans tout édit que le roi a établi.
Mon Dieu a envoyé son ange, qui a fermé la gueule des lions, et ils ne m’ont fait aucun mal, parce que j’ai été trouvé juste devant lui ; et devant toi (vous) non plus, ô roi, je n’ai rien fait de mauvais. [6.23 Voir 1 Machabées, 2, 60.]
Mais (Et) les saints du Dieu très-haut recevront le royaume, et ils obtiendront le royaume jusque dans les (jusqu’au) siècle(s) et les (au) siècle(s) des siècles. [7.18 Les saints du Dieu très-haut règnent avec Jésus-Christ dans le ciel depuis qu’il leur en a ouvert l’entrée par son ascension glorieuse ; mais à la fin du monde, lorsqu’ils viendront avec le Sauveur au dernier jugement, ils prendront du royaume céleste une possession en quelque sorte plus complète et plus parfaite. Voir Matthieu, 25, 34. C’est à tort que dom Calmet traduit, les grands saints du Seigneur , en attaquant la version grecque de Théodotion. Le chaldéen Hélïônîn , est simplement un pluriel d’excellence ou de majesté, comme Elôhim en hébreu.]
selon sa volonté ; sa main dirigera la ruse (fraude) et son cœur deviendra arrogant, et, dans l’abondance des prospérités, il fera mourir beaucoup d’hommes ; il s’élèvera contre le prince des princes, puis il sera brisé sans la main des (d’aucun) homme(s). [8.25 Et sans la main , etc. Voir 2 Machabées, chapitre 9, la fin d’Antiochus.]
Abaissez, mon Dieu, votre oreille et écoutez ; ouvrez vos yeux, et voyez notre désolation et cette ville sur laquelle votre nom a été invoqué ; car ce n’est pas à cause de notre justice que nous vous présentons humblement nos prières, mais à cause de vos nombreuses (abondantes) miséricordes. [9.18 Sur laquelle , etc. ; selon d’autres : Laquelle a été appelée de votre nom ; qui porte votre nom . Le texte hébreu est susceptible de ces deux sens.]
Et il me dit : Ne crains pas, Daniel, car dès le premier jour où tu as appliqué ton cœur à comprendre et à t’affliger en présence de ton Dieu, tes paroles ont été exaucées, et je suis venu à cause de tes paroles.
Plusieurs (Beaucoup) seront élus, et blanchis, et éprouvés comme (par) le feu ; les impies agiront avec impiété, et tous les (aucun des) impies ne comprendront pas ; mais ceux qui seront instruits comprendront. [12.10 Aucun des impies (neque omnes impii). En hébreu, le mot tout , accompagné d’une négation, équivaut à pas un, aucun, nul .]
Elle dit donc aux jeunes filles : Apportez-moi de l’huile et des parfums (savons) et fermez les portes du jardin (verger), afin que je me baigne.
Elle, en pleura(nt), leva les yeux au ciel, car son cœur avait confiance dans le Seigneur.
Alors toute l’assemblée poussa un grand cri, et ils bénirent Dieu, qui sauve ceux qui espèrent en lui.
Daniel mangeait à la table du roi, qui l’avait honoré au-dessus de tous ses amis.
Le roi les fit mettre à mort, et il livra Bel au pouvoir de Daniel, qui le renversa ainsi que son temple.
Alors l’ange du Seigneur le prit par le haut de la tête et le porta par les cheveux, et il le déposa à Babylone, au-dessus de la fosse, avec l’impétuosité (la rapidité) de son esprit. [14.35 Voir Ezéchiel, 8, 3. ― L’ange , etc. Si ce transport d’Habacuc par l’ange était faux à cause de son invraisemblance et de son absurdité même, comme le prétendent les incrédules, Daniel se serait bien gardé de l’insérer dans son livre. Si donc il l’a rapporté, c’est parce qu’il avait des preuves de sa réalité. D’ailleurs ces sortes de transports ne sont pas sans exemples dans l’Ancien et le Nouveau Testament (voir 3 Rois, 18, 12 ; Matthieu, 4, vv. 5, 8 ; Actes des Apôtres, 8, 39-40).]
Et le roi poussa un grand cri et dit : Vous êtes grand, Seigneur, Dieu de Daniel. Et il le fit tirer de la fosse aux lions.
Sur toutes les questions qui exigeaient de la sagesse et de l’intelligence, et que le roi leur posa, il les trouva dix fois supérieurs à tous les devins et à tous les mages qui étaient dans tout son royaume. [1.20 Dix fois plus de lumières, de connaissances.]
Parlant ensuite à Daniel, le roi dit : Votre Dieu est véritablement le Dieu des dieux, et le Seigneur des rois, et celui qui révèle les mystères, puisque tu as pu dévoiler ce secret.
Car vous avez rendu des jugements équitables dans tout ce que vous avez fait venir sur nous et sur la cité sainte de nos pères, Jérusalem ; parce que c’est dans la vérité et dans la justice, à cause de nos péchés, que vous avez amené tout cela (tous ces maux).
Toutes ces choses arrivèrent au roi Nabuchodonosor. [4.25 Parmi les opinions différentes sur la métamorphose de Nabuchodonosor, la plus suivie et la plus probable est que ce prince, par un effet de la puissance de Dieu, tomba dans la manie, et dans la lycanthropie , maladie dans laquelle un homme s’imagine qu’il est devenu loup, bœuf, chien ou chat, et prend toutes les inclinations, les manières et les sentiments de ces animaux.]
Pharès : ton (votre) royaume a été divisé, et donné aux Mèdes et aux Perses.
C’est lui qui est le libérateur et le sauveur, qui fait des prodiges et des merveilles dans le ciel et sur la terre ; c’est lui qui a délivré Daniel de la fosse aux lions.
et (mais) que le royaume, la puissance et la grandeur du royaume qui est sous tout le ciel, soient donnés au peuple des saints du Très-Haut ; son royaume est un royaume éternel, et tous les rois le serviront et lui obéiront. [7.27 Cette partie de la prophétie ne saurait s’expliquer de l’empire que Dieu donna aux Machabées, et aux princes leurs successeurs ; car leur puissance ne fut ni assez absolue ni assez étendue pour vérifier de si grandes et de si magnifiques promesses. Il n’y a que l’empire de Jésus-Christ et de son Eglise en qui l’on trouve l’accomplissement réel et véritable.]
(Mais) Il confirmera l’alliance avec un grand nombre pendant (dans) une semaine, et, au milieu de la semaine, les victimes (l’oblation) et le sacrifice cesseront, l’abomination de la désolation sera dans le temple, et la désolation durera jusqu’à la consommation et jusqu’à la fin. [9.27 Voir Matthieu, 24, 15. ― La désolation. La fin de cette désolation fut une entière ruine commencée par Titus et achevée par Adrien. ― Pour suivre l’ordre des temps, il semble qu’il faut passer d’ici au chapitre 14, qui, ne se trouvant pas dans les exemplaires hébreux, a été renvoyé à la fin du livre dans les exemplaires grecs et latins.]
Et il dit : Va, Daniel ; car ces (les) paroles sont fermées et scellées jusqu’au temps marqué.
Voici, les portes du jardin sont fermées ; personne ne nous voit et nous brûlons de passion pour toi (vous) ; (rendez-vous) rends-toi donc à notre désir et unis-toi (livrez-vous) à nous.
Lorsque les Babyloniens eurent appris cela, ils s’indignèrent violemment, et, s’étant assemblés contre le roi, ils dirent : Le roi est devenu Juif ; il a renversé Bel, il a tué le dragon et il a fait mourir les prêtres.
Or Dieu concilia à Daniel les bonnes grâces et la bienveillance du chef (prince) des eunuques. [1.9 Le prince ; est le même que le préposé des eunuques.]
La seconde année de son règne, Nabuchodonosor eut un songe, dont son esprit fut effrayé ; puis ce songe lui échappa. [2.1-49 2° Le second chapitre contient le récit d’un songe de Nabuchodonosor, en 602 ou 603, et l’explication qu’en donna Daniel. Le roi avait vu une statue dont la tête était d’or, la poitrine et les bras d’argent, le ventre et les cuisses de bronze, les jambes de fer, une partie des pieds de fer et l’autre d’argile. Le Prophète expliqua au roi, comme Joseph l’avait fait autrefois au pharaon, la signification du songe. Les diverses parties de la statue marquaient les empires qui devaient se succéder dans le monde : la tête d’or, c’est l’empire de Nabuchodonosor ; la poitrine d’argent, c’est l’empire médo-perse ; le ventre de bronze, c’est l’empire d’Alexandre et les royaumes des Séleucides et des Ptolémées, la Syrie et l’Egypte, qui en sont issus ; les jambes de fer, c’est l’empire romain qui brise et écrase tout ; les pieds, moitié argile, moitié fer, c’est ce même empire divisé en empire d’Orient et empire d’Occident. Une petite pierre détachée de la montagne, c’est-à-dire Jésus-Christ, renverse le colosse, et Dieu fonde le royaume éternel de son Eglise.] [2.1 La seconde année. Probablement la seconde année du règne de Nabuchodonosor, depuis la mort de son père Nabopolassar (602).]
Le roi Nabuchodonosor fit une statue d’or, haute de soixante coudées et large de six coudées, et il la plaça dans la campagne (le champ) de Dura, qui était dans la province de Babylone. [3.1-97 Dans le chapitre 3, versets 1 à 97, nous voyons comment Dieu sauva miraculeusement des flammes de la fournaise les compagnons de Daniel qui avaient refusé d’adorer la statue érigée par Nabuchodonosor ; nous y lisons aussi le cantique par lequel ils remercièrent Dieu de sa protection.] [3.1 Une statue d’or. On sait que les Chaldéens faisaient des statues colossales en métaux précieux, mais souvent l’intérieur était en bois et elles étaient seulement plaquées d’or. ― Soixante coudées de hauteur ; plus de trente mètres, mais la statue proprement dite était probablement placée au haut d’une colonne, comme on la représente dans les catacombes. C’était sans doute une image de la grande divinité babylonienne, Bel ou Mérodach. ― Dura ; partie de la plaine de Babylone située au sud-ouest de la ville.]
Moi, Nabuchodonosor, j’étais tranquille dans ma maison et heureux dans mon palais.
Mais la reine, à cause de ce qui était arrivé au roi et à ses grands, entra dans la salle du festin (éleva la voix) et dit : O roi, vis(vez) éternellement ! Que tes (vos) pensées ne te (vous) troublent pas, et que ton (votre) visage ne se change pas.
Et Darius le Mède lui succéda dans la royauté, étant âgé de soixante-deux ans. [6.1 Darius le Mède ; selon bien des savants, le même que les historiens grecs appellent Cyaxare II , fils d’Astyage ; mais ni l’histoire ni la critique ne fournissent des preuves suffisantes de cette identité.]
La première année de Baltassar, roi de Babylone, Daniel eut un songe ; il eut cette vision dans son lit ; et écrivant le songe, il le résuma en peu de mots et en marqua ainsi les principaux points : [7 Les chapitres précédents contiennent la partie historique du livre de Daniel ; celui-ci et les suivants, jusqu’au 12 e inclusivement, sont consacrés aux prophéties.] [7.1-28 1° Prophétie des quatre empires représentés par quatre animaux. ― Le chapitre 7 contient le récit d’un songe prophétique de Daniel. La première année du règne de Baltassar, il vit les mêmes empires dont il a été déjà question au chapitre 2, mais sous un nouveau symbole ; au lieu de la statue, ce sont maintenant des animaux ; l’empire chaldéen est représenté par un lion ailé, tel qu’on en voit sur les monuments indigènes ; le médo-perse, par un ours avec trois rangs de dents dans la gueule (les royaumes de Lydie, d’Egypte et de Babylonie, voir Daniel, 6, 2) ; le gréco-macédonien, par un léopard qui avait quatre ailes (Antigone, Ptolémée, Lysimaque et Cassandre, successeurs d’Alexandre) ; le romain, par une bête terrible, aux dents de fer, et à dix cornes, entre lesquelles en pousse une onzième qui arrache trois des précédentes. L’interprétation de la quatrième bête donne lieu à des contestations. Plusieurs croient qu’elle représente l’empire grec, non le romain, parce qu’ils font du mède et du perse deux empires successifs ; à leurs yeux les dix cornes sont dix rois de Syrie, et la onzième Antiochus Epiphane. Cette explication est invraisemblable : elle a le tort de partager en deux l’empire médo-perse. Les dix cornes sont dix empereurs romains ; quant à la onzième, les commentateurs catholiques la considèrent généralement comme l’emblème de l’Antéchrist, persécuteur de l’Eglise, voir 2 Thessaloniciens, chapitre 2.] [7.1 Baltassar ; le même dont il est parlé, chapitre 5, verset 1 et suivants. ― Vision de sa tête. Voir Daniel, 2, 28.]
La troisième année du règne du roi Baltassar, j’eus une vision. Moi, Daniel, après ce que j’avais vu au commencement, [8 Ce chapitre et les suivants jusqu’au 12 e inclusivement sont écrits en hébreu.] [8.1-27 2° Prophétie de la persécution d’Antiochus Epiphane, chapitre 8. ― La seconde vision développe une partie de la première. La troisième année du règne de Baltassar, Daniel vit l’empire médo-perse sous la figure d’un bélier, et l’empire grec sous celle d’un bouc à une corne. Le bouc triomphe du bélier et grandit ; alors sa corne unique se brise et il lui en pousse quatre autres à sa place ; de l’une d’elles en sort une cinquième qui s’élève jusqu’au ciel et opprime le peuple des saints pendant 2300 jours. ― La première corne du bouc est Alexandre le grand qui ruine l’empire perse ; les quatre cornes sont les quatre royaumes qui se forment des débris de son empire : celui de Macédoine, à l’ouest ; de Syrie, à l’est ; d’Egypte, au sud et de Thrace, au nord. La cinquième corne, qui fait cesser le sacrifice perpétuel, est Antiochus Epiphane. Les 2300 jours font six ans et demi, en années lunaires. On peut les compter depuis l’an 143 de l’ère des Séleucides, auquel Antiochus se rendit maître de Jérusalem, voir 1 Machabées, 1, 21 ; jusqu’à l’an 149, qui est celui de sa mort, voir 1 Machabées, 6, 16.] [8.1 Au commencement du règne de Baltassar.]
La première année de Darius, fils d’Assuérus, de la race des Mèdes, qui régna sur l’empire (le royaume) des Chaldéens, [9.1-27 3° Prophétie des 70 semaines d’années, chapitre 9. ― La troisième vision développe la prophétie messianique contenue dans les chapitres 2 et 7. La première année de Darius le Mède, Daniel pensait aux soixante-dix ans que devait durer la captivité, d’après la prophétie de Jérémie, et priait Dieu de pardonner ses péchés à son peuple. L’ange Gabriel lui apparaît alors, et lui annonce à quelle époque viendra le Messie. Daniel désirait connaître à quel moment finiraient les soixante-dix ans de la captivité ; Dieu lui révèle une délivrance bien plus importante, dont celle que Jérémie avait prédite n’était que la figure.] [9.1 Darius ; le même que celui qui est mentionné à Daniel, 5, 31.]
La troisième année de Cyrus, roi des Perses, une parole fut révélée à Daniel, surnommé Baltassar, parole vraie et (d’une) grande force ; et il comprit la parole, car il est besoin d’intelligence dans les (cette) vision(s). [10 4° Prophéties sur l’époque des Séleucides, du chapitre 10 au chapitre 12. La quatrième vision développe plus longuement la seconde. La troisième année de Cyrus, Dieu prédit à Daniel les événements qui devaient s’accomplir sous les Séleucides par rapport à son peuple. Le chapitre 10 forme l’introduction à la prophétie ; les chapitres 11 et 12 entrent dans de nombreux détails sur l’époque qui précéda les Machabées. ― La 3 e année de Cyrus, un ange révèle à Daniel, sur les bords du Tigre, l’histoire future des rois étrangers sous la domination desquels sera la Palestine, et il lui fait connaître en particulier la persécution d’Antiochus Epiphane pour prémunir à l’avance les Juifs fidèles contre la séduction. Il y aura d’abord quatre rois perses ; le quatrième (Xerxès) fera la guerre contre la Grèce, chapitre 11, verset 2. Surviendra un roi puissant (Alexandre), dont le royaume sera partagé, mais non entre les siens, versets 3 et 4. Le roi du sud (Ptolémée d’Egypte), deviendra fort ; cependant l’un de ses généraux (Séleucus Nicator de Syrie), l’emportera sur lui comme roi du Nord, versets 5 et 6. Leurs descendants se feront la guerre, versets 7 à 20. Un prince méprisé, despectus , montera sur le trône du nord ; c’est Antiochus Epiphane, le persécuteur des saints, le profanateur du temple de Jérusalem, versets 21 à 45. Saint Michel délivrera les Juifs de l’oppression ; il annonce la résurrection générale et la gloire des saints, chapitre 12, versets 1 à 4. L’épreuve de Juda, figure de la persécution de l’Antéchrist, durera trois ans et demi, versets 5 à 11. Daniel n’en sera pas témoin pendant sa vie, versets 12 et 13.] [10.1 Une parole véritable ; une vraie prophétie. ― Force ; selon la Vulgate et la version grecque de Théodotion ; armée , suivant l’hébreu.]
Et moi, dès la première année de Darius le Mède, j’étais auprès de lui pour le fortifier et le soutenir. [11.1 Or moi , etc. C’est la continuation du discours de l’ange Gabriel.]
Et moi, Daniel, je regardai, et voici, comme deux autres hommes étaient debout : l’un en deçà, sur une rive du fleuve, et l’autre au-delà, sur l’autre rive du fleuve. [12.5-6 Du fleuve ; du Tigre. Comparer à Daniel, 10, 4.]
Il prit une femme nommée Susanne, fille d’Helcias, parfaitement belle et craignant Dieu ; [13.2 Susanne signifie lis.]
Mais, revenant aussitôt, ils se rencontrèrent, et, après s’en être demandé mutuellement la raison, ils avouèrent leur passion ; et alors ils fixèrent ensemble un temps où ils pourraient la trouver seule.
et elle vint avec ses parents, ses enfants et tous ses proches (parents).
Et (Or) le Seigneur entendit sa voix.
Daniel lui dit : Vraiment tu as (vous avez) menti contre ta (votre) tête ; car voici que (qu’un) l’ange de Dieu, ayant reçu son arrêt, te (vous) coupera en deux. [13.55 ; 13.59 Contre votre tête ; de manière que votre mensonge va retomber sur votre tête, va tourner à votre perte. ― Vous coupera par le milieu. Il y a un jeu de mots dans le grec ; d’où on a prétendu que le grec était le texte original ; mais en bonne critique cela ne le prouve pas, parce que l’allusion a pu se trouver dans la version sans avoir été dans le texte, et qu’il pouvait y avoir dans le texte une allusion semblable à celle qui se lit dans la version ; mais on ne connaît pas assez les noms hébreux des arbres pour pouvoir déterminer quelles étaient les expressions du texte. Il est probable que l’expression, vous coupera par le milieu , signifie ici vous exterminera , et que les deux vieillards furent lapidés, suivant la loi du talion qui veut que le faux accusateur souffre la peine qu’il a voulu faire souffrir à l’innocent. Voir les versets 61 et 62 ; Deutéronome, 19, 18-19.]
Il y avait alors (aussi) chez les Babyloniens une idole nommée Bel ; on dépensait chaque jour pour elle douze mesures (artabes, note) de (fleur de) farine, quarante brebis et six amphores de vin. [14.2 Bel ; ancien roi de Babylone qui fut mis au rang des dieux par ses sujets après sa mort. ― Artabes ; mesure en usage chez les Babyloniens ; elle contenait soixante-douze setiers, suivant saint Epiphane et saint Isidore de Séville ; mais d’autres lui donnent une capacité différente. ― Amphores. Il s’agit probablement ici de l’amphore attique, qui contenait trois urnes ou soixante-douze setiers, et non de la romaine qui était seulement de deux urnes ou quarante-huit setiers ; le grec lit métrètes , c’est-à-dire mesures. ― Pour la valeur de ces diverses mesures, voir la note 21 à la fin du volume.]
Il lui répondit : Parce que je n’adore pas des idoles faites de main d’homme, mais le Dieu vivant, qui a créé le ciel et la terre, et qui a puissance sur toute chair. [14.4 Toute chair. Voir sur cette expression, Daniel, 4, 9.]
Après donc que les prêtres furent sortis, le roi plaça les mets devant Bel, et Daniel commanda à ses serviteurs d’apporter de la cendre, et il la répandit par tout le temple devant le roi ; ils sortirent ensuite et fermèrent la porte, et, l’ayant scellée avec l’anneau du roi, ils s’en allèrent.
Et le roi dit à Daniel : Voici, maintenant tu ne peux pas dire que celui-ci n’est pas un dieu vivant ; adore-le donc.
Or il y avait dans la fosse sept lions, et on leur donnait chaque jour deux corps et deux brebis ; mais on ne leur en donna pas alors, afin qu’ils dévorassent Daniel. [14.31 Deux corps d’hommes probablement condamnés à mort.]
Et Daniel dit : Vous vous êtes souvenu de moi, ô Dieu, et vous n’avez pas abandonné ceux qui vous aiment.
Puis il fit jeter dans la fosse ceux qui avaient voulu perdre Daniel, et ils furent dévorés devant lui en un moment.
Alors le roi dit : Que tous les habitants de toute la terre tremblent devant le Dieu de Daniel, car c’est lui qui est le sauveur, qui fait des prodiges et des merveilles sur la terre, et qui a délivré Daniel de la fosse aux lions.
Alors le roi dit : Que tous les habitants de toute la terre tremblent devant le Dieu de Daniel, car c’est lui qui est le sauveur, qui fait des prodiges et des merveilles sur la terre, et qui a délivré Daniel de la fosse aux lions.
Alors le roi dit : Que tous les habitants de toute la terre tremblent devant le Dieu de Daniel, car c’est lui qui est le sauveur, qui fait des prodiges et des merveilles sur la terre, et qui a délivré Daniel de la fosse aux lions.