La première fois que le (Commencement des paroles du, note) Seigneur parla à (par) Osée, le Seigneur dit à Osée : Va, prends pour (toi) femme une prostituée (une femme de fornications, note), et aie des enfants de prostitution ; car le pays d’Israel se prostitue et s’éloigne (forniquant la terre forniquera en se séparant) du Seigneur. [1.2 Commencement , etc. ; littéralement, le commencement de parler par le Seigneur dans Osée . On ne saurait en effet expliquer autrement que par l’ablatif le Domino de la Vulgate, laquelle d’ailleurs est parfaitement conforme au texte hébreu portant à la lettre : commencement de a parlé Jéhova dans Osée . Ainsi le sens est : Voici les premières paroles du Seigneur dans Osée. ― Prends pour toi une femme ; expression qui en hébreu signifie se marier légitimement. ― Une femme de fornications ; qui a été prostituée. Et des enfants de fornications ; les enfants qu’elle a eus dans son état de prostitution. Ces mots dans l’Hébreu et dans les Septante sont un second complément direct du verbe prends. Quant à ceux ( et fac tibi filios fornicationum ) que saint Jérôme a ajoutés, ils signifient : et fais tiens, recueille, reçois ses enfants pour les élever, ou bien, aie des enfants de cette ancienne prostituée ; mais la première interprétation, conforme d’ailleurs au texte original, est plus simple et plus naturelle. Ainsi, par son mariage, Osée retire du crime une malheureuse, et sauve ses enfants du danger auquel autrement ils auraient été exposés. Et puis, est-il donc impossible qu’au milieu de ses désordres, cette femme n’ait pas pratiqué quelque vertu, n’ait pas fait quelque action louable, qui lui ait mérité sa conversion, et qu’en ordonnant au Prophète de l’épouser, le Seigneur ne lui ait pas révélé son mérite ? ― Forniqué, forniquera ; hébraïsme, pour elle forniquera par toutes sortes de fornications . ― En se séparant ; est évidemment sous-entendu, la particule latine a suivie de l’ablatif, ne pouvant être le complément du verbe fornicabitur . C’est un pur hébraïsme. Voir le 2° à la fin des Observations préliminaires des Psaumes . ― Quant au mariage qui paraît si étrange et si singulier, c’est une figure et un symbole dans lequel la femme prostituée représente Samarie, qui s’était abandonnée à l’idolâtrie, et les enfants par leurs noms figuratifs, la colère du Seigneur poussée à bout, et sa vengeance toute prête à éclater contre son peuple. Les prophéties ont été souvent des signes de ce qui devait arriver à Israel. Voir Isaïe, chapitre 20 ; Jérémie, chapitre 27 ; Ezéchiel, chapitre 4, etc.]
C’est pourquoi voici, je l’attirerai (doucement), et je la conduirai dans la solitude, et je lui parlerai au cœur.
J’ôterai de sa bouche les noms des Baals (des Baalim), et elle ne se souviendra plus de leur(s) nom(s).
En ce jour-là je ferai pour eux alliance avec la bête sauvage (de la campagne), l’oiseau du ciel et le reptile de la terre ; je briserai l’arc, l’épée et la guerre dans le (en les faisant disparaître du) pays, et je les ferai dormir en sécurité (dans la confiance). [2.20 Je contracterai alliance , etc. Comparer à Ezéchiel, 34, 25. ― En les exterminant est sous-entendu. Voir Osée, 1, 2. ― Je les ; c’est-à-dire, les habitants de la terre.]
Le Seigneur me dit : Va encore, et aime une femme qui est aimée d’un amant, et adultère ; de même que le Seigneur aime les enfants d’Israel, tandis qu’ils se tournent vers des dieux étrangers et qu’ils aiment le marc du vin (de raisin). [3.1-5 Second symbole, chapitre 3. Osée reçoit l’ordre d’épouser une femme adultère et de la faire attendre, pour indiquer que les Israélites seront sans rois et sans sacrifices, jusqu’à ce qu’ils se convertissent. Le dernier verset du chapitre 3 contient l’annonce que cette conversion aura lieu à l’époque de la venue du Messie.] [3.1 Le Seigneur , etc. Ce second commandement n’est pas plus répréhensible que le premier (voir Osée, 1, 2). Osée achète cette femme, la place dans une maison, où elle ne voit plus aucun homme, et par là il met fin à ses désordres. Cette action représente avec la plus grande fidélité l’état et la conduite du peuple juif. ― Le marc de raisins. En hébreu, des gâteaux faits avec des raisins secs, qu’on préparait et qu’on mangeait en l’honneur d’Astarté, la reine du ciel, voir Jérémie, 7, 18.]
Mon peuple s’est tu, parce qu’il n’a pas eu de science. Parce que tu as repoussé la science, je te repousserai, pour que tu n’exerces plus mon (le) sacerdoce (pour moi) ; et puisque tu as oublié la loi de ton Dieu, j’oublierai tes enfants, moi aussi. [4.6 La science ; la connaissance de la loi divine, la doctrine de vérité. ― Tu as rejeté , etc. Ceci est adressé aux prêtres, suivant l’opinion commune ; mais, selon saint Jérôme, suivi de plusieurs habiles interprètes, c’est la nation. Voilà pourquoi dans la Vulgate le verbe tu as oublié est au féminin ( oblita es ). Le texte hébreu ne s’oppose nullement à cette dernière interprétation, et la suite et la liaison des idées paraissent l’autoriser. Quant à nous, il nous semble que le Prophète reproche aux Israélites des dix tribus d’avoir rejeté et méprisé la science de la loi divine et la connaissance de leurs devoirs, en abandonnant le Seigneur, en établissant un culte nouveau et de leur choix, ainsi qu’un sacerdoce non approuvé du Seigneur, et qu’il les menaces de les rejeter à son tour, et de ne pas laisser subsister son sacerdoce parmi eux (voir 3 Rois, 12, verset 28 et suivants). Mais il nous semble aussi que ces reproches et ces menaces s’adressent également aux prêtres de la race d’Aaron qui eurent l’impiété d’abandonner le Seigneur, comme nous l’apprend Ezéchiel (voir Ezéchiel, 44, verset 10 et suivants), pour se joindre à Jéroboam, et se consacrer au service de ses hauts lieux.]
Ils n’appliqueront pas leurs pensées à revenir à leur Dieu, car l’esprit de fornication est au milieu d’eux, et ils ne connaissent (n’ont) pas (connu) le Seigneur.
Il nous rendra la vie après deux jours ; le troisième jour il nous ressuscitera, et nous vivrons en sa présence. Nous saurons, et nous suivrons le Seigneur, afin de le connaître. Son lever sera semblable à l’aurore, et il descendra sur nous comme les pluies de l’automne (de la première) et du printemps (de l’arrière-saison) sur la terre. [6.3 Il nous rendra , etc. Dom Calmet fait sur ce passage une juste et très importante remarque : « La prophétie, dit-il, prise dans son sens propre et littéral, ne s’est jamais exécutée dans la rigueur sur le peuple hébreu. Inutilement chercherait-on dans l’histoire ce nombre de deux jours où il devait recevoir la vie, et ce troisième jour auquel il devait ressusciter. Osée insinuait par là la résurrection des fidèles rachetés par le sang de Jésus-Christ. Il désignait de la manière la plus expresse la résurrection du Sauveur lui-même, qui nous a rendu la vie, lorsque nous étions morts par nos péchés, et qui nous a ressuscités, et nous a fait asseoir dans le ciel (voir Ephésiens, 2, 5-6). C’est à ce passage que l’Apôtre faisait allusion, lorsqu’il disait que le Sauveur était ressuscité des morts le troisième jour, suivant les Ecritures (voir 1 Corinthiens, 15, 4). C’est ainsi que les Pères et presque tous les interprètes l’ont toujours entendu. » ― Sa sortie (egressus ejus) de sa demeure, sa venue au milieu de nous. Ces paroles des captifs de Babylone s’appliquent très bien à Jésus-Christ venant du ciel en ce monde pour y répandre la lumière, ou sortant du tombeau tout brillant de gloire. ― Comme la pluie , etc. ; c’est-à-dire la pluie du printemps et la pluie de l’automne ; car dans la Judée il ne pleut ordinairement que dans ces deux saisons.]
Car je veux la miséricorde et non le sacrifice, et la connaissance (science) de Dieu plutôt que des holocaustes. [6.6 Voir 1 Rois, 15, 22 ; Ecclésiaste, 4, 17 ; Matthieu, 9, 13 ; 12, 7.]
Ephraïm lui-même s’est mêlé avec les nations ; Ephraïm est devenu comme un pain qui cuit sous la cendre et qu’on ne retourne pas. [7.8 Qu’on ne retourne pas. Si l’on ne retourne pas le pain cuit sous la cendre, il est brûlé d’un côté et n’est pas cuit de l’autre.]
Ils ont semé (sèmeront) le vent, et ils moissonneront la tempête ; il n’y a pas (en lui) un épi debout ; son grain ne donnera pas de farine, et, s’il en donne, les étrangers la mangeront.
J’ai trouvé Israel comme des (on trouve des grappes de) raisin(s) dans le désert ; j’ai vu leurs pères comme les premières figues au sommet du figuier ; mais ils sont allés à Béelphégor, ils se sont éloignés de moi pour se couvrir de confusion, et ils sont devenus abominables comme les choses qu’ils ont aimées. [9.10 Comme ; c’est-à-dire, avec le même plaisir que. ― Béelphégor ; lieu qui tire son nom d’une divinité des Moabites.]
Semez pour vous dans la justice, et (vous) moissonne(re)z selon la miséricorde, défrichez-vous un champ nouveau (mettrez votre terre en novale) ; il sera temps de (re)chercher le Seigneur, lorsque sera venu celui qui doit vous enseigner la justice. [10.12 Voir Jérémie, 4, 3. ― Et vous moissonnerez ; littéralement et par hébraïsme, et moissonnerez . ― En proportion de ; est le vrai sens de l’expression hébraïque, rendue exactement d’ailleurs dans la Vulgate par in ore . ― Votre miséricorde ; le bien que vous faites. Comparer à Osée, 14, 3. ― Celui qui , etc. Les Pères et après eux le commun des interprètes appliquent ce passage à Jésus-Christ, maître par excellence de la justice.]
Comme passe le matin, ainsi a passé le roi d’Israel. Lorsque (Parce qu’) Israel était un enfant, je l’ai aimé, et j’ai (r)appelé mon fils de l’Egypte. [11.1 Ce verset est une continuation du précédent, auquel le texte hébreu le rattache. ― Le roi d’Israel ; probablement Osée, qui fut le dernier, et qui ne régna pas longtemps (voir 4 Rois, chapitre 17). ― Parce que (quia) ; ou bien selon un des sens de la particule hébraïque correspondante, lorsque, dans le temps que . ― Je l’ai ; littéralement et je l’ai ; mais la particule et , qui se trouve aussi dans l’hébreu et les Septante, est ici purement pléonastique, ou ne sert qu’à marquer l’apodose, c’est-à-dire, une proposition qui est subordonnée à la précédente. Bien qu’elle ne puisse s’exprimer ici en français, elle signifie alors, dans ce cas, cela supposé . ― J’ai rappelé , etc. Saint Matthieu (voir Matthieu, 2, 15) applique ces paroles à Jésus-Christ, ramené d’Egypte après la mort d’Hérode.]
Je les ai tirés (attirerai) par des cordes humaines (les attaches d’Adam, note), par les liens de l’amour (la charité) ; j’ai été comme celui qui aurait relevé le joug près de leur bouche (de dessus leur joues), et je me suis approché de lui pour le nourrir. [11.4 Adam ; est mis ici pour les hommes en général, le genre humain ; voilà pourquoi les pronoms suivants qui représentent ce mot sont mis également au pluriel et au singulier. ― Je me suis tourné , etc. C’est probablement une allusion à la manne dont Dieu nourrit autrefois son peuple dans le désert.]
Le Seigneur est le Dieu des armées, le Seigneur est (devint) l’objet de son souvenir.
Mais moi, je suis le Seigneur ton Dieu, depuis le (que je t’ai retiré du) pays d’Egypte ; tu ne connais (connaîtras) pas d’autre Dieu que moi, et il n’y a de sauveur que moi. [13.4 Voir Isaïe, 43, 11.]
C’est ta perte (vient de toi), Israel ; ton secours n’est qu’en moi.
Je les délivrerai de la main de la mort, je les rachèterai de la mort. Je serai ta mort, ô mort ; je serai ta morsure, ô enfer. La consolation a été cachée à mes yeux. [13.14 Voir 1 Corinthiens, 15, 54 ; Hébreux, 2, 14. ― Ta morsure (morsus tuus) ; selon les Septante aiguillon , mot que saint Paul a employé, en citant ce passage (voir 1 Corinthiens, 15, 55).]
Que Samarie périsse, parce qu’elle a poussé son Dieu à l’amertume (exaspération) ! qu’ils périssent par l’épée, que leurs petits enfants soient écrasés, et les femmes enceintes éventrées (soient coupées en deux) ! [14.1 Qu’ils périssent ; c’est-à-dire, les habitants de Samarie. ― Ses (ejus) ; ce pronom, qui est aussi au singulier dans l’hébreu, se rapporte également à Samarie.]
Convertis-toi, Israel, au Seigneur ton Dieu, puisque tu es tombé par ton iniquité.
Assur ne nous sauvera pas, nous ne monterons pas sur des chevaux, et nous ne dirons plus : Les œuvres de nos mains sont nos dieux ; parce que vous aurez pitié de l’orphelin, qui est chez (se repose en) vous.
Ils reviendront s’asseoir sous son ombre ; ils vivront de froment et ils germeront comme la vigne ; leur renommée sera comme celle du vin du Liban. [14.8 Le vin du Liban a été de tout temps très estimé.]
Ephraïm, (dira :) qu’ai-je à faire encore avec les idoles ? C’est moi qui l’exaucerai et qui le ferai croître comme un sapin verdoyant (toujours vert) ; c’est moi qui te ferai porter ton fruit (c’est par moi que du fruit a été trouvé sur toi).
Il alla et prit Gomer, fille de Débélaïm, et elle conçut et lui enfanta un fils.
Les enfants (fils) de Juda et les enfants (fils) d’Israel se réuniront ensemble ; ils se donneront un seul chef, et ils sortiront du pays, car le jour de Jezrahel est grand. [2.2 De la terre de la captivité, de la dispersion. Ceux qui revinrent de la captivité au temps de Cyrus, de quelque tribu qu’ils fussent, se réunirent tous sous Zorobabel, qui devint en cela la figure de Jésus-Christ. ― Grand , par les grands événements qui s’accompliront en ce jour. ― Jezrahel , qui signifie proprement Dieu dispersera en mauvaise part (Comparer au verset 4), veut dire aussi par extension, Dieu sèmera, plantera , en bonne part, c’est le sens qu’il a dans ce passage.]
Je gâterai ses vignes et ses figuiers, dont elle a dit : C’est là le salaire que m’ont donné mes amants ; je la réduirai en une forêt, et les bêtes des champs la dévoreront.
Je te fiancerai à moi (prendrai pour mon épouse) pour jamais ; je te fiancerai à moi (prendrai pour mon épouse) dans (par) la justice et le jugement, dans (par) la compassion et la miséricorde. [2.21 Par la justice , etc. ; c’est-à-dire, que la justice, etc., devait être la dot que le Seigneur lui donnerait. C’était l’époux qui donnait la dot.]
Car pendant des jours nombreux les enfants d’Israel demeureront sans roi, sans prince, sans sacrifice et sans autel, sans éphod et sans théraphim. [3.4 Ephod ; vêtement de dessus que portait le grand-prêtre dans les cérémonies. Voir Exode, 28, verset 6 et suivants. ― Théraphim ; mot hébreu qui signifie des idoles domestiques que l’on consultait.]
Ecoutez la parole du Seigneur, enfants d’Israel, car le Seigneur a un procès avec les habitants du pays ; car il n’y a pas de vérité, il n’y a pas de miséricorde, il n’y a pas de connaissance de Dieu dans le pays. [4.1-19 II e partie : Impiété d’Israel ; son châtiment ; son pardon, du chapitre 4 au chapitre 14. ― La seconde partie contient les prophéties que fit Osée après la mort de Jéroboam, lorsque les prédictions qu’il avait déjà promulguées du temps de ce roi commençaient à s’accomplir. Elles sont énoncées en forme de discours et se partagent en trois sections, dont la fin est marquée par la promesse réitérée, voir Osée, 6, 1-3 ; 11, 9-11 et 14, 2-9. ― 1° Dans la première, du chapitre 4 au chapitre 6, verset 3, Osée décrit l’état déplorable de la religion et des mœurs dans Israel ; il annonce comment Dieu l’en châtiera et ensuite le sauvera.] [4.1 Fils d’Israel ; c’est-à-dire les Israélites des tribus, auxquels principalement sont adressées les reproches contenus dans ce chapitre.]
La fornication, le vin et l’ivresse font perdre le sens.
Ecoutez ceci, prêtres ; maison d’Israel, sois(yez) attentive ; maison du roi, prête(z) l’oreille ; car c’est pour vous qu’est ce jugement, parce que vous avez été un piège pour ceux sur qui vous deviez veiller, et un filet tendu sur le Thabor. [5.1 Prêtres. Ce sont les faux prêtres que Jéroboam avait institués quoique n’étant ni descendant d’Aaron, ni de la tribu de Lévi. ― Le jugement ; la correction, le châtiment. ― Dans un lieu d’observation ou pour épier (speculationi) ; c’est aussi le sens des Septante. Le chaldéen porte une pierre d’achoppement . Quant au terme hébreu correspondant, Mitsphâ , il signifie proprement lieu d’observation ; mais comme dans le membre de phrase suivant, se trouve en parallèle Thabor , mont fameux pour la chasse, on l’entend assez communément aujourd’hui de Maspha , contrée située au-delà du Jourdain dans les montagnes de Galaad, et qui pouvait porter en effet ce nom, comme étant propre à observer soit les ennemis, soit les bêtes sauvages.]
Je m’en retournerai à ma demeure, jusqu’à ce que vous tombiez de misère (en défaillance) et que vous (re)cherchiez ma face. [5.15 En mon lieu ; dans le ciel, qui est ma demeure.]
Que te ferai-je (pour toi), Ephraïm ? que te ferai-je (pour toi) Juda ? Votre miséricorde est comme la nuée matinale, et comme la rosée qui se dissipe (le matin). [6.4-11 2° Dans la seconde section, du chapitre 6, verset 4 au chapitre 11, verset 11, Osée s’indigne contre l’opiniâtreté des dix tribus qui, malgré toutes les exhortations et les avertissements, persistent dans l’idolâtrie et rendent ainsi leur punition inévitable et terrible ; la grande miséricorde de Dieu pourra seule les préserver d’une ruine complète.] [6.4 Que ferai-je , etc. Comparer à Isaïe, 5, 4. ― Votre miséricorde ; le bien que vous faites. ― Comme la nuée , etc. Voir une semblable locution, Osée, 13, 3. ― Comme la nuée du matin que le soleil levant dissipe promptement et comme la rosée qui est abondante la nuit et le matin en Palestine, mais que sèche aussitôt la chaleur du jour.]
Lorsque je voulais guérir Israel, l’iniquité d’Ephraïm et la malice de Samarie se sont révélées, car ils ont opéré le mensonge ; le voleur est entré pour piller, et le brigand est (a pillé) au dehors. [7.1 Lorsque je voulais , etc. ; semble se rapporter au temps du roi Jéhu, par lequel Dieu voulait guérir Israel de son idolâtrie. Comparer à 4 Rois, 9, 7. ― Un voleur , etc. ; c’est-à-dire que la maison d’Israel a été en butte aux vexations des princes, des juges du pays et des usurpateurs du royaume, et aux ravages des rois d’Assyrie, de Syrie, etc., qui sont venus la piller.]
Mets la (une) trompette à ta bouche ; (l’ennemi fond comme un aigle) (comme l’aigle) sur la maison du Seigneur, parce qu’ils ont transgressé mon alliance et qu’ils ont violé ma loi. [8.1 Ta bouche ; littéralement et par synecdoche ton gosier. ― Soit une trompette comme l’aigle ; c’est-à-dire, un cri élevé et perçant comme celui de l’aigle. ― Sur ou contre la maison du Seigneur ; contre la maison, la famille d’Israel, le peuple. Voir sur cette expression, Osée, 9, vv. 8, 15 ; Nombres, 12, 7. C’est ainsi que saint Paul (voir Hébreux, 3, 6) appelle les chrétiens la maison du Christ. Plusieurs, changeant la ponctuation du texte, traduisent : Comme l’aigle, l’ennemi vient de fondre sur la maison du Seigneur, entendant par cet ennemi, les uns Sennachérib, les autres Salmanasar, d’autres Nabuchodonosor, d’autres enfin ces trois princes, et par la maison du Seigneur , le peuple d’Israel, ou le temple de Jérusalem.]
Mon Dieu les rejettera, parce qu’ils ne l’ont pas écouté, et ils seront errants parmi les nations.
Vous avez cultivé l’impiété, vous avez moissonné l’iniquité, vous avez mangé le (un) fruit du (de) mensonge ; parce que tu t’es confié dans tes voies et dans la multitude de tes héros (braves). [10.13 Un fruit de mensonge ; un fruit trompeur, qui ne saurait nourrir.]
Mon peuple attendra impatiemment mon retour ; mais on leur imposera à tous un joug qui ne sera pas enlevé.
Le Seigneur est donc en jugement avec Juda, et il va visiter Jacob : Il lui rendra selon ses voies et selon ses desseins (inventions, note). [12.3 Sa visite ; sa vengeance, son châtiment. ― Inventions ; en hébreu, œuvres, actions .]
Et maintenant ils continuent de pécher ; ils se sont fait avec leur argent des statues (jetées en fonte) semblables aux idoles, qui ne sont que l’œuvre des artisans ; c’est à cela qu’ils disent : Immolez (des hommes), hommes (vous) qui adorez les veaux. [13.2 Ils ont encore péché ; littéralement et par hébraïsme, ils ont ajouté à pécher ( addiderunt ad peccandum ). ― A ceux-ci ; à ces Israélites idolâtres, dont il est question dans ce verset même. ― Eux-mêmes ; c’est-à-dire, les faux prophètes, selon le chaldéen, ou les prêtres et les princes, suivant saint Jérôme ; ou bien enfin, selon d’autres, les prophètes du Seigneur et les Juifs demeurés fidèles, qui reprochent aux Israélites des dix tribus d’offrir à Moloch des victimes humaines, pendant qu’ils adorent les veaux d’or.]
Apportez avec vous des paroles (de pénitence), et convertissez-vous au Seigneur ; dites-lui : Enlevez(-nous) toutes les (nos) iniquités, recevez le bien (que nous vous offrons), et nous vous offrirons, (au lieu de taureaux,) l’hommage de nos lèvres. [14.3 De pénitence. Cette expression ou toute autre semblable qui ne se lit dans l’hébreu ni dans les Septante, mais que réclame évidemment le contexte, se trouve dans la version chaldaïque sous le nom de confession, louange , et dans le commentaire de saint Jérôme sous celui de prière, confession de fautes . ― Le sacrifice de nos lèvres ; nos louanges, nos actions de grâces ; littéralement, les veaux de nos lèvres ; allusion aux sacrifices dans lesquels on offrait des veaux au Seigneur.]
Et le Seigneur lui dit : Appelle-le du nom de Jezrahel, car dans peu de temps je vengerai (visiterai, note) le sang de Jezrahel sur la maison de Jéhu, et je mettrai fin au royaume de la maison d’Israel. [1.4 Jezrahel ; signifie en hébreu, Dieu sèmera, dispersera ; c’est ce dernier sens qui est applicable ici. ― Je visiterai , etc. ; c’est-à-dire, je vengerai sur la maison de Jéhu le sang qu’il a répandu dans la vallée de Jezrahel. Comparer à 4 Rois, 9, versets 21 et suivants ; 10, vv. 17, 31 et suivants.]
de peur que je ne la dépouille et ne la laisse nue, et que je ne la mette dans l’état où elle était le jour de sa naissance, et que je ne la rende semblable à un désert, et que je ne la change en une terre sans chemin (inaccessible), et que je ne la fasse mourir de soif.
En ce jour-là, dit le Seigneur, elle m’appellera son ( : Mon) Epoux, et ne m’appellera plus Baali. [2.18 Baali ; mot qui en hébreu signifie mon maître, mon mari ; mais comme on le donnait aussi aux idoles, le Seigneur veut que la nation juive le bannisse entièrement du langage pour y substituer Ischi , qui veut dire aussi mon mari , littéralement mon homme .]
Et je lui dis : Tu m’attendras pendant des jours nombreux ; tu ne te livreras pas à la prostitution et tu ne seras à aucun homme ; et moi aussi je t’attendrai.
L’outrage (imprécation), le mensonge, l’homicide, le vol et l’adultère l’ont inondé, et le sang y touche le sang.
Avec leurs brebis et leurs bœufs (troupeaux de menu et de gros bétail), ils iront chercher le Seigneur, et ils ne le trouveront pas ; il s’est retiré d’eux. [5.6 Avec leurs troupeaux ; en offrant en sacrifice leurs troupeaux.]
Dans leur affliction (tribulation), ils se lèveront de grand matin pour venir à moi : Venez, et retournons au Seigneur ; [6.1 Ils se lèveront dès le matin ; hébraïsme pour Ils se hâteront .]
Ephraïm est devenu comme une colombe facile à séduire, sans intelligence. Ils ont appelé l’Egypte ; ils sont allés chez les Assyriens. [7.11 N’ayant pas de cœur signifie n’ayant pas d’intelligence . ― Au lieu de colombe séduite , l’hébreu peut se traduire : colombe simple, sans intelligence . ― Ils invoquaient le secours de l’Egypte ; ils sont ensuite allés vers les Assyriens, se soumettant à eux.]
Israel a rejeté le bien ; l’ennemi le poursuivra.
Ils sont venus les jours du châtiment, ils sont venus les jours de la rétribution. Sachez-le, Israel : le prophète est (un) fou, l’homme spirituel est (un) insensé, à cause (de la multitude de tes iniquités et) de l’excès de ta folie. [9.7 La visite ; la punition, le châtiment.]
Israel était une vigne touffue qui portait beaucoup de fruits ; selon l’abondance de ses fruits il (elle) a multiplié les autels, selon la fertilité de sa terre il (elle) a été fécond(e) en idoles.
Comment te traiterai-je, Ephraïm ? te protégerai-je, Israel ? Comment t’abandonnerai-je (est-ce que je traiterai) comme Adama, te rendrai-je semblable à Séboïm ? Mon cœur s’agite en moi, toute ma compassion (mon repentir) s’est ému(e). [11.8 Voir Genèse, 19, 24. ― Adama et Séboïm , villes de la Pentapole qui furent détruites en même temps que Sodome et Gomorrhe. Voir Deutéronome, 29, 23.]
Convertis-toi donc (Et toi, Israel,) à ton Dieu (tu te convertiras) ; garde la miséricorde et la justice, et espère toujours en ton Dieu. [12.7 Le jugement , ou bien la justice ; l’hébreu signifie l’un et l’autre.]
Où est ton roi ? Qu’il te sauve, maintenant surtout, dans toutes tes villes ; et tes juges (qu’ils te sauvent), dont tu as dit : Donne(z)-moi un roi et des princes. [13.10 Voir 1 Rois, 8, 5. ― Juges a ici le sens de chefs militaires qui sauvent des ennemis.]
Ses branches (rameaux) s’étendront, sa gloire sera semblable à l’olivier, et son parfum comme celui du Liban.
Et j’aurai pitié de la maison de Juda, et je les sauverai par le Seigneur leur Dieu, et je ne les sauverai pas par l’arc, ni par l’épée, ni par la guerre, ni par les chevaux, ni par les cavaliers. [1.7 J’aurai pitié , etc. Voir pour l’accomplissement de cette prophétie, 4 Rois, 19, 35 ; Isaïe, chapitres 36 et 37.]
Je la châtierai (visiterai) pour les jours des Baals, où elle leur brûlait de l’encens, se parait de ses pendants d’oreilles et de son collier, allait après ses amants et m’oubliait, dit le Seigneur. [2.15 Je visiterai , etc. ; c’est-à-dire je vengerai, etc. Voir Osée, 1, 4. ― Les jours des Baalim ; les jours consacrés au culte des idoles. ― Baalim. Voir Jérémie, 2, 23. ― Brûlait de l’encens en son honneur.]
Je te fiancerai à moi dans (prendrai pour mon épouse par) la fidélité, et tu sauras que je suis le Seigneur. Et voici, en ce jour-là j’exaucerai, dit le Seigneur, j’exaucerai les cieux, et ils exauceront la terre.
Et après cela les enfants d’Israel reviendront, et ils chercheront le Seigneur leur Dieu, et David leur roi : et ils s’approcheront avec crainte du Seigneur et de ses biens, aux derniers (au dernier des) jours. [3.5 Voir Ezéchiel, 34, 23. ― Ce retour, cette conversion au Seigneur et à la maison de David, n’eut lieu que fort imparfaitement après la captivité : aussi ne sont-elles qu’une simple figure d’un retour d’une plus longue captivité et d’une conversion plus parfaite, lorsque les Juifs retourneront à Jésus-Christ, vrai fils et successeur de David (voir Romains, 9, 26). ― En approchant est sous-entendu. Voir Osée, 1, 2. ― Ses biens ; ses grâces, ses faveurs, selon le sentiment le plus reçu ; cependant le terme hébreu toub , rendu dans la Vulgate par bonne chose, bien, bonum , signifiant incontestablement dans plus d’un passage, beauté, éclat, majesté , nous pensons avec d’habiles interprètes qu’il a ce même sens ici, où il semble d’ailleurs déterminé par le verbe ils craindront (pavebunt) .]
Comme est le peuple, ainsi sera le prêtre ; je le châtierai (visiterai) selon ses voies, et je lui rendrai ce que méritent ses pensées. [4.9 Voir Isaïe, 24, 2. ― Je visiterai. Voir Osée, 1, 4. ― Sur lui ; sur le peuple.]
Ephraïm est opprimé et brisé par le jugement, parce qu’il s’est mis à aller derrière les souillures (ordures). [5.11 L’oppression (calumniam). Voir Jérémie, 50, 33.]
C’est pourquoi je les ai frappés (traités durement) par les prophètes, je les ai tués par les paroles de ma bouche, et tes jugements éclateront comme la lumière. [6.5 Tes jugements ; ta condamnation, ton châtiment ; paroles qui s’adressent à Israel. Mais les Septante, le chaldéen et le syriaque lisent mes jugements ; qu’on explique par mes ordonnances .]
Ils se sont retournés pour secouer le (être sans) joug ; ils sont devenus comme un arc trompeur ; leurs princes tomberont par l’épée, à cause de la fureur de leur langue. C’est ainsi qu’ils seront la risée du pays d’Egypte. [7.16 Un objet de dérision dans la terre d’Egypte. Les Israélites du royaume du nord comptèrent sur le secours de l’Egypte pour résister aux Assyriens, mais ils furent déçus dans leur espoir et furent emmenés captifs en Assyrie.]
Israel a oublié celui qui l’a créé, et il a bâti des temples ; Juda a multiplié les villes fortes ; mais j’enverrai le feu dans ses villes, et il dévorera ses édifices. [8.14 J’enverrai , etc. Voir 4 Rois, 25, 9 ; Amos, 2, 5.]
Ephraïm est une génisse dressée qui se plaît à fouler le blé ; je mettrai un joug (j’ai passé) sur son cou gracieux, je monterai sur Ephraïm ; Juda labourera, Jacob fendra ses (tracera par lui-même des) sillons. [10.11 J’ai passé ; j’ai fait passer le joug. ― Son beau cou ; littéralement et par hébraïsme, la beauté de son cou . ― Je monterai sur Ephraïm ; je le dompterai.]
Chanaan a dans sa main une balance trompeuse, il (a) aime(é) l’injustice (oppression). [12.8 Chanaan ; c’est-à-dire, Israel corrompu comme lui. Souvent les prophètes donnent aux choses et aux personnes des noms figurés, qui marquent leurs bonnes ou mauvaises qualités (voir Ezéchiel, 16, 3). Le nom de Chanaan se prenait aussi pour marchand ; c’est ce qui explique la métaphore qui suit immédiatement. ― L’oppression (calumniam). Voir Jérémie, 50, 33.]
Car il séparera les frères. Le Seigneur fera venir un vent brûlant qui s’élèvera du désert, qui séchera ses sources (ruisseaux) et qui tarira ses fontaines (sources) ; et il pillera (enlèvera) le trésor et tous les (ses) objets précieux. [13.15 Voir Ezéchiel, 19, 12. ― Un vent brûlant , etc. ; c’est-à-dire, l’armée des Assyriens.]
Ephraïm, (dira :) qu’ai-je à faire encore avec les idoles ? C’est moi qui l’exaucerai et qui le ferai croître comme un sapin verdoyant (toujours vert) ; c’est moi qui te ferai porter ton fruit (c’est par moi que du fruit a été trouvé sur toi).
Et le Seigneur dit : Donne-lui le nom de Pas (Non) mon peuple, car vous n’êtes plus mon peuple, et je ne serai plus votre Dieu.
Je lui donnerai des vignerons du même lieu, et la vallée d’Achor, pour lui ouvrir (une) l’espérance ; et là elle chantera comme aux jours de sa jeunesse, et comme aux jours où elle remonta du pays d’Egypte. [2.17 La vallée d’Achor , près de Jéricho, une des premières possessions du peuple hébreu dans la terre promise (voir Josué, 7, 24-26).]
Je la sèmerai (pour moi) dans le pays, et je ferai miséricorde à celle qui était (fut nommée) Sans miséricorde. Et je dirai à (celui qui n’était) Pas mon peuple : Tu es mon peuple ; et lui, il dira : Vous êtes mon Dieu. [2.25 Sans miséricorde, n’était pas mon peuple. Voir Osée, 1, vv. 6, 9-10. — Voir Romains, 9, 25 ; 1 Pierre, 2, 10.]
Mais que nul ne conteste et qu’on n’accuse personne ; car ton peuple est comme ceux qui contredisent les prêtres. [4.4 Que personne , etc. ; il serait inutile de s’élever contre vous et de vous reprocher vos crimes ; vous ne sauriez vous corriger. ― Ton peuple (populus tuus) ; est mis pour votre peuple ; puisque la parole est adressée aux fils d’Israel (voir verset 1) ; mais comme ces derniers forment un seul tout, quoique collectif, on peut les considérer, comme un singulier pur et simple. ― Comme ceux , etc. La loi punissait de mort ceux qui n’obéissaient pas au prêtre, ministre du Seigneur (voir Deutéronome, 17, 12).]
Je suis (devenu) comme la teigne pour Ephraïm, et (comme) la pourriture (gangrène) pour la maison de Juda. [5.12 Comme la teigne , qui ronge les vêtements.]
Ils sont tous des adultères, semblables à un four chauffé par le boulanger ; la ville s’est reposée un peu, depuis que le levain a été mêlé avec la pâte, jusqu’à ce que le tout ait fermenté (levé).
J’avais écrit (écrirai) pour lui un grand nombre de lois ; il les a regardées comme ne le concernant pas (qui ont été considérées comme étrangères). [8.12 J’écrirai pour lui (scribam ei) ; c’est-à-dire, de nouveau je lui intimerai. Les Septante et l’hébreu mettent le verbe au futur, comme la Vulgate, mais le chaldéen le met au prétérit. C’est une allusion aux châtiments terribles dont les transgresseurs de la loi sont menacés (voir Deutéronome, chapitres 27 et 28).]
Alors ils diront : Nous n’avons pas de roi, parce que nous ne craignons pas le Seigneur ; et que pourrait faire un (le) roi pour nous ?
Et moi je suis le Seigneur ton Dieu depuis le pays d’Egypte ; je te ferai encore habiter dans des tentes (tabernacles), comme aux jours de (la) fête. [12.10 Je te ferai , etc. Pendant sept jours que durait la fête des tabernacles, les Juifs habitaient dans des tabernacles (d’où vient le nom de cette solennité) ou tentes faites de branches d’arbre, en mémoire de ce que leurs pères avaient ainsi campé dans le désert.]
Dans (A proportion de) leurs pâturages ils se sont remplis et rassasiés ; et ils ont élevé leur cœur, et ils m’ont oublié.
Et le nombre des enfants d’Israel sera comme le sable de la mer, qui ne peut ni se mesurer ni se compter. Et, au lieu où on leur disait : Vous n’êtes plus mon peuple, on leur dira : (Vous êtes les) Fils du Dieu vivant. [2.1 Saint Paul (voir Romains, 9, 25-26), saint Pierre (voir 1 Pierre, 2, 10) appliquent ce passage aux Juifs et aux Gentils qui entreront dans l’Eglise.]
Je ne punirai pas vos filles de leur prostitution (fornication), ni vos femmes de leurs adultères, parce qu’ils viv(ai)ent eux-mêmes avec des courtisanes (femmes de mauvaise vie), et sacrifi(ai)ent avec des efféminés ; le peuple sans intelligence sera châtié. [4.14 Puisque eux-mêmes , etc. ; réflexion que le Seigneur fait à part ; de là le changement de personne dans les verbes.]
Mais à toi aussi, Juda, est préparé (prépare-toi) une moisson, lorsque je ramènerai les captifs de mon peuple. [6.11 Mais toi aussi, Juda ; tu t’es souillée comme Israel (voir verset 10). ― Prépare-toi ; c’est-à-dire, tu te prépareras , l’impératif ici, comme en bien d’autres endroits, étant mis pour le futur. Ainsi le sens est : Tu étais en sécurité, ô Juda, tu croyais que tu pourrais semer et recueillir, dans ta terre, c’est-à-dire, vivre tranquillement, tu le feras, non dans peu, il est vrai, mais lorsque je t’aurai ramené de Babylone.]
Ils ne feront pas des libations de vin au Seigneur, car elles (et ils) ne lui seraient pas agréables. Leurs sacrifices seront comme un pain de deuil ; tous ceux qui en mangeront se rendront impurs, car leur pain ne sera que pour eux-mêmes (sera pour leur âme), il n’entrera pas dans la maison du Seigneur. [9.4 Ils ne feront pas , etc. Outre qu’il n’était pas permis d’offrir des sacrifices hors du temple de Jérusalem, les Israélites ne pouvaient faire des oblations de vin au Seigneur dans le lieu de leur exil, parce que le vin, l’huile et tous les aliments y étaient impurs, comme le pain (selon l’hébreu, la nourriture en général) de ceux qui sont en deuil . Comparer à Nombres, 19, vv. 11, 13-14, 16, 22. ― Pour leur âme ; pour leur personne, pour eux-mêmes, c’est-à-dire pour leur propre besoin.]
Et moi, j’ai été comme le nourricier d’Ephraïm ; je les portais dans mes bras, et ils n’ont pas compris que je les guérirais (prenais soin d’eux).
Si tu te livres à la fornication, ô Israel, que Juda au moins ne pèche pas ; n’entrez pas à Galgala, ne montez pas à Béthaven, et ne jurez pas : Vive le Seigneur ! (vit.) [4.15 Galgala ; frontière de la tribu d’Ephraïm, devint un des sièges principaux de l’idolâtrie. Comparer à Osée, 9, 15 ; 12, 11 ; Amos, 4, 4 ; 5, 5. ― Bethaven ; est la même que Béthel . Jéroboam y avait établi l’un des veaux d’or (voir 3 Rois, 12, 29) ; ce qui donna lieu de changer le nom de Béthel, qui signifie Maison de Dieu , en celui de Bethaven , qui veut dire Maison de vanité ou d’ idole . ― Le Seigneur vit ; formule de serment qui équivaut à : Je jure par le Seigneur .]
Les princes de Juda ont agi comme ceux qui déplacent (enlèvent) les bornes ; je répandrai sur eux ma colère comme de l’eau.
car il nous a fait captifs, et il nous délivrera ; il a blessé (nous frappera), et il nous guérira. [6.2 C’est lui , etc. ; allusion à la comparaison de la lionne et du jeune lion (voir Osée, 5, 14).]
Ils m’invoqueront : Mon Dieu, nous vous reconnaissons, nous Israel.
Je n’agirai pas selon la fureur de ma colère ; je ne détruirai pas de nouveau (entièrement) Ephraïm, car je suis Dieu et non un homme ; je suis (le) saint au milieu de toi, et je n’entrerai pas dans les villes. [11.9 Saint au milieu de toi . Comparer à Isaïe, 12, 6. ― Dans une cité ; pour la détruire, comme fait d’ordinaire un cruel vainqueur.]
Je t’ai connu dans le (un) désert, dans la terre de la solitude. [13.5 Je t’ai connu dans le désert du Sinaï, à l’époque de la sortie d’Egypte.]
Je guérirai leurs brisures (meurtrissures), je les aimerai par une pure bonté (de mon propre mouvement), car ma fureur s’est détournée d’eux.
Je serai comme la rosée ; Israel germera comme le lis, et sa racine s’élancera (poussera avec force) comme celle (les plantes) du Liban.
Et le nombre des enfants d’Israel sera comme le sable de la mer, qui ne peut ni se mesurer ni se compter. Et, au lieu où on leur disait : Vous n’êtes plus mon peuple, on leur dira : (Vous êtes les) Fils du Dieu vivant. [2.1 Saint Paul (voir Romains, 9, 25-26), saint Pierre (voir 1 Pierre, 2, 10) appliquent ce passage aux Juifs et aux Gentils qui entreront dans l’Eglise.]
et je ferai cesser toute sa joie, ses solennités, ses nouvelles lunes (néoménies), son sabbat et toutes ses fêtes.
Je l’achetai (cette femme) pour quinze pièces d’argent, et une mesure (un cor, note) d’orge, et un(e) demi mesure (cor) d’orge. [3.2 J’achetai ; littéralement je creusai (fodi) . Le verbe hébreu qui signifie creuser , se prend aussi pour acheter. Or, le mariage par achat a toujours été en usage chez les Orientaux. ― Pièces d’argent ; c’étaient probablement des sicles. Voir, pour leur valeur, Jérémie, 32, 9. ― Le cor ou kôr ; mesure pour les matières sèches, valait environ 29 pintes et demies de Paris, 284 litres 587.]
Ils sacrifiaient sur le sommet des montagnes, et ils brûlaient de l’encens sur les collines, sous les chênes, les peupliers et les térébinthes, parce que leur ombre était agréable ; c’est pourquoi vos filles se prostitueront (forniqueront), et vos femmes seront adultères.
C’est pourquoi je les ai frappés (traités durement) par les prophètes, je les ai tués par les paroles de ma bouche, et tes jugements éclateront comme la lumière. [6.5 Tes jugements ; ta condamnation, ton châtiment ; paroles qui s’adressent à Israel. Mais les Septante, le chaldéen et le syriaque lisent mes jugements ; qu’on explique par mes ordonnances .]
Des étrangers ont dévoré sa force et il ne l’a pas senti ; ses cheveux sont devenus blancs et il ne l’a pas su.
Ils suivront le Seigneur ; il rugira comme un lion, il rugira lui-même, et les fils de la mer trembleront d’effroi. [11.10 Les fils ; littéralement et les fils . Voir sur ce et qui forme l’apodose, le verset 1. ― Les fils de la mer ; les peuples des contrées maritimes, ou les Israélites mêmes qui s’étaient sauvés dans les îles et dans les pays éloignés.]
A la parole d’Ephraïm, la frayeur (un frisson) a envahi Israel ; il a péché par (en adorant) Baal, et il est mort. [13.1 Ephraïm ; tribu du royaume d’Israel, avait pris tant d’ascendant sur les autres, que quand elle parlait, celles-ci étaient saisies de crainte et de respect. Mais plusieurs, d’après saint Jérôme, entendent ici par Ephraïm, Jéroboam, qui était de cette tribu, et qui avait proposé à son peuple d’adorer ses veaux d’or ; Israel, par crainte, se rendit à ses désirs (voir 3 Rois, 12, verset 28 et suivants).]
Je serai comme la rosée ; Israel germera comme le lis, et sa racine s’élancera (poussera avec force) comme celle (les plantes) du Liban.