Daniel - Chapitre 14

Daniel 14.1 Daniel mangeait à la table du roi, qui l’avait honoré au-dessus de tous ses amis. Daniel 14.2 Il y avait alors (aussi) chez les Babyloniens une idole nommée Bel ; on dépensait chaque jour pour elle douze mesures (artabes, note) de (fleur de) farine, quarante brebis et six amphores de vin. [14.2 Bel ; ancien roi de Babylone qui fut mis au rang des dieux par ses sujets après sa mort. ― Artabes ; mesure en usage chez les Babyloniens ; elle contenait soixante-douze setiers, suivant saint Epiphane et saint Isidore de Séville ; mais d’autres lui donnent une capacité différente. ― Amphores. Il s’agit probablement ici de l’amphore attique, qui contenait trois urnes ou soixante-douze setiers, et non de la romaine qui était seulement de deux urnes ou quarante-huit setiers ; le grec lit métrètes , c’est-à-dire mesures. ― Pour la valeur de ces diverses mesures, voir la note 21 à la fin du volume.] Daniel 14.3 Le roi l’honorait aussi, et il allait chaque jour l’adorer. Mais Daniel adorait son Dieu. Et le roi lui dit : Pourquoi n’adores-tu pas Bel ? Daniel 14.4 Il lui répondit : Parce que je n’adore pas des idoles faites de main d’homme, mais le Dieu vivant, qui a créé le ciel et la terre, et qui a puissance sur toute chair. [14.4 Toute chair. Voir sur cette expression, Daniel, 4, 9.] Daniel 14.5 Le roi dit à Daniel : Est-ce que Bel ne te paraît pas être un Dieu vivant ? Ne vois-tu pas combien il mange et boit chaque jour ? Daniel 14.6 Daniel dit en souriant : Ne (vous) t’y trompe(z) pas, ô roi ; ce Bel est de boue (d’argile) au dedans et d’airain au dehors, et il ne mange jamais. [14.6 Est d’argile. Beaucoup de statues à Babylone étaient en argile, parce que la Chaldée n’a pas de pierre et que le bois y est rare. On recouvrait quelquefois d’un métal précieux ces statues de terre.] Daniel 14.7 Alors le roi irrité appela les prêtres de Bel et leur dit : Si vous ne me dites quel est celui qui mange tous ces aliments, vous mourrez. Daniel 14.8 Mais si vous me montrez que c’est Bel qui mange tout cela, Daniel mourra, parce qu’il a blasphémé contre Bel. Daniel dit au roi : Qu’il soit fait selon ta (votre) parole. Daniel 14.9 Or les prêtres de Bel étaient au nombre de soixante-dix, sans compter leurs femmes, leurs enfants et leurs petits-enfants. Le roi alla avec Daniel au temple de Bel, [14.9 Et les petits enfants , etc. ; c’est-à-dire, tous les enfants grands et petits.] Daniel 14.10 et les prêtres de Bel dirent : Voici, nous allons sortir ; et toi (vous), ô roi, fai(te)s apporter les mets et servir le vin ; puis ferme(z) la porte et scelle(z)-la de ton (votre) anneau ; [14.10 Mêlez le vin ; c’est-à-dire, préparez. Comparer à Proverbes, 9, 2.] Daniel 14.11 et quand tu (vous) seras(ez) entré demain matin, si tu (vous) ne trouves(z) pas que Bel a tout mangé, nous mourrons (de mort), nous, ou Daniel qui a menti contre nous. [14.11 Nous mourrons de mort ; hébraïsme, pour irrémissiblement .] Daniel 14.12 Ils parlaient ainsi avec mépris (par bravade) parce qu’ils avaient fait sous la table une entrée secrète, par laquelle ils venaient toujours pour dévorer les offrandes. Daniel 14.13 Après donc que les prêtres furent sortis, le roi plaça les mets devant Bel, et Daniel commanda à ses serviteurs d’apporter de la cendre, et il la répandit par tout le temple devant le roi ; ils sortirent ensuite et fermèrent la porte, et, l’ayant scellée avec l’anneau du roi, ils s’en allèrent. Daniel 14.14 Les prêtres entrèrent durant la nuit, selon leur coutume, avec leurs femmes et leurs enfants, et ils mangèrent et burent tout. Daniel 14.15 (Mais) Le roi se leva dès la pointe du jour, et Daniel vint avec lui. Daniel 14.16 Et le roi dit : Daniel, le sceau est-il intact ? Il répondit : Il est intact, ô roi. Daniel 14.17 Aussitôt le roi, ayant ouvert la porte et voyant la table, s’écria à haute voix : Tu es grand, ô Bel, et il n’y a pas en toi de tromperie (fraude). Daniel 14.18 Daniel se mit à rire, et retenant le roi pour qu’il n’avançât pas dans l’intérieur, il dit : Voici le pavé ; remarque(z) de qui sont ces traces (de pieds). Daniel 14.19 Le roi dit : Je vois des traces de pieds d’hommes, et de femmes, et de petits enfants. Et le roi fut irrité. Daniel 14.20 Il fit alors saisir les prêtres, leurs femmes et leurs enfants, et ils lui montrèrent les petites portes secrètes par où ils entraient pour manger ce qui était sur la table. Daniel 14.21 Le roi les fit mettre à mort, et il livra Bel au pouvoir de Daniel, qui le renversa ainsi que son temple. Daniel 14.22 Il y avait aussi en ce lieu-là un grand dragon, que les Babyloniens adoraient. [14.22 Un grand dragon ; probablement un grand serpent consacré au dieu Bel.] Daniel 14.23 Et le roi dit à Daniel : Voici, maintenant tu ne peux pas dire que celui-ci n’est pas un dieu vivant ; adore-le donc. Daniel 14.24 Daniel dit : J’adore le Seigneur mon Dieu, parce que c’est lui qui est un Dieu vivant ; mais celui-ci n’est pas un Dieu vivant. Daniel 14.25 Mais toi (vous), ô roi, donne(z)-moi la permission, et je tuerai ce dragon, sans épée ni bâton. Le roi dit : Je te la donne. Daniel 14.26 Daniel prit donc de la poix, de la graisse et des poils ; il fit cuire tout ensemble, et il en fit des masses, qu’il mit dans la gueule du dragon, et le dragon creva. Et Daniel dit : Voilà ce(lui) que vous adoriez. Daniel 14.27 Lorsque les Babyloniens eurent appris cela, ils s’indignèrent violemment, et, s’étant assemblés contre le roi, ils dirent : Le roi est devenu Juif ; il a renversé Bel, il a tué le dragon et il a fait mourir les prêtres. Daniel 14.28 Ils vinrent donc trouver le roi et ils lui dirent : Livre(z)-nous Daniel ; autrement nous te (vous) tuerons, avec toute ta (votre) maison. Daniel 14.29 Le roi vit donc qu’ils le pressaient avec violence, et, contraint par la nécessité, il leur livra Daniel. Daniel 14.30 Ils le jetèrent dans la fosse aux lions, et il y demeura six jours. Daniel 14.31 Or il y avait dans la fosse sept lions, et on leur donnait chaque jour deux corps et deux brebis ; mais on ne leur en donna pas alors, afin qu’ils dévorassent Daniel. [14.31 Deux corps d’hommes probablement condamnés à mort.] Daniel 14.32 Cependant le prophète Habacuc était en Judée ; il avait fait cuire des aliments, et il avait broyé du pain dans un vase, et il allait aux champs les porter aux moissonneurs. [14.32 Habacuc , etc. On a prétendu que le prophète Habacuc ne pouvait exister sous Cyrus. Mais rien ne prouve qu’il s’agisse ici d’Habacuc, un des douze petits prophètes. D’un autre côté, Habacuc ne datant pas ses prophéties, et ayant vécu, comme Daniel, avant la captivité, il a pu fort bien, quoique plus âgé que lui, vivre jusqu’au règne de Cyrus.] Daniel 14.33 Et l’ange du Seigneur dit à Habacuc : Porte à Babylone le repas que tu as, pour Daniel, qui est dans la fosse aux lions. Daniel 14.34 Habacuc dit : Seigneur, je n’ai pas (jamais) vu Babylone, et je ne connais pas la fosse. Daniel 14.35 Alors l’ange du Seigneur le prit par le haut de la tête et le porta par les cheveux, et il le déposa à Babylone, au-dessus de la fosse, avec l’impétuosité (la rapidité) de son esprit. [14.35 Voir Ezéchiel, 8, 3. ― L’ange , etc. Si ce transport d’Habacuc par l’ange était faux à cause de son invraisemblance et de son absurdité même, comme le prétendent les incrédules, Daniel se serait bien gardé de l’insérer dans son livre. Si donc il l’a rapporté, c’est parce qu’il avait des preuves de sa réalité. D’ailleurs ces sortes de transports ne sont pas sans exemples dans l’Ancien et le Nouveau Testament (voir 3 Rois, 18, 12 ; Matthieu, 4, vv. 5, 8 ; Actes des Apôtres, 8, 39-40).] Daniel 14.36 Et Habacuc cria en disant : Daniel, serviteur de Dieu, prends le repas que Dieu t’a envoyé. Daniel 14.37 Et Daniel dit : Vous vous êtes souvenu de moi, ô Dieu, et vous n’avez pas abandonné ceux qui vous aiment. Daniel 14.38 Et, se levant, Daniel mangea. Mais l’ange du Seigneur remit aussitôt Habacuc au lieu où il l’avait pris. [14.38 En son lieu ; dans le lieu où il l’avait pris.] Daniel 14.39 Le roi vint, le septième jour, pour pleurer Daniel ; il s’approcha de la fosse et regarda dedans, et voici que Daniel était assis au milieu des lions. Daniel 14.40 Et le roi poussa un grand cri et dit : Vous êtes grand, Seigneur, Dieu de Daniel. Et il le fit tirer de la fosse aux lions. Daniel 14.41 Puis il fit jeter dans la fosse ceux qui avaient voulu perdre Daniel, et ils furent dévorés devant lui en un moment. Daniel 14.42 Alors le roi dit : Que tous les habitants de toute la terre tremblent devant le Dieu de Daniel, car c’est lui qui est le sauveur, qui fait des prodiges et des merveilles sur la terre, et qui a délivré Daniel de la fosse aux lions.

Daniel : Chapitre 14

La Révélation de Daniel : Bel et le Dragon

Le chapitre 14 de Daniel nous offre un aperçu fascinant des récits de Bel et du Dragon. Dans ce texte apocryphe, Daniel s'érige en défenseur de la foi en exposant le mensonge de l'idolâtrie. À travers ses actions, il démasque les prêtres de Bel et détruit un dragon vénéré comme un dieu, soulignant ainsi la futilité des faux cultes et la fidélité de Dieu envers ses serviteurs.

La Futilité de l'Idolâtrie

Ce chapitre met en lumière le contraste frappant entre le vrai Dieu et les faux dieux. Les récits de Daniel illustrent le pouvoir divin, qui l'emporte sur les illusions des idoles. Pour mieux comprendre les thèmes apologétiques de ce chapitre, examinons cinq passages bibliques qui en révèlent la profondeur.

Passages Bibliques Éclairants

1 Rois 18:27

"À midi, Élie commença à se moquer d'eux : « Criez plus fort, dit-il, car il est Dieu ; il doit être en train de méditer, ou d'être occupé, ou de voyager. Peut-être qu'il dort et qu'il a besoin d'être réveillé." - La moquerie d'Élie à l'égard des prophètes de Baal rappelle la manière dont Daniel expose la tromperie des prêtres de Bel dans Daniel 14.

Psaumes 115:4-7

"Leurs idoles sont en argent et en or, fabriquées par des mains humaines. Ils ont une bouche mais ne peuvent pas parler, des yeux mais ne peuvent pas voir ; ils ont des oreilles mais ne peuvent pas entendre, un nez mais ne peuvent pas sentir ; ils ont des mains mais ne peuvent rien sentir, des pieds mais ne peuvent pas marcher ; et ils ne font aucun bruit avec leur gorge." - Ce passage illustre parfaitement le thème de la futilité de l’idolâtrie, que nous retrouvons dans Daniel 14.

Jérémie 10:14

"Tous sont insensés et sans connaissance ; tout orfèvre est couvert de honte par ses images. Leurs images taillées sont une fraude ; ils n'ont pas de souffle." - Ce verset résonne avec la révélation de la fraude idolâtre que Daniel met en lumière dans son récit.

Actes 14:15

"Les hommes, pourquoi faites-vous ça ? Nous sommes aussi humains comme vous. Nous vous apportons la bonne nouvelle, vous disant de vous détourner de ces choses vaines et de vous tourner vers le Dieu vivant, qui a créé les cieux, la terre, la mer et tout ce qu'ils contiennent." - L'exhortation de Paul contre l'idolâtrie reflète le message central de Daniel 14, nous appelant à reconnaître le vrai Dieu.

Habacuc 2:19

"Malheur à celui qui dit au morceau de bois : « Viens à la vie ! » Ou à la pierre sans vie : « Réveillez-vous ! » Peut-elle fournir des conseils ? Il est recouvert d'or et d'argent ; il n'y a pas de souffle dedans." - Ce verset se moque du culte des idoles, tout comme Daniel le fait dans son récit, nous invitant à tourner notre regard vers la source de toute vie.

Conclusion

À travers ces passages, nous sommes appelés à réfléchir sur la nature de notre foi et sur notre relation avec le Dieu vivant. Comme Daniel, nous sommes invités à rejeter les idoles de notre temps et à affirmer notre confiance en Celui qui est véritable et éternel.