Cieux, écoutez, et terre, prête l’oreille, car le Seigneur a parlé. J’ai nourri des enfants (fils), et je les ai élevés ; mais ils m’ont méprisé. [1.2-31 Les versets 2 à 31 sont comme la préface de tout le livre. L’époque où cette préface a été composée est incertaine. Les versets 7 et 8 indiquent une époque pendant laquelle le royaume de Juda était ravagé par une armée étrangère. Il eut à subir trois invasions, du temps d’Isaïe, la première à la fin du règne de Joathan, et la seconde sous Achaz, l’une et l’autre de la part des Israélites et des Syriens, voir 4 Rois, 15, 37 ; 16, 5 ; Isaïe, 6, 1, la troisième sous Ezéchias, de la part des Assyriens, voir 4 Rois, 18, 13 ; Isaïe, chapitre 36. La plupart des commentateurs pensent avec vraisemblance que le chapitre 1 date de la première invasion. ― Le peuple n’a été sensible ni aux bienfaits que Dieu lui a accordés pendant les règnes d’Ozias et de Joathan (versets 2 et 3), ni aux calamités qui viennent de fondre sur lui (versets 4 à 9) ; il ne reste donc au Seigneur qu’à livrer son peuple au châtiment qu’il mérite et à le purifier par le feu de la tribulation, pour se faire ensuite du petit reste qui survivra un peuple selon son cœur (versets 10 à 31). Les versets 24 à 31 se rapportent spécialement au Messie.] [1.2 Ecoutez , etc. Dieu avait en vue, dans ces prophéties, non seulement les juifs, mais les chrétiens eux-mêmes, puisque saint Paul dit que toutes ces choses ont été écrites pour nous être un avertissement, à nous, pour qui est venue la fin des temps (voir 1 Corinthiens, 10, 11), et encore que tout ce qui a été écrit, a été écrit pour notre instruction (voir Romains, 15, 4). ― Le verset 1 est le titre général du livre et de la collection des prophéties d’Isaïe. La première prophétie commence au verset 2.]
Et venez et (accusez) attaquez-moi, dit le Seigneur ; et si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige ; et s’ils sont rouges comme le vermillon, ils seront blancs comme la laine. [1.18 Les Hébreux considéraient le rouge foncé, ainsi que le noir et la nuit, comme le symbole du mal et du péché, tandis que le blanc , le jour et la lumière étaient les emblèmes du bien et du beau.]
Il arrivera, dans les derniers temps, que la montagne de la maison du Seigneur sera fondée sur le sommet des montagnes, et qu’elle s’élèvera (sera élevée) au-dessus des collines ; et toutes les nations y afflueront, [2.2-4 Ces trois versets se retrouvent dans Michée, 4, 1-3.] [2.2 Voir Michée, 4, 1. ― Dans les derniers jours ; expression qui le plus ordinairement signifie le temps de la venue du Messie, et qui ne saurait avoir d’autre sens ici, d’autant que, depuis Isaïe jusqu’à Jésus-Christ, il n’y a eu aucune époque où la prédiction contenue dans ce verset ait eu son accomplissement.]
Et il jugera les nations, et il convaincra (d’erreur) des (beaucoup de) peuples (nombreux) ; et ils forgeront de leurs glaives des socs de charrue, et de leurs lances des faux. Un peuple ne tirera plus l’épée contre un autre, et on ne s’exercera plus au combat. [2.4 Au combat ; l’une contre l’autre. Le Jugement des Nations reste à venir ; la fin des guerres et donc la paix universelle dans le Christ qui suivra, également.]
(Car) La vigne du Seigneur des armées c’est la maison d’Israel, et les hommes de Juda sont le plant auquel il prenait ses délices ; et j’ai attendu (espéré) qu’ils pratiquassent la droiture, et je ne vois qu’iniquité ; et qu’ils portassent des fruits de justice, et je n’entends que des cris de détresse (le cri de l’opprimé).
Ils criaient l’un à l’autre et disaient : Saint, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu des armées ; toute la terre est remplie de sa gloire. [6.3 Voir Apocalypse, 4, 8. ― Saint, saint, saint. Cette triple glorification d’un seul Dieu désigne, d’après les Pères, le mystère de la trinité des personnes divines dans l’unité de la divine essence.]
Alors je dis : Malheur à moi de ce que je me suis tu, car je suis un homme aux lèvres impures (souillées), et j’habite au milieu d’un peuple dont les lèvres sont impures (souillées), et j’ai vu de mes yeux le roi, le Seigneur des armées. (!) [6.5 Malheur , etc. Saint Jérôme, saint Cyrille, Théodoret, et plusieurs interprètes après eux, pensent qu’Isaïe se reproche ici d’avoir offensé Dieu par le silence qu’il garda envers Ozias lorsqu’il s’empara du sacerdoce (voir 2 Paralipomènes, 26, 17-18). D’autres veulent que le prophète se reproche de n’avoir pas mêlé ses louanges à celles des séraphins. D. Calmet croit qu’Isaïe fait ici la même confession ou la même excuse au Seigneur que Moïse après l’apparition de Dieu dans le buisson ardent. Comparer à Exode, 4, 10 ; 6, vv. 12, 30. ― Et que j’ai vu , etc. Les hébreux croyaient qu’on ne pouvait voir Dieu ou un ange sans mourir (voir Genèse, 16, 13 ; Exode, 33, 20).]
Et j’entendis la voix du Seigneur disant : Qui enverrai-je ? et qui ira pour nous ? Je répondis : Me voici ; envoyez-moi. [6.8 Qui enverrai-je ? Ce singulier marque l’unité d’essence. ― Pour nous ; exprime la distinction des personnes dans l’essence divine.]
C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Une vierge concevra, et elle enfantera un fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel. [7.14 La vierge. C’est ainsi que portent l’hébreu et les Septante. En vain les rationalistes allemands se sont-ils efforcés de prouver que l’article ici n’avait aucun sens déterminatif ; tous les exemples qu’ils allèguent sont faussement appliqués. Leurs efforts ne sont pas moins vains quand ils veulent établir que le terme hébreu traduit par vierge (virgo) ne signifie qu’une fille nubile . L’argument qu’ils tirent de l’arabe, en l’appliquant encore faussement, ne prouve rien. Tout conspire donc ici en faveur du sens de la Vierge, l’étymologie, le contexte et la tradition. Saint Matthieu (voir Matthieu, 1, 22-23) nous fait remarquer l’accomplissement de cette prophétie, en expliquant le nom d’Emmanuel. Comparer à Isaïe, 8, 8. ― La mère d’Emmanuel est la Très Sainte Vierge, et Emmanuel est Jésus-Christ, d’après l’attestation formelle de saint Matthieu (voir Matthieu, 1, 22-23). Voir aussi Luc, 1, 31, qui contient une allusion évidente à Isaïe, 7, 14. Le texte grec de saint Luc reproduit à peu près littéralement, sauf les modifications nécessaires, le texte grec de la traduction de ce verset d’Isaïe dans les Septante. Cette explication authentique de la prophétie d’Isaïe est décisive, aussi a-t-elle été soutenue par tous les Pères et les docteurs. ― 2° Emmanuel n’est pas un fils d’Achaz, comme on l’a faussement soutenu. Plusieurs critiques ont imaginé que l’enfant annoncé par le prophète était Ezéchias. Mais Ezéchias avait déjà neuf ans, au moins, à l’époque de cette prophétie, par conséquent Isaïe ne pouvait prédire sa naissance, comme l’a observé saint Jérôme. ― Le fils de la Vierge est appelé Emmanuel, c’est-à-dire « Dieu avec nous », nom significatif, comme tous les noms hébreux, et qui nous fait connaître la nature du Messie : c’est Dieu lui-même, venant vivre au milieu de nous. Ce nom est d’ailleurs plutôt un nom symbolique qu’un nom propre, comme les noms qui lui sont donnés, voir Isaïe, 9, 6.]
Son empire s’étendra de plus en plus, et la paix n’aura pas de fin ; il s’assiéra sur le trône de David, et il possédera (s’assiéra sur) son royaume pour l’affermir et le fortifier par (dans) le droit (jugement) et par (dans) la justice, dès maintenant et à jamais ; le zèle du Seigneur des armées fera ces choses.
Le Seigneur a envoyé une parole à Jacob, et elle est tombée sur (dans) Israel.
Il sortira un rejeton de la tige (racine) de Jessé, et une fleur naîtra de sa racine. [11.1-16 Tout le chapitre 11 est consacré à dépeindre le Messie et les biens qu’il apportera à la terre : 1° Il sortira de la race de Jessé, ancêtre de David. ― 2° Ce rejeton de la tige de Jessé sera rempli des dons du Saint-Esprit, versets 2 et 3. ― 3° Le Messie apportera avec lui dans le monde le règne de la justice, versets 4 et 5. Voir 2 Thessaloniciens, 2, 8. Isaïe dépeint son règne sous les images les plus riantes, versets 6 à 9 ; il annonce enfin la conversion des Gentils, versets 11 à 16.] [11.1 Voir Actes des Apôtres, 13, 23. ― Et il sortira , etc. Sous ces expressions, le prophète annonce la naissance du Messie, même selon la paraphrase chaldaïque et la plupart des rabbins. ― Il faut avouer que ce qui suit s’y rapporte également. ― L’opposition entre les cèdres du Liban du verset précédent, voir Isaïe, 10, 34, avec ce rejeton de la racine (en hébreu, du tronc coupé ) de Jessé est frappante. Le cèdre ne pousse pas de rejetons, ce qui explique la disparition presque complète de cet arbre du mont Liban, mais l’arbre qui figure Jessé a des rejetons qui perpétueront à jamais sa postérité.]
Et l’Esprit du Seigneur (se) reposera sur lui ; l’esprit de sagesse et d’intelligence, l’esprit de conseil et de force, l’esprit de science et de piété ; [11.2-3 Isaïe énumère sept dons du Saint-Esprit pour indiquer la plénitude de sa grâce. Le texte hébreu ne mentionne que six dons, parce que ce que la Vulgate a traduit par piété et crainte du Seigneur, est exprimé deux fois par le même mot dans le texte original. Ces dons sont énumérés deux par deux : la sagesse , c’est la sagesse théorique ; l’ intelligence , c’est le discernement, la prudence ; le conseil , c’est la sagesse pratique qui, en toute circonstance, et surtout dans les cas difficiles, voit avec sûreté ce qui doit être fait ; la force , c’est la force de la volonté qui exécute ce que conseille la sagesse ; la science , c’est la connaissance de la loi de Dieu ; la piété , c’est la religion. Quoique, en hébreu, le septième don soit exprimé par les mêmes mots que le sixième, nous pouvons l’entendre, comme l’a fait la Vulgate, dans le sens même des termes : la crainte de Dieu proprement dite, en attribuant le sens de piété au sixième don, comme nous l’avons fait.]
Le loup habitera avec l’agneau, et le léopard se couchera auprès du chevreau ; le veau (jaune taureau), le lion et la brebis demeureront ensemble, et un petit enfant les conduira. [11.6-9 « Certains, je ne l’ignore pas, tentent d’appliquer ces textes de façon métaphorique à ces hommes sauvages, issus de diverses nations et ayant eu toute espèce de comportements ont embrassé la foi et, depuis qu’ils ont cru, vivent en bonne entente avec les justes. Mais, même si cela a eu lieu dès à présent pour des hommes issus de toutes sortes de nations et venus à une même disposition de foi, cela n’en aura pas moins lieu pour ces animaux lors de la résurrection des justes [lors du Royaume de Dieu sur terre], ainsi que nous l’avons dit ; car Dieu est riche en toutes choses, et il faut que, lorsque le monde aura été rétabli dans son état premier, toutes les bêtes sauvages obéissent à l’homme et lui soient soumises et qu’elles reviennent à la première nourriture donnée par Dieu, à la manière dont elles étaient soumises à Adam avant sa désobéissance et dont elles mangeaient les fruits de la terre. Ce n’est d’ailleurs pas le moment de prouver que le lion se nourrira de paille ; mais ce trait indique bien la grandeur et l’opulence des fruits ; car, si une bête telle que le lion doit se nourrir de paille, quel ne sera pas le blé dont la simple paille suffira à nourrir les lions ! » (Saint Irénée, Contre les hérésies , V, 33-4). Voir Isaïe, 65, 25.] [11.6 Voir Isaïe, 65, 25.]
Voici que mon Dieu est mon Sauveur ; j’agirai avec confiance, et je ne craindrai pas, car le Seigneur est ma force et ma gloire, et il est devenu mon salut. [12.2 Voir Psaumes, 117, 14. ― Voilà que Dieu , etc. ; allusion à Exode, 15, 2. L’Eglise, dans l’usage qu’elle fait de ce cantique, reconnaît ici Jésus même dont le nom signifie Sauveur.]
Comment es-tu tombé du ciel, lucifer, toi qui te levais (si brillant) (dès) le matin ? comment as-tu été renversé sur la terre, toi qui frappais les nations ? [14.12 Lucifer ; Nabuchodonosor, d’après les uns, Balthasar, suivant les autres, et Sennachérib, selon d’autres ; mais le plus grand nombre des Pères l’entend du démon, qui a voulu devenir semblable au Très-Haut. Jésus-Christ semble fait allusion à ce passage dans Luc, 10, 18. Comparer à Apocalypse, 12, 9. ― Comment es-tu tombé du ciel, Lucifer. Nous n’avons pas seulement ici une poésie d’un éclat incomparable ; nous avons encore des allusions aux croyances et aux coutumes babyloniennes. Le nom de Lucifer correspond à mustilil , le nom assyrien de l’étoile du matin. On sait que les Babyloniens adoraient les astres et étaient très adonnés à l’astronomie et à l’astrologie.]
Oracle contre (Malheur accablant de) l’Egypte. Le Seigneur montera sur un léger nuage, et il entrera en Egypte, et les idoles (simulacres) de l’Egypte seront ébranlé(e)s devant lui, et le cœur de l’Egypte se fondra au milieu d’elle. [19.1-25 Prophétie contre l’Egypte. Elle se divise en deux parties : 1° tableau du châtiment qui menace l’Egypte ; 2° résultats de ce châtiment, conversion de l’Egypte.] [19.1 Malheur , etc. Voir Isaïe, 13, 1. Plusieurs anciens ont expliqué toute cette prophétie du temps de Jésus-Christ ; et cette explication se soutient assez bien, même à la lettre ; mais la plupart des nouveaux interprètes l’entendent des guerres des Assyriens ou des Chaldéens contre l’Egypte. ― Les simulacres ; les idoles étaient extrêmement nombreuses en Egypte.]
Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David ; il ouvrira, et personne ne fermera, et il fermera, et personne n’ouvrira. [22.22 Voir Apocalypse, 3, 7 ; Job, 12, 14. ― La clef , etc. Les clefs étaient chez les anciens le symbole de la puissance. ― Sur son épaule. Voir Job, 31, 36. ― Ce verset montre que les fenêtres de Sobna regardaient le palais royal, appelé ici la maison de David , et non le temple.]
Il anéantira la mort à jamais ; et le Seigneur Dieu enlèvera les larmes de tous les visages, et il enlèvera de dessus la terre (entière) l’opprobre de son peuple ; car c’est le Seigneur qui a parlé. [25.8 Voir Apocalypse, 7, 17 ; 21, 4.]
L’erreur ancienne a disparu ; vous (nous) conserverez la paix, la paix, car nous avons espéré en vous.
Vos morts (re)vivront, mes enfants (ceux qui m’ont été) tués ressusciteront. Réveillez-vous, et louez Dieu, vous qui habitez (dans) la poussière, car votre rosée est une rosée de lumière, et vous ruinerez la terre des géants. [26.19 Vos morts ; les morts du Seigneur, ceux qui ont été pris parmi le peuple du Seigneur, et, dans un sens plus général, ceux qui meurent dans le Seigneur. Comparer à Apocalypse, 14, 13. Cette prophétie et celle du verset 21 n’auront leur entier accomplissement qu’à la résurrection future, lorsque Jésus-Christ descendra des cieux pour juger tous les hommes. ― Une rosée de lumière , qui vivifie.]
C’est pourquoi ainsi parle le Seigneur Dieu : Je mettrai dans les fondements de Sion une pierre, une pierre éprouvée, angulaire, précieuse, qui sera un ferme fondement. Que celui qui croit ne se hâte pas. [28.16 Voir Matthieu, 21, 42 ; Actes des Apôtres, 4, 11 ; Romains, 9, 33 ; 1 Pierre, 2, 6. ― Une pierre angulaire , etc. Voir, pour le sens de cette expression, Psaumes, 117, 22. ― Les Assyro-Chaldéens plaçaient aux quatre angles de leurs édifices dans un endroit choisi, dans les fondements, des tablettes d’argile et de métaux précieux où était racontée l’histoire de l’érection de l’édifice. Nous avons peut-être ici une allusion à une coutume de ce genre. La pierre angulaire, importante par elle-même, le devenait encore davantage par les objets précieux qu’elle conservait. ― Cette pierre précieuse désigne ici le Messie.]
Et le Seigneur a dit : Parce que ce peuple s’approche de bouche et me glorifie des lèvres, tandis que son cœur est éloigné de moi, et que le culte qu’il me rend vient de (m’ont craint par les) préceptes (commandements) et (les) d’enseignements humains. [29.13 Ce peuple , etc. Jésus-Christ déclare aux Juifs incrédules que c’était d’eux qu’Isaïe prophétisait dans ce passage (voir Matthieu, 15, 8-9 ; Marc, 7, 6-7). ― Ils m’ont craint , etc. ; c’est-à-dire ils m’ont adoré, ils m’ont rendu un culte fondé, non sur ma loi et sur mes préceptes, mais sur des traditions purement humaines. Le pluriel ils représente le mot peuple, qui est un nom collectif.]
Car ainsi parle le Seigneur Dieu, le saint d’Israel : Si vous revenez, et si vous demeurez en paix, vous serez sauvés ; votre force sera dans le silence et dans l’espérance. Et vous n’avez pas voulu ;
Voici que le (un) roi régnera selon la justice, et que les (des) princes gouverneront selon le droit. [32.1 Un roi , etc. Ceci s’entend du règne d’Ezéchias, mais mieux encore du règne de Jésus-Christ dont Ezéchias était la figure. ― Des princes ; ces princes représentent les apôtres.]
Dites aux pusillanimes : Prenez courage et ne craignez pas ; voici votre Dieu qui apporte(ra) la vengeance et les représailles ; Dieu lui-même viendra, et il vous sauvera. [35.4 La vengeance de rétribution ; c’est-à-dire la vengeance dans laquelle on rend à chacun selon son mérite.]
Il y aura là un sentier et une voie, qui sera appelée la voie sainte ; nul impur n’y passera, et ce sera pour vous une voie droite, de sorte que les insensés (ignorants) ne pourront s’y égarer.
Voix de quelqu’un qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits dans la solitude les sentiers de notre Dieu. [40.3 Voir Marc, 1, 3 ; Jean, 1, 23. ― La voix , etc. Comparer à Matthieu, 3, 3 ; Luc, 3, 4. ― En Orient, on prépare les voies au souverain dans les lieux où il doit passer, en faisant des routes ou en réparant celles qui existent déjà.]
l’herbe s’est desséchée, et la fleur est tombée ; mais la parole de notre Seigneur demeure éternellement.
voici que le Seigneur Dieu vient avec (viendra dans sa) puissance, et son bras dominera ; sa récompense est avec lui, et son œuvre est devant lui. [40.10 Sa récompense ; c’est-à-dire la récompense qu’il doit accorder. ― Œuvre , ou mieux, par métonymie, fruit de l’œuvre, salaire , sens qu’a le terme hébreu correspondant.]
Ne le sais-tu pas, ou ne l’as-tu pas appris ? Dieu est le Seigneur éternel qui a créé les extrémités de la terre ; il ne se lasse pas, il ne se fatigue pas, et sa sagesse est impénétrable.
Ne crains pas, car je suis avec toi ; ne te détourne pas, car je suis ton Dieu ; je t’ai fortifié, je t’ai secouru, et la droite de mon juste t’a soutenu. [41.10 Mon juste. Voir le verset 2.]
Voici mon serviteur, je le soutiendrai ; mon élu en qui mon âme s’est complue : J’ai mis mon esprit sur lui, il apportera la justice aux nations. [42.1-25 3 e Discours : Le serviteur de Dieu, médiateur, d’Israel, du chapitre 42, verset 1 au chapitre 43, verset 13. ― Au Voici que tous sont injustes du chapitre 41, verset 29, Isaïe oppose, chapitre 42, verset 1 : Voici mon serviteur, je le soutiendrai . Après avoir rejeté les païens, leurs œuvres vaines et leurs vaines idoles, il introduit par ces mots le serviteur de Dieu, le Messie. Israel a été appelé, voir Isaïe, 41, 8-9, le serviteur de Dieu, mais celui qui nous est présenté maintenant n’est pas une personnification collective, il est distinct du peuple, c’est une personne individuelle et vivante, c’est le Christ, comme le reconnaît le Targum qui paraphrase cet endroit en disant : Voici mon serviteur le Messie . Les chapitres 7 à 12 nous l’ont représenté comme le fils de David ; désormais il va nous apparaître surtout comme le représentant du vrai Israel, de l’Israel fidèle, et de l’humanité tout entière, comme le second Adam. Cyrus doit briser les peuples ennemis de Dieu, le Messie est le médiateur pacifique. ― Il ne criera pas… Il ne brisera pas un roseau brisé , c’est-à-dire, dit Tertullien, les enfants d’Israel ; il n’éteindra pas une mèche fumante , c’est-à-dire, d’après le même docteur, les Gentils, voir Isaïe, 42, 2-3 ; Matthieu, 12, 18-20 ; il apportera à tous le plus précieux des biens, la rédemption, le salut, voir Isaïe, 42, 16. Israel doit donc se convertir et rechercher de nouveau son Dieu et son Sauveur, du chapitre 42, verset 18 au chapitre 43, verset 13.] [42.1 Voir Matthieu, 12, 18. ― Voici que mon serviteur , etc. Dans ce verset et les suivants il est parlé très clairement du Messie et de la rédemption du genre humain, et les évangélistes ont souvent appliqué à Jésus-Christ ce qui est dit ici du libérateur d’Israel. Il y a cependant des expressions dont on peut faire l’application à Cyrus, et à la délivrance des Israélites de la captivité de Babylone. Jésus-Christ est considéré sous le rapport de son humanité, selon laquelle il a pris la forme de serviteur. Voir Philippiens, 2, 7.]
Il ne brisera pas le roseau cassé, et il n’éteindra pas la mèche qui fume encore ; il produira la justice (jugera) selon la vérité.
Et maintenant voici ce que dit le Seigneur qui t’a créé, ô Jacob, et qui t’a formé, ô Israel : Ne crains pas, car je t’ai racheté, et je t’ai appelé par ton nom ; tu es à moi.
Vous êtes mes témoins, dit le Seigneur, vous et mon serviteur que j’ai choisi ; afin que vous sachiez, que vous me croyiez, et que vous compreniez que c’est moi-même qui suis ; avant moi il n’a pas été formé de Dieu, et après moi il n’y en aura pas. [43.10 Vous êtes ; vous Hébreux. ― Mon serviteur ; Cyrus, selon les uns, Isaïe, selon les autres ; mais c’est plutôt Jésus-Christ. Comparer à Isaïe, 42, 1. ― C’est moi , etc. Voir Exode, 3, 14.]
Voici que je vais faire (fais) des choses nouvelles, elles vont paraître, et (certainement) vous les connaîtrez ; je mettrai un chemin dans le désert, et des fleuves dans un(e) contrée (chemin) inaccessible (impraticable). [43.19 Voir 2 Corinthiens, 5, 17 ; Apocalypse, 21, 5.]
Voici ce que dit le Seigneur, le roi d’Israel, et son rédempteur, le Seigneur des armées : Je suis le premier, et je suis le dernier, et il n’y a pas de Dieu hors de moi. [44.6 Voir Isaïe, 41, 4 ; 48, 12 ; Apocalypse, 1, vv. 8, 17 ; 22, 13. ― 5 e Discours : Contraste entre Dieu et les idoles, chapitre 44, versets 6 à 23. Le prophète nous montre la grandeur du vrai Dieu qu’il met en opposition avec la vanité des dieux ridicules des gentils. ― Israel doit se confier en Dieu, parce qu’il lui annonce à l’avance ce qu’il se propose de faire, versets 6 à 8 ; tandis que les dieux des gentils trompent leurs adorateurs, parce qu’ils ne sont que de vaines images, œuvres des hommes, versets 9 à 17 ; l’aveuglement des païens peut seul fermer les yeux sur le néant de leurs divinités, versets 18 à 20. Puisse Israel, lui du moins, comprendre que l’idolâtrie n’est qu’un mensonge, et servir le Seigneur qui l’aime et lui pardonne ses péchés, versets 21 à 23 ! ― Le tableau de la vanité des idoles est un morceau littéraire achevé.]
Voici ce que dit le Seigneur qui t’a racheté (ton rédempteur), et qui t’a formé dès le sein de ta mère : Je suis le Seigneur qui fais tout, qui ai étendu seul les cieux, qui ai affermi la terre sans que personne ne m’aidât (est avec moi) ; [44.24 et suivants. 6 e Discours : Cyrus, l’oint de Jéhovah, libérateur d’Israel, du chapitre 44, verset 24 au chapitre 45. Les promesses deviennent plus précises, le Prophète annonce par son nom le futur libérateur d’Israel, Cyrus. ― Dieu, qui a tout crée et qui sait tout, veut tenir ses promesses, relever Jérusalem, ouvrir Babylone au conquérant, à Cyrus, son oint, qui sera son instrument et le restaurateur de la ville sainte, chapitre 44, versets 24 à 28. A la force irrésistible de ses armes, on verra qui l’envoie : Cyrus ne connaissait pas Jéhovah, mais Jéhovah l’a pris à son service, afin que les gentils reconnaissent sa puissance divine et que la bénédiction céleste descende sur terre, chapitre 45, versets 1 à 8. Israel doit donc se soumettre au Seigneur, se confier en lui et ne pas redouter Cyrus, car il est l’instrument de son salut, versets 9 à 13, celui qui doit exécuter ses vengeances contre les païens et faire reconnaître sa divinité, verset 14. Israel reconnaît son Dieu, versets 15 à 17. La promesse s’accomplira, les gentils confesseront Dieu, versets 18 à 21, car tous les peuples doivent le servir et être rendus heureux par lui, versets 22 à 26.] [44.24 Et nul n’est avec moi ; pour faire ces choses avec moi.]
Je suis le Seigneur, et il n’y en a pas d’autre ; hors de moi il n’y a pas de Dieu. Je t’ai ceint, et tu ne m’as pas connu ; [45.5 Je t’ai ceint de tes armes ; c’est moi qui t’ai armé.]
Convertissez-vous à moi, et vous serez sauvés, peuples de toute la terre, car je suis Dieu, et il n’y en a pas d’autre.
Jusqu’à la vieillesse et jusqu’aux cheveux blancs je vous porterai moi-même ; je vous ai faits, et je vous soutiendrai ; je vous porterai et je vous sauverai. [46.4 Jusqu’aux cheveux blancs ; jusqu’à l’âge plus avancé.]
Voici ce que dit le Seigneur qui t’a racheté, le saint d’Israel : Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’enseigne ce qui est utile, et qui te conduit dans la voie par laquelle tu marches.
Il (a donc) dit : C’est peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, et pour convertir les restes d’Israel ; je t’ai établi pour être la lumière des nations, et mon salut jusqu’à l’extrémité de la terre. [49.6 Voir Isaïe, 42, 6 ; Actes des Apôtres, 13, 47. ― Mon salut ; c’est-à-dire le salut que je donne, que j’envoie.]
Le Seigneur m’a donné une langue savante, afin que je puisse soutenir par la parole celui qui est abattu. Il éveille (prépare dès) le matin, le matin il éveille (prépare dès le matin) mon oreille, afin que je l’écoute comme un maître.
Ecoutez-moi, vous qui suivez la justice, et qui cherchez le Seigneur ; regardez le rocher dont vous avez été taillés, et la carrière profonde (cavité de la citerne) dont vous avez été tirés. [51.1-23 3 e Discours : Salut final d’Israel, chapitre 51. ― Le serviteur de Dieu propose à Israel la condition du salut : la foi qui sera récompensée par les plus grandes consolations, versets 1 à 8. ― Excité par cette promesse, Israel demande à Dieu de le sauver, comme il l’a fait autrefois en Egypte, versets 9 à 11. ― Le Seigneur lui répond et s’engage de nouveau à le sauver, versets 12 à 16. ― Alors le prophète prend la parole et exhorte son peuple au courage et à la patience, jusqu’à ce que vienne le moment fixé par Dieu pour punir ses ennemis, versets 17 à 23.]
Qu’ils sont beaux sur les montagnes les pieds de celui qui annonce et prêche la paix, qui annonce la bonne nouvelle (bonheur), qui prêche le salut, qui dit à Sion : Ton Dieu va régner ! [52.7 Voir Nahum, 1, 15. ― Qu’ils sont beaux , etc. Saint Paul applique ceci à la mission des prédicateurs de l’Evangile (voir Romains, 10, 15).]
Retirez-vous, retirez-vous ; sortez de là, ne touchez rien d’impur ; sortez du milieu d’elle ; purifiez-vous, vous qui portez les vases du Seigneur. [52.11 De là ; de Babylone. Saint Paul (voir 2 Corinthiens, 6, 17) semble faire allusion à ce passage.]
Voici, mon serviteur agira avec intelligence, il sera grand (exalté) et élevé, et au comble de la gloire. [52.13-53.12 5 e Discours : La passion de Notre Seigneur, du chapitre 52, verset 13 au chapitre 53. Ce discours a été appelé avec raison : « Passio Domini nostri Jesu Christi secundum Isaïam. » La transition du 4 e au 5 e discours peut paraître brusque de prime abord : de la gloire de Jérusalem nous tombons tout d’un coup dans les humiliations de Gethsémani et du Calvaire, mais c’est que cette gloire sera le fruit de ces abaissements, voir Philippiens, 2, 7-10. De plus, Isaïe, 49, vv. 5-6, 8-9 ; 50, 5-6, nous ont préparés au tableau des douleurs du Messie. A partie du chapitre 52, verset 13, Isaïe prophétise plus expressément la passion comme le remarque Théodoret de Cyr. Les versets 13 à 15 forment comme l’exorde : le serviteur de Jéhovah doit être anéanti pour monter au plus haut degré de gloire. ― Il doit être anéanti, parce qu’il est l’agneau qui porte les péchés du monde, la victime innocente qui expie nos propres fautes, chapitre 53, versets 1 à 6. ― Il se dévoue volontairement pour nous et, de la sorte, il obtient notre pardon et se couvre lui-même d’honneur et de gloire, versets 7 à 12. ― Ainsi le Messie sera l’innocence même, verset 9, s’offrant volontairement en sacrifice, verset 7 ; voir Matthieu, 26, 63 ; Jean, 10, 18 ; Luc, 12, 50 ; se chargeant de nos crimes, voir Isaïe, 53, vv. 5-6, 8, 11-12 ; Matthieu, 8, 17 ; Actes des Apôtres, 8, 32-33 ; 1 Corinthiens, 15, 3 ; confondu avec les scélérats, voir Isaïe, 53, 12 ; Luc, 22, 37 ; Marc, 15, 28 ; opérant notre salut par les plus grandes humiliations et par sa passion, voir Isaïe, 53, 2-5 ; Marc, 11, 12 ; 1 Pierre, 2, 24 ; priant pour ses bourreaux eux-mêmes, voir Isaïe, 53, 12 ; Luc, 23, 34, et entrant ainsi dans la gloire, voir Isaïe, 53, vv. 8-9, 11-12 ; Philippiens, 2, 7-10. ― « Qui a peint ce portrait de Jésus-Christ ? Est-ce un évangéliste ou un Père de l’Eglise ? Quels traits ! quel coloris ! quelle expression ! quel accord avec les faits ! quelle justesse, quel naturel dans les emblèmes ! Que dis-je ? Ce n’est pas une peinture emblématique d’un avenir fort éloigné : c’est une représentation fidèle du présent, et ce qui n’est pas encore est peint comme ce qui est. L’accord frappant de cet Ecce homo , montré par Isaïe, avec celui qui fut montré [sept] cents ans plus tard par Pilate, est d’autant plus décisif pour la foi, que l’objet en soi était inimaginable et qu’il faut nécessairement que le prophète l’ait vu pour le représenter ainsi. » (AUG. NICOLAS.)] [52.13 Voici que mon serviteur , etc. Ici, jusqu’à la fin du chapitre suivant ; le prophète quitte le figuré, Cyrus et Babylone, pour ne plus parler que du Messie, comme le disent les Pères et les interprètes ; et c’est en vain que les rabbins veulent voir en cet endroit Jérémie, ou Josias, ou Zorobabel, ou Esdras, ou le peuple juif, la prédiction ne saurait convenir à aucun de ces personnages.]
Il était méprisé, le dernier des hommes, un homme de douleurs, qui connaît la souffrance (l’infirmité) ; son visage était (comme) caché ; il était méprisé, et nous n’avons fait aucun cas de lui. [53.3 Voir Marc, 9, 11.]
Vraiment il a porté nos langueurs, et il s’est chargé lui-même de nos douleurs ; et nous l’avons considéré comme un lépreux, comme un homme frappé de Dieu et humilié. [53.4 Il a vraiment , etc. Saint Matthieu (voir Matthieu, 8, 17) applique cette parole à Jésus-Christ, guérissant les malades qu’on lui présentait.]
Et cependant il a été (lui-même) blessé pour (à cause de) nos iniquités, il a été brisé pour (à cause de) nos crimes ; le châtiment qui nous procure la paix est tombé sur lui, et nous avons été guéris par ses meurtrissures. [53.5-6 Comparer à 1 Pierre, 2, 24-25.] [53.5 Voir 1 Corinthiens, 15, 3.]
Nous étions tous errants comme des brebis, chacun s’était (s’est) détourné sur sa propre voie, et le Seigneur a placé sur lui l’iniquité de nous tous.
Il a été offert parce que lui-même l’a voulu, et il n’a pas ouvert la bouche ; comme une brebis qu’on mène (il sera conduit) à la boucherie, comme un agneau devant celui qui le tond, il a gardé le silence et il n’a pas ouvert (n’ouvrira pas) la bouche. [53.7-8 Ces deux versets se trouvent cités dans les Actes des Apôtres (voir Actes des Apôtres, 8, 32-33), mais suivant la version des Septante. ― Génération ; se prend dans l’Ecriture pour l’ action d’être engendré, durée de la vie humaine, race, famille, les contemporains, âge, siècle, postérité . Cette dernière signification nous semble la plus convenable ici, à cause de ce qui suit immédiatement. C’est comme si le prophète disait : Qui pourra jamais expliquer comment celui qui est mort au milieu des tourments les plus ignominieux a eu une postérité aussi nombreuse et aussi glorieuse ?] [53.7 Voir Matthieu, 26, 63 ; Actes des Apôtres, 8, 32.]
C’est pourquoi je lui donnerai une grande multitude pour partage, et il distribuera les dépouilles des forts, parce qu’il a livré son âme à la mort, et qu’il a été mis au nombre des scélérats, qu’il a porté les péchés de beaucoup d’hommes et qu’il a prié pour les pécheurs (transgresseurs). [53.12 Voir Luc, 23, 34. ― Jésus-Christ annonce à ses disciples que cette prophétie doit s’accomplir en lui (voir Luc, 22, 37), et saint Marc (voir Marc, 15, 28) nous en fait remarquer l’accomplissement.]
Car les montagnes seront ébranlées, et les collines trembleront (frémiront) ; mais ma miséricorde ne se retirera pas de toi, et mon alliance de paix ne sera pas ébranlée, dit le Seigneur, qui a compassion de toi. [54.10 Mon alliance de paix ; l’alliance par laquelle je fais la paix avec toi ; littéralement et par hébraïsme, l’ alliance de ma paix .]
Vous tous qui avez soif, venez aux (vers les) eaux, et vous qui n’avez pas d’argent, hâtez-vous, achetez et mangez ; venez, achetez sans argent et sans aucun échange le (du) vin et le (du) lait. [55.1-13 7 e Discours : Abondance des biens spirituels apportés par le Messie, chapitre 55. L’œuvre de la rédemption est accomplie ; le serviteur de Dieu invite maintenant, versets 1 et 2, ses convives au festin qu’il leur a préparé et ne leur demande que d’accepter la grâce qu’il leur offre, comparer Isaïe, chapitre 55, à Jean, 7, 38 ; Joel, 3, 18 ; Isaïe, 66, 12 ; Jean, 4, 13-14. ― Si le peuple obéit à Dieu, Dieu tiendra toutes les promesses qu’il a faites à la maison de David et glorifiera ainsi Israel, versets 3 à 5. ― Que chacun lève donc les obstacles qui l’éloignent de Dieu ; qu’il fasse pénitence de ses péchés ; qu’il renonce à ses propres pensées pour suivre celles du Seigneur, et ainsi il recevra toute sorte de biens, versets 6 à 13.] [55.1 Voir Ecclésiastique, 51, 33 ; Apocalypse, 22, 17. ― Sans aucun échange. Comme la monnaie proprement dite ou frappée était encore inconnue, on se servait pour les achats de lingots d’or ou d’argent et plus communément on échangeait des objets en nature.]
Cherchez le Seigneur pendant qu’on peut le trouver ; invoquez-le pendant qu’il est proche.
Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes voies ne sont pas vos voies, dit le Seigneur.
ainsi ma parole qui sort de ma bouche ne retournera pas à moi sans fruit (effet) ; mais elle fera tout ce que je veux, et elle produira les effets (choses) pour lesquels je l’ai envoyée.
je les amènerai sur ma montagne sainte, et je les réjouirai dans ma maison de prière ; leurs holocaustes et leurs victimes me seront agréables (offerts) sur mon autel, car ma maison sera appelée (une) maison de prière pour tous les peuples. [56.7 Voir Jérémie, 7, 11. ― Parce que ma maison , etc. Jésus-Christ applique ce passage au temple même des Juifs, qui était l’image de nos temples (voir Matthieu, 21, 13 ; Marc, 11, 17 ; Luc, 19, 46), et la figure de l’Eglise même du Sauveur qui est véritablement la maison de Dieu (voir 1 Timothée, 3, 15). ― Ma maison de prière ; littéralement et par hébraïsme, la maison de ma prière . ― Sera appelée , etc. ; autre hébraïsme, pour sera une maison , etc. Comparer à Daniel, 7, vv. 14, 27 ; Michée, 4, 7.]
Voici ce que dit le Très-Haut, le Dieu sublime, qui habite l’éternité, dont le nom est saint, qui réside dans le (un) lieu saint et (très) élevé, et avec l’esprit (un cœur) contrit et (un esprit) humble, pour ranimer l’esprit des humbles et pour ranimer les cœurs (des) contrits. [57.15 Dit ; le complément de ce verbe ne se trouve qu’au verset 17 ; tout ce qui le suit est une longue parenthèse. ― Un lieu très élevé ; le ciel. ― Lieu saint ; le sanctuaire ou le tabernacle, ou le temple. ― Un cœur contrit, un esprit humble ; singulier pour le pluriel.]
Le jeûne que j’approuve n’est-il pas plutôt celui-ci ? Détache les chaînes de l’impiété, décharge les fardeaux accablants, renvoie libres ceux qui sont opprimés, et brise tout fardeau ; [58.6 Les faisceaux ; tout ce qui gêne, pèse.]
Si tu éloignes ton pied du sabbat, pour ne pas faire ta volonté en mon saint jour ; si tu appelles le sabbat tes délices, et le jour saint et glorieux du Seigneur ; si tu l’honores en ne suivant pas tes voies, en ne faisant pas ta volonté, et en ne disant pas des paroles vaines : [58.13 Si tu t’abstiens , etc. ; littéralement, si tu détournes à cause du sabbat ton pied ; c’est-à-dire si tu ne voyages pas le jour du sabbat. Les Juifs croyaient qu’il ne leur était pas permis de faire plus de deux mille pas, c’est-à-dire environ une demi-lieue de chemin, le jour du sabbat. ― A cause ; c’est le vrai sens qu’a ici, comme dans bien d’autres passages, la particule hébraïque, rendue dans la Vulgate par a . ― De faire (facere) ta volonté ; second complément de si tu t’abstiens , ou si tu détournes (si averteris) .]
Voici (mon, note) l’alliance que je ferai avec eux, dit le Seigneur : Mon esprit qui est en toi, et mes paroles que j’ai mises dans ta bouche ne sortiront (s’éloigneront) pas de ta bouche, ni de la bouche de tes enfants, ni de la bouche des enfants de tes enfants, dit le Seigneur, dès maintenant jusque dans l’éternité. [59.21 Voici mon alliance , etc. C’est l’alliance éternelle que Jésus-Christ a faite avec son Eglise, et dans laquelle les Juifs mêmes seront admis au temps de leur rappel.]
Lève-toi, sois éclairée, Jérusalem, car ta lumière est venue, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. [60.1-22 3 e Discours : La gloire de Jérusalem ou de l’Eglise, chapitre 60. Le prophète chante maintenant les résultats de la nouvelle alliance dans ce magnifique chapitre, qui est un hymne autant qu’un discours. ― Le soleil de justice, Jésus-Christ, se lève sur Jérusalem. Tous les peuples, à la vue de sa lumière, accourent à la cité sainte, rois et sujets lui apportent leurs présents, versets 1 à 9. ― Jérusalem acquiert une magnificence incomparable ; ses richesses sont sans bornes, versets 10 à 17a, mais sa piété, sa sainteté et sa félicité la rendent plus belle et plus enviable encore, versets 17b à 22.]
Tu n’auras plus le soleil pour t’éclairer pendant le jour, et la clarté de la lune ne luira plus sur toi ; mais le Seigneur sera pour toi une lumière éternelle, et ton Dieu sera ta gloire. [60.19-20 Ce sont des symboles sous lesquels saint Jean nous dépeint la gloire éternelle de la Jérusalem céleste (voir Apocalypse, 21, vv. 23, 25 ; 22, 5). On peut aussi y voir la description des « nouveaux cieux et de la nouvelle terre » (voir Isaïe, 30, 26 ; 65, 17-25 ; 66, 22 ; 2 Pierre, 3, 13 ; Apocalypse, 21, 1-5), le royaume des justes sur une terre rénovée, après la chute de l’Antéchrist et le jugement des Nations apostates (voir saint Irénée, Contre les hérésies , V).] [60.19 Voir Apocalypse, 21, 23 ; 22, 5.]
L’esprit du Seigneur est sur moi, parce que le Seigneur m’a donné son onction ; il m’a envoyé pour annoncer sa parole aux doux, pour guérir ceux qui ont le cœur brisé (contrit), pour prêcher la grâce aux captifs, et la liberté aux prisonniers ; [61.1-11 4 e Discours : La félicité de Jérusalem ou de l’Eglise, œuvre du Messie, chapitre 61. C’est le serviteur de Jéhovah, le Messie, auteur de la félicité de l’Eglise, qui parle dans ce discours. ― Il annonce qu’il vient mettre fin à tous les maux de ceux qui le cherchent, versets 1 à 3. ― Israel recouvre son héritage et les nations le servent, afin qu’il puisse vivre dans le repos, sans souci des besoins temporels, comme les prêtres du Seigneur, versets 4 à 6 ; ― la malédiction s’est changée en bénédiction, versets 7 à 9. ― Le serviteur de Dieu est heureux d’annoncer ces bonnes nouvelles, versets 10 et 11.] [61.1-2 Isaïe parle ici de lui-même, mais comme simple représentant de Jésus-Christ, qui s’est appliqué ce qui est dit dans ce passage (voir Luc, 4, 18-21). Comparer à Isaïe, 49, verset 1 et suivants.] [61.1 Voir Luc, 4, 18.]
pour publier l’année de la réconciliation du Seigneur, et le jour de la vengeance de notre Dieu, pour consoler tous ceux qui pleurent, [61.2 Voir Matthieu, 5, 5.]
A cause de Sion je ne me tairai pas, et à cause de Jérusalem je ne prendrai pas de repos, jusqu’à ce que son juste paraisse comme une vive (éclatante) lumière, et son sauveur comme une lampe allumée (un flambeau, répande sa clarté). [62.1-12 5 e Discours : Gloire prochaine de Jérusalem, chapitre 62. Le Seigneur ne se taira pas, il ne se reposera pas jusqu’à ce qu’il ait accompli son œuvre de miséricorde, versets 1 à 3. ― Sion redeviendra la bien-aimée de Dieu, versets 4 et 5. ― Les sentinelles de Jérusalem rappellent à Jéhovah sa promesse, jusqu’à ce qu’il l’ait accomplie, versets 6 à 9. ― Le moment du salut approche : que tous se préparent ; le Sauveur vient, versets 10 à 12.] [62.1-2 Le juste et le sauveur , annoncé ici, est Jésus-Christ même, et le nom nouveau que Dieu promet à Jérusalem est celui qu’il a donné à son Eglise en l’appelant l’Eglise de Jésus-Christ, l’Eglise chrétienne.]
Tu seras une couronne de gloire dans la main du Seigneur, et un diadème royal dans la main de ton Dieu.
Quel est celui qui vient d’Edom, de Bosra, avec ses vêtements teints ? Il est beau dans sa robe, et il s’avance avec une force toute-puissante (dans la grandeur de sa puissance). Je suis celui qui parle (la) justice, et je viens pour défendre et (combattre) pour sauver. [63.1-6 6 e Discours : Jugement contre l’Idumée et les ennemis de l’Eglise, chapitre 63, versets 1 à 6. Ce discours est le plus court des 27 dont se compose la seconde partie d’Isaïe. Il est dirigé contre l’Idumée. Par son ton dramatique, il ressemble au Psaume 18, et par son caractère emblématique, à Isaïe, chapitres 21 à 22, verset 4. ― Le Prophète voit en esprit le Seigneur venant en grande pompe de l’Idumée ; ses vêtements sont teints du sang de ses ennemis ; il les a brisés dans sa colère, comme celui qui foule le raisin dans le pressoir, afin de venger son peuple de ses persécuteurs acharnés et de lui assurer à jamais le repos. ― « Dans le sens spirituel et figuré, dit Calmet, on explique la première partie du chapitre 63, … de Jésus-Christ dans son Ascension. Les anges, surpris de sa gloire, se demandent avec étonnement : Qui est ce héros qui vient tout chargé de sang et tout brillant de majesté ? » ― Comme les Iduméens représentent toujours dans l’Ancien Testament les ennemis de l’Eglise, ce discours annonce plutôt le triomphe de Jésus-Christ sur tous les persécuteurs de son épouse.] [63.1-3 Quelques-uns croient reconnaître ici Judas Machabée, mais c’est plutôt Jésus-Christ même, qui paraît sous un semblable symbole dans Apocalypse, 19, vv. 13, 15. Remarquons de plus que la comparaison tirée du pressoir est assez familière aux écrivains sacrés pour peindre la vengeance, le carnage, le sang répandu.] [63.1 Edom, Bosra. Voir Isaïe, 34, 6. ― Teints (tinctis) ; selon l’hébreu, aigus , c’est-à-dire d’une couleur vive, éclatante, tranchée. Les Septante ont rendu ce mot par rougeur (éruthêma) , signification parfaitement conforme à ce qui est dit dans les versets suivants.]
Elles fondraient comme brûlées par le feu (un embrasement), les eaux deviendraient embrasées, afin que votre nom fût connu à vos ennemis, et que les nations tremblassent (fussent troublées) devant votre face.
Car je vais créer de nouveaux cieux et une terre nouvelle, et les choses anciennes s’effaceront de la mémoire, et elles ne reviendront plus à l’esprit. [65.17-19 Car voici , etc. Saint Jean décrit sous de semblables symboles le Royaume des justes sur la terre renouvelée (voir Apocalypse, 21, 1-5) « rétabli dans son état premier » dit saint Irénée ( Contre les hérésies , V, 33-4). Voir ci-après les versets 20 à 25. Voir Isaïe, 11, 6-9.] [65.17 Voir Isaïe, 66, 22 ; Apocalypse, 21, 1.]
Le loup et l’agneau paîtront ensemble, le lion et le bœuf mangeront de la paille, et la poussière sera la nourriture du serpent. Ils ne nuiront pas et ne tueront pas sur toute ma montagne sainte, dit le Seigneur. [65.25 Voir Isaïe, 11, 6-9. ― Pain ; ce mot est mis souvent dans l’Ecriture pour nourriture en général.]
Voici ce que dit le Seigneur : Le ciel est mon trône, et la terre l’escabeau de mes pieds. Quelle est cette maison que vous me bâtirez, et quel est ce lieu de mon repos ? [66.1-24 9 e Discours : Exclusion des impénitents du royaume de Dieu, chapitre 66. ― 3° Le Prophète s’adresse, au nom de Dieu, à tous les exilés qui s’apprêtent à retourner dans leur patrie. Il leur dit d’abord à tous, sans distinction, que le Seigneur étant le créateur du ciel et de la terre, n’a pas besoin d’une maison faite de main d’homme ; il repousse ensuite tous les pécheurs et leur sacrifices, versets 1 à 6 ; mais Sion n’en aura pas moins de nombreux enfants que Dieu fera naître miraculeusement, versets 7 à 9, et qu’il traitera avec bonté et avec un amour maternel, versets 10 à 14. Quant aux nations infidèles et aux Juifs incrédules, il les jugera dans son indignation, versets 15 à 18. Cependant quelques Israélites resteront pour prêcher sa gloire parmi les Gentils et ramener à Dieu une partie de leurs frères, versets 19 et 20 ; les Gentils eux-mêmes deviendront son peuple et lui fourniront des prêtres, verset 21 ; il y aura un nouvel Israel qui vivra à jamais devant lui comme le nouveau ciel et la nouvelle terre ; toute chair l’adorera ; un châtiment éternel punira ceux qui n’auront pas fait partie de l’Eglise, versets 22 à 24 ; voir Marc, 9, vv. 43, 45, 47.] [66.1 Voir Actes des Apôtres, 7, 49 ; 17, 24.]
Car comme les cieux nouveaux et la terre nouvelle que je vais créer subsisteront toujours devant moi, dit le Seigneur, ainsi subsisteront votre race et votre nom. [66.22 Voir Isaïe, 30, 26. ― Les cieux nouveaux , etc. Voir Isaïe, 65, 17-19 et note 30.26. Cette annonce des « nouveaux cieux et de la nouvelle terre » est répétée à maintes reprises dans l’Ecriture : voir 2 Pierre, 3, 13 ; Apocalypse, 21, 1-5. Le monde ne sera pas anéanti, mais purifié par le feu et renouvelé (voir 1 Corinthiens, 7, 31. Comparer à Romains, 8, verset 19 et suivants), « rétabli dans son état premier », dit saint Irénée ( Contre les hérésies , V, 33-4).]
Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de devant mes yeux la malice de vos pensées, cessez de faire le mal (d’agir avec perversité), [1.16 Voir 2 Pierre, 3, 11.]
Maison de Jacob, venez, et marchons à la lumière du Seigneur.
Malheur à vous, qui dites que le mal est bien, et que le bien est mal ; qui changez (donnez) les ténèbres en (pour la) lumière, et la lumière en (pour les) ténèbres ; qui changez (donnez) l’amertume en (pour la) douceur, et la douceur en (pour l’) amertume.
L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône sublime (haut) et élevé, et le bas de ses vêtements remplissait le temple. [6 L’inauguration du prophète Isaïe (versets 1 à 9) a été traitée par certains critiques de pure invention, Isaïe voulant par ce récit prévenir la haine du peuple, que ses menaces ne pouvaient manquer d’exciter contre lui.] [6.1-13 ― 4° Vocation d’Isaïe au ministère prophétique, chapitre 6. ― Le chapitre 6 nous raconte les détails de la vocation du prophète à sa mission prophétique. « La tradition place cette prophétie après la mort d’Ozias et à la première année de Joathan… Les modernes se sont écartés de cet arrangement : 1° parce que le sujet de ce chapitre doit le faire considérer comme le premier dans l’ordre des temps ; 2° parce que le titre : En l’année où est mort le roi Ozias (758), se rapporte non au temps qui a suivi, mais à celui qui a précédé la mort de ce roi de Juda… Ces raisons, quoique plausibles, ne vont pas au-delà de simples vraisemblances… Les interprètes ont examiné : 1° quel a été l’objet de cette vision prophétique ; 2° quelle en est la scène ; 3° quelle en est la nature. ― 1° Selon quelques-uns, l’objet de la vision a été le Père, selon d’autres Dieu le Fils, et selon d’autres la Sainte Trinité. Ce dernier sentiment est plus probable, attendu que l’Eglise, dès les premiers siècles, a reconnu une allusion aux trois personne divines dans les mots : Saint, saint, saint, et dans cette interrogation : Qui enverrai-je (unité de substance), et qui ira pour nous (pluralité de personnes) ? ― 2° La scène s’est passée, selon les uns, dans le temple de Salomon ; selon d’autres, dans le ciel montré à l’imagination du prophète sous des formes semblables à celles du temple… ― 3° On peut admettre une apparition réelle, comme celles dont furent honorés tant d’autres avant Isaïe. Cependant Cornelius a Lapide, après saint Augustin, soutient que tout s’est passé dans l’imaginaire du prophète, et ce sentiment paraît bien plus probable. » (LE HIR.)] [6.1 Le Seigneur ; c’est-à-dire selon Jean (voir Jean, 12, 40-41), le Fils de Dieu. ― Et ce qui était au-dessous de lui ; les tapis sur lesquels le trône était placé ; ou plutôt, selon le texte original, le bas, le bord, l’extrémité de sa robe ; car c’est le sens qu’a le terme hébreu dans Exode, 28, 33-34. ― Le temple ; en hébreu hékal , mot qui signifie palais des rois et temple de Dieu. C’est la demeure extra-terrestre, le ciel où Dieu réside.]
et Samarie sera la tête (est la capitale) d’Ephraïm, et le fils de Romélie la tête (le chef) de Samarie. Si vous ne croyez pas, vous ne subsisterez (persévérerez) pas. [7.9 Samarie. Voir 3 Rois, note 16.24.]
En ce jour-là le reste d’Israel, et ceux de la maison de Jacob qui auront échappé ne s’appuieront plus sur celui qui les frappait (frappe) ; mais ils s’appuieront sur le Seigneur, le saint d’Israel, avec sincérité.
Poussez des cris (hurlements), car le jour du Seigneur est proche ; il viendra comme un ravage (une dévastation) du Seigneur.
Oracle sur (Malheur accablant de) Tyr. Hurlez, vaisseaux de la mer, car le lieu d’où les navires avaient coutume de venir a été détruit, c’est du pays de Céthim que la nouvelle leur en est venue. [23.1-18 Prophétie contre Tyr. Ce morceau est, au point de vue littéraire, l’un des plus beaux d’Isaïe : c’est une élégie d’une rare perfection poétique. On peut la partager en quatre strophes : versets 1 à 5, 6 à 9, 10 à 14 et 15 à 18. ― A l’époque d’Isaïe, Tyr était dans sa plus grande puissance ; son commerce était très florissant et ses flottes portaient partout les produits de son art et de son industrie. Pour être à l’abri des surprises et pour être en état de se défendre plus facilement, les Tyriens avaient placé le siège de leur puissance et enfermé leurs richesses dans une petite île, située à environ douze cents pas de la terre ferme ; ce fut la nouvelle Tyr. On sait qu’Alexandre le Grand, pour s’en emparer, la réunit à la terre fermée par une jetée. ― On pense communément que la prophétie contre Tyr fut réalisée par Nabuchodonosor, roi de Babylone, en s’appuyant sur le verset 13, mais ce verset qui annonce en réalité que l’Assyrie domine sur la Chaldée, montre qu’il s’agit d’un temps antérieur à Nabuchodonosor, sous lequel le royaume d’Assyrie n’existait plus. Ce verset est probablement une allusion à la prise de Babylone par Sargon. Voir plus haut, Isaïe, 21, 1-10. La prophétie faite ici par Isaïe dut s’accomplir sous le règne de Sennachérib. Les monuments de ce prince nous apprennent que Luli, roi de Sidon et maître de la Phénicie et par conséquent de Tyr, s’enfuit à l’approche de Sennachérib et se réfugia dans l’île de Chypre. L’oracle ne fut d’ailleurs complètement accompli que sous le règne d’Alexandre le Grand. ― Voir, de plus, sur la chute de Tyr, Ezéchiel, note 26.2.] [23.1 Malheur accablant. Voir Isaïe, 13, 1. ― La maison ; le lieu, le port. ― La terre de Céthim ; la Macédoine. ― Ou plutôt ici, l’île de Chypre, que Céthim désigne plus particulièrement, parce que les vaisseaux de la mer (en hébreu : de Tharsis ), qui reviennent des colonies occidentales de la Phénicie, et retournent à la maison , c’est-à-dire à Tyr qui est la patrie des marins qui les montent, apprendront à Chypre même les malheurs qui ont fondu sur leur pays.]
Mon âme vous a désiré pendant la nuit, et je m’éveillerai (veillerai) dès le matin, pour vous chercher de mon esprit et de mon cœur. Lorsque vous aurez exercé vos jugements sur la terre, les habitants du monde apprendront la justice.
Car le secours de l’Egypte n’est que néant (inutile) et vanité. C’est pourquoi je crie à ce sujet : Ce n’est que de l’orgueil ; demeure(z) en paix.
car le Seigneur est notre juge, le Seigneur est notre législateur, le Seigneur est notre roi ; c’est lui qui nous sauvera.
Voici, les nations sont comme la goutte (coulant) d’un seau, et comme un grain dans (ce qui donne un mouvement à) la balance ; les îles sont comme une fine poussière.
Car je suis le Seigneur ton Dieu, qui te prends par la main, et qui te dis : Ne crains pas, c’est moi qui t’aide.
Moi, le Seigneur, je t’ai appelé dans la justice, et je t’ai pris par la main, et je t’ai gardé, et je t’ai établi pour l’alliance du peuple et la lumière des nations, [42.6 Voir Isaïe, 49, 6. ― Pour être , etc. ; pour faire avec mon peuple une nouvelle alliance. Comparer à Isaïe, 46, 8 ; Jérémie, 31, 21.]
Je me suis formé ce peuple, et il publiera ma louange.
Ne craignez pas, et ne vous troublez pas : depuis longtemps je te l’ai fait savoir (entendre), et je te l’ai annoncé ; vous êtes mes témoins. Y a-t-il un autre Dieu que moi, et un créateur que je ne connaisse pas ?
Je forme la lumière et je crée les ténèbres, je fais la paix et je crée les maux : Je suis le Seigneur qui fais toutes ces choses. [45.7 Les maux ; les calamités, les infortunes, comme châtiment des péchés.]
Car voici ce que dit le Seigneur qui a créé les cieux, le Dieu (même) qui a formé la terre et qui l’a faite, qui l’a façonnée et qui ne l’a pas créée en vain, mais qui l’a formée pour qu’elle fût habitée : Je suis le Seigneur, et il n’y en a pas d’autre.
Une femme (mère) peut-elle oublier son enfant, et n’avoir pas pitié du fils de ses entrailles ? Mais quand (même) elle l’oublierait, moi je ne t’oublierai pas.
Le Seigneur Dieu est mon protecteur ; c’est pourquoi je n’ai pas été confondu ; c’est pourquoi j’ai rendu mon visage semblable à une pierre très dure, et je sais que je ne serai pas confondu.
Le Seigneur a fait voir (préparé) son bras saint aux yeux de toutes les nations, et toutes les extrémités de la terre verront le salut de notre Dieu. [52.10 Voir Psaumes, 97, 3.]
Et il donnera les (des) impies pour (prix de) sa sépulture, et les (un) riche(s) pour (prix de) sa mort, parce qu’il n’a pas commis d’iniquité, et que le mensonge (la tromperie) n’a pas été dans sa bouche. [53.9 Voir 1 Pierre, 2, 22 ; 1 Jean, 3, 5. ― Il donnera. On pense généralement que ce pronom il représente le mot Dieu ou Seigneur , sous-entendu ; nous croyons, nous, qu’il se rapporte au Messie, sujet de la plupart des verbes exprimés dans cet oracle prophétique. ― Des impies ; ainsi porte l’hébreu, sans l’article déterminatif qui se lit pourtant dans le grec ; ce qui peut s’entendre du centurion et de ses soldats qui confessèrent, au pied de la croix, la divinité de Jésus-Christ (voir Marc, 15, 39 ; Luc, 23, 47-48), ou bien des soldats romains qui gardaient le tombeau du Sauveur. ― Pour sa sépulture (pro sepultura), pour sa mort (pro morte sua) ; c’est-à-dire pour prix de sa sépulture, pour prix de sa mort ; c’est aussi le sens qu’on donne au texte des Septante. ― Un riche (divitem) ; selon l’hébreu. On l’entend de Joseph, homme riche d’Arimathie (voir Matthieu, 27, 57-60). Le grec lit les riches . ― Parce qu’il n’a pas , etc. Ce passage est appliqué à Jésus-Christ par plusieurs apôtres (voir 1 Pierre, 2, 22 ; 1 Jean, 3, 5).]
tous tes enfants seront instruits par le Seigneur, et il y aura abondance de paix (est réservée) pour tes fils. [54.13 Tous tes fils , et abondance de paix ; sont à l’accusatif dans le texte, comme complément ou régime direct du verbe actif, je ferai (ponam) du verset précédent. Comparer à Jean, 6, 45.]
Que l’impie abandonne sa voie et l’homme d’iniquité ses pensées, et qu’il(s) revienne(nt) au Seigneur, car il aura pitié de lui ; et à notre Dieu, parce qu’il est large pour pardonner.
Voici ce que dit le Seigneur : Gardez l’équité (le jugement), et pratiquez la justice, car mon salut ne tardera pas à venir, et ma justice à être manifestée. [56.1-8 8 e Discours : Conséquences morales et sociales de l’œuvre de la Rédemption, chapitre 56, versets 1 à 8. Personne n’est exclu désormais du royaume de Dieu : y entrera non celui qui descend d’Abraham, mais celui qui pratique la vertu, versets 1 à 8.] [56.1 Voir Sagesse, 1, 1. ― Mon salut ; le salut que je dois envoyer.]
Crie, ne t’arrête pas, fais retentir ta voix comme une trompette, et annonce à mon peuple ses crimes, et à la maison de Jacob ses péchés. [58.1-14 III. Troisième section : Le royaume messianique, du chapitre 58 au chapitre 66. ― 1 er Discours. Du faux et du vrai culte dû à Dieu, chapitre 58. Le peuple prétend être pieux et mériter le salut, parce qu’il jeûne, mais à quoi sert le jeûne si la rénovation intérieure ne l’accompagne ? C’est une œuvre extérieure sans valeur, parce qu’il n’est pas le fruit de la crainte de Dieu, versets 1 à 6. ― Il faut être charitable envers le prochain ; faire la volonté du Seigneur : voilà le vrai culte qu’on doit rendre à Dieu, afin de recevoir ses grâces et ses miséricordes, versets 7 à 14, voir Matthieu, 6, verset 1 et suivants.] [58.1 Crie. C’est le Seigneur qui s’adresse à Isaïe.]
Les (Et des) nations marcheront à ta lumière, et les (des) rois à la splendeur de ton aurore (lever). [60.3 De ton lever (ortus tui) ; Jérusalem est comparée à un astre. Ce qui est dit dans ce verset ne peut s’expliquer que de la venue de Jésus-Christ.]
pour accorder et pour donner à ceux de Sion qui pleurent une couronne au lieu de la cendre, l’huile de joie au lieu du deuil, un vêtement de louange au lieu d’un esprit affligé (de tristesse) ; et il y aura en elle des hommes puissants en (les héros de la) justice, une plantation du Seigneur pour le glorifier. [61.3 De l’huile de joie ; des parfums qui réjouissent.]
Sur tes murs, Jérusalem, j’ai placé des gardes ; ils ne se tairont jamais, ni le jour ni la nuit. Vous qui vous souvenez du Seigneur, ne vous taisez pas, [62.6 Pendant tout le jour , etc. ; allusion aux sentinelles qu’on plaçait sur les tours et sur les hauteurs en temps de guerre, pour découvrir les mouvements de l’ennemi. De peur que ces sentinelles ne s’endormissent, on les obligeait à crier de temps en temps l’une à l’autre, et à se répondre.]
C’est ma main qui a fait tout cela, et toutes ces choses ont été créées, dit le Seigneur ; mais qui regarderai-je, sinon le pauvre, et celui qui a le cœur brisé (l’esprit contrit), et qui craint mes paroles ? [66.2 Qui tremble à mes paroles (trementem sermones meos). Le verbe trembler étant neutre, l’accusatif sermones meos ne peut être qu’une expression adverbiale ; c’est pour cela que nous avons ajouté dans notre traduction à , qui se trouve d’ailleurs exprimé dans une phrase parallèle au verset 5.]
Aveugle le cœur de ce peuple, et rends ses oreilles dures, et bouche-lui les yeux, de peur qu’il ne voie de ses yeux, et qu’il n’entende de ses oreilles, et qu’il ne comprenne de son cœur, et qu’il ne se convertisse, et que je ne le guérisse. [6.10 Aveugle , etc. Saint Jean, saint Paul et Jésus-Christ même ont appliqué ce passage à l’endurcissement des Juifs au temps de l’Evangile. Voir Matthieu, 13, 14 ; Luc, 8, 10 ; Jean, 12, 40 ; Actes des Apôtres, 28, 26 ; Romains, 11, 8. ― Le cœur ; l’intelligence.]
et il deviendra votre sanctification ; et (mais) il sera une (en) pierre d’achoppement et une (en) pierre de scandale pour les deux maisons d’Israel, un (en) piège et un (en) sujet de ruine pour les habitants de Jérusalem. [8.14 Voir Luc, 2, 34 ; 1 Pierre, 2, 7. ― Il sera , etc. Jésus lui-même est devenu une pierre d’achoppement et de scandale (voir Romains, 9, 33 ; 1 Pierre, 2, 8). ― Saint Paul et saint Pierre ont appliqué ces paroles à Notre-Seigneur, parce que les Juifs n’ayant pas cru en lui, il devint pour eux une cause de réprobation.]
En ce jour, (viendra) le rejeton (racine) de Jessé sera comme un (l’) étendard pour les peuples ; les nations lui offriront leurs prières, et son sépulcre sera glorieux. [11.10 Voir Romains, 15, 12. ― La racine de Jessé. Voir le verset 1. ― L’étendard des peuples ; c’est la croix du Sauveur, qui fut comme un signal autour duquel tous les peuples du monde se sont rassemblés. ― Son sépulcre , etc. Le sépulcre de Jésus-Christ a été glorieux, tant parce que ce divin Sauveur en est sorti après avoir vaincu la mort, et qu’il s’y est opéré depuis bien des miracles, que parce que le tombeau lui-même est depuis tant de siècles l’objet de la vénération des chrétiens.]
En ce jour-là le Seigneur visitera, avec son glaive dur, grand et fort, Léviathan, (ce) serpent robuste (levier, note), Léviathan, ce serpent tortueux, et il tuera le monstre de (grand poisson qui est dans) la mer. [27.1 Son glaive ; son jugement, l’arrêt de sa justice. ― Levier (vectem) ou barre ; c’est-à-dire semblable à une barre par sa longueur et sa grosseur. Le mot hébreu correspondant signifie proprement fuyard, fugitif ; la Vulgate l’a rendu par tortueux (tortuosus) . ― Le grand poisson ; la baleine , comme on l’entend communément. Sous ces termes énigmatiques, on peut voir les différents ennemis d’Israel ; mais aussi les méchants en général, dont le démon est le chef.]
Car c’est le jour de la vengeance du Seigneur, l’année des représailles pour faire justice à (dans le jugement de) Sion. [34.8 L’année , etc. ; c’est-à-dire l’année où dans un jugement le Seigneur fera justice à Sion, en lui rendant ce que ses ennemis lui avaient enlevé.]
Chantez au Seigneur un cantique nouveau, chantez sa louange aux extrémités de la terre, vous qui descendez sur la mer et tout ce qui la remplit, vous ses îles et ceux qui les habitent. [42.10 Sa louange (laus ejus) ; quoique au nominatif, peut très bien être un second complément du verbe chantez ; nous avons déjà fait remarquer que, dans la Vulgate, les cas se mettent l’un pour l’autre, sans égard pour la construction latine. Comparer à Psaumes, 61, 3.]
J’ai effacé tes iniquités comme une nuée, et tes péchés comme un nuage (une vapeur) : reviens à moi, car je t’ai racheté. [44.22 Comme un nuage et comme un vapeur ; sont dissipés et disparaissent.]
Prêtez l’oreille, et venez à moi ; écoutez-moi, et votre âme vivra ; et je conclurai avec vous une alliance éternelle, pour rendre stable la miséricorde promise à David. [55.3 Les miséricordes (misericordias) est à l’accusatif, comme étant en opposition avec pacte éternel, complément du verbe actif feriam qui précède. Quant aux promesses de miséricorde faites à David, elles sont rappelées dans plusieurs psaumes, mais particulièrement à Psaumes, 88, 28-29. Comparer à Actes des Apôtres, 13, 34.]
Alors tu invoqueras, et le Seigneur t’exaucera ; tu crieras, et il dira : Me voici. Si tu éloignes la chaîne du milieu de toi, si tu cesses d’étendre le doigt et de dire ce qui n’est pas utile ; [58.9 La chaîne ; dont tu charges tes frères. ― D’étendre le doigt ; ou de montrer au doigt ; locution qui a toujours marqué le mépris et l’insulte. ― Ce qui n’est pas utile (quod non prodest) ; le terme hébreu correspondant signifie aussi méchanceté, iniquité, crime, mensonge, fausseté . De là le Chaldéen l’a rendu par rapine , et les Septante par murmure . Quoi qu’il en soit, il s’agit ici de paroles nuisibles au prochain.]
Je me réjouirai avec effusion (Me réjouissant, je me réjouirai, note) dans le Seigneur, et mon âme sera ravie d’allégresse en mon Dieu ; car il m’a revêtu des vêtements du salut, et il m’a entouré des ornements (du manteau) de la justice, comme un époux orné d’une couronne, et comme une épouse parée de ses bijoux (colliers). [61.10 Me réjouissant, je me réjouirai. Voir, sur ce genre de répétition, Psaumes, 39, 2. ― Comme l’époux paré d’une couronne. C’était la coutume que l’époux portât une couronne pour célébrer ses noces.]
Je me souviendrai des miséricordes du Seigneur ; je louerai le (chanterai la louange du) Seigneur pour tout ce qu’il nous a fait, pour tous ses bien(fait)s envers la maison d’Israel, bienfaits qu’il a répandus sur elle selon sa bonté et selon la multitude de ses miséricordes. [63.7-64.12 Les trois derniers discours : Conclusion de la prophétie, du chapitre 63, verset 7 au chapitre 64. ― Les trois derniers discours de la dernière section forment la conclusion de la prophétie entière. Dans le premier, qui est le septième de ce cycle, Isaïe, au nom d’Israel captif, adresse à Dieu une prière pour obtenir la délivrance et la fin des maux de son peuple ; dans le second, Dieu répond à cette prière, et dans le troisième et dernier, il exclut de sa miséricorde ceux qui ne reçoivent pas le salut. ― 7 e Discours : Prière d’Israel captif, du chapitre 63, verset 7 au chapitre 64. ― 1° Le Prophète arrivé au terme de sa prophétie, prie au nom de ses frères qu’il voit déjà en esprit captifs à Babylone. Après une sorte de prologue, chapitre 63, verset 7, il commence sa prière en jetant un regard sur les premiers temps de l’histoire de ses pères ; ils ont été infidèles et ont forcé Dieu, qui avait été si bon pour Israel, de le châtier jusqu’à sa conversion, versets 8 à 14. Qu’il ait pitié de lui, versets 15 à 19, et qu’il le délivre de ses ennemis, chapitre 64, versets 1 et 2. Rien ne lui est plus facile, versets 3 et 4 ; et quoique les péchés d’Israel le rendent indigne de ses miséricordes, il est, lui, le père de son peuple et il doit venger l’honneur de son sanctuaire profané, versets 5 à 12.]
Et ils sortiront, et ils verront les cadavres de ceux qui se sont révoltés (ont prévariqués) contre moi : leur ver ne mourra pas, et leur feu ne s’éteindra pas, et leur vue sera un objet de dégoût (regard jusqu’à satiété) pour toute chair. [66.24 Leur ver , etc. Jésus explique ces paroles des peines de l’enfer où le remords de la conscience des damnés est comme un ver intérieur qui les ronge, ne meurt pas, et où le feu qui les tourmente ne s’éteint pas. (Voir Marc, 9, vv. 43, 45, 47).]