Isaïe - Chapitre 15

Isaïe 15.1 Oracle contre (Malheur accablant de) Moab. En une nuit, Ar de Moab a été saccagée, elle est anéantie (Moab s’est tu) ; en une nuit la muraille de Moab a été renversée, elle est anéantie (Moab s’est tu). [15.1-16.14 Prophétie contre Moab. La stèle du roi de Moab, Mésa, trouvée près de Dibon en 1869 et conservée actuellement au musée du Louvre, nomme parmi les villes moabites six de celles dont on lit ici les noms : Dibon, Nabo, Jasa, Médaba, Oronaïm, Sabama.] [15.1 Malheur accablant. Voir Isaïe, 13, 1. ― Ar ; ville capitale de Moab. ― Ar était sur la rive gauche de l’Arnon, vis-à-vis d’Aroer.] Isaïe 15.2 La maison royale et Dibon sont montées sur les hauts lieux, pour pleurer la perte de Nabo et de Médaba. Moab pousse des cris ; toutes les têtes sont rasées et toutes les barbes sont coupées. [15.2 Voir Jérémie, 48, 37 ; Ezéchiel, 7, 18. ― La maison ; le palais et la famille royale, selon saint Jérôme. ― Dibon ; ville de Moab, près d’Ar. ― Nabo ; autre ville, près d’une montagne du même nom. ― Médaba ; ville près de la montagne de Phasga. L’usage de monter sur les hauteurs pour pleurer dans les disgrâces publiques et particulières est connu dans l’Ecriture. ― Sur toutes les têtes , etc. S’arracher les cheveux et se couper la barbe étaient également des signes de deuil.] Isaïe 15.3 Ils sont revêtus de sacs dans les rues ; sur les toits et dans les places tout se lamente et fond en larmes. [15.3 De sacs ; ce n’étaient pas des sacs proprement dits, mais des habits rudes et grossiers, qu’on portait dans le deuil. ― Sur ses toits. Les toits étaient en plate-forme, et l’on y montait pour pleurer dans les moments d’affliction. ― Est descendu dans leur pleur ; hébraïsme, pour s’est mêlé aux larmes, s’est confondu avec les larmes .] Isaïe 15.4 Hésébon et Eléalé poussent des cris, leur voix se fait entendre jusqu’à Jasa ; les vaillants de Moab se lamentent sur cela ; son âme gémit sur elle-même. [15.4 Hésébon, Eléalé ; deux villes, dont la première était située au pied du mont Phasga, et la seconde au nord, et à trois lieues environ de Hésébon. ― Jasa ; autre ville à l’extrémité méridionale de Moab. ― Son âme ; l’âme de chacun ; ou chacun gémira non seulement sur le malheur public, mais sur sa propre infortune.] Isaïe 15.5 Mon cœur poussera des cris sur Moab ; ses défenseurs vont jusqu’à Segor, génisse de trois ans. On monte en pleurant par la colline de Luith, et on jette(ra) des cris de détresse sur le chemin d’Oronaïm. [15.5 Ses verrous ; ses appuis, ses soutiens. ― Ségor ; à l’extrémité méridionale de la mer Morte. ― Génisse de trois ans ; c’est-à-dire forte, vigoureuse, ou indocile, indomptée. ― Luith ; ville située entre Ar et Ségor. ― Oronaïm ; ville de Moab, dans le voisinage de Ségor, ou à l’extrémité opposée de cette dernière, selon que l’on entend ces paroles de Jérémie, 48, 34 : « Ils ont fait entendre leur voix de Ségor à Oronaïm. »] Isaïe 15.6 (Car) Les eaux de Nemrim se changeront en un désert ; l’herbe est desséchée, le gazon est détruit, et toute verdure a disparu (péri). [15.6 Nemrim ; ville au septentrion de Ségor et sur la mer Morte.] Isaïe 15.7 La grandeur de leurs châtiments égale celle de leurs crimes ; les ennemis les mèneront au torrent des saules. [15.7 Leurs œuvres ; leurs crimes. ― Au torrent , etc. Babylone était située sur l’Euphrate dont les bords étaient couverts de saules. Comparer à Psaumes, 136, 2.] Isaïe 15.8 Les cris font le tour des confins de Moab ; ses plaintes retentissent jusqu’à Gallion, et ses hurlements jusqu’au Puits d’Elim. [15.8 Gallim et Puits d’Elim ; deux villes situées sur les confins de Moab.] Isaïe 15.9 Car les eaux de Dibon sont remplies de sang, et j’enverrai à Dibon de nouveaux malheurs ; un lion contre les échappés de Moab et contre les restes du pays. [15.9 Un lion ; Nabuchodonosor, envoyé contre Moab, après Salmanasar.]

Isaïe : Chapitre 15

Le Jugement de Moab selon Isaïe 15

Le chapitre 15 du livre d'Isaïe prononce un jugement solennel sur Moab, une nation qui s'est historiquement opposée à Israël. À travers ce texte poignant, nous découvrons les leçons profondes que la chute de cette nation nous enseigne. Ce passage décrit la dévastation imminente qui frappera Moab, illustrant les lamentations et l'angoisse des Moabites face à leur sort. Ainsi, Isaïe 15 nous rappelle que nul peuple n'est à l'abri du jugement divin.

Cinq Passages Bibliques Éclairants

Pour approfondir notre compréhension des principes de la justice divine révélés dans ce chapitre, considérons cinq passages bibliques complémentaires.

Jérémie 48:1

« À propos de Moab. C'est ce que dit l'Éternel des armées, le Dieu d'Israël : « Malheur à Nébo, qui sera détruit ! Kiriathaïm sera humilié et capturé ; la forteresse sera humiliée et mise en pièces. »

Dans ce verset, Jérémie prophétise contre Moab d’une manière similaire à Isaïe 15, illustrant la cohérence du message prophétique à travers les âges.

Amos 2:1

« Ainsi parle l'Éternel : « Pour trois transgressions de Moab et pour quatre, je ne suspendrai pas le châtiment, car il a brûlé jusqu'à ce que les ossements du roi d'Édom soient brûlés. »

Amos renforce également le jugement sur Moab, rappelant la sévérité de la justice divine qui s'applique à toutes les nations.

Sophonie 2:8-9

« J'ai entendu les insultes de Moab et les moqueries des Ammonites, qui insultaient mon peuple et menaçaient son territoire. C'est pourquoi je jure, tant que je vis, déclare l'Éternel des armées, le Dieu d'Israël, que Moab deviendra comme Sodome, et Ammon comme Gomorrhe. »

Ce passage fait écho au jugement d'Isaïe sur Moab, soulignant l'importance du traitement réservé à Israël.

Ézéchiel 25:8-11

« Voici ce que dit le Souverain Seigneur : Parce que Moab et Séir ont dit : « Voyez, la nation de Juda est devenue comme toutes les autres nations », j'ouvrirai le flanc de Moab [...] J'exécuterai le jugement sur Moab, et ils sauront que je suis le Seigneur. »

Ézéchiel témoigne également de la continuité du message prophétique contre Moab, affirmant la souveraineté de Dieu dans le jugement des nations.

Psaumes 60:8

« Moab est le bassin dans lequel je me lave ; Je jette ma sandale sur Édom ; sur la Philistie, je lance mon cri de victoire. »

Ce psaume, en contraste avec la lamentation d'Isaïe 15, reflète une attitude de triomphe sur Moab, illustrant les diverses perspectives prophétiques sur cette nation.

En conclusion, le jugement prononcé sur Moab nous invite à réfléchir sur les conséquences du péché et la nécessité de la repentance. Que ces passages nous encouragent à vivre selon les principes de la justice divine et à rechercher la miséricorde de Dieu dans nos vies.