Luc - Chapitre 20

Luc 20.1 Et il arriva qu’un de ces jours-là, comme il enseignait le peuple dans le temple et lui annonçait l’Evangile, les princes des prêtres et les scribes survinrent avec les anciens, [20.1 Voir Matthieu, 21, 23 ; Marc, 11, 27. — Les princes des prêtres et les scribes y vinrent avec les anciens. Sur les princes des prêtres et les scribes, voir Matthieu, note, 2.4 ; sur les anciens, voir Matthieu, note 16.21.] Luc 20.2 et lui parlèrent en ces termes : Dites-nous par quelle autorité vous faites ces choses, ou quel est celui qui vous a donné ce pouvoir. Luc 20.3 Jésus, répondant, leur dit : Je vous adresserai, moi aussi, une question. Répondez-moi : Luc 20.4 Le baptême de Jean était-il du ciel, ou des hommes ? Luc 20.5 Mais ils pensaient en eux-mêmes, disant : Si nous répondons : Du ciel, il dira : Pourquoi donc n’avez-vous pas cru en lui ? Luc 20.6 Et si nous répondons : Des hommes, tout le peuple nous lapidera ; car il est persuadé que Jean était un prophète. Luc 20.7 Ils répondirent donc qu’ils ne savaient d’où il était. Luc 20.8 Et Jésus leur dit : Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais ces choses. Luc 20.9 Alors il se mit à dire au peuple cette parabole : Un homme planta une vigne, et la loua à des vignerons ; puis lui-même il fut pendant longtemps hors du pays. [20.9 Voir Isaïe, 5, 1 ; Jérémie, 2, 21 ; Matthieu, 21, 33 ; Marc, 12, 1. — « Un temps assez long : dans l’application de la parabole, il faut entendre tout le temps qui s’écoula depuis l’alliance du Sinaï et l’entrée des Hébreux dans la Terre promise jusqu’à la venue du Messie, environ 2000 ans. » (CRAMPON, 1885)] Luc 20.10 Et, dans la saison, il envoya un serviteur vers les vignerons, pour qu’ils lui donnassent du fruit de la vigne. Après l’avoir battu, ils le renvoyèrent les mains vides. [20.10-11 Voir, pour le mot déchirer , Matthieu, 21, 35.] Luc 20.11 Il envoya encore un autre serviteur ; mais ils le battirent aussi, et, après l’avoir accablé d’outrages, ils le renvoyèrent les mains vides. Luc 20.12 Il envoya encore un troisième, qu’ils blessèrent aussi et chassèrent. Luc 20.13 Alors le maître de la vigne dit : Que ferai-je ? J’enverrai mon fils bien-aimé ; peut-être, en le voyant, éprouveront-ils du respect. Luc 20.14 Mais lorsque les vignerons le virent, ils pensèrent en eux-mêmes, et dirent : Celui-ci est l’héritier ; tuons-le, afin que l’héritage soit à nous. Luc 20.15 Et l’ayant chassé hors de la vigne, ils le tuèrent. Que leur fera donc le maître de la vigne ? Luc 20.16 Il viendra, et il fera périr ces vignerons, et il donnera la vigne à d’autres. Ayant entendu cela, ils lui dirent : A Dieu ne plaise ! Luc 20.17 Mais lui, les regardant, dit : Qu’est-ce donc que ceci qui est écrit : La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la tête de l’angle ? [20.17-18 Voir Psaumes, 117, 22 ; Isaïe, 28, 16 ; Matthieu, 21, 42 ; Actes des Apôtres, 4, 11 ; Romains, 9, 33 ; 1 Pierre, 2, 7.] Luc 20.18 Quiconque tombera sur cette pierre sera brisé ; et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera. Luc 20.19 Les princes des prêtres et les scribes cherchaient à mettre les mains sur lui à cette heure même, mais ils craignirent le peuple : car ils avaient reconnu que c’était contre eux qu’il avait dit cette parabole. Luc 20.20 Et l’épiant, ils envoyèrent des hommes artificieux, qui feindraient d’être justes, pour le surprendre dans ses paroles, afin de le livrer à l’autorité et à la puissance du gouverneur. [20.20 Voir Matthieu, 22, 15 ; Marc, 12, 13.] Luc 20.21 Et ils l’interrogèrent, en disant : Maître, nous savons que vous parlez et enseignez avec droiture, et que vous n’avez pas d’égard aux personnes, mais que vous enseignez la voie de Dieu dans la vérité. Luc 20.22 Nous est-il permis de payer le tribut à César, ou non ? [20.22 A César ou à l’empereur. C’était alors Tibère. Voir Luc, 3, 1.] Luc 20.23 Considérant leur ruse, Il leur dit : Pourquoi me tentez-vous ? Luc 20.24 Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l’image et l’inscription ? Ils lui répondirent : De César. [20.24 Un denier. Voir Matthieu, 18, 28.] Luc 20.25 Alors il leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. [20.25 Voir Romains, 13, 7.] Luc 20.26 Et ils ne purent rien reprendre dans ses paroles devant le peuple ; mais, ayant admiré sa réponse, ils se turent. Luc 20.27 Quelques-uns des sadducéens, qui nient qu’il y ait une résurrection, s’approchèrent ensuite, et l’interrogèrent, [20.27 Voir Matthieu, 22, 23 ; Marc, 12, 18. — Des Sadducéens. Voir la note 32 à la fin du volume.] Luc 20.28 en disant : Maître, Moïse a écrit pour nous : Si le frère de quelqu’un, ayant une femme, meurt sans laisser d’enfants, son frère épousera sa femme, et suscitera une postérité à son frère. [20.28 Voir Deutéronome, 25, 5.] Luc 20.29 Or il y avait sept frères ; et le premier épousa la femme, et mourut sans enfants. Luc 20.30 Le second la prit, et mourut lui-même sans enfants. Luc 20.31 Le troisième la prit aussi, et de même tous les sept ; et ils ne laissèrent pas de postérité, et ils moururent. Luc 20.32 Enfin, après eux tous, la femme mourut aussi. Luc 20.33 A la résurrection donc, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse ? car les sept l’ont eue pour femme. Luc 20.34 Jésus leur dit : Les enfants de ce siècle se marient et sont donnés en mariage ; [20.34 Les fils de ce siècle ; hébraïsme, pour ceux qui vient dans le monde, sur cette terre.] Luc 20.35 mais ceux qui seront jugés dignes du siècle à venir et de la résurrection des morts ne se marieront pas, et ne prendront pas de femme ; [20.35 Mais ceux qui , etc. Tous les méchants, sans exception, ressusciteront aussi, mais non pas dans la gloire ; si donc Jésus-Christ ne parle ici que des justes, c’est pour nous faire soupirer avec plus d’ardeur après la résurrection glorieuse.] Luc 20.36 car ils ne pourront plus mourir, parce qu’ils sont égaux aux anges, et qu’ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection. Luc 20.37 Mais que les morts ressuscitent, Moïse le montre lui-même, à l’endroit du buisson, lorsqu’il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob. [20.37 Voir Exode, 3, 6. — A l’endroit du buisson ; c’est-à-dire dans son récit relatif au buisson. Comparer à Marc, 12, 26.] Luc 20.38 Or Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; car tous sont vivants pour lui. Luc 20.39 Alors quelques-uns des scribes, prenant la parole, lui dirent : Maître, vous avez bien répondu. Luc 20.40 Et ils n’osaient plus lui faire aucune question. Luc 20.41 Mais il leur dit : Comment dit-on que le Christ est fils de David Luc 20.42 puisque David lui-même dit dans le livre des Psaumes : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, [20.42 Voir Psaumes, 109, 1 ; Matthieu, 22, 44 ; Marc, 12, 36.] Luc 20.43 jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis l’escabeau de tes pieds ? [20.43 L’escabeau de vos pieds. Voir Matthieu, 22, 44.] Luc 20.44 David l’appelle donc Seigneur ; alors, comment est-il son fils ? Luc 20.45 Tandis que tout le peuple l’écoutait, il dit à ses disciples : Luc 20.46 Gardez-vous des scribes, qui affectent de se promener en robes longues, et qui aiment les salutations sur la place publique, les premières chaires dans les synagogues et les premières places dans les festins, [20.46 Voir Matthieu, 23, 6 ; Marc, 12, 38 ; Luc, 11, 43. — Avec de longues robes (stolai). Voir Luc, 15, 22.] Luc 20.47 qui dévorent les maisons des veuves sous prétexte de longues prières. Ils recevront une condamnation plus sévère.

Luc : Chapitre 20

Les Confrontations Finales de Jésus : Un Regard sur Luc Chapitre 20

Le chapitre 20 de l'Évangile selon Luc nous plonge dans les confrontations décisives de Jésus avec les autorités religieuses de son temps. Comment le Maître répond-il aux défis qui lui sont posés ? Ce texte chargé de tension aborde des questions cruciales sur l'autorité de Jésus, la parabole des méchants fermiers, ainsi que des débats sur la résurrection et la nature du Messie. De plus, Jésus met en garde contre les scribes, révélant ainsi la sagesse divine qui le caractérise face à l'opposition humaine.

Ce chapitre met également en lumière l'identité de Jésus en tant que Fils de David et Seigneur, tout en préparant le terrain pour les événements culminants qui suivront. Invitons-vous à explorer avec nous cinq passages bibliques qui éclairent les thèmes fondamentaux de ce chapitre intense.

Passages Clés de Luc 20

Psaumes 118:22-23 : "La pierre que les bâtisseurs ont rejetée est devenue la pierre angulaire ; Cela vient du Seigneur et c'est une chose merveilleuse pour nous." Jésus cite ce passage dans Luc 20:17 après avoir raconté la parabole des méchants fermiers, soulignant ainsi son rôle essentiel dans le plan divin.

Exode 3:6 : "Il dit encore : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob »." Jésus se réfère à ce passage dans Luc 20:37 pour discuter de la résurrection, affirmant la continuité de la vie après la mort.

Deutéronome 25:5 : "Si deux frères vivent ensemble et que l’un d’eux décède sans laisser de fils, la veuve de celui qui est décédé n’épousera pas quelqu’un d’extérieur à la famille. Le frère de la personne décédée l'épousera et remplira le devoir de beau-frère." Cette loi est mentionnée par les Sadducéens dans Luc 20:28 lors de leur question sur la résurrection, illustrant leur compréhension limitée des Écritures.

Psaumes 110:1 : "Le Seigneur dit à mon Seigneur : « Assieds-toi à ma droite jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis un marchepied pour tes pieds. »" Jésus cite ce psaume dans Luc 20:42-43 pour remettre en question la compréhension commune du Messie, affirmant ainsi sa véritable identité et sa mission divine.

Marc 12:38-40 : "Pendant qu'il enseignait, Jésus a dit : « Méfiez-vous des docteurs de la loi. Ils mettent un point d'honneur à porter des vêtements spéciaux et à être accueillis avec respect sur les places... »" Ce passage trouve un écho dans l'avertissement de Jésus contre les enseignants de la loi dans Luc 20:45-47, soulignant l'importance de l'humilité et de la sincérité dans la foi.

Conclusion

Luc 20 est un chapitre riche en enseignements et en révélations. À travers ces confrontations, Jésus nous invite à réfléchir sur notre propre compréhension de l'autorité, de la résurrection et du véritable sens de la foi. Que nous puissions, à l'instar du Maître, répondre avec sagesse et courage aux défis de notre époque.