Genèse - Chapitre 3

Genèse 3.1 Or (Mais) le serpent était le plus rusé de tous les animaux que le Seigneur Dieu avait formés sur la terre. Et il dit à la femme : Pourquoi Dieu vous a-t-il commandé de ne manger du fruit d’aucun des arbres du paradis ? [3.1 Par le serpent , il faut entendre dans tout le récit le démon qui a pris la forme de ce reptile. ― « Osons le dire, tout a ici en apparence un air fabuleux, dit Bossuet. Un serpent parle, une femme écoute ; un homme si parfait et si éclairé se laisse entraîner à une tentation grossière ; tout le genre humain tombe avec lui dans le péché et dans la mort : tout cela paraît insensé. Mais c’est ici que commence la vérité de cette sublime sentence de saint Paul : Ce qui est en Dieu une folie apparente est plus sage que la sagesse des hommes … Ne regardons pas [la finesse du serpent] comme la finesse d’un animal sans raison, mais comme la finesse du diable, qui, par une permission divine, était entré dans le corps de cet animal. Comme Dieu paraissait à l’homme sous une forme sensible, il en était de même des anges… Il était juste, l’homme étant composé de corps et d’âme, que Dieu se fit connaître à lui selon l’un et l’autre, selon le sens comme selon l’esprit. Il en était de même des anges qui conversaient avec l’homme, en telle forme que Dieu permettait et sous la figure des animaux. Eve ne fut donc point surprise d’entendre parler un serpent, comme elle ne le fut pas de voir Dieu même paraître sous une forme sensible. » ― Pourquoi ? « Le tentateur procède par interrogation et tâche d’abord de produire un doute. La première faute d’Eve, c’est de l’avoir écouté et d’être entrée avec lui en raisonnement. La première faute de ceux qui errent, c’est de douter. » (BOSSUET.)] Genèse 3.2 La femme lui répondit : Nous mangeons du fruit des arbres qui sont dans le paradis ; [3.2 Nous mangeons , etc. « Telle fut la réponse d’Eve, où il n’y a rien que de véritable, puisqu’elle ne fait que répéter le commandement du Seigneur. Il ne s’agit donc pas de bien répondre ou de dire de bonnes choses, mais de les dire à propos. Eve eut dû ne point parler du tout au tentateur, qui lui venait demander des raisons d’un commandement où il n’y avait qu’à obéir et non point à raisonner. » (BOSSUET.)] Genèse 3.3 mais pour ce qui est du fruit de l’arbre qui est au milieu du paradis, Dieu nous a demandé de n’en point manger, et de n’y point toucher, de peur que nous ne mourions. Genèse 3.4 Le serpent repartit à la femme : Certainement vous ne mourrez point (pas de mort). [3.4 Voir 2 Corinthiens, 11, 3. ― Vous ne mourrez pas de mort. Voir note 2.17. ― Le serpent « vit qu’Eve était éblouie de la nouveauté et que déjà elle entrait dans le doute qu’il lui voulait suggérer, il ne garde plus de mesures ; il flatte l’orgueil, il pique et excite la curiosité. L’orgueil entra avec ces paroles : Vous serez comme des dieux . Celles-ci : Vous saurez le bien et le mal , excitèrent la curiosité. » (BOSSUET.)] Genèse 3.5 Mais c’est que Dieu sait qu’aussitôt que vous aurez mangé de ce fruit, vos yeux seront ouverts, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. Genèse 3.6 La femme considéra (vit) donc que le fruit de cet arbre était bon à manger, qu’il était beau à la vue, et agréable à contempler (d’un aspect qui excitait le désir). Et en ayant pris, elle en mangea, et elle en donna à son mari, qui en mangea aussi. [3.6 Voir Ecclésiastique, 25, 33 ; 1 Timothée, 2, 14. ― La femme vit … « Eve commence à regarder ce fruit défendu et c’est un commencement de désobéissance. C’est vouloir être réduite que de se rendre attentive à la beauté et au goût qui lui avait été interdit. La voilà donc occupée des beautés de cet objet défendu et comme convaincue que Dieu était trop sévère de leur défendre l’usage d’une chose si belle, sans songer que le péché ne consiste pas à user des choses mauvaises par leur nature, puisque Dieu n’en avait point fait ni n’en pouvait faire de telles, mais à mal user des bonnes. Ces regards attentifs sur l’agrément et sur le bon goût de ce beau fruit firent entrer jusque dans la moelle des os l’amour du plaisir des sens. » ― Et en donna à son mari. « Le serpent ne poussa pas plus loin la tentation du dehors, et content d’avoir bien instruit et persuadé son ambassadeur, il laissa faire le reste à Eve séduite. Il lui avait parlé non seulement pour elle, mais encore pour son mari. Le démon ne se trompa pas en croyant que sa parole portée par Eve à Adam aurait plus d’effet que s’il la lui eût portée lui-même. (Adam) céda plutôt à Eve par complaisance que convaincu par ses raisons. Il ne voulut point contrister cette seule et chère compagne. A la fin il donna dans la séduction. » (BOSSUET.)] Genèse 3.7 En même temps (effet) leurs yeux furent ouverts à tous deux ; ils reconnurent qu’ils étaient nus, et ils entrelacèrent des feuilles de figuier, et s’en firent des ceintures. Genèse 3.8 Et ayant entendu la voix du Seigneur Dieu qui se promenait dans le paradis à la brise du soir, ils se retirèrent au milieu des arbres du paradis, pour se cacher de devant sa face. Genèse 3.9 Alors le Seigneur Dieu appela Adam, et lui dit : Où es-tu ? Genèse 3.10 Adam lui répondit : J’ai entendu votre voix dans le paradis, et j’ai eu peur, parce que j’étais nu ; c’est pourquoi je me suis caché. Genèse 3.11 Le Seigneur lui repartit : Et d’où as-tu su que tu étais nu, sinon de ce que tu as mangé du fruit de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ? Genèse 3.12 Adam lui répondit : La femme que vous m’avez donnée pour compagne m’a présenté du fruit de cet arbre, et j’en ai mangé. Genèse 3.13 Le Seigneur dit a la femme : Pourquoi as-tu fait cela ? Elle répondit : Le serpent m’a trompée ; et j’ai mangé. Genèse 3.14 Alors le Seigneur Dieu dit au serpent : Parce que tu as fait cela, tu es maudit entre tous les animaux et toutes les bêtes de la terre : tu ramperas sur le ventre, et tu mangeras (de) la terre tous les jours de ta vie. [3.14-15 Le serpent est celui des animaux que l’homme a le plus en horreur, et qu’il désire le plus de détruire. Le démon ayant élevé le serpent au-dessus de sa condition naturelle en l’embellissant par ses prestiges, en lui donnant une attitude plus noble, Dieu lui ôte ses qualités, et le réduit à la condition de ramper sur le ventre. ― Le serpent se nourrit de semences et d’insectes qui se trouvent dans la terre. ― La malédiction que Dieu prononce ici regarde tout à la fois et le serpent et le démon. Cette femme qui doit briser la tête du serpent est la très sainte Vierge, qui ruina l’empire du démon en donnant naissance à Jésus-Christ.] Genèse 3.15 Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta race (postérité) et la sienne. Elle te brisera la tête, et tu tâcheras de la mordre par (lui tendras des embûches au) le talon. Genèse 3.16 Dieu dit aussi à la femme : Je multiplierai tes maux (fatigues, notes) et tes grossesses. Tu enfanteras dans la douleur : tu seras sous la puissance de ton mari, et il te dominera. [3.16 Voir 1 Corinthiens, 14, 34. ― Tes fatigues ; c’est-à-dire les incommodités qu’éprouve une femme enceinte, comme le malaise, les langueurs, les dégoûts, etc. ― Tes grossesses ; ou plutôt, les douleurs, les tourments de la grossesse.] Genèse 3.17 Il dit ensuite à Adam : Parce que tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé du fruit de l’arbre dont je t’avais défendu de manger, la terre sera maudite à cause de ce que tu as fait, et c’est à force de travail que tu en tireras de quoi te nourrir pendant toute ta vie. Genèse 3.18 Elle te produira des épines et des ronces, et tu te nourriras de l’herbe de la terre. Genèse 3.19 Tu mangeras ton pain à la sueur de ton visage, jusqu’à ce que tu retournes en la terre d’où tu as été tiré ; car tu es poussière et tu retourneras en poussière. [3.19 Le pain est mis souvent dans l’Ecriture pour la nourriture en général. ― « La souffrance infligée comme châtiment à la femme et le travail que doit subir Adam satisfont à la règle de la justice. En elle-même, la loi du travail n’est point une loi de douleur et de souffrance ; c’est le péché, c’est la chute d’Adam qui fait ajouter la peine au travail, la sueur au pain que l’homme doit manger. » (A. PELLISSIER.)] Genèse 3.20 Et Adam donna à sa femme le nom d’Eve, parce qu’elle était la mère de tous les vivants. Genèse 3.21 Le Seigneur Dieu fit aussi à Adam et à sa femme des habits (tuniques) de peaux, dont il les revêtit. Genèse 3.22 Et il dit : Voilà (qu’) Adam devenu comme l’un de nous, sachant le bien et le mal. Empêchons donc maintenant qu’il ne porte sa main à l’arbre de vie, qu’il ne prenne aussi de son fruit, et qu’en mangeant il ne vive éternellement. [3.22 Comme l’un de nous. Comparer à Genèse, 1, 26.] Genèse 3.23 Le Seigneur Dieu le fit sortir ensuite du jardin délicieux (de délices), pour travailler à la culture de la terre dont il avait été tiré. Genèse 3.24 Et l’en ayant chassé, il mit devant le jardin de délices des (les) Chérubins qui faisaient étinceler une épée de feu, pour garder le chemin qui conduisait à l’arbre de vie.

Genèse : Chapitre 3

La Chute de l'Humanité dans le Chapitre 3 de la Genèse

Le chapitre 3 de la Genèse constitue un récit fondamental sur la chute de l'humanité. Il est essentiel de s'interroger sur les conséquences de la désobéissance d'Adam et Ève. Ce texte crucial décrit la tentation du serpent, la décision d'Adam et Ève de manger le fruit défendu, et les répercussions de cet acte tragique.

Les Concepts Fondamentaux de Genèse 3

Ce chapitre introduit des notions essentielles telles que le péché, le jugement divin, et la promesse de rédemption. En plus d'expliquer les origines de la souffrance humaine, Genèse 3 jette les bases du plan de salut de Dieu. Nous vous invitons à méditer sur cinq passages bibliques qui éclairent les thèmes profonds de ce chapitre transformateur.

Passages Bibliques Éclairants

Romains 5:12 : "Ainsi donc, de même que le péché est entré dans le monde par un seul homme, et la mort par le péché, de même la mort est venue à tous les hommes, parce que tous ont péché." Ce verset fait directement référence à la chute d'Adam dans Genèse 3, expliquant les conséquences cosmiques de cet événement.

2 Corinthiens 11:3 : "Je crains cependant que, tout comme le serpent a trompé Ève par sa ruse, votre esprit ne soit corrompu et ne s'écarte de votre dévotion sincère et pure au Christ." Paul fait allusion à la tentation d’Ève par le serpent dans Genèse 3, en l’utilisant comme analogie pour mettre en garde contre la tromperie spirituelle.

Apocalypse 12:9 : "Le grand dragon fut expulsé. Il est l’ancien serpent appelé diable ou Satan, qui trompe le monde entier. Lui et ses anges furent jetés sur terre." Ce verset identifie le serpent de Genèse 3 avec Satan, fournissant une interprétation théologique ultérieure de l'événement de la chute.

1 Timothée 2:14 : "Et ce n’est pas Adam qui a été trompé, mais la femme qui, trompée, est devenue une transgresseuse." Paul réfléchit aux événements de Genèse 3, proposant une interprétation du rôle d'Ève lors de la chute.

Galates 3:16 : "Les promesses ont été faites à Abraham et à son descendant. L'Écriture ne dit pas « et à ses descendants », comme si elle parlait de plusieurs, mais « à ses descendants », ce qui implique qu'il n'y en a qu'un, qui est Christ." Ce verset interprète la promesse de la « postérité de la femme » dans Genèse 3:15 comme une référence prophétique au Christ.

Conclusion

En réfléchissant à ces passages, nous prenons conscience de la profondeur du récit de la chute et de ses implications pour notre foi. Que cette méditation nous guide dans notre cheminement spirituel et nous rapproche de la rédemption promise par Dieu.