Apocalypse - Chapitre 17

Apocalypse 17.1 Alors un des sept anges qui avaient les sept coupes vint et me parla, en disant : Viens, et je te montrerai la condamnation de la grande prostituée, qui est assise sur de vastes (les grandes) eaux, [17.1-5 La grande Babylone. « Sous les noms symboliques de prostituée et de Babylone, c’est bien la Rome païenne, la Rome des Césars, la ville aux sept collines, représentant l’empire romain tout entier, qui est ici décrite. Aussi est-ce à cette ville et à cet empire que la plupart des interprètes appliquent ce chapitre. Ceux qui reportent à la fin des temps les événements annoncés par les visions de l’Apocalypse ne le contestent pas ; mais, selon eux, saint Jean n’emprunte que ses couleurs et ses traits à la Rome des Césars, et ce n’est pas elle qu’il a réellement en vue, mais, soit la même ville redevenue païenne à la fin des temps, soit une autre ville riche et puissante, idolâtre et corrompue, qui sera, dans les derniers jours du monde, la capitale du dernier empire antichrétien. Comparer à Apocalypse, 14, 8. — Assise sur les grandes eaux : trait emprunté à la Babylone historique située sur l’Euphrate, (voir Jérémie, 51, 13). Ces eaux signifient des peuples, des foules, et des nations (verset 15), sur lesquels règne la prostituée. » (Chanoine CRAMPON, 1885) — « Le nom que porte la femme assise sur les grandes eaux, indique qu’elle est une personnification, un symbole dont il faut saisir le sens : mystère . Or, la bête [étant préfigurée par] l’empire idolâtre et persécuteur, la femme qui est assise sur la bête doit figurer la capitale de cet empire, Rome, centre du pouvoir et siège principal de l’idolâtrie. En effet, chaque trait du tableau la désigne ; et l’on peut dire que tout le monde aujourd’hui la reconnaît (…). — Que cette femme représente une ville, saint Jean le dit expressément. Bien plus, il ajoute que cette ville est la ville par excellence, la reine des villes, la grande cité, qu’elle a sept montagnes et sept rois, qu’elle étend sa domination sur tous les peuples et sur tous les princes. Une telle indication suffirait à elle seule ; car Rome n’était pas désignée autrement à cette époque, et nulle autre ville n’a été désignée ainsi. — Cette grande ville est représentée comme le principal soutien de l’idolâtrie, comme une source d’erreurs et de dépravation pour l’univers entier. Elle est pleine d’abominations et d’impuretés, c’est-à-dire d’idoles et de temples païens. Elle est couverte d’inscriptions sacrilèges et blasphématoires. C’est une Nouvelle Babylone, pour la tyrannie, aussi bien que pour l’orgueil, la puissance et l’impiété. Elle persécute le christianisme ; elle s’enivre du sang des saints et des martyrs du Sauveur. Elle a fait périr des apôtres et des prophètes, et tout le sang qui se verse dans le monde pour la cause de la vérité est répandu par elle. — Qui pourrait méconnaître à ces traits la Rome des empereurs, telle qu’était sous Domitien, au moment du martyre de saint Jean et de son exil à Patmos ? Nous avons déjà vu que les chrétiens la nommaient Babylone. On l’appelait aussi Sodome ou l’Egypte. Non contente de professer l’idolâtrie, elle s’attribuait à elle-même la divinité. — Elle se disait éternelle ; et comme ses empereurs, vivants et morts, elle avait ses temples, ses statues, ses autels. Elle en avait dans ses murs aussi bien que dans les provinces. — Quant à sa cruauté envers les chrétiens, à ses persécutions, au nombre de ses victimes, les catacombes en sont un monument irrécusable. — Cette nouvelle Babylone devait tomber comme l’ancienne, pour ne jamais se relever. Elle était destinée à être la proie de ceux qu’elle opprimait, à passer par le fer et par le feu, comme un criminel voué au châtiment divin, et enfin, à être ruinée de fond en comble. Sa chute devait jeter par toute la terre l’effroi, la stupeur, la désolation, mais en même temps être le signal du triomphe de l’Eglise dans le monde entier. Les chrétiens échapperaient au châtiment, comme ils avaient échappé à la corruption. — Il suffit d’avoir lu l’histoire du quatrième et du cinquième siècle pour reconnaître dans la ruine de Rome [la parfaite préfiguration] de ces prédictions. Prise, pillée, saccagée quatre fois, par Alaric, roi des Goths (409), par Genséric, roi des Vandales (455), par Odoacre, roi des Hérules (466), par Totila, roi des Ostrogoths (546), la capitale de l’empire finit par disparaître sous ses débris avec ses dieux et ses temples. L’empire devint la proie des Barbares. Il ne resta de la population de Rome qu’un petit nombre de chrétiens qui bâtirent une nouvelle cité, à la place des ruines de l’ancienne. » (L. BACUEZ.)] Apocalypse 17.2 avec laquelle les rois de la terre se sont souillés, et les habitants de la terre ont été enivrés du vin de sa prostitution. Apocalypse 17.3 Et il me transporta en esprit dans le désert. Et je vis une femme assise sur une bête de couleur écarlate, couverte de noms de blasphèmes, qui avait sept têtes et dix cornes. Apocalypse 17.4 Et la femme était vêtue de pourpre et d’écarlate, et parée d’or, de pierres précieuses et de perles ; elle avait dans sa main une coupe d’or, pleine des abominations et de l’impureté de sa fornication. Apocalypse 17.5 Et sur son front était écrit ce nom : Mystère ; Babylone la grande, la mère des fornications et des abominations de la terre. Apocalypse 17.6 Et je vis cette femme, ivre du sang des saints, et du sang des martyrs de Jésus ; et en la voyant, je fus frappé d’un grand étonnement. Apocalypse 17.7 Et l’ange me dit : Pourquoi t’étonnes-tu ? Je te dirai le mystère de la femme, et de la bête qui la porte, et qui a sept têtes et dix cornes. Apocalypse 17.8 La bête que tu as vue était et n’est plus ; elle doit monter de l’abîme et aller à la ruine (perdition) ; et les habitants de la terre dont les noms ne sont pas écrits dans le livre de vie depuis la création du monde, s’étonneront en voyant la bête, qui était et qui n’est plus. Apocalypse 17.9 Et ici il faut une intelligence qui ait de la sagesse. Les sept têtes sont sept montagnes sur lesquelles la femme est assise ; elles sont aussi sept rois. Apocalypse 17.10 Cinq sont tombés ; l’un est, et l’autre n’est pas encore venu, et quand il sera venu, il doit demeurer peu de temps. [17.10-13 « Bisping et les partisans de l’interprétation eschatologique [disent ceci] : les sept têtes sont les puissances de ce monde qui, dans la suite de l’histoire, ont fait ou feront tour à tour la guerre au peuple de Dieu : Egyptiens, Assyriens, Babyloniens, Médo-Perses, Macédoniens, Romains. Etats modernes sortis de la Révolution ou imbus de ses principes. Quand l’élément antichrétien aura atteint son plein développement, viendra un huitième roi, sorti des sept (et non pas l’un d’eux, comme on traduit souvent), c’est-à-dire une puissance mondaine, qui résumera en elle et portera au suprême degré l’impiété des sept premières. Les dix cornes désignent les divers Etats de la fin des temps, Etats non indépendants, mais vassaux, soumis à la souveraineté de l’Antéchrist ( la bête. Bisping lit ouk, non , au lieu de oupô, nondum ). Voilà pourquoi elles ne portent pas de couronnes (comparer à Apocalypse 13, 1). Leurs pouvoir durera une heure, c’est-à-dire peu de temps, car ils seront vaincus par l’Agneau (verset 14 : cette victoire de l’Agneau est décrite au chapitre 19). » (CRAMPON, 1885)] Apocalypse 17.11 La bête, qui était et qui n’est plus, est elle-même la huitième ; et elle est des sept, et elle va à la ruine (perdition). Apocalypse 17.12 Et les dix cornes que tu as vues sont dix rois qui n’ont pas encore reçu la royauté ; mais ils recevront la puissance comme rois pendant une heure, avec la bête. [17.12 Pour une heure ; pendant une heure ; d’autres traduisent : A la même heure, dans une même heure ; mais la première interprétation est plus conforme au texte sacré.] Apocalypse 17.13 Ils ont un même dessein, et ils donneront leur force et leur puissance à la bête. Apocalypse 17.14 Ils combattront contre l’Agneau, et l’Agneau les vaincra, parce qu’il est le Seigneur des seigneurs, et le Roi des rois ; et ceux qui sont avec lui sont les appelés (les) élus et (les) fidèles. [17.14 Voir 1 Timothée, 6, 15 ; Apocalypse, 19, 16.] Apocalypse 17.15 Et il me dit : Les eaux que tu as vues à l’endroit où la prostituée est assise, sont des peuples, des nations et des langues. [17.15 Des peuples, des nations et des langues : « ces expressions amoncelées ont pour but de montrer Rome comme le centre où affluent et se mêlent dans leur étrange variété toutes les nations de la terre. » (CRAMPON, 1885)] Apocalypse 17.16 Et les dix cornes que tu as vues sur la bête haïront la prostituée, et la rendront désolée et nue, et dévoreront ses chairs, et la (ils les) brûleront elle-même avec le feu. Apocalypse 17.17 Car Dieu leur a mis dans le cœur de faire ce qui lui plaît, et de donner la royauté à la bête, jusqu’à ce que les paroles de Dieu soient accomplies. Apocalypse 17.18 Et la femme que tu as vue, c’est la grande ville, qui a la royauté sur les rois de la terre. [17.18 La grande ville , Rome. « La Rome des Césars [préfigurant] une nouvelle Rome de la fin des temps, comme la Rome des Césars était une autre Babylone. » (CRAMPON, 1885)]

Apocalypse : Chapitre 17

Le Jugement de la Grande Prostituée selon l'Apocalypse

Le chapitre 17 de l'Apocalypse nous révèle le jugement de la grande prostituée. Cette vision symbolique nous présente une femme chevauchant une bête écarlate, représentant un système religieux et politique apostat. À travers ce texte, le Saint-Esprit nous dévoile non seulement la nature, mais aussi le destin de cette puissance mondiale séduisante.

Thèmes Principaux

Les thèmes de l'idolâtrie spirituelle, de la corruption mondiale et du jugement divin sur les systèmes du monde sont prédominants dans ce chapitre. Il est essentiel de s'enquérir des Écritures pour mieux comprendre le message profond que Dieu nous transmet à travers cette révélation.

Passages Bibliques Éclairants

Nous vous invitons à méditer sur cinq passages bibliques qui éclairent le sens profond de ce chapitre révélateur :

1. Jérémie 51:7

"Babylone était une coupe d'or dans la main du Seigneur ; elle a enivré tout le pays. Les nations buvaient son vin ; c'est pour ça qu'ils sont devenus fous." Cette prophétie concernant Babylone se rapporte à la « grande prostituée » d’Apocalypse 17.

2. Daniel 7:24

"Les dix cornes sont dix rois qui surgiront de ce royaume. Après eux surgira un autre roi, différent des précédents ; il soumettra trois rois." Cette vision de Daniel concernant les dix rois est similaire à la description dans Apocalypse 17:12-14.

3. Ésaïe 1:21

"Voyez comme la ville fidèle est devenue une prostituée ! Autrefois pleine de justice et de droiture, elle est maintenant pleine de meurtriers." Cette métaphore d’une ville comme prostituée fait écho à la description de Babylone dans Apocalypse 17.

4. Nahum 3:4

"Tout cela à cause des nombreux actes de prostitution de la prostituée séduisante, de la sorcière séduisante, qui asservissait les nations par sa prostitution et les peuples par sa sorcellerie." Cette description de Ninive comme prostituée est similaire à celle de Babylone dans Apocalypse 17.

5. Ézéchiel 16:15

"Mais vous avez fait confiance à votre beauté et avez utilisé votre renommée pour vous prostituer. Tu t'offrais à tout homme qui passait et ta beauté devenait sienne." La métaphore de Jérusalem en tant que prostituée infidèle se rapporte à la « grande prostituée » d'Apocalypse 17.

En conclusion, ces passages nous invitent à réfléchir sur la situation spirituelle de notre monde et à nous interroger sur notre propre fidélité à Dieu. Que ces Écritures vous inspirent et vous guident sur le chemin de la vérité et de la justice.