Lamentations - Chapitre 1

Lamentations 1.1 Aleph. Comment est-elle assise solitaire, cette (la) ville pleine de peuple ? Elle est devenue comme veuve, la maîtresse des nations ; la souveraine des provinces est devenue tributaire. [1.1 Le 1 er verset donne le ton de tout le morceau. La pensée qui frappe l’esprit du prophète, c’est la solitude dans laquelle il se trouve. La princesse, la maîtresse des nations , est maintenant assise solitaire, comme la Judæa capta qu’on voit plus tard sur les médailles romaines. (Voir l’Appendice). Ses enfants lui ont été enlevés et elle est plongée dans la plus profonde misère.] Beth. Lamentations 1.2 Elle n’a pas cessé de pleurer (Pleurant elle a pleuré, note) pendant la nuit, et ses larmes coulent sur ses joues ; il n’y a personne qui la console parmi tous ceux qui lui étaient chers ; tous ses amis l’ont méprisée et sont devenus ses ennemis. [1.2 Voir Jérémie, 13, 17. ― Pleurant, elle a pleuré ; hébraïsme, pour elle a beaucoup pleuré .] Ghimel. Lamentations 1.3 Juda est allé en exil, à cause de (son) l’affliction et de la grande servitude (grandeur de son esclavage) ; il a habité parmi les nations, et il n’a pas trouvé de repos ; tous ses persécuteurs l’ont saisi dans ses angoisses. Daleth. Lamentations 1.4 Les chemins de Sion sont en deuil, parce qu’il n’y a plus personne qui vienne aux solennités ; toutes ses portes sont détruites, ses prêtres gémissent ; ses vierges sont défigurées, et elle est elle-même accablée d’amertume. Hé. Lamentations 1.5 Ses ennemis sont devenus (les) maîtres, ses adversaires se sont enrichis, car le Seigneur a parlé contre elle, à cause de la multitude de ses iniquités ; ses petits enfants ont été conduits en captivité devant l’oppresseur. [1.5 Devenus maîtres ; littéralement en tête (in capite) .] Vav. Lamentations 1.6 La fille de Sion a perdu toute sa beauté : ses princes sont devenus comme des béliers qui ne trouvent point de pâturages, et ils sont allés sans force devant celui qui les poursuivait. Zaïn. Lamentations 1.7 Jérusalem s’est souvenue des jours de son affliction et de sa prévarication, de tous les objets désirables (précieuses) qu’elle avait eus depuis les jours anciens, lorsque son peuple tombait sous la (une) main de l’ennemi (ennemie), sans qu’il y eût personne pour le secourir. Ses ennemis l’ont vue, et ils se sont moqués de ses sabbats. [1.7 Sabbats ; nom que les Hébreux donnaient à toutes les fêtes en général, à cause du repos qu’on y observait ; le mot sabbat signifie en effet repos . On sait que les païens reprochaient ordinairement aux Juifs de faire de cette inaction, de cette paresse, comme ils l’appelaient, une partie de leur religion.] Heth. Lamentations 1.8 Jérusalem a grandement péché, c’est pourquoi elle est devenue chancelante (errante) ; tous ceux qui l’honoraient l’ont méprisée, parce qu’ils ont vu son ignominie ; elle-même, gémissante, s’est tournée en arrière. Teth. Lamentations 1.9 Ses souillures sont sur ses pieds, et elle ne s’est pas souvenue de sa fin ; elle a été étonnamment abaissée, et elle n’a pas eu de consolateur. Voyez, Seigneur, mon affliction, parce que l’ennemi s’est élevé avec orgueil. Jod. Lamentations 1.10 L’ennemi a étendu sa main sur tout ce qu’elle avait de précieux, car elle a vu entrer dans son sanctuaire les nations, au sujet desquelles vous aviez ordonné qu’elles n’entreraient pas dans votre assemblée. [1.10 L’ennemi a porté , etc. Jérémie parle ici de ce qui arriva à la prise de Jérusalem, lorsque les soldats chaldéens portèrent leurs mains sacrilèges jusque dans le sanctuaire (voir Lamentations de Jérémie, 2, 7).] Caph. Lamentations 1.11 Tout son peuple gémit et cherche du pain ; ils ont donné toutes leurs choses précieuses pour soutenir (une nourriture qui ranimât) leur vie (âme, note). Voyez, Seigneur, et considérez comme je suis devenue vile. [1.11 Leur âme ; hébraïsme pour leur personne .] Lamed. Lamentations 1.12 O vous tous qui passez par le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur comme ma douleur ; car le Seigneur m’a vendangée, comme il l’avait dit, au jour de (la colère de) sa fureur. [1.12 M’a vendangée ; m’a traitée comme une vigne vendangée, où on n’a rien laissé. ― La colère de sa fureur. Voir Jérémie, 4, 8.] Mem. Lamentations 1.13 D’en haut il a envoyé un feu dans mes os, et il m’a châtiée ; il a tendu un filet sous mes pieds, il m’a fait tomber en arrière ; il m’a rendue désolée, accablée de tristesse tout le jour. Nun. Lamentations 1.14 Le joug de mes iniquités m’a accablé soudain (s’est éveillé) ; elles ont été enlacées dans sa main, et il les a mises (imposées) sur mon cou ; ma force a été affaiblie ; le Seigneur m’a livré à une main dont je ne pourrai pas sortir. Samech. Lamentations 1.15 Le Seigneur a enlevé du milieu de moi tous mes hommes de cœur (illustres) ; il a appelé contre moi le temps où il devait détruire mes soldats de choix (élus, note). Le Seigneur a foulé le pressoir pour la vierge fille de Juda. [1.15 Mes élus ; mes soldats choisis, d’élite. ― Le Seigneur a foulé le pressoir ; pour en faire couler le vin de sa colère. Comparer à Isaïe, 63, 2-3 ; Joel, 3, 13 ; Apocalypse, 14, 19-20 ; 19, 15. ― Pour la vierge , etc. ; pour enivrer la vierge, etc. C’est le peuple de Juda, dans ce passage comme dans bien d’autres, qui est désigné sous le nom d’une vierge et d’une fille.] Aïn. Lamentations 1.16 C’est pour cela que je pleure et que mes yeux fondent en larmes, car le consolateur, qui devait me rendre la vie (me faire revenir mon âme), a été éloigné de moi. Mes enfants ont été détruits (fils sont perdus), parce que l’ennemi est devenu le plus fort. [1.16 Voir Jérémie, 14, 17. ― Qui devait faire revenir mon âme (convertens animam meam) ; lorsque la tristesse lui faisait abandonner mon corps ; qui devait me redonner la vie.] Phé. Lamentations 1.17 Sion a étendu ses mains, il n’y a personne qui la console. Le Seigneur a ordonné aux ennemis de Jacob de l’attaquer de tous côtés ; Jérusalem est devenue parmi eux comme une femme souillée de ses impuretés (par ses mois). Sadé. Lamentations 1.18 Le Seigneur est juste, car j’ai provoqué sa bouche à la colère. Ecoutez, je vous prie, vous tous peuples, et voyez ma douleur ; mes vierges et mes jeunes gens (hommes) sont allés en captivité. [1.18 Le Seigneur est juste ; dans les maux dont il m’a affligé. ― Parce que j’ai provoqué ; dans l’hébreu, je me suis révoltée, j’ai été rebelle . ― Sa bouche ; pour ce qui est sorti de sa bouche, sa parole, ses ordres, son commandement ; métonymie dont on a déjà pu remarquer plus d’un exemple.] Coph. Lamentations 1.19 J’ai appelé mes amis, et ils m’ont trompée ; mes prêtres et mes vieillards ont péri dans la ville, lorsqu’ils cherchaient de la nourriture pour soutenir (ranimer) leur vie (âme). Res. Lamentations 1.20 Seigneur, voyez que je suis dans l’affliction ; mes entrailles sont émues, mon cœur est renversé en moi-même, car je suis remplie d’amertume. Au-dehors le glaive tue, et au-dedans c’est une mort semblable. [1.20 Au-dehors , etc. Hors de la ville, dans le pays, les Juifs étaient tués par les Chaldéens ; dans la ville ils mouraient par la famine et la peste.] Sin. Lamentations 1.21 Ils ont appris que je gémis, et qu’il n’y a personne qui me console ; tous mes ennemis ont appris mon malheur, et ils se sont réjouis de ce que c’est vous qui l’avez causé ; vous amènerez le jour de la (ma) consolation, et ils deviendront semblables à moi. Thau. Lamentations 1.22 Que toute leur méchanceté se présente devant vous ; vendangez-les comme vous m’avez vendangée à cause de toutes mes iniquités, car mes gémissements sont nombreux, et mon cœur est triste. [1.22 Vendangez-les. Voir, pour le sens de cette expression, le verset 12.]

Lamentations : Chapitre 1

La douleur de Jérusalem dans les Lamentations

Le chapitre 1 des Lamentations dépeint Jérusalem en ruines, illustrant la profonde souffrance de cette ville déchue. Le prophète exprime avec intensité la douleur de la cité abandonnée, personnifiant Jérusalem en une veuve éprouvée par l'adversité. Ce poème déchirant dépeint la désolation qui a suivi sa destruction par les Babyloniens, tout en explorant des thèmes universels tels que le péché, les conséquences de nos actions et l'absence apparente de Dieu.

Lamentations 1 équilibre la reconnaissance de la justice divine avec un fervent appel à la miséricorde. Ce texte nous invite à méditer sur notre propre condition spirituelle et à ressentir la nécessité du repentir et de l’espérance. Nous vous proposons de réfléchir à cinq passages bibliques qui résonnent avec les thèmes de ce chapitre émouvant.

Ésaïe 54:6

"Le Seigneur t'a appelé comme une femme sans défense et triste d'esprit, comme une épouse de jeunesse divorcée, dit ton Dieu."

Ce verset fait écho à la personnification de Jérusalem en tant que femme abandonnée dans Lamentations 1, reflétant ainsi le thème de la ville désolée et son appel à la consolation divine.

Jérémie 30:14

"Tous vos alliés vous ont oublié ; ils ne se soucient pas de vous. Je l'ai frappée comme je frappe un ennemi, d'un châtiment cruel, à cause de son grand péché et de ses nombreuses iniquités."

Ce passage illustre la solitude de Jérusalem, abandonnée par ses alliés et punie pour ses péchés, un thème central de Lamentations 1.

Osée 2:15

"Là je lui donnerai ses vignes et je ferai de la vallée d'Acor une porte d'espérance. Là, elle réagira comme aux jours de sa jeunesse, comme au jour où elle quitta l'Égypte."

Ce verset offre un message d'espoir et de restauration, contrastant avec la désolation décrite dans Lamentations 1, mais partageant un langage relationnel similaire qui ouvre la voie à la rédemption.

Psaumes 137:1

"Au bord des rivières de Babylone, nous nous sommes assis et avons pleuré, en nous souvenant de Sion."

Ce psaume capture parfaitement le sentiment de deuil et d’exil présent dans Lamentations 1, nous rappelant les larmes versées pour la cité sainte.

Ézéchiel 5:14

"Je ferai de toi une ruine et un objet de ridicule parmi les nations qui t'entourent, aux yeux de tous les passants."

Cette prophétie d’Ézéchiel s’aligne sur la description de la désolation de Jérusalem dans Lamentations 1, soulignant les conséquences tragiques du péché.

En méditant sur ces versets, que notre cœur s'ouvre à la compréhension de notre propre état et que nous trouvions la force de nous tourner vers Dieu avec repentir et espoir.