Juges - Chapitre 13

Juges 13.1 Les enfants d’Israël commirent encore (de nouveau) le mal aux yeux du Seigneur, qui les livra entre les mains des Philistins pendant quarante ans. [13.1 Voir Juges, 10, 6. ― Aux mains des Philistins. Les Philistins étaient originaires de Crète et avaient émigré de la ville de Caphtor ou Cydonia. Ils formaient une grande confédération qui, sous Ramsès III, roi d’Egypte, avait envahi la Syrie. Ramsès III les battit et en établit les restes dans le pays qui prit depuis leur nom. A la fin de la XX e dynastie égyptienne, profitant de la faiblesse des pharaons, ils devinrent seuls maîtres de toute la riche plaine de la Séphéla. Ils possédèrent ainsi, près de la Méditerranée, trois villes, Gaza au sud, Azot au nord, Ascalon au centre. Dans l’intérieur des terres, ils avaient aussi deux autres villes principales, Geth et Accaron. Ces cinq villes, encore aujourd’hui subsistantes, Geth exceptée, étaient les chefs-lieux de cinq principautés puissantes, gouvernées par cinq seranim ou princes confédérés. C’est du nom des Philistins que les Egyptiens et les Grecs, qui les connurent avant les habitants de l’intérieur des terres, tirèrent la dénomination de Palestine, sous laquelle la terre de Chanaan est encore aujourd’hui désignée.] Juges 13.2 Or il y avait un homme de Saraa, de la race de Dan, nommé Manué, dont la femme était stérile. [13.2 De Saraa. Saraa est actuellement un village de trois cents habitants, qui a gardé son ancien nom, à peine modifié sous la forme Sar’ah. Il est placé sur une colline en forme de pain de sucre, à l’entrée d’une vallée. Les flancs de la colline sont percés de grottes sépulcrales. Une source est à peu de distance, au-dessous du village.] Juges 13.3 Et l’ange du Seigneur apparut à sa femme, et lui dit : Tu es stérile et sans enfants ; mais tu concevras et tu enfanteras un fils. [13.3 Voir Genèse, 16, 11 ; 1 Rois, 1, 20 ; Luc, 1, 31. ― Les grâces que Dieu a accordées à Samson et les faveurs qu’il lui a faites n’avaient pas pour objet de le récompenser de sa vertu, mais de protéger et de défendre son peuple contre la tyrannie et l’oppression de ses ennemis.] Juges 13.4 Prends donc garde de ne pas boire de vin, ni rien de ce qui peut enivrer (cervoise), et de ne rien manger d’impur ; [13.4 Voir Nombres, 6, 3-4.] Juges 13.5 parce que tu concevras et tu enfanteras un fils, sur la tête duquel le rasoir ne passera point ; car il sera nazaréen, consacré à (de, note) Dieu dès son enfance et dès le sein de sa mère, et c’est lui qui commencera à délivrer Israël de la main des Philistins. [13.5 Nazaréen de Dieu ; c’est-à-dire consacré à Dieu en qualité de nazaréen.] Juges 13.6 Et elle vint auprès de son mari, et lui dit : Il est venu à moi un homme de Dieu, qui avait un visage d’ange, et qui était terrible à voir. Je lui ai demandé qui il était, d’où il venait, et comment il s’appelait ; et il ne me l’a pas voulu dire. [13.6 L’homme de Dieu. C’est ainsi que porte l’hébreu. Il paraît que Manué et sa femme avaient déjà une connaissance quelconque de cet homme de Dieu : c’est du moins ce que prouve l’article déterminatif que l’écrivain sacré affecte d’employer ici.] Juges 13.7 Mais voici ce qu’il m’a dit : Tu concevras et tu enfanteras un fils. Prends bien garde de ne point boire de vin, ni rien de ce qui peut enivrer (cervoise), et de ne rien manger d’impur, car l’enfant sera nazaréen, consacré à (de) Dieu dès son enfance et dès le sein de sa mère jusqu’au jour de sa mort. Juges 13.8 Manué pria donc le Seigneur, et lui dit : Je vous en prie, Seigneur, que l’homme de Dieu que vous avez envoyé vienne encore, afin qu’il nous apprenne ce que nous devons faire de cet enfant qui doit naître. Juges 13.9 Le Seigneur exauça la prière de Manué ; et l’ange de Dieu apparut encore à sa femme, tandis qu’elle était assise dans les champs. Manué son mari n’était pas alors avec elle. Ayant donc vu l’ange Juges 13.10 elle courut vite auprès de son mari, et lui dit : Voilà ce même homme, que j’avais vu auparavant, qui m’est encore apparu. Juges 13.11 Manué se leva aussitôt et suivit sa femme. Et étant venu vers cet homme, il lui dit : Est-ce vous qui avez parlé à cette femme ? Il lui répondit : C’est moi. Juges 13.12 Manué lui dit : Quand ce que vous avez prédit sera accompli, que voulez-vous que fasse l’enfant, et de quoi devra-t-il s’abstenir ? Juges 13.13 L’ange du Seigneur répondit à Manué : Qu’il (Que ta femme, note) s’abstienne de tout ce que j’ai indiqué (à ta femme). [13.13-14 Que ta femme s’abstienne , etc. Les verbes de ces deux versets étant au féminin en hébreu, ne peuvent avoir pour sujet que la mère de Samson, et non Samson lui-même.] Juges 13.14 Qu’il (Qu’elle) ne mange rien de ce qui naît de la vigne, ni de ce qui peut enivrer (cervoise). Qu’il (Qu’elle) ne mange rien d’impur, et qu’il (qu’elle) accomplisse et observe ce que j’ai ordonné à son sujet. Juges 13.15 Manué dit ensuite à l’ange du Seigneur : Je vous prie de m’accorder ce que je vous demande, et de permettre que nous vous préparions un chevreau. [13.15 Un chevreau. Voir 1 Rois, note 16.20.] Juges 13.16 L’ange lui répondit : Quelque instance que tu me fasses, je ne mangerai point de ton pain ; mais, si tu veux faire un holocauste, offre-le au Seigneur. Or Manué ne savait pas que ce fût l’ange du Seigneur. Juges 13.17 Et il dit à l’ange : Comment vous appelez-vous ? afin que nous puissions vous honorer si vos paroles s’accomplissent. Juges 13.18 L’ange lui répondit : Pourquoi demandes-tu à savoir mon nom, qui est admirable ? [13.18 Voir Genèse, 32, 29.] Juges 13.19 Manué prit donc le chevreau avec du vin ; il les mit sur une pierre et les offrit au Seigneur, qui opère des merveilles, et il considérait, lui et sa femme, ce qui arriverait. [13.19 Sur le rocher , qui se trouvait à l’endroit même de la campagne où était Manué.] Juges 13.20 Alors la flamme de l’autel monta vers le ciel, et l’ange du Seigneur y monta aussi au milieu des flammes : ce que Manué et sa femme ayant vu, ils tombèrent la face contre terre ; Juges 13.21 et l’ange du Seigneur disparut de devant leurs yeux. Manué reconnut aussitôt que c’était l’ange du Seigneur Juges 13.22 et il dit à sa femme : Nous mourrons (de mort) certainement, parce que nous avons vu Dieu. [13.22 Nous mourrons de mort ; hébraïsme pour : nous mourrons infailliblement.] Juges 13.23 Sa femme lui répondit : Si le Seigneur voulait nous faire mourir, il n’aurait pas reçu de nos mains l’holocauste et le vin (libation) que nous lui avons offerts ; il ne nous aurait pas fait voir toutes ces choses, ni prédit ce qui doit arriver. Juges 13.24 Elle enfanta donc un fils, et elle l’appela Samson. L’enfant crût, et le Seigneur le bénit. [13.24 Samson , en hébreu Schismchôn , parait être un diminutif de schémesch , soleil.] Juges 13.25 Et l’esprit du Seigneur commença à être avec lui, lorsqu’il était dans le camp de Dan, entre Saraa et Esthaol.

Juges : Chapitre 13

La Naissance de Samson : Un Appel Divin

Le chapitre 13 des Juges débute la saga de Samson, un personnage emblématique de l'histoire biblique. Ce texte mystérieux nous invite à réfléchir sur la manière dont Dieu prépare un libérateur dès sa naissance. L'annonce angélique de la naissance de Samson à Manoah et à sa femme stérile est le point de départ d'une aventure spirituelle et humaine riche en enseignements.

La Souveraineté de Dieu dans l'Histoire

Ce chapitre explore des thèmes fondamentaux tels que la souveraineté de Dieu dans l'histoire et l'importance de la consécration. Dieu, dans sa sagesse infinie, choisit de préparer un sauveur pour son peuple, illustrant ainsi son plan divin qui s'étend au-delà des circonstances humaines.

Le Rôle des Parents dans l'Éducation Spirituelle

Le passage met également en lumière le rôle crucial des parents dans l'éducation d'un enfant spécial. Manoah et sa femme sont appelés à élever Samson selon les préceptes divins, un appel qui résonne encore aujourd'hui pour tous les parents chrétiens.

Le Vœu Naziréen de Samson

Le vœu naziréen de Samson est établi avant sa naissance, soulignant la consécration que Dieu exige de lui. Ce vœu, qui implique une abstinence de vin et d'autres boissons fermentées, témoigne de l'importance de vivre selon les normes divines dès le début de la vie.

Cinq Passages Bibliques en Corrélation

Nous vous invitons à considérer cinq passages bibliques qui résonnent avec les thèmes de l'appel divin présents dans ce chapitre fascinant :

À travers ces passages, nous discernons les fils conducteurs de la providence divine et de l'appel que Dieu adresse à chacun d'entre nous. Réfléchissons ensemble à la manière dont nous pouvons répondre à cet appel dans notre propre vie.