Au temps d’Assuérus, qui régna depuis les Indes jusqu’à l’Ethiopie, sur cent vingt-sept provinces, [1.1 Assuérus. Xerxès I er . Voir l’Introduction.]
Mais elle refusa, et dédaigna de venir selon le commandement que le roi lui en avait fait par ses eunuques. Alors le roi, irrité et tout transporté de fureur, [1.12 Vasthi refusa ; fondée sur la loi qui ne permettait pas aux femmes en dignité de se montrer dans les festins.]
Il avait élevé auprès de lui la fille de son frère, Edissa, qui portait aussi le nom d’Esther. Elle avait perdu son père et sa mère. Elle était parfaitement (très) belle et avait un visage très gracieux. Après la mort de son père et de sa mère, Mardochée l’avait adoptée pour sa fille. [2.7 Esther. Sur le nom d’Esther, voir l’Introduction.]
Et (Or) le roi l’aima plus que toutes ses femmes, et elle obtient grâce et faveur devant lui plus que toutes ses femmes. Et il mit sur sa tête le diadème royal, et il la fit reine à la place de Vasthi. [2.17 Et la fit régner. On objecte que suivant Hérodote, après la mort du mage Smerdis, il fut arrêté solennellement que le roi ne pourrait prendre de femme que dans la maison des sept prétendants au trône. On objecte encore qu’il n’est nullement probable qu’Assuérus ait voulu choisir pour reine une femme juive. Mais d’abord est-il bien sûr que l’obligation de n’épouser qu’une femme appartenant à la maison des sept prétendants ne regardait pas uniquement le successeur de Smerdis ? Il n’est pas plus sûr que, lors même que la convention eut été générale et sans restriction, les princes qui vinrent après lui la crurent obligatoire pour eux et consentirent à s’y soumettre. Enfin on sait que les souverains d’Asie, entièrement plongés dans la volupté, ne consultaient que leurs passions et que, par conséquent, ils ne pouvaient être qu’indifférents sur leur famille et leur religion. Cette considération explique encore comme Assuérus a pu épouser une Juive, d’autant plus qu’Esther cherchait elle-même à cacher son extraction, ainsi que le lui avait prescrit Mardochée, son oncle (voir verset 20).]
Et le roi ordonna qu’on fît un festin très magnifique à tous les princes et à tous ses serviteurs pour le mariage et les noces d’Esther. Et il accorda du repos à toutes ses provinces, et il fit des présents (largesses) d’une magnificence princière.
mais il compta pour rien de porter la main seulement sur Mardochée ; et ayant su qu’il était Juif, il aima mieux perdre la nation entière des Juifs qui étaient dans le royaume d’Assuérus.
Et Aman dit au roi Assuérus : Il y a un peuple dispersé par toutes les provinces de votre royaume, et divisé lui-même, usant de lois et de cérémonies nouvelles, et, de plus, méprisant les ordres du roi. Et vous savez très bien qu’il est de l’intérêt de votre royaume que la licence ne le rende pas plus insolent encore.
et envoyées par les courriers du roi dans toutes les provinces, afin qu’on tuât et qu’on exterminât tous les Juifs, depuis l’enfant jusqu’au vieillard, les petits enfants et les femmes, en un même jour, c’est-à-dire le treizième jour du douzième mois, appelé Adar, et qu’on pillât leurs biens. [3.13 Le treizième jour du douzième mois. Onze mois devaient donc s’écouler entre la date du décret et son exécution. On a trouvé ce délai invraisemblable, mais l’explication nous en est fournie par le texte lui-même. Les Perses consultaient le sort dans les affaires graves ; le sort, en cette circonstance, ayant indiqué le douzième mois, appelé Adar, il était nécessaire d’attendre cette date. ― Aman fait porter l’ordre par des courriers dans tout le royaume. Ces courriers avaient été institués par Cyrus.]
Mardochée, ayant appris ces choses, déchira ses vêtements, se revêtit d’un sac, et se couvrit la tête de cendres ; et il poussait de grands cris dans la place du milieu de la ville, manifestant l’amertume de son cœur (âme).
Il lui donna aussi une copie de l’édit qui était affiché dans Suse, pour qu’il la fît voir à la reine ; et pour qu’il l’avertît d’entrer chez le roi, et d’intercéder pour son peuple.
Tous les serviteurs du roi et toutes les provinces de son empire savent que qui que ce soit, homme ou femme, qui entre dans la cour intérieure du roi sans y avoir été appelé, est aussitôt mis à mort sans aucun délai, à moins que le roi n’étende vers lui son sceptre d’or en signe de clémence, et qu’il ne lui sauve ainsi la vie. Comment donc pourrais-je entrer chez le roi, moi qui, depuis déjà trente jours, n’ai pas été appelée auprès de lui ? [4.11 Le vestibule , etc. ; c’est-à-dire le vestibule qui précédait immédiatement la chambre où était le roi.]
il envoya dire encore à Esther : Ne croyez pas que vous sauverez seule votre vie d’entre tous les Juifs, parce que vous êtes dans la maison du roi. [4.13 Plutôt que tous les autres Juifs ; c’est-à-dire à l’exclusion de tous les autres Juifs, si tous les Juifs périssent.]
Car si vous vous taisez maintenant, les Juifs seront délivrés par quelque autre moyen, et vous périrez, vous et la maison de votre père. Et qui sait si ce n’est pas pour cela même que vous êtes parvenue à la royauté, afin de pouvoir agir en de tels temps que celui-ci ?
Allez, assemblez tous les Juifs que vous trouverez dans Suse, et priez pour moi. Ne mangez pas et ne buvez pas pendant trois jours et trois nuits, et je jeûnerai de même avec mes servantes, et ensuite j’entrerai chez le roi malgré la loi et sans être appelée, m’abandonnant au péril et à la mort. [4.16 Trois jours et trois nuits. Cela doit s’entendre d’une partie de deux nuits et d’un jour entier ; puisqu’Esther mangea avec le roi, avant même que le troisième jour fût passé (voir Esther, 5, 1). Comparer à Matthieu, 12, 40. ― A la mort et au péril ; hébraïsme, pour au péril de la mort .]
Et lorsqu’il vit la reine Esther debout, elle plut à ses yeux, et il étendit vers elle le sceptre d’or qu’il avait à la main. Esther, s’approchant, baisa l’extrémité du sceptre.
et elle répondit : S’il plaît au roi, je le supplie de venir aujourd’hui au festin que je lui ai préparé, et Aman avec lui. [5.4 Le vestibule , etc. Voir Esther, 4, 11.]
Et, lorsqu’il fut entré, le roi lui dit : Que doit-on faire à un homme que le roi désire honorer ? Aman, pensant en lui-même et s’imaginant que le roi n’en voulait pas honorer d’autre que lui
Aman prit donc le vêtement (la robe) et le cheval. Et ayant revêtu Mardochée dans la place de la ville, et l’ayant fait monter sur le cheval, il marchait devant lui, et criait : C’est ainsi que mérite d’être honoré celui qu’il plaira au roi d’honorer.
Et il raconta à Zarès, sa femme, et à ses amis tout ce qui lui était arrivé. Les sages dont il prenait conseil et sa femme lui répondirent : Si ce Mardochée devant lequel tu as commencé de tomber est de la race des Juifs, tu ne pourras lui résister ; mais tu tomberas devant lui.
Esther lui répondit : Si j’ai trouvé grâce à vos yeux, ô roi, accordez-moi, s’il vous plaît, ma propre vie, pour laquelle je vous supplie, et celle de mon peuple, pour lequel j’intercède.
Car nous avons été livrés, moi et mon peuple, pour être foulés aux pieds, pour être égorgés et exterminés. Et plût à Dieu qu’on nous vendît comme esclaves et servantes ! ce serait un mal supportable, et je me tairais en gémissant ; mais maintenant nous avons un ennemi dont la cruauté retombe sur le roi (même).
Et le roi Assuérus lui répondit : Qui est celui-là, et quelle est sa puissance pour qu’il ose faire cela ?
Et Harbona, l’un des eunuques qui étaient au service du roi, lui dit : Voici, le bois qu’il avait préparé pour Mardochée, qui a donné un avis salutaire au roi, est dans la maison d’Aman, haut de cinquante coudées. Le roi lui dit : Qu’il y soit pendu.
Et le roi ôta son anneau, qu’il avait fait reprendre à Aman, et le donna à Mardochée. Esther, de son côté, fit Mardochée intendant de sa maison.
et dit : S’il plaît au roi, et si j’ai trouvé grâce devant ses yeux, et si ma prière ne lui paraît pas inconvenante, je le conjure de révoquer par de nouvelles lettres les anciennes lettres d’Aman, persécuteur et (l’insidieux et l’) ennemi des Juifs, par lesquelles il avait ordonné de les faire périr dans toutes les provinces du roi.
Car comment pourrais-je souffrir la mort et le carnage de mon peuple ?
Ecrivez donc aux Juifs comme il vous plaira, au nom du roi, et scellez les lettres de mon anneau. Car c’était la coutume que nul n’osait s’opposer aux lettres qui étaient envoyées au nom du roi, et scellées de son anneau.
On fit donc venir les scribes et les écrivains (copistes) du roi (c’était alors le troisième mois, appel Siban) ; le vingt-troisième jour de ce même mois les lettres furent écrites, comme Mardochée le voulut, aux Juifs, aux princes, aux gouverneurs et aux juges qui commandaient aux cent vingt-sept provinces du royaume, depuis les Indes jusqu’en Ethiopie ; à chaque province et à chaque peuple dans sa langue et dans son écriture, et aux Juifs, afin qu’ils pussent lire et comprendre. [8.9 Le troisième mois , Siban ou Sivan , commençait à la nouvelle lune de mai. ― A une province et à une province , hébraïsme, pour à chaque province .]
Et sur les Juifs sembla se lever une nouvelle lumière, la joie, l’honneur et les transports (l’allégresse).
Ainsi, le treizième jour du douzième mois, que nous avons déjà dit auparavant se nommer Adar, lorsqu’on se préparait à tuer tous les Juifs, et que leurs ennemis aspiraient à verser leur sang, les Juifs, au contraire, commencèrent à être les plus forts, et à se venger de leurs adversaires.
Et il dit à la reine : Les Juifs ont tué cinq cents hommes dans la ville de Suse, outre les dix fils d’Aman. Combien grand, croyez-vous, sera le carnage qu’ils font dans toutes les provinces ? Que demandez-vous encore, et que voulez-vous que j’ordonne ?
Or le treizième jour du mois d’Adar fut pour tous le premier du massacre, et ils cessèrent le quatorzième jour ; ils ordonnèrent que celui-ci serait un jour de fête où on se livrerait désormais en tout temps aux banquets, à la joie et aux festins.
Mais ceux qui étaient dans la ville de Suse avaient fait le carnage pendant le treizième et le quatorzième jour de ce même mois, et n’avaient cessé qu’au quinzième. C’est pourquoi ils le choisirent pour en faire une fête solennelle de festins (banquets) et de réjouissances.
Mardochée écrivit donc toutes ces choses, et il les envoya sous forme de lettres aux Juifs qui demeuraient dans toutes les provinces du roi, dans les plus proches et dans les plus éloignées
Parce que, en ces jours-là, les Juifs s’étaient vengés de leurs ennemis, et que leur deuil et leur tristesse avaient été changés en allégresse et en joie, ces jours devaient être à la joie et aux festins, et on devait s’envoyer mutuellement des portions de mets et donner aux pauvres de petits présents.
Car Aman, fils d’Amadathi, de la race d’Agag, ennemi déclaré des Juifs, avait médité du mal contre eux, pour les tuer et les exterminer ; et il avait jeté le phur, ce qui, dans notre langue, se traduit par le sort. [9.24 ; 9.26 Phur. Voir Esther, 3, 7. ― Phurim ; pluriel hébreu de Phur . ― Dans le rouleau , etc. Les lettres et les livres qui sont souvent exprimés en hébreu par le même mot, s’écrivaient sur des feuilles de papyrus, de parchemin, etc. On les roulait aussi autour d’un bâton (de là le mot rouleau ou volume), et quand elles étaient ainsi roulées, on les arrêtait avec un petit cordon ; ce qui faisait qu’on pouvait facilement y apposer un sceau.]
Et, depuis ce temps-là, ces jours ont été appelés phurim, c’est-à-dire les (des) sorts, parce que le phur, c’est-à-dire le sort, avait été jeté dans l’urne. Et tout ce qui se passa alors est contenu dans (le rouleau de) cette lettre, c’est-à-dire dans ce livre (du livre de Mardochée). [9.26 Ces jours ont été appelés Phurim , c’est-à-dire la fête des Phurim . La fête des Phurim est encore célébrée dans les synagogues. Le 13 adar, veille de la fête, est un jour de jeûne. Le soir de ce jour, la fête commence, et le livre d’Esther est lu en entier. Le lecteur prononce très rapidement le passage Esther, 9, 7-9, dans lequel on trouve les noms d’Aman et des ses fils, et, autant que possible, sans reprendre haleine, pour signifier qu’ils furent pendus tous à la fois. Pendant ce temps les assistants font du bruit. Cette lecture est répétée de la même manière le matin du 14 adar. La soirée se passe dans de grandes réjouissances. ― Les manuscrits hébreux reproduisent les versets 7 à 9 du chapitre 9 sous forme de trois colonnes perpendiculaires, comme pour représenter les dix fils d’Aman, pendus à trois cordes parallèles, au nombre de 3, 3 et 4.]
Ce sont ces jours que n’effacera jamais l’oubli, et que toutes les provinces, d’âge en âge, célébreront par toute la terre. Et il n’y a pas de ville en laquelle les jours de(s) phurim, c’est-à-dire des sorts, ne soient observés par les Juifs, et par leurs enfants qui sont obligés de pratiquer ces cérémonies.
et comment Mardochée, Juif de nation, devint le second après le roi Assuérus, et comment il fut grand parmi les Juifs, et aimé généralement (agréable à la foule) de ses frères, cherchant le bien de sa nation et ne parlant que pour procurer la paix de son peuple. [10.3 La paix. Voir, sur ce mot, Esther, 9, 30.] J’ai traduit avec une entière fidélité ce qui se trouve dans l’hébreu. Mais ce qui suit, je l’ai trouvé écrit dans l’édition Vulgate, où il est contenu en langue grecque et en caractères grecs. Cependant, à la fin du livre, se trouvait placé ce petit chapitre, que, selon notre coutume, nous avons marqué d’un obèle, c’est-à-dire d’une petite broche. (a) [(a) J’ai traduit , etc. Cette observation ainsi que les autres de même nature qu’on lit dans ce chapitre et les suivants sont de saint Jérôme. Quant à l’édition Vulgate dont il parle, c’est l’ancienne version italique, qui était la plus commune de son temps. ― Mais ce qui suit ; c’est-à-dire depuis le verset 3 de ce chapitre 10 jusqu’au chapitre 11, verset 1. C’est en effet à ce verset 4 que commence la partie deutérocanonique, qui se compose de sept fragments, et que les protestants rangent à tort parmi les livres apocryphes.]
(Ainsi) Le septième jour, lorsque le roi était plus gai qu’à l’ordinaire, et dans la chaleur du vin qu’il avait bu avec excès, il commanda à Maümam, Bazatha, Harbona, Bagatha, Abgatha, Zéthar et Charchas, les sept eunuques qui servaient en sa présence
Ces choses s’étant ainsi passées, lorsque la colère du roi Assuérus se fut calmée, il se ressouvint de Vasthi, et de ce qu’elle avait fait, et de ce qu’elle avait souffert.
Après donc qu’il se fut écoulé quelque temps, le jour vint où Esther, fille d’Abihaïl, frère de Mardochée, que celui-ci avait adoptée pour sa fille, devait être à son tour présentée au roi. Elle ne demanda rien (d’extraordinaire) pour se parer ; mais l’eunuque Egée, gardien des jeunes filles, lui donna comme parure tout ce qu’il voulut. Car elle était très bien faite, et son incroyable beauté la rendait aimable et agréable aux yeux de tous.
Et tous les serviteurs du roi qui se tenaient à la porte du palais fléchissaient les genoux et adoraient Aman, car le roi le leur avait commandé. Seul, Mardochée ne fléchissait pas le genou et ne l’adorait pas. [3.2 Le seul Mardochée ne fléchissait pas le genou , sans doute parce qu’il considérait cette prostration comme un acte d’idolâtrie. Les Spartiates refusèrent de rendre à Xerxès un hommage semblable.]
Au premier mois, appelé Nisan, le treizième jour de ce même mois, on fit venir les secrétaires (scribes) du roi, et l’on écrivit au nom du roi Assuérus, selon qu’Aman l’avait ordonné, à tous les satrapes du roi et aux juges des provinces et des diverses nations, de sorte que chaque peuple pût lire et comprendre selon la variété de son langage ; et les lettres furent scellées de l’anneau du roi
Dans toutes les provinces (aussi) et les villes, et dans tous les lieux où était parvenu le cruel édit du roi, il y avait aussi, chez les Juifs, un deuil extrême et des jeûnes, des lamentations et des pleurs, et beaucoup se servaient de sac et de cendre au lieu de lit.
Alors Esther fit faire de nouveau cette réponse à Mardochée :
Et le troisième jour, Esther se revêtit de ses habits royaux et se présenta dans la cour intérieure de la maison du roi, en face de la chambre du roi. Il était assis sur son trône dans la salle d’audience du palais, en face de la porte de la maison.
Et le roi lui dit après avoir bu beaucoup de vin : Que désirez-vous que je vous donne, et que demandez-vous ? Quand vous me demanderiez la moitié de mon royaume, je vous le donnerais.
Lorsque le roi eut entendu ces choses, il dit : Quel honneur et quelle récompense Mardochée a-t-il reçus pour cette fidélité ? Ses serviteurs et ses officiers lui dirent : Il n’a reçu absolument aucune récompense.
Et Mardochée revint à la porte du palais, et Aman se hâta d’aller à sa maison, désolé et la tête voilée (couverte).
Le roi et Aman entrèrent donc pour boire avec la reine. [7.1 Boire , signifie ici, comme souvent ailleurs, prendre un repas, faire un festin .]
Et Esther dit : Notre adversaire et notre ennemi, c’est ce cruel (méchant) Aman. En entendant cela Aman fut tout interdit, ne pouvant supporter les regards du roi et de la reine.
Le même jour, le roi Assuérus donna à la reine Esther la maison d’Aman, ennemi des Juifs, et Mardochée fut présenté au roi. Car Esther lui avait avoué qu’il était son oncle.
Et le roi Assuérus répondit à la reine Esther et au Juif Mardochée : J’ai donné à Esther la maison d’Aman, et je l’ai fait attacher lui-même à une croix, parce qu’il avait osé porter la main sur les Juifs.
Parmi toutes les nations, dans les villes et les provinces où l’ordonnance du roi était portée, il y avait une joie extraordinaire, des banquets, des festins et des jours de fêtes ; à ce point que plusieurs des autres nations, et d’autres cultes, embrassèrent leur religion et leurs cérémonies. Car une grande terreur du nom juif s’était répandue sur tous.
Lorsqu’ils les eurent tués, ils ne voulurent pas toucher à leurs dépouilles et à leurs biens.
afin qu’ils acceptassent comme jours de fête le quatorzième et le quinzième jour du mois d’Adar et qu’ils les célébrassent tous les ans à perpétuité par des honneurs solennels.
Les Juifs donc, en mémoire de ce qu’ils avaient souffert, et des changements survenus ensuite, s’obligèrent, eux et leurs enfants, et tous ceux qui voudraient se joindre à leur religion, à ne permettre à personne de passer ces deux jours sans solennité, selon ce qui est adressé dans cet écrit, et ce qui s’observe exactement chaque année aux temps destinés à cette fête. [9.27 Cet écrit ; la lettre de Mardochée. ― Et qui demandent , etc. ; c’est-à-dire, que ces jours de fête devront se renouveler tous les ans, sans jamais y manquer, à l’époque fixée, qui est le quatorze et le quinze du mois d’Adar.]
Et sa puissance (force) et son empire, et le haut point de grandeur auquel il avait élevé Mardochée, sont écrits dans les livres des Mèdes et des Perses
Il leur demanda quelle peine méritait la reine Vasthi, qui n’avait pas obéi à l’ordre que le roi lui avait transmis par ses eunuques. [1.15 Quelle sentence , etc., est le complément direct de : Il demanda , qui se trouve au verset 13.]
et celle qui plaira davantage aux yeux du roi sera reine à la place de Vasthi. Cet avis plut au roi, et il leur ordonna de faire ce qu’ils lui avaient conseillé.
Et Esther n’avait (encore) révélé ni son pays ni son peuple, selon l’ordre de Mardochée. Car Esther observait tout ce qu’il lui ordonnait, et elle agissait en tout comme elle avait coutume de faire au temps où il la nourrissait petite enfant.
Et comme ils lui disaient cela souvent, et qu’il ne voulait pas les écouter, ils en avertirent Aman, voulant savoir s’il persévérerait dans sa résolution ; car il leur avait dit qu’il était Juif.
Les courriers qui avaient été envoyés allaient en toute hâte pour exécuter les ordres du roi. Et aussitôt l’édit fut affiché dans Suse ; et le roi et Aman étaient en festin, et tous les Juifs qui étaient dans la ville pleuraient.
Et elle appela Athach, l’eunuque que le roi lui avait donné pour la servir, et elle lui commanda d’aller auprès de Mardochée, et de savoir de lui pourquoi il agissait ainsi.
Elle lui répondit et lui ordonna de dire à Mardochée :
Et le roi lui dit : Que voulez-vous, reine Esther ? que demandez-vous ? Quand vous me demanderiez la moitié de mon royaume, je vous la donnerais
Mais, quoique j’aie tout cela, je croirai n’avoir rien tant que je verrai le Juif Mardochée assis devant la porte du roi.
Et le roi lui dit : Hâte-toi, prends le vêtement royal (la robe) et le cheval, et ce que tu as dit, fais-le au Juif Mardochée qui est assis à la porte du palais. Prends (bien) garde de ne rien omettre de tout ce que tu viens de dire.
Lorsqu’Assuérus revint du jardin planté d’arbres, et rentra dans le lieu du festin, il trouva qu’Aman s’était jeté sur le lit où était Esther, et il dit : Comment ! il veut faire violence à la reine elle-même, en ma présence, dans ma maison ! (?) A peine cette parole était-elle sortie de la bouche du roi, qu’on couvrit aussitôt le visage d’Aman. [7.8 On couvrit , etc. Comme c’était une coutume assez générale dans l’antiquité de couvrir la tête de ceux qu’on menait ou qu’on destinait au supplice, bien des interprètes pensent que le visage d’Aman, ainsi couvert, était un signe du châtiment qui lui était réservé mais d’autres prétendent qu’on voila le visage d’Aman, parce qu’ayant offensé et irrité le roi, il s’était rendu indigne de le voir.]
Et le roi lui tendit de sa main son sceptre d’or, pour lui donner, selon la coutume, son signe de clémence. Et elle, se levant, se tint devant lui
Le roi leur ordonna d’aller trouver les Juifs en chaque ville, et de leur prescrire de s’assembler pour défendre leur vie, et pour tuer et exterminer tous leurs ennemis, avec leurs femmes, leurs enfants et toutes leurs maisons, et pour piller leurs dépouilles. [8.11 De défendre , etc. ; littéralement et par hébraïsme, de se tenir debout pour leurs âmes .]
Les Juifs se tinrent aussi prêts pour la défense de leur vie dans toutes les provinces qui étaient soumises à l’empire du roi, et ils tuèrent leurs ennemis et leurs persécuteurs, de sorte qu’il y eut soixante quinze mille morts, et personne ne toucha à leurs biens. [9.16 Défendirent leur vie. Voir Esther, 8, 11. ― Soixante-quinze mille de tués. Ce nombre n’a rien d’incroyable, réparti sur l’étendue de l’empire perse. Mithridate, roi de Pont, fit massacrer, en un seul jour, dans son royaume, 80 000 Romains. On a reproché aux Juifs de s’être laissé entraîner en cette circonstance par la cruauté et la vengeance ; on a, en particulier, blâmé Esther d’avoir demandé pour eux, à son époux, la permission de continuer à Suse le massacre, pendant un autre jour, voir Esther, 9, 13. Mais on oublie que les coreligionnaires de Mardochée, dans la capitale comme ailleurs, ne faisaient que se défendre : la reine sollicite l’autorisation de faire le lendemain ce qui a été fait le même jour, voir Esther, 9, 13 ; c’est-à-dire de défendre leur vie, voir Esther, 8, 11 ; sa prière suppose que les habitants de Suse voulaient le lendemain renouveler leurs attaques contre ceux qu’ils haïssaient, non seulement sans doute à cause de leur nationalité, mais aussi à cause de leur religion.]
Mais Esther entra ensuite auprès du roi, le suppliant de rendre inutiles les efforts d’Aman par une nouvelle lettre, et de faire retomber sur sa tête le mal qu’il avait résolu de faire aux Juifs. En effet, on l’attacha à une (la) croix, lui et ses fils.
Or le roi Assuérus se rendit toute la terre et toutes les îles de la mer tributaires.
Si donc vous l’agréez, qu’il se fasse un édit par votre ordre, et qu’il soit écrit, selon la loi des Perses et des Mèdes, qu’il n’est pas permis de violer, que la reine Vasthi ne paraîtra plus devant le roi ; mais qu’une autre, qui en sera plus digne qu’elle, recevra sa dignité de reine. [1.19 De vous ; littéralement et par hébraïsme de votre face .]
Et lorsqu’on chercha et qu’on rassembla pour la seconde fois des jeunes filles (vierges), Mardochée était encore à la porte du roi.
Mardochée en eut connaissance, et il l’annonça aussitôt à la reine Esther, et celle-ci au roi, au nom de Mardochée, de qui elle l’avait appris.
Lorsqu’Aman eut entendu cela, et qu’il eut reconnu par expérience que Mardochée ne fléchissait pas le genou devant lui et ne l’adorait pas, il entra dans une violente colère (fut très irrité) ;
Il vint donc, en se lamentant ainsi, jusqu’à la porte du palais ; car il n’était pas permis d’entrer revêtu d’un sac dans le palais du roi.
Athach revint, et rapporta à Esther tout ce qu’avait dit Mardochée.
Mardochée s’en alla donc, et il fit tout ce qu’Esther lui avait ordonné.
Esther lui répondit : Voici ma demande et ma prière :
Le roi passa cette nuit-là sans dormir, et il ordonna qu’on lui apportât les histoires et les annales des temps précédents. Et comme on les lisait devant lui
Mais le roi se leva irrité, et il alla du lieu du festin dans le jardin planté d’arbres. Aman se leva aussi pour supplier la reine Esther de lui sauver la vie ; car il avait compris que le roi était résolu de le perdre.
La substance de cette lettre était qu’on fît savoir, dans toutes les provinces et aux peuples qui étaient soumis à l’empire du roi Assuérus, que les Juifs étaient prêts à se venger de leurs ennemis.
La reine Esther, fille d’Abihaïl, et le Juif Mardochée écrivirent encore une seconde lettre, afin qu’on eût tout le soin (zèle) possible d’établir ce jour comme une fête solennelle à l’avenir.
Et il envoya des lettres à toutes les provinces de son royaume en diverses langues et écritures, selon que les divers peuples pouvaient les comprendre et les lire, ordonnant que les maris fussent les maîtres et les chefs dans leurs maisons, et que cet édit fût publié parmi tous les peuples.
On fit l’instruction, et la chose fut prouvée ; et ils furent l’un et l’autre pendus à la potence, et ceci fut écrit dans les histoires et marqué dans les annales en présence du roi.
Et Athach alla (aussitôt) vers Mardochée, qui était sur la place de la ville, devant la porte du palais.
Zarès, sa femme, et tous ses amis lui répondirent : Ordonne qu’on dresse une potence (fort) élevée de cinquante coudées de haut, et demande demain matin au roi que Mardochée y soit pendu, et tu iras ainsi plein de joie au festin avec le roi. Ce conseil lui plut, et il ordonna de préparer une croix gigantesque (fort élevée). [5.14 Une croix. Le texte hébreu porte la croix , avec l’article déterminatif, parce que le mot croix est virtuellement renfermé dans le terme générique potence qui précède.]
Tandis qu’ils parlaient encore, les eunuques du roi survinrent, et l’obligèrent d’aller aussitôt au festin que la reine avait préparé.
Les Juifs établirent donc comme un rite solennel tout ce qu’ils avaient commencé de faire en ce temps-là, et ce que Mardochée leur avait ordonné de faire par ses lettres.
en observant ces jours des sorts, et en les célébrant en leur temps avec joie. Les Juifs s’engagèrent donc, selon que Mardochée et Esther l’avaient ordonné, à observer, eux et leur postérité, les jeûnes, les cris et les jours des sorts, [9.31 Les cris vers le Seigneur ; c’est-à-dire les prières faites à haute voix. La fête des sorts se célèbre encore aujourd’hui chez les Juifs avec la plus grande solennité.]
lorsqu’il s’assit sur le trône de son royaume, Suse était la capitale (première ville) de son empire. [1.2 Suse , capitale de la Susiane, sur l’Eulæus, une des résidences des rois de Perse.]
Au temps donc où Mardochée demeurait à la porte du roi, Bagathan et Tharès, deux eunuques du roi, gardiens des portes et qui commandaient à la première entrée du palais, voulurent dans un mouvement de colère, s’insurger contre le roi et le tuer.
La douzième année du règne d’Assuérus, au premier mois nommé Nisan, le sort, qui s’appelle en hébreu phur, fut jeté dans l’urne en présence d’Aman, pour tirer le mois et le jour où l’on devait faire périr la nation juive ; et c’est le douzième mois appelé Adar qui sortit. [3.7 Le mois de Nisan commençait à la nouvelle lune de mars, et le mois d’Adar, à la nouvelle lune de février. ― Phur ; mot persan qui a été adopté par les Hébreux. Comparer à Esther, 9, 24. ― On tirait douze sorts, pour les douze mois de l’année.]
Mardochée lui indiqua tout ce qui était arrivé, et comment Aman avait promis de livrer beaucoup d’argent au trésor du roi pour le (par le moyen du) massacre des Juifs.
Si j’ai trouvé grâce devant le roi, et s’il lui plaît de m’accorder ce que je demande, et de réaliser ma prière, que le roi et Aman viennent au festin que je leur ai préparé, et demain je déclarerai au roi ce que je souhaite.
Aman fut donc pendu à la potence qu’il avait préparée pour Mardochée. Et la colère du roi s’apaisa.
Ces lettres, qui étaient envoyées au nom du roi, furent scellées de son anneau et expédiées par les courriers, afin que, parcourant toutes les provinces, ils prévinssent les anciennes lettres par ces nouveaux messages.
Et ils l’envoyèrent à tous les Juifs qui demeuraient dans les cent vingt sept provinces du roi Assuérus, afin qu’ils eussent la paix et qu’ils reçussent la vérité, [9.30 Dans le langage ordinaire de l’Ecriture, les mots paix et vérité signifient, l’un toute sorte de prospérité, et l’autre, la fidélité à s’acquitter de ses promesses.]