Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, vanité des vanités, et tout est vanité.
Qu’est-ce qui a été autrefois ? Ce qui doit être à l’avenir. Qu’est-ce qui s’est fait ? Ce qui doit se faire encore.
J’ai vu tout ce qui se fait sous le soleil, et tout est vanité et affliction d’esprit.
J’ai dit en mon cœur : J’irai, et je m’enivrerai de délices, et je jouirai des biens ; et j’ai reconnu que cela même n’était que vanité.
Et lorsque je me suis tourné vers les ouvrages que mes mains avaient faits, et les travaux où je m’étais fatigué vainement, j’ai reconnu qu’il n’y avait en toutes ces choses que vanité et affliction d’esprit, et que rien n’est stable sous le soleil.
C’est pourquoi je me suis ennuyé de la vie, en considérant que toutes sortes de maux sont sous le soleil, et que tout est vanité et affliction d’esprit.
Toutes choses ont leur temps, et tout passe sous le ciel après le terme qui lui a été prescrit.
Temps de pleurer, et temps de rire ; temps de gémir, et temps de danser ;
Tout ce qu’il a fait est bon en son temps, et il a livré le monde aux disputes des hommes, sans qu’ils puissent connaître les ouvrages que Dieu a créés depuis le commencement jusqu’à la fin * . Dieu a abandonné la succession des phénomènes qui se produisent dans le monde à la méditation des hommes ; non pas, il est vrai, pour qu’ils aient la prétention de scruter les vues que Dieu a eues depuis le commencement jusqu’à la fin des temps, non plus que de sonder l’avenir, cela surpasse la portée de leur intelligence bornée ; mais afin que par la science ils élèvent leur esprit jusqu’au Créateur, cause première et fin dernière de toutes choses.
Et j’ai reconnu qu’il n’y avait rien de meilleur que de se réjouir * et de bien user de la vie. C’est-à-dire que d’éviter ces travaux inutiles qui affligent l’esprit et fatiguent le corps, et de s’appliquer uniquement à la vertu, qui réjouit l’âme et lui donne la paix.
Un morceau de pain avec le repos vaut mieux que les deux mains pleines avec le travail et l’affliction d’esprit.
Il vaut donc mieux que deux soient ensemble, que d’être seul ; car ils ont l’avantage de leur société.
Il vaut beaucoup mieux ne point faire de vœux, que d’en faire et de ne pas les accomplir.
Où sont de grandes richesses, là est une multitude qui les dévore. Et que revient-il de plus à leur possesseur, que de voir de ses yeux des trésors ?
Il y a encore un autre mal que j’ai vu sous le soleil, et qui est même fréquent parmi les hommes :
Qu’est-il nécessaire à l’homme de rechercher ce qui est au-dessus de lui, lorsqu’il ignore ce qui lui est avantageux dans sa vie, durant les jours de son pèlerinage et ce temps qui passe comme l’ombre ? Qui pourra découvrir ce qui doit être après lui sous le soleil ?
Une bonne réputation vaut mieux que les parfums précieux, et le jour de la mort est préférable au jour de la naissance * . Non-seulement parce qu’il nous délivre des maux de la vie présente, mais encore parce qu’il devient pour les justes comme le sceau de leur réputation ici-bas, et le commencement d’une autre vie éternelle et bienheureuse.
Il vaut mieux aller dans une maison de deuil que dans une maison de festin : dans celle-là, on est averti de la fin de tous les hommes, et celui qui vit pense à ce qui doit lui arriver un jour.
Ne soyez pas prompt à vous irriter, parce que la colère repose dans le sein de l’insensé.
Car, comme la sagesse protège, l’argent protège aussi ; mais l’instruction et la sagesse ont cela de plus, qu’elles donnent la vie * à celui qui les possède. La véritable vie, la vie de l’âme et l’éternité.
Ne soyez pas juste à l’excès * , et ne soyez pas plus sage qu’il n’est nécessaire, de peur d’avoir à vous étonner. On n’est jamais trop juste de la pure et vraie justice ; mais pour qu’elle soit véritable, il faut qu’elle se tienne dans un juste milieu. (S. J ÉRÔME .)
Car il n’y a pas d’homme juste sur la terre qui fasse le bien et ne pèche point.
Il n’est pas au pouvoir de l’homme d’empêcher que l’âme ne quitte le corps ; il n’a point de puissance sur le jour de la mort ; il ne peut avoir de trêve dans la guerre qui le menace, et l’impiété ne sauvera point l’impie.
J’ai donc loué la joie. J’ai cru que le bien de l’homme, sous le soleil, était de manger, de boire et de se réjouir * , et qu’il n’emportait que cela avec lui de tout le travail qu’il avait enduré dans sa vie, pendant les jours que Dieu lui a donnés sous le soleil. Ajoutez : dans la crainte de Dieu. Le Sage combat ici l’avare, qui passe toute sa vie à amasser des trésors auxquels il n’ose toucher, même dans ses pressants besoins, et il soutient que c’est une extrême folie ; qu’au contraire, il est de la sagesse et de la raison d’user modérément des biens que Dieu nous donne, puisqu’il ne nous les accorde que pour nous en servir, sans quoi ce serait perdre le fruit de nos travaux, et mépriser les dons de Dieu .
Car les vivants savent qu’ils mourront ; mais les morts ne connaissent plus rien, et il ne leur reste plus de récompense * , parce que leur mémoire est livrée à l’oubli. De récompense à mériter, car le temps des mérites est fini pour eux.
Allez donc, et mangez votre pain dans la joie, et buvez votre vin dans l’allégresse, parce que vos œuvres sont agréables à Dieu * . Dieu a béni votre travail et vous permet d’en jouir, par opposition à l’abstinence de l’avare, qui n’ose user de ses biens.
Tout ce que votre main peut faire, faites-le promptement, parce qu’il n’y aura plus ni œuvre, ni raison, ni sagesse, ni science dans le tombeau où vous courez.
Les hommes emploient le pain et le vin pour se réjouir et passer leur vie dans les festins, et tout obéit à l’argent.
Répandez votre pain sur les eaux qui passent * , parce qu’après un long temps vous le retrouverez. C’est-à-dire, soyez libéral envers les pauvres.
De même que vous ignorez par où l’âme vient, et comment l’enfant se forme dans le sein de sa mère, ainsi vous ne connaissez pas les œuvres de Dieu, qui est le créateur de toutes choses.
Semez votre grain dès le matin, et le soir que votre main ne cesse pas de semer, parce que vous ne savez lequel des deux lèvera plus tôt, celui-ci ou celui-là ; et si l’un et l’autre lèvent ensemble, ce sera mieux encore.
Réjouissez-vous donc, jeune homme, dans votre adolescence ; que votre cœur soit dans la joie durant les jours de votre jeunesse ; marchez selon les voies de votre cœur et les regards de vos yeux, et sachez que pour toutes ces choses Dieu vous appellera en jugement.
Souvenez-vous de votre Créateur aux jours de votre jeunesse, avant que vienne le temps de l’affliction et que vous approchiez des années dont vous direz : Elles ne me plaisent pas ;
Avant que la poussière rentre dans la terre, d’où elle est sortie, et que l’esprit retourne à Dieu, qui l’a donné.
Écoutons tous ensemble la fin de ce discours : Craignez Dieu et observez ses commandements, car c’est là tout l’homme.
Et tout ce qui se fait, soit bien, soit mal, Dieu l’appellera en jugement.
Que retire de plus l’homme de tout le travail dans lequel il se consume sous le soleil * ? Ce qui fait la stérilité du travail de l’homme, c’est lorsqu’il n’a pas d’autre objet que ce qui est sous le soleil, c’est-à-dire ce qui passe, et qu’il néglige les biens éternels, pour lesquels Dieu l’a créé.
Toutes les choses sont difficiles, l’homme ne peut les expliquer par le discours. L’œil ne se rassasie pas de voir, et l’oreille ne se lasse pas d’entendre.
J’ai appliqué mon cœur pour connaître la prudence et la doctrine, les erreurs et la folie, et j’ai reconnu qu’en cela aussi il y avait travail et affliction d’esprit,
Je n’ai rien refusé à mes yeux de tout ce qu’ils ont désiré, et j’ai permis à mon cœur de jouir de toutes sortes de plaisirs, et de prendre ses délices dans tout ce que j’avais préparé ; et j’ai cru que mon partage était de jouir ainsi de mes travaux.
Tous ses jours sont pleins de douleur et de misère, et il n’a point de repos dans son âme, même pendant la nuit. Et cela n’est-ce pas une vanité ?
Il y a temps de naître, et temps de mourir ; temps de planter, et temps d’arracher ce qui a été planté ;
Temps de disperser les pierres, et temps de les rassembler * ; temps d’embrasser, et temps de s’éloigner des embrassements ; De détruire des édifices, ou d’en élever.
J’ai vu l’occupation pénible que Dieu a donnée aux enfants des hommes, pour les exercer pendant leur vie.
Car tout homme qui mange, boit et retire du bien de son travail, reçoit cela par un don de Dieu.
J’ai considéré de nouveau tous les travaux des hommes, et j’ai reconnu que leur industrie est exposée à l’envie des autres, et qu’en cela même il y a vanité et inquiétude inutile.
Et si quelqu’un prévaut contre un seul, deux lui résisterons : un triple cordon se rompt difficilement.
Ne dites rien inconsidérément, et que votre cœur ne se hâte point de proférer des paroles devant Dieu * . Car Dieu est dans le ciel, et vous, sur la terre ; c’est pourquoi usez de peu de paroles. Ne formez pas dans la prière devant Dieu des demandes inconsidérées : n’oubliez jamais qu’il y a entre lui et vous une distance infinie.
Et de plus le roi commande à tout le pays qui lui est assujetti.
Un homme à qui Dieu a donné les richesses, l’opulence et l’honneur : il ne manque rien à son âme de tout ce qu’il désire ; et Dieu ne lui a pas accordé le pouvoir de jouir de ces biens, mais un étranger les dévorera. Cela est une vanité et une grande misère.
Tout le travail de l’homme est pour sa bouche ; mais son âme n’en sera pas rassasiée.
Il vaut mieux être repris par le sage que d’être séduit par les flatteries de l’insensé ;
La fin d’un discours vaut mieux que le commencement. L’homme patient vaut mieux que le présomptueux.
Ne dites pas : D’où vient que les temps anciens ont été meilleurs que ceux d’aujourd’hui ? Car une telle question est déraisonnable.
Il est bon que vous souteniez le juste ; mais ne retirez point non plus votre main de celui qui ne l’est pas ; car celui qui craint Dieu ne néglige rien.
Mon esprit a parcouru toutes choses, afin de savoir et de considérer, et de chercher la sagesse et les raisons de tout, et de connaître la malice des insensés et l’erreur des imprudents ;
La sagesse de l’homme resplendit sur son visage, et le Tout-Puissant le lui change selon sa volonté * . Ce reflet de vertu qui paraît sur le visage du juste est un effet de la volonté du Tout-Puissant.
Parce que la sentence contre les méchants n’est pas portée soudain, les enfants des hommes font le mal sans aucune crainte.
Mais toutes choses sont incertaines et réservées pour l’avenir, parce que tout arrive également au juste et à l’impie, au bon et au méchant, au pur et à l’impur, à celui qui immole des victimes et à celui qui méprise les sacrifices. L’innocent est traité comme le pécheur, et le parjure comme celui qui respecte les serments.
L’amour, et la haine, et l’envie, ont péri avec eux, et ils ne prennent aucune part à ce siècle, et à tout ce qui se fait sous le soleil.
J’ai tourné mes pensées ailleurs, et j’ai vu que sous le soleil le prix de la course n’est pas aux plus agiles, la victoire aux plus vaillants, le pain aux plus sages, les richesses aux plus savants, la faveur aux plus habiles ; mais en toutes choses le temps et le hasard font tout * . A l’extérieur, et comme cela paraît au commun des hommes, qui ne pénètrent pas les secrets de la Providence, et à qui la conduite de Dieu est inconnue.
Le cœur du sage est dans sa main droite, et le cœur de l’insensé dans sa main gauche * . La droite, dans l’Écriture, est souvent le symbole de la vertu et du bien, et la gauche, le symbole du vice et du mal. Ainsi Salomon veut dire que le sage porte tous ses désirs vers la vertu et le souverain Bien, et que l’insensé, au contraire, les porte vers le mal et les faux biens de cette vie.
Qui creuse la fosse y tombera, et qui détruit la haie sera mordu du serpent.
Faites-en part à sept et à huit personnes * , parce que vous ignorez le mal qui doit venir sur la terre. Donnez abondamment et indifféremment à tous.
Celui qui observe le vent ne sème point, et celui qui considère les nuées ne moissonnera jamais * . Dans un sens moral, celui qui est trop circonspect dans la dispensation de l’aumône et généralement dans les bonnes œuvres, n’entreprend jamais rien, parce qu’il craint tout ; et il se prive ainsi du fruit des bonnes œuvres qu’il aurait pu faire s’il avait eu plus de foi et de confiance en Dieu.
Si l’homme a vécu plusieurs années, et qu’en toutes choses il se soit réjoui, il doit se souvenir du temps des ténèbres et de cette multitude de jours qui, une fois venus, convaincront de vanité tout le passé.
Bannissez la colère de votre cœur ; éloignez le mal de votre chair ; car la jeunesse et le plaisir ne sont que vanité.
Avant que s’obscurcissent le soleil, la lumière, la lune et les étoiles * , et que les nuages reparaissent après la pluie * . Avant que les yeux, qui sont comme le soleil et la lumière de l’homme, et les autres sens s’affaiblissent par l’âge, ainsi qu’il arrive aux vieillards. (S. J ÉRÔME .) Que les infirmités succèdent aux infirmités.
Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, et tout est vanité.
Je résolus dans mon esprit de chercher et d’examiner avec sagesse tout ce qui se passe sous le soleil. Dieu a donné aux enfants des hommes cette pénible occupation, qui les exerce pendant leur vie.
Les yeux du sage sont à sa tête * ; l’insensé marche dans les ténèbres : et j’ai reconnu qu’ils meurent tous deux l’un comme l’autre * . Il réfléchit, et voit par quelle route il doit marcher. Par rapport à la vie corporelle, ils ont le même sort : la mort ne les distingue point.
Dieu a donné à l’homme qui lui est agréable la sagesse, la science et la joie ; et il a donné au pécheur l’affliction et les soins superflus, afin qu’il rassemble, amasse, et laisse son bien à un homme agréable à Dieu. Mais cela même est une vanité et un stérile soin de l’esprit.
J’ai appris que toutes les œuvres de Dieu demeurent à jamais : nous ne pouvons rien ajouter, rien ôter à tout ce que Dieu a fait pour être craint.
L’insensé met ses mains l’une dans l’autre, et il dévore sa propre chair * , en disant : Il dévore ce qu’il possède. Salomon, dans ce verset et dans le précédent, considère la condition malheureuse de l’homme : s’il acquiert du bien par son industrie, il est exposé à l’envie des autres ; si, pour l’éviter, il mène une vie paisible et oisive, il se trouve accablé par la pauvreté.
Si vous avez fait un vœu à Dieu, ne différez point de l’accomplir ; car la promesse infidèle et imprudente lui déplaît. Mais tout ce que vous aurez promis par vœu, accomplissez-le.
On discourt beaucoup, on se répand en beaucoup de paroles dans la dispute, et ce n’est que vanité.
Jouissez des biens au jour heureux, et tenez-vous prêt pour le jour mauvais ; car Dieu a fait l’un comme l’autre, pour que l’homme n’ait pas de justes plaintes contre lui.
Et cependant, parce que le pécheur a fait le mal cent fois, et qu’il est supporté avec patience, j’ai connu que le bonheur sera pour ceux qui craignent Dieu et qui révèrent sa présence * . C’est comme s’il disait : Si Dieu a tant de patience envers les plus grands pécheurs, combien en aura-t-il pour les justes qui le craignent ? S’il est bon envers ceux qui le méprisent, combien le sera-t-il envers ceux qui le cherchent de tout leur cœur et qui respectent sa présence ?
Les paroles du sage sont mieux entendues dans le silence, que la clameur du prince parmi les insensés.
Le travail des insensés les accablera ; ils ne savent pas même le chemin de la ville.
Avant que le fil d’argent soit rompu et que la bandelette d’or se retire * ; avant que le vase soit en éclats sur la fontaine et que la roue se brise sur la citerne * ; Avant que les liens de la vie se brisent. La vie est comparée à un fil d’argent et à une bandelette d’or. Que le cœur se brise à la source de la vie.
Une génération passe, une génération vient ; mais la terre reste toujours la même.
Les hommes pervertis se corrigent difficilement, et le nombre des insensés est infini.
Ne vaut-il pas mieux manger, boire, et montrer à son âme le fruit de ses travaux * ? et c’est un don de la main de Dieu. Mieux vaut user modérément de ses biens que d’être avare.
J’ai vu sous le soleil l’impiété dans le lieu du jugement, et l’iniquité dans le lieu de la justice.
Si vous voyez l’oppression des pauvres, les jugements iniques, et la justice renversée dans une province, ne vous en étonnez pas ; car celui qui est élevé en a un autre au-dessus de lui, et d’autres sont élevés encore au-dessus d’eux ;
La sagesse est plus utile avec les richesses, et elle sert davantage à ceux qui voient le soleil.
Et j’ai appliqué mon cœur à connaître la sagesse, et à comprendre les tourments qu’on se donne sur la terre. Il y a tel homme dont les yeux ne goûtent jamais le sommeil, ni le jour ni la nuit.
Voici encore ce que j’ai vu sous le soleil, et ce que j’ai estimé comme une très-grande sagesse :
Si la colère de celui qui a la puissance s’élève contre vous, ne sortez point de votre calme, parce que la douceur vous fera éviter de grands péchés.
Lorsque les gardes de la maison commenceront à trembler * , et que les forts chancelleront ; que celles qui avaient accoutumé de moudre seront réduites à un petit nombre et oisives, et que ceux qui regardaient par deux ouvertures seront couverts de ténèbres ; Le corps de l’homme est ici comparé à une maison, comme dans Job et dans saint Paul. (Job, IV , 19. — II Cor., V , 1.)
Lorsqu’on aura peur même des lieux élevés et qu’on s’épouvantera dans les chemins ; lorsque l’amandier fleurira, que la sauterelle deviendra pesante, que l’appétit ne sera plus excité par le piment, alors l’homme s’en ira dans la maison de son éternité, et l’on traversera les places publiques en pleurant ;
Tous les fleuves entrent dans la mer, et la mer ne déborde pas. Les fleuves viennent aux lieux d’où ils sont sortis, pour couler de nouveau.
J’ai dit dans mon cœur touchant les enfants des hommes, que Dieu les éprouve, et les fait paraître semblables aux animaux * . Dieu permet toutes ces choses pour humilier l’homme, et lui faire sentir qu’il n’est pas différent de l’être sans raison, quand il ne s’attache qu’aux biens de la vie présente et aux soins du corps.
J’ai tourné mon esprit autre part, et j’ai vu les oppressions qui se font sous le soleil, les larmes des innocents, que personne ne console, et l’impuissance où ils sont de résister à la violence, étant destitués de tout secours.
Et quand Dieu a donné à un homme les biens, la richesse, et qu’il lui accorde le pouvoir d’en goûter les fruits et de se réjouir de son travail, cela même est un don de Dieu.
La colère vaut mieux que le rire, parce que le cœur de celui qui pèche est corrigé par la tristesse qui paraît sur le visage.
C’est ce qu’il y a de plus affligeant dans tout ce qui se passe sous le soleil, que les mêmes choses arrivent à tous. De là vient que les cœurs des enfants des hommes sont remplis de malice et de mépris pendant leur vie ; et, après cela, ils seront conduits dans les enfers.
Les paroles qui sortent de la bouche du sage sont pleines de grâces ; les lèvres de l’insensé le feront tomber dans le précipice :
Si les nuées sont pleines, elles répandront la pluie. Si l’arbre tombe au midi ou à l’aquilon, en quelque lieu qu’il tombe, il y restera * . Si l’homme ne fait pas le bien pendant sa vie, il ne pourra plus le faire après sa mort ; il demeurera éternellement dans l’état de grâce ou de péché où la mort l’aura surpris.
Lorsque les portes de la rue se fermeront, que le bruit de la meule se fera à peine entendre, qu’on se lèvera au chant de l’oiseau, et que les filles de l’harmonie n’auront plus de voix ;