Qu’il me donne un baiser de sa bouche * ; car votre amour est plus délicieux que le vin, Le Verbe divin nous a donné un saint baisé de sa bouche lorsqu’il s’est uni d’une manière si admirable à notre nature ; et il nous le donne encore tous les jours lorsque, par la douceur de sa grâce et la lumière de son Esprit, il nous fait goûter le fruit de son Incarnation. (S. A MBROISE .)
Plus suave que les parfums les plus exquis. Votre nom * est comme une huile répandue ; c’est pourquoi les jeunes vierges vous ont aimé. Le nom de Jésus-Christ, qui s’est répandu par toute la terre.
Attirez-moi : après vous nous courrons à l’odeur de vos parfums. Le Roi m’a introduite dans le secret de sa demeure. Là nous tressaillirons et nous nous réjouirons en vous, trouvant que votre amour est préférable au vin le plus délicieux. Ceux qui ont le cœur droit vous aiment.
Dites-moi, vous que chérit mon âme, où vous faites paître vos brebis, où vous reposez au milieu du jour, de peur que je ne m’égare à la suite des troupeaux de vos compagnons.
Je vous ai comparée, ô mon amie, à l’éclat de ces jeunes coursiers que j’attelle au char de Pharaon * . L’Écriture emprunte souvent ses comparaisons aux coursiers et aux chars. Ici, dans le sens le plus relevé, elle veut exprimer l’éclat triomphal de l’Église, victorieuse du monde et de l’enfer.
Que vous êtes belle, ma bien-aimée ! que vous êtes belle ! Vos yeux sont ceux de la colombe * . Des yeux de colombe signifient la simplicité et la pureté d’intention, qui n’a en vue que Dieu, sa gloire et le salut des hommes.
Je suis la fleur de la campagne et le lis des vallées * . Jésus-Christ est une fleur de virginité et d’humilité dont l’arôme vivifiant ne se fait sentir qu’aux âmes chastes, aux petits et aux humbles (S. A MBROISE .)
Comme le pommier parmi les arbres des forêts, ainsi est mon bien-aimé entre les jeunes hommes. Je me suis reposée à l’ombre de celui que j’avais désiré ; et son fruit est doux à ma bouche.
Il m’a fait entrer dans le lieu où se garde le vin ; il a réglé en moi la charité * . La règle de la charité est d’aimer le prochain pour Dieu, et d’aimer Dieu pour lui-même et par-dessus toutes choses. (S. T HOMAS D ’A QUIN .)
Je vous conjure, filles de Jérusalem, par les chevreuils et par les cerfs de nos campagnes, de ne point réveiller celle que j’aime, et de ne pas la faire sortir de son repos, jusqu’à ce qu’elle-même le veuille.
Voix de mon bien-aimé ! Le voici qui vient, bondissant sur les montagnes, franchissant les collines * . Les SS. Pères expliquent ceci et tout ce qui suit du miraculeux avènement du Verbe divin par l’incarnation. Il comble les vallées, et il aplanit les montagnes. (S. Luc, III , 5.)
Voici mon-bien aimé ; il me parle, il me dit : Levez-vous, hâtez-vous, mon amie, ma colombe, mon unique beauté, et venez.
Déjà l’hiver est passé ; les pluies sont dissipées et ont disparu.
Les fleurs se sont épanouies sur notre terre ; le temps de tailler la vigne est arrivé ; la voix de la tourterelle s’est fait entendre dans nos campagnes * . Les figures que renferment ces paroles se rapportent au temps de Jésus-Christ, et aux merveilles de l’Église naissante.
Mon bien-aimé est à moi, et moi je suis à lui, et il se nourrit parmi les lis * , C’est-à-dire dans les âmes pures et virginales.
J’ai cherché durant les nuits sur ma couche celui que chérit mon âme : je l’ai cherché, et ne l’ai pas trouvé.
Quand je les eus un peu dépassés, j’ai trouvé celui que chérit mon âme * : je l’ai saisi, et ne le laisserai pas aller, jusqu’à ce que je le fasse entrer dans la maison de ma mère, dans la chambre de celle qui m’a donné la vie. Heureuse l’âme qui a trouvé Jésus-Christ ! Plus heureuse celle qui, l’ayant trouvé, peut toujours le retenir et le conserver ! Or on le garde ainsi à l’aide de la vigilance et de la prière, selon le conseil qu’il nous donne lui-même : Veillez et priez .
Je vous conjure, filles de Jérusalem, par les chevreuils, par les cerfs de la campagne, ne réveillez point ma bien-aimée, et ne la troublez point dans son repos, jusqu’à ce qu’elle s’éveille d’elle-même.
Que vous êtes belle, ô mon amie, que vous êtes belle ! Vos yeux sont ceux de la colombe, sans parler de ce qui est caché à l’intérieur * . Vos cheveux sont comme les troupeaux de chèvres qui apparaissent sur le haut de la montagne de Galaad * . La principale beauté de l’Église vient de ses vertus intérieures, et surtout de sa charité parfaite. Les chèvres de Gaaad étaient célèbres par leur longue toison à la laine blanche et bouclée.
Vous êtes toute belle, ô mon amie, et il n’y a point de tache en vous * . Ces paroles, appliquées à l’Église, épouse de Jésus-Christ, le sont aussi à toute âme qui a été purifiée par son sang, et en particulier à la Vierge Marie, en qui tout a été pur et sans tache.
Vous avez blessé mon cœur, ô ma sœur, mon épouse ; vous avez blessé mon cœur d’un seul de vos regards, avec un seul des cheveux qui tombent sur votre cou.
Ma sœur, mon épouse, est un jardin fermé, elle est un jardin fermé et une fontaine scellée.
Là est la fontaine des jardins et le puits des eaux vives * , qui coulent avec impétuosité du Liban. Les eaux vives de la grâce ont leur source et leur centre dans l’Église, qui, par ses sept sacrements, comme par autant de canaux, les distribue aux âmes fidèles.
Je suis venu dans mon jardin, ma sœur, mon épouse ; j’ai recueilli ma myrrhe avec mes parfums ; j’ai mangé le rayon avec mon miel, j’ai bu mon vin avec mon lait. Mangez, mes amis, et buvez ; enivrez-vous, mes bien-aimés * . Ces amis de l’Époux sont les cœurs purs et fidèles. Les mets spirituels qu’on les invite à goûter sont contenus dans la doctrine de l’Église et dans ses sacrements, surtout dans la divine Eucharistie.
Je dors, et mon cœur veille * ; c’est la voix de mon bien-aimé qui frappe à ma porte * : Ouvrez-moi, ma sœur, mon amie, ma colombe, ma toute pure, parce que ma tête est pleine de rosée, et que mes cheveux sont humides des gouttes d’eau de la nuit. Dans ce mystérieux sommeil, les SS. Pères voient le repos intérieur de l’âme chrétienne, qui se livre à la méditation et à la contemplation des vérités éternelles. C’est le même Époux qui dit ailleurs : « Voici que je suis à la porte, et que je frappe ; si quelqu’un entend ma voix, qu’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui. » (Apoc., III , 20.)
Je tirai le verrou, et j’ouvris ma porte à mon bien-aimé ; mais déjà il s’en était allé, et il avait passé outre. Mon âme s’était comme fondue au son de sa voix ; je l’ai cherché, et je ne l’ai point trouvé ; je l’ai appelé, et il ne m’a pas répondu.
Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi, lui qui se nourrit parmi les lis.
Quelle est celle-ci qui s’avance comme l’aurore à son lever, belle comme la lune, éclatante comme le soleil, terrible comme une armée rangée en bataille ?
Votre tête est comme le Carmel, et votre chevelure, comme la pourpre du roi, liée en replis * . C’est-à-dire, comme les bandelettes de pourpre entrelacées autour de la tête du roi, et formant son diadème.
L’accent de votre voix est comme un vin généreux digne d’être bu par mon bien-aimé, et longtemps savouré avec délices entre ses lèvres et ses dents.
Posez-moi comme un sceau sur votre cœur, comme un sceau sur votre bras * , parce que l’amour est fort comme la mort * ; le zèle de l’amour est inflexible comme l’enfer : ses lampes sont des lampes de feu et de flammes. Jésus-Christ est comme un sceau sur notre cœur, afin que nous l’aimions en tout temps ; il est comme un sceau sur notre bras, afin que nous agissions sans cesse pour lui. (S. A MBROISE .) C’est aussi de cette manière que Jésus-Christ nous a aimés.
Les grandes eaux n’ont pu éteindre la charité, et les fleuves ne l’étoufferont pas * . Quand l’homme donnera toutes les richesses de sa maison pour la charité, il les méprisera comme s’il n’avait rien donné * . Selon saint Paul, il n’est point d’affections ni de souffrances qui puissent séparer l’âme fidèle de l’amour de Jésus-Christ. (Rom., VIII , 35.) Saint Paul dit également que pour gagner Jésus-Christ il estime tout comme de la boue et comme une perte. (Philip., III , 8.)
O vous qui habitez dans les jardins, nos amis écoutent ; faites-moi entendre votre voix.
Fuyez, ô mon bien-aimé, semblable au chevreuil et au faon des cerfs, fuyez sur les montagnes des parfums * . Par les montagnes des parfums , les interprètes entendent, dans un sens plus élevé, les montagnes éternelles, le ciel où Jésus-Christ est monté par son ascension. C’est là que doit se consommer l’union parfaite de l’âme avec Dieu, et que les parfums de la louange et de l’adoration ne cesseront point d’être offerts au sein de l’Église triomphante.
O filles de Jérusalem, je suis noire, mais je suis belle * , semblable aux tentes de Cédar, aux pavillons de Salomon. Par la beauté de l’Épouse, il faut entendre les vertus de l’Église, sa beauté intérieure, l’état de grâce dont Dieu l’a ornée ; par son teint noir, il faut entendre son extérieur, ses sens mortifiés par les travaux et les souffrances. (S. B ERNARD .)
Ne vous étonnez pas que je sois devenue brune, c’est le soleil qui m’a décolorée. Les enfants de ma mère m’ont combattue * . Ils m’ont placée dans les vignes pour les garder ; je n’ai pas gardé ma vigne * . Les Juifs de la Synagogue ont tout d’abord persécuté l’Église. L’Église a dû abandonner sa propre vigne, les enfants d’Israël, pour se tourner vers les gentils.
Si vous ne le savez pas, ô la plus belle d’entre les femmes, sortez, allez sur la trace des troupeaux, conduisez vos chevreaux près des tentes des bergers.
Vos joues ont la beauté de la tourterelle ; votre cou brille comme des pierreries.
Tandis que le Roi était sur son lit de repos, le nard répandu sur moi a exhalé son parfum * . Notre Roi, dit saint Grégoire le Grand, est monté sur son lit de repos, quand Jésus-Christ s’est élevé corporellement au plus haut des cieux. Alors le nard de l’Épouse a répandu son odeur, c’est-à-dire que les parfums de vertu de la sainte Église, par suite de l’envoi du Saint-Esprit, se sont fait sentir au monde entier.
Mon bien-aimé est pour moi comme un bouquet de myrrhe, il demeurera sur mon sein * . La myrrhe est le symbole de la mort et des souffrances. La mort de l’Époux divin, le souvenir de sa passion et de sa croix, est toujours dans le cœur de l’Épouse ; il sert à la fortifier dans les épreuves.
Que vous êtes beau * , mon bien-aimé ! Que vous avez de grâce ! Notre lit est semé de fleurs. Jésus-Christ, dit saint Augustin, est beau dans le ciel, beau sur la terre, beau par ses miracles, beau au milieu des verges, beau sur la croix, beau même dans le sépulcre. La suprême et vraie beauté, c’est la justice.
Comme le lis au milieu des épines, ainsi est ma bien-aimée entre les vierges * . C’est au milieu des épines, c’est-à-dire des tentations et des persécutions, que les vertus de l’Église croissent et fleurissent. (S. B ERNARD .)
Soutenez-moi avec des fleurs, fortifiez-moi avec des fruits, parce que je languis d’amour * . L’Église languit ici-bas d’impatience et de désir ; elle aspire à l’union parfaite avec Dieu dans sa gloire. Saint Paul disait de même : « Je désire me dégager du corps, et être avec Jésus-Christ. » (Philip., I , 23.)
Mon bien-aimé est semblable au chevreuil et au faon des biches. Le voici debout derrière la muraille, regardant de la fenêtre, jetant sa vue à travers les treillis.
Le figuier a montré ses fruits ; la vigne en fleur a répandu ses parfums. Levez-vous, ma bien-aimée, mon unique beauté, et venez.
O ma colombe, vous qui vous retirez dans le creux de la pierre * , dans les trous de la muraille, montrez-moi votre visage ; que votre voix retentisse à mon oreille ; car votre voix est douce, et votre visage agréable. Jésus-Christ étant, selon saint Paul, figuré par la pierre (1 Cor., X , 4), se retirer dans le creux de la pierre, c’est, d’après saint Bernard, s’attacher à la méditation des souffrances de ce divin Sauveur, et chercher un asile dans ses plaies sacrées.
Prenez-nous les petits renards * qui ravagent les vignes ; car notre vigne est en fleur. Image des hérétiques et des docteurs de l’impiété, qui, dès les premiers temps, ont ravagé l’Église de Dieu.
Je me lèverai, et je ferai le tour de la ville ; je chercherai dans les rues et les places publiques le bien-aimé de mon âme : je l’ai cherché, et ne l’ai point trouvé * . Ce n’est, dit saint Bernard, ni dans le repos d’une vie oisive et voluptueuse, ni dans l’agitation des vanités du siècle, qu’une âme peut trouver Jésus, mais sur le lit de la croix et dans la pratique laborieuse des vertus.
Les sentinelles qui gardent la ville m’ont rencontrée, et je leur ai dit : N’avez-vous point vu celui que chérit mon âme ?
Vos mamelles sont semblables aux jumeaux de la gazelle, qui paissent parmi les lis,
Venez du Liban, mon épouse, venez du Liban, vous serez couronnée ; venez de la pointe d’Amana, du haut des monts de Sanir et d’Hermon * , des cavernes des lions, et des montagnes des léopards. Amana, Sanir et Hermon sont des pics de la chaîne orientale du Liban, appelée Anti-Liban.
Vos lèvres, ô mon épouse, sont un rayon qui distille le miel ; le miel et le lait sont sous votre langue * , et l’odeur de vos vêtements est comme l’odeur de l’encens. La parole de Dieu est souvent comparée au miel et au rayon de miel. (Ps. XVIII , 11.) Or cette parole est toujours sur les lèvres de l’Église, pour rafraichir et vivifier les âmes qui lui appartiennent. Au miel est ajouté le lait, pour marquer que l’Église sait aussi prendre soin des enfants confiés à sa tendresse.
Vos plantations forment un jardin de délices, rempli de pommes de grenades, et de toutes sortes de fruits de cypre et de nard.
Retirez-vous, aquilon ; venez, vent du midi, soufflez dans mon jardin, et que les parfums en découlent * . Que mon bien-aimé vienne dans son jardin, et qu’il mange du fruit de ses arbres. L’Épouse prie l’Esprit-Saint de faire éclore les parfums et les fleurs, c’est-à-dire les vertus, et de les répandre par toute la terre.
Mon bien-aimé étendit sa main par l’ouverture de la porte, et au bruit qu’il fit mes entrailles s’émurent.
Je vous conjure, filles de Jérusalem * , si vous trouvez mon bien-aimé, de lui dire que je languis d’amour. Les filles de Jérusalem désignent les anges du ciel et les âmes pieuses de la terre. L’Épouse les conjure de l’aider dans ses recherches et d’intercéder pour elle auprès de l’Époux céleste.
Mon bien-aimé est blanc et vermeil * , choisi entre mille. La couleur blanche désigne la pureté virginale de l’Agneau sans tache ; la couleur rouge ou vermeille marque le sang versé pour nos péchés. (S. B ERNARD .)
Le son de sa voix est plein de douceur ; tout en lui est désirable. Tel est mon bien-aimé, tel est celui que j’aime, ô filles de Jérusalem.
Mon bien-aimé est descendu dans son jardin, au parterre des plantes aromatiques, pour s’y nourrir et y cueillir des lis.
Vous êtes belle, ô mon amie, douce et ravissante comme Jérusalem, terrible comme une armée rangée en bataille * . La force de l’Église s’allie à sa beauté. Elle triomphe de tous ses ennemis. Les portes de l’enfer ne prévaudront jamais contre elle.
Revenez, revenez * , ô Sulamite * ; revenez, revenez, afin que nous vous considérions. Certains interprètes regardent ces paroles comme dites par les amis de l’Époux, ou par l’Époux lui-même, pour consoler et encourager l’Épouse dans le trouble où elle était. Le mot Sulamite est le même nom que celui de Salomon mis au féminin : il signifie Pacifique et Parfaite.
Venez, mon bien-aimé, sortons dans la campagne, demeurons dans les villages * . C’est-à-dire dans la solitude et le silence de la retraite, avec les petits et les pauvres.
Dès le matin levons-nous pour aller vers les vignes ; voyons si la vigne a fleuri, si les fleurs produisent des fruits, si les grenadiers sont en fleur ; là je vous prodiguerai mon amour.
Qui me donnera de vous avoir pour frère * , suçant les mamelles de ma mère, afin que je vous trouve dehors, que je vous couvre de baisers, et qu’à l’avenir personne ne me méprise ? Ce désir de l’Épouse s’est accompli dans l’Incarnation. En prenant la nature humaine, le Fils de Dieu est vraiment devenu notre frère. Il ne rougit pas, dit l’Apôtre, de nous appeler ses frères. (Hébr., II , 11.)
Je vous prendrai et je vous conduirai dans la maison de ma mère ; vous m’instruirez, et je vous donnerai une coupe d’un vin mêlé de parfums et un suc nouveau de mes pommes de grenade.
Sa main gauche est sous ma tête, et il m’embrassera de sa droite.
Quelle est celle-ci qui s’élève du désert, inondée de délices, appuyée sur son bien-aimé * ? Je vous ai donné l’être sous le pommier ; c’est là que votre mère s’est corrompue, c’est là que celle qui vous a engendrée à la vie a perdu sa pureté * . C’est l’Église triomphante, qui s’élève vers le ciel, appuyée sur la grâce de Jésus-Christ. L’arbre du bien et du mal, dans le paradis, a été l’occasion du premier péché par lequel notre nature a été viciée et corrompue ; et c’est aussi sur l’arbre de la croix que nous avons été ressuscités à la véritable vie par la mort de Jésus-Christ.
Je suis moi-même comme un mur, et mes mamelles sont comme une tour, depuis que j’ai paru en sa présence et que j’ai trouvé en lui ma paix.
Pour ma vigne, elle est devant moi * . O Pacifique, vous retirerez mille pièces d’argent de votre vigne, et ceux qui en gardent les fruits en retireront deux cents. C’est-à-dire, c’est moi qui la cultive, et c’est pourquoi elle me rendra encore davantage.
Cantique des cantiques, de Salomon.
Sa main gauche est sous ma tête, et il m’embrassera de sa droite * . Les deux mains de l’Époux divin embrassent tous les temps, le présent et l’avenir. La gauche est remplie des biens de la vie présente ; les biens de l’éternité sont dans la droite. (S. A MBROISE .)
Quelle est celle-ci, qui s’élève du désert comme une colonne de vapeur, exhalant la myrrhe, l’encens et toutes sortes de parfums * ? C’est l’Église se détachant du désert de ce monde, et s’élevant vers Dieu par un continuel sacrifice de pénitences, de prières et de toutes sortes de vertus.
Vos dents sont comme des troupeaux de brebis tondues qui sont montées du lavoir, et qui portent toutes un double fruit, sans qu’il y en ait de stériles parmi elles * . C’est-à-dire, sont blanches et pures, bien rangées, parfaitement saines et intactes. D’après certains interprètes, les dents de l’Épouse représentent les Docteurs de l’Église, qui broient le pain de la divine parole et le mettent à la portée de l’intelligence des fidèles. (S. A MBROISE et S. G RÉGOIRE DE N YSSE .)
Je me suis dépouillée de ma robe : comment la revêtirai-je ? J’ai lavé mes pieds : comment pourrai-je les salir de nouveau ?
Où est allé votre bien-aimé, ô la plus belle d’entre les femmes ? Où s’est retiré votre bien-aimé ? et nous le chercherons avec vous.
Vos deux mamelles sont semblables aux deux petits jumeaux de la gazelle.
Je vous conjure, filles de Jérusalem, de ne pas réveiller et de ne pas troubler dans son sommeil celle que j’aime, jusqu’à ce qu’elle s’éveille d’elle-même.
Mon bien-aimé est pour moi comme une grappe de raisin de Cypre cueillie dans les vignes d’Engaddi.
Jusqu’à ce que le jour * commence à luire, et que les ombres déclinent. Revenez, mon bien-aimé, et soyez semblable au chevreuil et au faon de la biche, sur les montagnes de Béther * . Le jour de l’éternité. Béther signifie séparation. L’Église conjure l’Époux divin de ne pas la priver des consolations de sa présence sur cette terre de séparation et d’exil.
Vos lèvres sont comme une bandelette de pourpre ; votre parole est douce. Vos joues sont comme une moitié de pomme de grenade, sans parler de ce qui est caché à l’intérieur.
Jusqu’à ce que le jour commence à paraître, et que les ombres déclinent. J’irai à la montagne de la myrrhe et à la colline de l’encens * . Montagne et colline du Liban, dont les arbres produisent la myrrhe et l’encens en abondance. Dans un sens plus élevé, la montagne de la myrrhe figure le Calvaire, où l’Époux devait monter pour y mourir. La colline de l’encens figure la gloire de la divinité où il devait s’élever pour recevoir l’encens de nos adorations et de nos prières. (S. G RÉGOIRE DE N YSSE , T HÉODORET .)
Les gardes qui parcourent la ville m’ont rencontrée, ils m’ont frappée et m’ont blessée. Les gardiens des murailles m’ont ôté mon manteau.
On compte soixante reines, quatre-vingts femmes du second rang et des jeunes vierges sans nombre.
J’ai dit * : Je monterai sur le palmier et j’en cueillerai des fruits ; et vos mamelles seront comme les grappes de la vigne, et le souffle de votre bouche, comme l’odeur des pommes de grenade. Ce sont les compagnes de l’Épouse qui parlent, et qui, par cette comparaison du palmier, expriment le désir de demeurer toujours unies à l’Épouse.
Notre sœur est petite et elle n’a point de mamelles ; que ferons-nous à notre sœur le jour où il faudra lui parler ?
Si elle est comme une muraille, bâtissons dessus des tours d’argent ; si elle est comme la porte d’un édifice, fermons-la avec des ais de bois de cèdre * . Cette sœur de l’Épouse encore faible et petite est l’image des âmes faibles et imparfaites. Si, comme un mur, elles résistent aux tentations, Jésus-Christ les rendra de plus en plus fortes par les richesses de sa grâce ; si, au contraire, elles sont comme une porte ouverte au vent de la séduction, il les prémunira contre le péché par la crainte de Dieu, et peu à peu les rendra stables et constantes.
Le Pacifique * avait une vigne dans celle où il y a une multitude de peuples * ; il l’a donnée à des gardiens : chacun doit rendre mille pièces d’argent pour le fruit qu’il en retire. C’est-à-dire Salomon. Dans l’hébreu, il y a un nom propre de lieu, Baal-Hamon, dont la Vulgate a traduit la signification.
O vous qui habitez dans les jardins, nos amis écoutent ; faites-moi entendre votre voix.
Nous vous ferons présent de chaînes d’or, marquetées d’argent.
Je suis la fleur de la campagne et le lis des vallées * . Jésus-Christ est une fleur de virginité et d’humilité dont l’arôme vivifiant ne se fait sentir qu’aux âmes chastes, aux petits et aux humbles (S. A MBROISE .)
Voici le lit de Salomon environné de soixante braves des plus vaillants d’Israël,
Que votre amour est délicieux, ô ma sœur, mon épouse ! Les délices de votre amour sont préférables au vin le plus exquis ; l’odeur de vos parfums surpasse celle des aromates les plus précieux.
Qu’a donc votre bien-aimé au-dessus des autres, ô la plus belle d’entre les femmes ? Qu’a donc votre bien-aimé au-dessus des autres, pour que vous nous conjuriez ainsi ?
Détournez vos yeux de moi ; car ils m’ont obligé de me retirer promptement. Vos cheveux sont comme un troupeau de chèvres qui ont apparu sur le mont Galaad.
Que vous êtes belle et ravissante, ô ma très-chère, les délices de mon âme !
Qui me donnera de vous avoir pour frère * , suçant les mamelles de ma mère, afin que je vous trouve dehors, que je vous couvre de baisers, et qu’à l’avenir personne ne me méprise ? Ce désir de l’Épouse s’est accompli dans l’Incarnation. En prenant la nature humaine, le Fils de Dieu est vraiment devenu notre frère. Il ne rougit pas, dit l’Apôtre, de nous appeler ses frères. (Hébr., II , 11.)
Nous vous ferons présent de chaînes d’or, marquetées d’argent.
Le figuier a montré ses fruits ; la vigne en fleur a répandu ses parfums. Levez-vous, ma bien-aimée, mon unique beauté, et venez.
Tous armés de glaives, tous très-expérimentés dans la guerre ; chacun d’eux a l’épée au côté, à cause des frayeurs de la nuit.
Votre cou est comme la tour de David, couronnée de créneaux ; mille boucliers y sont suspendus, avec toutes sortes d’armes pour les plus vaillants.
Sa tête est un or très-pur. Ses cheveux sont comme les jeunes rameaux du palmier ; ils sont d’un noir d’ébène, semblable à celui du corbeau.
Vos dents sont comme un troupeau de brebis qui sont montées du lavoir, et qui portent toutes un double fruit, sans qu’il y en ait de stériles parmi elles.
Votre stature est semblable au palmier, et votre sein aux grappes de raisin.
Je suis moi-même comme un mur, et mes mamelles sont comme une tour, depuis que j’ai paru en sa présence et que j’ai trouvé en lui ma paix.
Mon bien-aimé est pour moi comme une grappe de raisin de Cypre cueillie dans les vignes d’Engaddi.
Je suis la fleur de la campagne et le lis des vallées * . Jésus-Christ est une fleur de virginité et d’humilité dont l’arôme vivifiant ne se fait sentir qu’aux âmes chastes, aux petits et aux humbles (S. A MBROISE .)
Le roi Salomon s’est fait une litière de bois du Liban ;
Vos plantations forment un jardin de délices, rempli de pommes de grenades, et de toutes sortes de fruits de cypre et de nard.
Ses yeux sont comme les colombes qu’on voit auprès des petits ruisseaux, qui ont été lavées dans du lait, et qui se tiennent le long des plus grands courants d’eau.
Une seule est ma colombe, ma parfaite * ; elle est unique pour sa mère et choisie par celle qui lui a donné la vie. Les vierges l’ont vue, et l’ont publiée très-heureuse ; les reines et les autres femmes l’ont vue, et lui ont donné des louanges. Les SS. Pères appliquent volontiers ces paroles à la Vierge Marie, comme étant l’âme la plus pure et la plus parfaite que l’Église de Dieu ait engendrée sur la terre.
Je suis à mon bien-aimé, et son cœur est tourné vers moi.
Pour ma vigne, elle est devant moi * . O Pacifique, vous retirerez mille pièces d’argent de votre vigne, et ceux qui en gardent les fruits en retireront deux cents. C’est-à-dire, c’est moi qui la cultive, et c’est pourquoi elle me rendra encore davantage.
Que vous êtes beau * , mon bien-aimé ! Que vous avez de grâce ! Notre lit est semé de fleurs. Jésus-Christ, dit saint Augustin, est beau dans le ciel, beau sur la terre, beau par ses miracles, beau au milieu des verges, beau sur la croix, beau même dans le sépulcre. La suprême et vraie beauté, c’est la justice.
Comme le lis au milieu des épines, ainsi est ma bien-aimée entre les vierges * . C’est au milieu des épines, c’est-à-dire des tentations et des persécutions, que les vertus de l’Église croissent et fleurissent. (S. B ERNARD .)
Les colonnes sont d’argent, le dossier est d’or, les degrés sont couverts de pourpre, et le milieu est orné de tout ce qu’il y a de plus précieux, en faveur des filles de Jérusalem * . Ce lit et ce trône de Salomon, le roi pacifique, sont encore considérés par les interprètes comme autant de figures de l’Église, au milieu de laquelle se repose Jésus-Christ, le Roi des rois, le Prince de la paix.
Le nard et le safran, la canne et le cinnamome, avec tous les arbres du Liban, s’y trouvent, aussi bien que la myrrhe et l’aloès, et tous les parfums les plus exquis * . Ces fruits et ces parfums de différentes espèces sont les images des vertus qui font l’ornement de l’Épouse.
Ses joues sont comme de petits parterres de plantes aromatiques artistement distribuées. Ses lèvres sont comme des lis qui distillent la myrrhe la plus pure.
Que verrez-vous dans la Sulamite, sinon des chœurs de musique dans un camp d’armée * ? Que vos démarches sont belles, ô fille du prince, avec votre superbe chaussure ! Les contours de votre taille ressemblent à ces colliers ouvrage d’une main habile. C’est-à-dire un mélange de choses agréables et de choses terribles. L’Église a toujours les armes à la main pour combattre ses ennemis, et en même temps toujours des cantiques d’action de grâces à la bouche, pour remercier Dieu des triomphes qu’elle obtient.
Vous êtes en tout accomplie comme une coupe arrondie au tour et toujours pleine. Votre sein est comme un monceau de froment environné de lis.
Qui me donnera de vous avoir pour frère * , suçant les mamelles de ma mère, afin que je vous trouve dehors, que je vous couvre de baisers, et qu’à l’avenir personne ne me méprise ? Ce désir de l’Épouse s’est accompli dans l’Incarnation. En prenant la nature humaine, le Fils de Dieu est vraiment devenu notre frère. Il ne rougit pas, dit l’Apôtre, de nous appeler ses frères. (Hébr., II , 11.)