Deutéronome - Chapitre 24

Deutéronome 24.1 Si un homme, après avoir épousé une femme, et vécu avec elle, en conçoit ensuite du dégoût à cause de quelque difformité, il fera un écrit de divorce, et l’ayant mis entre les mains de cette femme, il la renverra de sa maison * . Jésus-Christ déclare que cette ordonnance de Moïse était plutôt une permission accordée à la dureté du cœur des Juifs, qu’un précepte donné au peuple de Dieu. (S. Marc, X , 5.) Elle tendait à empêcher un plus grand mal, qui était la haine et le meurtre des premières femmes. (S. C HRYSOST . Lib. Repud. — S. H IERON . in Matth. , cap. XIX .) Il n’était permis qu’aux docteurs de la loi d’écrire les caractères hébraïques. Ainsi le mari était renvoyé à ces sages interprètes de la loi pour rédiger l’écrit de divorce, afin de rendre la chose plus difficile, et de lui donner le moyen de ne rien faire avec précipitation. (S. A UG . contra Faust. , lib. XIX, cap. XXVI . — De Bon. conjug. , cap. VIII .) Deutéronome 24.2 Si, après être sortie, elle épouse un second mari, Deutéronome 24.3 Et que celui-ci conçoive aussi de l’aversion pour elle, et la renvoie de sa maison, après lui avoir donné un écrit de divorce, ou même s’il vient à mourir, Deutéronome 24.4 Le premier mari ne pourra plus la reprendre pour sa femme, parce qu’elle a été souillée, et qu’elle est devenue abominable devant le Seigneur : ne souillez pas la terre dont le Seigneur votre Dieu doit vous mettre en possession. Deutéronome 24.5 Un homme qui aura épousé une femme depuis peu, n’ira point à la guerre, et on ne lui imposera aucune charge publique ; mais il pourra, sans aucune faute, rester dans sa maison, et passer une année dans la joie avec sa femme. Deutéronome 24.6 Vous ne recevrez point en gage la meule ni le moulin, parce que celui qui vous les offre vous engage sa propre vie * . Les anciens, comme nous l’avons indiqué dans une note précédente, faisaient usage d’un moulin à bras pour moudre les grains nécessaires à la subsistance de la famille. Ce moulin était composé de deux pierres ; la première, se terminant en cône obtus, entrait dans la pierre inférieure, taillée en entonnoir, où l’on plaçait les grains destinés à être broyés. La pierre supérieure était mise en mouvement au moyen d’un manche en bois. L’action assez pénible de mouvoir cet instrument grossier était le partage des femmes et des esclaves. Deutéronome 24.7 Si un homme est surpris tendant un piège à son frère d’entre les enfants d’Israël, et qu’après l’avoir vendu comme esclave, il en ait reçu le prix, il sera puni de mort ; et vous ôterez le mal du milieu de vous. Deutéronome 24.8 Évitez avec soin tout ce qui pourrait vous faire contracter la lèpre ; exécutez tout ce que les prêtres de la race de Lévi vous enseigneront, selon ce que je leur ai commandé, et accomplissez-le exactement. Deutéronome 24.9 Souvenez-vous de la manière dont le Seigneur votre Dieu a traité Marie dans le chemin, après votre sortie de l’Égypte. Deutéronome 24.10 Lorsque vous réclamerez de votre prochain une chose qu’il vous doit, vous n’entrerez point dans sa maison pour emporter quelque gage ; Deutéronome 24.11 Mais vous resterez dehors, et il vous donnera lui-même ce qu’il aura. Deutéronome 24.12 S’il est pauvre, le gage ne passera pas la nuit chez vous ; Deutéronome 24.13 Mais vous le lui rendrez aussitôt, avant le coucher du soleil, afin que, dormant dans son vêtement, il vous bénisse, et que vous soyez trouvé juste devant le Seigneur votre Dieu. Deutéronome 24.14 Vous ne refuserez point à l’indigent et au pauvre ce que vous lui devez, qu’il soit votre frère ou étranger, demeurant avec vous dans votre pays et dans votre ville ; Deutéronome 24.15 Mais le même jour, vous lui rendrez le prix de son travail avant le coucher du soleil, parce qu’il est pauvre, et qu’il n’a que cela pour vivre ; de peur qu’il ne crie contre vous vers le Seigneur, et que cela ne vous soit imputé à péché. Deutéronome 24.16 Les pères ne seront pas mis à mort pour les enfants, ni les enfants pour les pères ; chacun mourra pour son péché. Deutéronome 24.17 Vous ne violerez point la justice dans la cause de l’étranger ni de l’orphelin, et vous n’ôterez point à la veuve son vêtement pour vous tenir lieu de gage. Deutéronome 24.18 Souvenez-vous que vous avez été esclave en Égypte, et que le Seigneur votre Dieu vous en a tiré. C’est pourquoi voici ce que je vous commande de faire : Deutéronome 24.19 Lorsque vous aurez moissonné vos grains dans votre champ, si vous y laissez une gerbe par oubli, vous n’y retournerez point pour l’emporter ; vous la laisserez prendre à l’étranger, à l’orphelin et à la veuve ; afin que le Seigneur votre Dieu vous bénisse dans toutes les œuvres de vos mains. Deutéronome 24.20 Quand vous aurez recueilli les fruits des oliviers, vous ne reviendrez point reprendre ceux qui seront restés sur les arbres ; mais vous les laisserez à l’étranger, à l’orphelin et à la veuve. Deutéronome 24.21 Quand vous aurez vendangé votre vigne, vous n’irez point cueillir les raisins qui y seront restés ; mais ils seront à l’usage de l’étranger, de l’orphelin et de la veuve * . On ne saurait trop faire remarquer le souci que prend la loi mosaïque des pauvres et des faibles : c’était un prélude à la charité de l’Évangile. Deutéronome 24.22 Souvenez-vous que vous avez été esclave en Égypte ; c’est pourquoi je vous fais ce commandement.

Deutéronome : Chapitre 24

La Protection Sociale selon Deutéronome 24

Le chapitre 24 du Deutéronome présente des lois fondamentales concernant la protection sociale. Il illustre comment Dieu prend soin des personnes vulnérables au sein de la société. Ce texte, empreint de compassion, aborde des sujets cruciaux tels que le divorce, le remariage, le prêt sur gage, les enlèvements et la situation des lépreux. En effet, le chapitre souligne l'importance de la justice pour les travailleurs, les étrangers, les orphelins et les veuves.

Deutéronome 24 révèle ainsi le cœur de Dieu pour les marginalisés et établit des principes d'équité sociale. Pour mieux comprendre ces préceptes de justice sociale, réfléchissons ensemble à cinq passages bibliques qui éclairent les enseignements de ce chapitre inspirant.

1. Matthieu 5:31-32

"Il était dit : « Quiconque divorce de sa femme doit lui remettre un acte de divorce ». Mais moi, je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d'immoralité sexuelle, la rend adultère, et que celui qui épouse une femme divorcée commet un adultère."

- Dans ce passage, Jésus fait directement référence aux lois sur le divorce mentionnées dans Deutéronome 24:1-4, offrant une nouvelle interprétation qui souligne la profondeur des engagements matrimoniaux.

2. Marc 10:2-9

"Certains pharisiens l'ont approché et l'ont mis à l'épreuve avec cette question : « Est-il permis à un homme de divorcer de sa femme ? »..."

- Ici, Jésus discute et réinterprète les lois sur le divorce de Deutéronome 24:1-4, invitant chacun à considérer la sacralité du mariage.

3. Jacques 5:4

"Faites attention à ceci : les salaires des ouvriers qui ont moissonné vos champs, et que vous avez retenus par fraude, crient contre vous. La lamentation des moissonneurs parvint aux oreilles du Seigneur des armées."

- Ce verset illustre les principes de justice pour les travailleurs, qui se retrouvent également dans Deutéronome 24:14-15, rappelant l'importance d'honorer les droits des ouvriers.

4. Matthieu 6:24

"Personne ne peut servir deux maîtres ; car il détestera l’un et aimera l’autre, ou bien il se consacrera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir Dieu et l'argent."

- Cet enseignement de Jésus fait écho aux principes de justice économique trouvés dans Deutéronome 24:10-13, appelant à une gestion éthique des ressources.

5. Luc 6:34-35

"Et si vous prêtez à des personnes dont vous attendez un remboursement, quel mérite avez-vous ? Même les « pécheurs » prêtent aux « pécheurs », dans l’espoir d’être intégralement remboursés. Au contraire, aimez vos ennemis, faites-leur du bien et prêtez-leur, sans rien attendre en retour..."

- Jésus développe ici les principes de prêt trouvés dans Deutéronome 24:10-13, nous invitant à une générosité qui dépasse les attentes humaines.

À travers ces passages, nous découvrons que les lois de Deutéronome 24 ne sont pas simplement des règles, mais une invitation à vivre selon la justice divine, en prenant soin des plus vulnérables et en répondant à l'appel de Dieu pour une société plus équitable.