Jérémie - Chapitre 12

Jérémie 12.1 Seigneur, vous êtes vraiment (certainement) juste, quoique (si) je dispute avec vous ; cependant je vous dirai des choses justes : Pourquoi la voie des méchants (impies) est-elle prospère ? Pourquoi tous les prévaricateurs et les impies sont-ils heureux ? [12.1-17 II e section : La réprobation d’Israel est définitive, du chapitre 12 au chapitre 17. ― 1° Le Seigneur ennemi d’Israel, chapitre 12. ― Jérémie prie Dieu de châtier promptement les impies, versets 1 à 3. ― Dieu lui répond de les rassembler comme un troupeau qu’on destine à la boucherie ; ils vont périr, versets 4 à 6 ; son peuple est devenu son ennemi : il le traitera donc lui-même en ennemi et donnera son héritage à des étrangers, versets 7 à 13 ; il fera cependant sentir aussi le poids de sa justice aux Gentils ; il les détruira, quand il plantera de nouveau son peuple qu’il déracine maintenant, versets 14 à 17.] [12.1 Voir Job, 21, 7 ; Habacuc, 1, 13. ― Vous êtes juste ; c’est-à-dire trop juste. ― Si je dispute : ou mieux, selon l’hébreu, pour que je dispute .] Jérémie 12.2 Vous les avez plantés, et ils ont pris racine ; ils croissent et portent du fruit ; vous êtes près de leur bouche, et loin de leurs reins. [12.2 Reins. Voir, pour le sens de ce mot, Jérémie, 11, 20.] Jérémie 12.3 Et vous, Seigneur, vous me connaissez (m’avez connu), vous m’avez vu, et vous avez éprouvé que mon cœur est à vous ; rassemblez-les comme un troupeau pour la boucherie (destiné au sacrifice), et (conservez-) préparez-les pour le jour du carnage. [12.3 Consacrez-les , etc. ; c’est-à-dire séparez-les, mettez-les de côté comme une chose sainte et destinée à être la matière du sacrifice. Ainsi le sens est : Regardez-les dès ce moment comme des victimes destinées au sacrifice.] Jérémie 12.4 Jusques à quand la terre sera-t-elle en deuil, et toute l’herbe des champs sera-t-elle desséchée, à cause de la méchanceté des habitants ? Les bêtes et les oiseaux ont péri, parce qu’ils ont dit : Il (Dieu) ne verra pas notre fin. Jérémie 12.5 Si tu t’es fatigué à suivre des (en courant avec les) piétons, comment pourras-tu lutter (en vitesse) avec des chevaux ? Après avoir été en sûreté dans une terre de paix, que feras-tu dans l’orgueil du Jourdain ? [12.5 Si en courant , etc. C’est probablement une locution proverbiale et parabolique, qui veut dire ici : Les Philistins, les Iduméens, les Ammonites et les Moabites, qui n’avaient que de l’infanterie, t’ont souvent battu, sans que tu aies pu leur résister, comment résisteras-tu aux Chaldéens qui ont une puissante cavalerie et de nombreux chariots ? ― L’orgueil du Jourdain (superbia Jordanis) ; le regonflement du Jourdain, selon les uns, ou, selon les autres, la gloire du Jourdain, c’est-à-dire son rivage couvert de verdure, ombragé par des saules, des tamarisques, etc., au milieu desquels habitaient les bêtes sauvages (voir Jérémie, 49, 19 ; 50, 44 ; Zacharie, 11, 3). Ainsi le Seigneur répond au Prophète : Tu te croyais en sûreté dans ton pays qui devait être pour toi une terre de paix ; que deviendras-tu, lorsque l’armée, grossie des troupes qui t’environnent, semblable au Jourdain débordé, viendra inonder la Judée ? ou bien, lorsque tu te trouveras sur les bords du Jourdain exposé aux bêtes sauvages.] Jérémie 12.6 Car tes frères (eux-mêmes) et la maison de ton père combattent (ont combattu) contre toi, et ils crient à pleine voix derrière toi. Ne les crois pas lorsqu’ils te parleront avec douceur. Jérémie 12.7 J’ai quitté ma maison, j’ai abandonné mon héritage ; j’ai exposé l’âme qui m’était chère entre les mains de ses ennemis. [12.7 Ma maison ; mon temple. ― Mon héritage ; mon peuple. ― Mon âme chérie ; Jérusalem, qui m’était chère comme mon âme.] Jérémie 12.8 Mon héritage est devenu pour moi comme un lion de la forêt ; il a poussé des cris contre moi, c’est pourquoi je l’ai haï. Jérémie 12.9 Mon héritage est-il pour moi un oiseau bigarré ? Est-il (N’est-ce pas) un oiseau peint partout (entièrement coloré) ? Venez, (r)assemblez-vous toutes, bêtes des champs, accourez pour dévorer. [12.9 Un oiseau de diverses couleurs. On ignore de quel oiseau parle le Prophète. Le sens est que le peuple d’Israel est devenu pour tous un sujet de mépris et de persécution, comme un oiseau dépaysé au milieu d’autres oiseaux, qui le distinguent à cause de la différence de sa couleur et le pourchassent.] Jérémie 12.10 De nombreux pasteurs ont détruit (ravagé) ma vigne ; ils ont foulé aux pieds ma propriété, ils ont changé ma part délicieuse (mon partage précieux) en une affreuse solitude (un désert solitaire). Jérémie 12.11 Ils l’ont dévastée, et elle est en deuil à cause de moi ; (par la désolation a été désolée, note) tout le pays est dans une extrême désolation, parce qu’il n’y a personne qui ait le cœur attentif (qui réfléchisse en son cœur). [12.11 Par la désolation a été désolée ; hébraïsme, pour a été entièrement désolée .] Jérémie 12.12 Par toutes les routes du désert arrivent les (des) dévastateurs, car le glaive du Seigneur dévorera le pays d’une extrémité à l’autre ; il n’y a de paix pour aucune chair. [12.12 Aucune chair. En hébreu le mot tout , accompagné d’une négation, signifie nul, aucun . ― Chair , dans le langage de la Bible, signifie souvent homme, mortel .] Jérémie 12.13 Ils ont semé du froment, et ils ont moissonné des épines ; ils ont reçu un héritage, et ils n’en tireront rien ; vous serez confondus par vos récoltes (la perte de vos fruits), à cause de la colère (et) de la fureur du Seigneur. [12.13 La colère de la fureur. Voir Jérémie, 4, 8.] Jérémie 12.14 Ainsi parle le Seigneur contre tous mes voisins très méchants, qui touchent à l’héritage que j’ai distribué à mon peuple d’Israel : Voici, je les arracherai de leur pays, et j’arracherai la maison de Juda du milieu d’eux. Jérémie 12.15 Et lorsque je les aurai arrachés (ainsi déracinés), je me tournerai, et j’aurai pitié d’eux, et je les ramènerai chacun à son héritage et chacun à sa terre. [12.15 L’un et l’autre ; c’est le sens du terme hébreu rendu dans la Vulgate par homme et homme (virum et virum) .] Jérémie 12.16 Alors s’ils s’instruisent et s’ils apprennent les voies de mon peuple, s’ils jurent par mon nom en disant : Vive le Seigneur (vit) ! comme ils ont appris à mon peuple à jurer par Baal, ils seront établis au milieu de mon peuple. [12.16 Le Seigneur vit ! formule de serment. Voir Jérémie, 4, 2.] Jérémie 12.17 Mais s’ils n’écoutent pas, je détruirai cette nation-là jusqu’à la racine, et je la perdrai (je les extirperai par l’extirpation et par la ruine), dit le Seigneur. [12.17 Je les extirperai par l’extirpation ; hébraïsme, pour je les extirperai entièrement .]

Jérémie : Chapitre 12

Réflexion sur Jérémie chapitre 12

Le chapitre 12 du livre de Jérémie soulève une question profonde et intemporelle : pourquoi les méchants prospèrent-ils alors que les justes souffrent ? Le prophète Jérémie, en proie à une profonde lamentation, s'interroge sur cette apparente injustice et cherche à comprendre la justice divine dans un monde où les méchants semblent triompher.

La lamentation de Jérémie

Dans ce chapitre, Jérémie exprime sa douleur face au succès des méchants, mettant en lumière le paradoxe de leur prospérité. Il se tourne vers Dieu, désireux de comprendre pourquoi les injustes continuent de vivre et de s'élever en puissance. Cette lutte intérieure de Jérémie, semblable à celle de Job, est une invitation à réfléchir sur la nature de la souffrance et de la justice divine.

La réponse de Dieu

La réponse de Dieu à Jérémie est à la fois réconfortante et provocante. Elle rappelle que le plan divine s'étend au-delà de notre compréhension immédiate. Dieu promet un jugement, mais aussi une restauration future, soulignant ainsi qu'il n'y a pas d'oubli de la part du Seigneur. Ce chapitre nous encourage à méditer sur la patience de Dieu et sur l'espoir de rédemption.

Thèmes bibliques connexes

Nous vous proposons de méditer sur cinq passages bibliques qui éclairent les thèmes difficiles abordés dans Jérémie 12 :

En méditant ces passages, nous sommes invités à approfondir notre compréhension de la justice divine, à reconnaître notre propre souffrance et à espérer dans le grand plan de Dieu pour l'humanité. Que cette réflexion nous guide vers une foi plus profonde et une confiance renouvelée en la bonté de Dieu.