Comment cette ville si peuplée est-elle maintenant déserte ? La maîtresse des nations est devenue comme veuve ; la reine des provinces a été assujettie au tribut. Ce passage ne se trouve pas dans l’hébreu ; il se lit seulement dans la version grecque et dans la Vulgate. Dans l’hébreu, ce verset commence par cette lettre, la première de l’alphabet hébraïque. Les autres lettres, placées suivant leur ordre dans l’alphabet, ont été regardées comme des chiffres pour distinguer les versets.
O vous tous qui passez par le chemin, considérez et voyez s’il y a une douleur comme la mienne ; car le Seigneur m’a traitée, selon sa parole, au jour de sa fureur, comme une vigne qu’on a vendangée.
C’est pour cela que je pleure et que mes yeux répandent des ruisseaux de larmes, parce que Celui qui devait me consoler en me redonnant la vie s’est retiré loin de moi. Mes enfants ont été exterminés, parce que l’ennemi a prévalu.
Comment le Seigneur, dans sa fureur, a-t-il couvert de ténèbres la fille de Sion ? Il a précipité du ciel sur la terre la gloire d’Israel, et il ne s’est pas souvenu de l’escabeau de ses pieds * au jour de sa fureur. Le temple, où il manifestait sa présence d’une manière sensible.
Les vieillards de la fille de Sion se sont assis à terre, et gardent le silence. Ils ont couvert leur tête de cendre ; ils se sont revêtus de cilices ; les vierges de Jérusalem tiennent leur tête baissée vers la terre.
A qui vous comparerai-je, ô fille de Jérusalem ? A qui dirai-je que vous ressemblez ? Où trouverai-je quelque chose d’égal à vos maux ? et comment vous consolerai-je, ô vierge fille de Sion ? Votre douleur est vaste et profonde comme la mer. Qui vous guérira ?
Le Seigneur a exécuté ce qu’il avait résolu. Il a accompli ce qu’il avait arrêté depuis longtemps. Il vous a détruite sans vous épargner, il vous a rendue un sujet de joie à vos ennemis, et il a relevé la force de ceux qui vous haïssaient.
Je suis un homme qui vois ma misère, sous la verge de l’indignation du Seigneur.
En vain je crierais vers lui et je le prierais ; il a repoussé ma prière.
Souvenez-vous de la pauvreté où je suis, de mon affliction, de l’absinthe et du fiel dont vous m’avez abreuvé.
J’entretiendrai ce souvenir dans mon cœur ; c’est pourquoi j’aurai de l’espérance.
Si nous n’avons point été perdus entièrement, c’est l’effet des miséricordes du Seigneur, parce que sa bonté est inépuisable.
Vous me faites tous les jours de nouvelles grâces ; vous êtes parfaitement fidèle.
Le Seigneur est mon partage, a dit mon âme ; c’est pourquoi je l’attendrai.
Le Seigneur est bon pour ceux qui espèrent en lui, pour l’âme qui le cherche.
Il est bon d’attendre en silence le salut venant de Dieu.
Il est bon à l’homme de porter le joug dès sa jeunesse.
Le visage prosterné dans la poussière, il dira : Peut-être y a-t-il encore quelque espérance ?
Car le Seigneur ne nous rejettera pas pour jamais.
Car il n’a pas humilié à plaisir, ni rejeté les enfants des hommes.
Qui a dit qu’une chose arrivait sans l’ordre du Seigneur ?
Pourquoi l’homme murmure-t-il pendant sa vie, l’homme puni pour ses péchés ?
Examinons et sondons nos voies, et revenons vers le Seigneur.
Nous avons agi injustement ; nous nous sommes attiré votre colère, Seigneur ; c’est pourquoi vous ne vous êtes pas laissé toucher.
Jusqu’à ce que le Seigneur jette les yeux sur nous, et nous regarde du ciel.
J’ai invoqué votre nom, Seigneur, du fond de l’abîme.
Vous vous êtes approché de moi au jour où je vous ai invoqué. Vous avez dit : Ne craignez pas.
Comment l’or s’est-il obscurci ? Comment a-t-il perdu son éclat ? Comment les pierres du sanctuaire ont-elles été dispersées aux coins de toutes les rues ?
Le Seigneur a satisfait sa fureur ; il a répandu son indignation et sa colère ; il a allumé dans Sion un feu qui l’a dévorée jusqu’aux fondements.
Les rois de la terre et tous les habitants du monde n’auraient jamais cru que les ennemis de Jérusalem, et ceux qui la haïssent, dussent entrer par ses portes.
Le Christ * , le Seigneur, le souffle de notre bouche, a été pris à cause de nos péchés, et nous lui avons dit : Nous vivrons sous votre ombre parmi les nations. Le Christ, l’Oint, le Prince sacré roi par l’onction sainte.
Souvenez-vous, Seigneur, de ce qui nous est arrivé ; regardez et voyez notre opprobre.
La couronne est tombée de notre tête. Malheur à nous, parce que nous avons péché !
C’est pourquoi notre cœur est devenu triste, nos yeux ont été couverts de ténèbres,
Mais vous, Seigneur, vous demeurerez éternellement ; votre trône subsistera dans la suite de tous les siècles.
Convertissez-nous à vous, Seigneur, et nous serons convertis. Renouvelez nos jours comme au commencement.
Mais vous nous avez rejetés ; votre colère s’est enflammée contre nous * . Autrement : N’avez-vous pas assez puni nos fautes, en nous rejetant loin de vous, dans la terre de captivité ? Serez-vous toujours irrité contre nous ?
Elle n’a pas cessé de pleurer pendant la nuit, et ses joues sont baignées de larmes. De tous ceux qui lui étaient chers, il n’y en a pas un qui la console ; tous ses amis l’ont méprisée, et sont devenus ses ennemis.
Juda, plongé dans la douleur et le plus dur esclavage, a été dispersé ; il a demeuré parmi les nations, et il n’y a point trouvé de repos. Tous ses persécuteurs l’ont saisi de toutes parts.
Ses ennemis dominent ; ceux qui la haïssaient se sont enrichis ; parce que le Seigneur l’a condamnée à cause de la multitude de ses iniquités. Ses petits enfants ont été emmenés captifs devant l’ennemi qui les chassait.
Ses souillures ont paru sur ses pieds, et elle ne s’est point souvenue de sa fin. Dans son prodigieux abaissement, elle n’a pas de consolateur. Seigneur, voyez mon affliction, parce que l’ennemi s’est élevé avec insolence.
Le joug que m’ont attiré mes iniquités m’a accablé tout à coup. La main de Dieu en a fait comme des chaînes, qu’il m’a mises sur le cou. Ma force a été affaiblie. Le Seigneur m’a livrée à une main sous laquelle je ne pourrai me relever.
Le Seigneur est juste, parce que j’ai provoqué sa colère. Peuples, écoutez tous, je vous en conjure, et voyez ma douleur. Mes vierges et mes jeunes hommes ont été emmenés en captivité.
Le Seigneur a renversé tout ce qu’il y avait de beau dans Jacob ; il n’a rien épargné. Il a détruit dans sa fureur les remparts de la fille de Juda ; il les a renversés à terre ; il a profané son royaume et ses princes.
Ses portes sont enfoncées en terre ; il en a rompu et brisé les verrous. Il a banni son roi et ses princes parmi les nations. Il n’y a plus de loi, et ses prophètes n’ont point reçu de visions prophétiques du Seigneur.
Ils disaient à leurs mères : Où est le blé ? où est le vin ? lorsqu’ils tombaient sur les places de la ville, comme blessés à mort, et qu’ils expiraient entre les bras de leurs mères.
Leur cœur a crié vers le Seigneur, au sujet des murailles de la fille de Sion. Laissez couler vos larmes nuit et jour ; ne vous donnez aucun repos, et que votre paupière ne se ferme pas.
Il m’a conduit et amené dans les ténèbres, et non à la lumière.
J’ai dit : Enfin c’en est fait de ma force, et de l’espérance que j’avais mise dans le Seigneur.
Il s’assiéra solitaire, et gardera le silence lorsque le joug aura été placé sur lui.
S’il nous a rejetés, il aura enfin compassion de nous dans la grandeur de ses miséricordes.
Mon œil s’est affligé et n’a pas cessé de pleurer, parce qu’il n’y a point de repos,
Vous avez pris la défense de la cause de mon âme, Seigneur, Rédempteur de ma vie.
Comment les enfants de Sion, si éclatants, et couverts de l’or le plus pur, ont-ils été traités comme des vases de terre, ouvrage des mains du potier ?
Ceux qui se nourrissaient délicatement sont morts dans les rues ; ceux qui mangeaient dans la pourpre ont embrassé des immondices * . Ceux qui se couchaient sur des étoffes précieuses, de couleur de pourpre, ont été forcés de se coucher sur le fumier et de se nourrir des aliments les plus vils.
Lorsque nous subsistions encore, nos yeux se sont lassés dans l’attente d’un vain secours, en tournant nos regards vers une nation qui ne pouvait nous sauver.
Notre héritage est passé aux étrangers, et nos maisons, aux infidèles * . La terre que vous avez donnée à nos pères, et que nous possédions par droit héréditaire.
Nous avons bu notre eau à prix d’argent ; nous avons acheté notre bois * . Étrangers dans leur propre pays, sous des maîtres durs et avides, les Juifs achetaient l’eau de leurs fontaines et le bois de leurs champs.
Des esclaves ont été nos maîtres ; il ne s’est trouvé personne pour nous racheter d’entre leurs mains.
La joie de notre cœur est éteinte, nos concerts sont changés en lamentations.
Pourquoi nous oublierez-vous à jamais ? Pourquoi nous abandonnerez-vous pour toujours ?
Tout son peuple est dans les gémissements, et cherche du pain. Ils ont donné tout ce qu’ils avaient de plus précieux pour trouver de quoi soutenir leur vie. Voyez, Seigneur, et considérez l’avilissement où je suis réduite.
Seigneur, voyez mon affliction ; mes entrailles sont émues, mon cœur est bouleversé au dedans de moi, parce que je suis remplie d’amertume. L’épée tue mes enfants au dehors, et chez moi est l’image de la mort.
Mes yeux se sont affaiblis à force de verser des larmes ; mes entrailles sont émues. Mon cœur a défailli à cause de la ruine de la fille de mon peuple, en voyant les petits enfants et ceux qui étaient encore à la mamelle tomber en défaillance sur les places de la ville.
Levez-vous, louez le Seigneur dès le commencement des veilles de la nuit. Répandez votre cœur comme l’eau en présence du Seigneur ; levez vos mains vers lui pour l’âme de vos petits enfants, qui succombent à la faim sur toutes les places publiques.
Il a tourné et retourné sa main sur moi tout le jour.
Il a fait vieillir ma peau et ma chair ; il a brisé mes os.
Il a élevé des forts contre moi, pour m’empêcher de sortir ; il a appesanti mes fers.
Il m’a rempli d’amertume ; il m’a enivré d’absinthe.
Il m’a rompu les dents entièrement ; il m’a nourri de cendres.
Il n’a pas foulé aux pieds tous les habitants de la terre qui sont captifs.
Elevons au ciel nos cœurs avec nos mains vers le Seigneur.
Vous avez mis une nuée devant vous, afin que la prière ne parvint point jusqu’à vous.
L’iniquité de la fille de mon peuple est devenue plus grande que le péché de Sodome, qui fut renversée en un moment sans que la main des hommes ait eu part à sa ruine.
Des femmes tendres et compatissantes ont fait cuire leurs enfants de leurs propres mains ; leurs enfants sont devenus leur nourriture dans la ruine de la fille de mon peuple.
Nous sommes devenus comme des orphelins privés de pères ; nos mères sont comme veuves * . Nos pères ont été tués ou emmenés captifs ; il ne reste plus, pour ainsi dire, que des orphelins et des femmes veuves.
Ils ont humilié les femmes de Sion, et les vierges dans les villes de Juda.
Parce que la montagne de Sion a été désolée ; les renards y courent en sûreté.
Sion a étendu ses mains : personne ne la console. Le Seigneur a ordonné aux ennemis de Jacob de venir l’attaquer de toutes parts. Jérusalem est devenue au milieu d’eux comme une femme souillée.
Le Seigneur a rejeté son autel, il a donné sa malédiction à son sanctuaire. Il a livré entre les mains des ennemis les murs de ses tours, et ils ont poussé des cris dans la maison du Seigneur, comme dans une fête solennelle * . Les ennemis, en pillant le temple, ont poussé des cris de joie tels que les Juifs avaient coutume de faire dans les jours solennels de leurs assemblées.
Il a lancé dans mes reins toutes les flèches de son carquois.
Le Seigneur ne sait ce que c’est que de perdre un homme en le condamnant contre l’équité.
La prophétie est devenue pour nous frayeur, piège et ruine.
Les bêtes les plus féroces * découvrent leurs mamelles et donnent du lait à leurs petits : la fille de mon peuple est cruelle comme une autruche dans le désert. Littéralement les lamies . On ignore à quels animaux ce nom peut convenir ; aussi l’a-t-on traduit très-diversement. Nous avons préféré nous servir d’une expression vague.
Ce fut en punition des péchés de ses prophètes, et des iniquités de ses prêtres, qui ont répandu au milieu d’elle le sang des justes.
Nos pères ont péché, et ils ne sont plus ; et nous avons porté la peine de leurs iniquités.
Les rues de Sion pleurent, parce qu’il n’y a plus personne qui vienne aux solennités. Toutes ses portes sont détruites, ses prêtres gémissent, ses vierges sont désolées, et elle est plongée dans l’amertume.
Le Seigneur est devenu comme un ennemi. Il a renversé Israel, il a fait tomber toutes ses murailles, il a détruit ses remparts, et il a couvert d’humiliation les hommes et les femmes de la fille de Juda.
La paix a été bannie de mon âme ; j’ai perdu le souvenir de toute joie.
Les maux et les biens ne sortent-ils pas de la bouche du Très-Haut ?
Mon œil m’a ôté presque la vie, à cause du malheur des filles de Jérusalem.
Et maintenant leur visage est devenu plus noir que les charbons. Ils ne sont plus reconnaissables dans les rues ; leur peau est collée sur leurs os ; elle est desséchée et devenue comme du bois.
Nos pas ont glissé en marchant dans nos rues ; notre fin s’est approchée, nos jours se sont accomplis, parce que le terme de notre vie était arrivé.
Il n’y a plus de vieillards dans les assemblées des juges, ni de jeunes hommes dans les concerts de musique.
La fille de Sion a perdu toute sa beauté. Ses princes sont devenus comme des béliers qui ne trouvent point de pâturages, et ils sont allés faibles et languissants devant l’ennemi qui les poursuivait.
Tous ceux qui passaient par le chemin ont frappé des mains en vous voyant. Ils ont sifflé la fille de Jérusalem en branlant la tête, et en disant : Est-ce là cette ville d’une beauté si parfaite, la joie de toute la terre ?
Je repasserai ces choses dans ma mémoire, et mon âme est défaillante en moi-même.
Mon œil a répandu des ruisseaux de larmes, à cause de la ruine de la fille de mon peuple.
Ceux qui ont été tués par le glaive ont été plus heureux que ceux qui sont morts par la famine, parce que ceux-ci ont souffert une mort lente, étant privés des fruits de la terre.
Notre peau s’est brûlée et s’est noircie comme un four dans les horreurs de la famine.
Jérusalem a péché ; c’est pourquoi elle est devenue chancelante. Tous ceux qui l’honoraient l’ont méprisée, parce qu’ils ont vu son ignominie ; et elle a détourné son visage en gémissant.
Voyez, Seigneur, et considérez quel est le peuple que vous avez ainsi traité. Est-il donc possible que les mères soient réduites à manger le fruit de leurs entrailles, les petits enfants qu’elles portent sur leurs bras ? Les prêtres et les prophètes seront-ils tués dans le sanctuaire du Seigneur ?
J’entretiendrai ce souvenir dans mon cœur ; c’est pourquoi j’aurai de l’espérance.
Vous vous êtes caché dans votre fureur, et vous nous avez frappés : vous avez tué, vous n’avez pas épargné.
Retirez-vous, vous qui êtes souillés, leur criaient-ils, retirez-vous, allez-vous-en, ne nous touchez point ; car ils ont excité des rixes, et, dans l’émotion où ils étaient, ils ont dit parmi les nations : Le Seigneur n’habitera plus parmi eux.
Ils ont pendu les princes de leurs propres mains ; ils n’ont point respecté le visage des vieillards.
Le Seigneur a retiré du milieu de mon peuple tout ce que j’avais d’hommes de cœur. Il a fait venir contre moi le temps où il devait briser l’élite de mes guerriers. Le Seigneur a foulé lui-même dans le pressoir la vierge fille de Juda.
Il tendra la joue à celui qui le frappera ; il sera rassasié d’opprobres.
Le Seigneur les a écartés dans sa colère ; il ne les regardera plus. Ils n’ont point eu de respect pour le visage des prêtres, ni de compassion pour les vieillards.
Ils ont déshonoré les jeunes gens, et les enfants sont morts sous le bâton.
Vous avez convoqué comme à un jour de fête mes ennemis, pour m’épouvanter. Il ne s’est trouvé personne qui pût échapper, et qui fût excepté dans ce jour de la fureur du Seigneur. Ceux que j’ai nourris et élevés ont été consumés par mes ennemis.
Il ne refuse pas la justice due à un homme aux yeux du Très-Haut.
Nos persécuteurs ont été plus prompts que les aigles du ciel ; ils nous ont poursuivis sur les montagnes ; ils nous ont tendu des pièges dans le désert.